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Pro­fes­sion au­to­pro­cla­mée: an­thro­po­logue

Il s’ap­pelle Monty.

Mon quar­tier, c’est cette par­tie de la vieille ville de Zu­rich qu’on ap­pelle «Nie­der­dorf», et la rue où Monty et moi ha­bi­tons s’ap­pelle Un­tere Zäune, ou Pa­lis­sades de des­sous. En pa­ral­lèle il y a, plus haut, Obere Zäune, Pa­lis­sades de des­sus. En des temps loin­tains, nous étions ici dans le vi­gnoble. Les vignes ont dis­paru de­puis plu­sieurs siècles, rem­pla­cées par des mai­sons d’ha­bi­ta­tion, cer­taines très an­ciennes, des deux côtés des pa­lis­sades. Entre les deux, il y a des jar­di­nets. Il faut être gym­naste pour pas­ser du jar­din d’une pro­priété à celui d’une autre, mais ce n’est pas im­pos­sible. La preuve: Monty fait cela en se jouant.

Monty, c’est le chat du quar­tier. 

Monty4

Sa place pré­fé­rée: la de­van­ture de la Li­brai­rie russe: il parle la langue cou­ram­ment.

Il a sans aucun doute un maître, qui lui a même glissé un col­lier au­tour du cou. Mais Monty ne semble se re­con­naître au­cune ap­par­te­nance spé­ci­fique; le quar­tier lui ap­par­tient, et il mange à toutes les auges.

Tout le monde le connaît, tout le monde lui parle.

Moi, qui ha­bite un petit ap­par­te­ment  (pit­to­resque, mal­com­mode et char­mant) dans une des mai­sons an­ciennes de la rue,  je l'ai vu dé­bar­quer un jour – ou plu­tôt il a dé­bar­qué pen­dant mon ab­sence et nous nous sommes fait mu­tuel­le­ment peur lorsque je suis ren­trée –, il m'a fallu tout un temps pour com­prendre qu'il pas­sait d'un muret à un petit toit qui jouxte mes fe­nêtres, puis du toit au re­bord (très large) d'une des fe­nêtres de­vant les­quelles, en été, je mets des plantes fleu­ries. Monty, res­pec­tueux de la na­ture, ne vient qu'en hiver, lorsque le re­bord est nu, se glisse par la fe­nêtre que je laisse sou­vent en­trou­verte pour aérer, et aime par­ti­cu­liè­re­ment s'éta­ler de­vant mon écran d'or­di­na­teur, sur le cla­vier de pré­fé­rence. J'ai dé­cou­vert entre temps qu'il ne fait pas cela que chez moi: le tra­vail de notre tribu l'in­té­resse par­ti­cu­liè­re­ment, c'est in­du­bi­table. Il ex­plore et ana­lyse toutes les pro­fes­sions.

Ce quar­tier est le ré­sul­tat d’un mi­racle: il avait été pro­mis à la dé­mo­li­tion en 1900 pour faire place à une route.

On avait déjà dé­truit toute une autre par­tie de la vieille ville de Zu­rich sur l'autre rive de la ri­vière Lim­mat, un quar­tier ap­pelé Kratz, plein de vie, de tra­di­tions et de bâ­ti­ments sé­cu­laires (les plus an­ciens da­taient du XIVe siècle), pour faire «mo­derne», et on avait dé­placé vers l'ex­té­rieur dix mille per­sonnes. A la place de ce grouille­ment de vie qui fait le charme d'une ville, on a construit d'im­menses blocs ad­mi­nis­tra­tifs, la Caisse d'épargne (dis­pa­rue de­puis), la Banque can­to­nale, la Banque na­tio­nale, la Poste cen­trale. Le quar­tier a été lit­té­ra­le­ment tué, et ne s'en est ja­mais remis. Il est mort, et il est resté mort; au­jour­d'hui en­core, lorsque vous par­cou­rez les quelques rues qui l'ont rem­placé, il n'y a pas le grouille­ment que l'on trouve aus­si­tôt que l'on sort du pé­ri­mètre mo­der­nisé. La plu­part du temps, c'est dé­sert.

Kratzquartier

Le quar­tier du Kratz est à gauche de la ri­vière Lim­mat, il al­lait jus­qu'à la hau­teur du pont qui est en haut de l'image (ma­quette par Hans Lang­mark à par­tir de do­cu­ments de 1794, pho­to­gra­phiée par la Pro­tec­tion des mo­nu­ments his­to­riques)

Une fois cette très mau­vaise ac­tion ac­com­plie (et contes­tée dès cette époque-là – au­jour­d'hui les ur­ba­nistes se mordent car­ré­ment les doigts en pen­sant à ce qu'on au­rait pu faire du Kratz en en gar­dant la sub­stance), les édiles de l'époque ont tra­versé la fleuve pour dé­bar­ras­ser aussi l'autre rive de ses vieille­ries. On a dé­cidé de construire une route large, bor­dée de quelques bâ­ti­ments ad­mi­nis­tra­tifs sup­plé­men­taires, on a dé­ter­miné le tracé de la route (à tra­vers le Nie­der­dorf), dis­cuté des cré­dits. Heu­reu­se­ment, entre dis­cus­sions, op­po­si­tions, re­cherches de fonds, dé­ci­sions di­verses, cela a pris du temps, et 1914 est ar­rivé. La guerre, les hommes mo­bi­li­sés, le manque d'ar­gent, lorsque le pro­jet a été re­pris vers 1925, ce n'était à tel point plus l'en­thou­siasme qu'on a fini par re­non­cer, et c'est ainsi qu'a été pré­ser­vée une vieille ville pro­mise à la dé­mo­li­tion, et qui est au­jour­d'hui une des plus grandes at­trac­tions, au­tant pour les Zu­ri­chois que pour les tou­ristes. (Si vous venez un jour à Zu­rich, vous pou­vez voir le début de la route qui au­rait dû rem­pla­cer le Nie­der­dorf et le dé­truire en pas­sant. Il est resté là, té­moin muet d'une aber­ra­tion qui n'a pas été.)

Ce qui fait que le quar­tier a au­jour­d'hui un ca­chet très par­ti­cu­lier, c'est qu'il est ha­bité par des gens comme vous et moi, pour une rai­son simple: la Com­mune avait ra­cheté un très grand nombre de mai­sons en vue des tra­vaux. Par manque d’ar­gent, puis par prise de conscience, l'idée de la route a été aban­don­née – et la Com­mune a dé­cidé que les mai­sons qui lui ap­par­tiennent se­raient ha­bi­tées et non consa­crées à des bu­reaux. Voilà pour­quoi tous les âges s’y cô­toient: étu­diants, fa­milles, re­trai­tés. Nous ne sommes pas très liants, et cer­tains ont de la peine à com­mu­ni­quer – ou plu­tôt avaient de la peine à com­mu­ni­quer. De­puis quelques an­nées que Monty est parmi nous, les com­mu­ni­ca­tions sont de­ve­nues plus fa­ciles. Ça com­mence tou­jours par Monty. De là on glisse aux po­tins, aux nou­velles du quar­tier ou à la si­tua­tion in­ter­na­tio­nale. Et on finit l’échange, pour­quoi pas, au bis­trot du coin.

Monty8

Rien ne lui échappe. Il ne pose ja­mais de ques­tion, mais note nos en­trées et nos sor­ties.

Monty, je vous l'ai dit, passe du temps chez nous tous ri­ve­rains des jar­dins entre les deux Pa­lis­sades, mais il a net­te­ment deux «chez soi»: la Li­brai­rie russe qui est juste à côté de mon ap­par­te­ment, et le petit parc qui se trouve en face de notre ran­gée de mai­sons et de la li­brai­rie, côté rue; on y trouve des jeux pour les en­fants et une table de ping-pong pour tous les âges, on y va pour prendre le frais ou pour pique-ni­quer. On alors on frappe à la porte de la mai­son­nette en bois, très confor­table, de Monty, avec nom sur la porte et tout.

Chez Monty

Vous avez sonné? (photo Jules Huns­per­ger)

En li­sant sa page Fa­ce­book, on se rend compte que Monty a un passé, dont il ne parle pas vo­lon­tiers – lors­qu'on le ren­contre, il n'aborde que le pré­sent, et émet des cri­tiques acerbes sur cer­taines de nos ha­bi­tudes, qu'il trouve ab­so­lu­ment ou­tra­geuses. Lors­qu'il est là, il vaut mieux bien se tenir. Mais bon, sur sa page, j'ai dé­cou­vert que Monty est né dans une ferme de l'Ober­land zu­ri­chois le 1er août 2004. C'est à cette oc­ca­sion que j'ai ap­pris qu'il avait étu­dié l'an­thro­po­lo­gie, ce qui ne m'a pas éton­née – la ma­nière dont il nous ob­serve est tout à fait par­ti­cu­lière, on sent que ses des­crip­tions se­ront très pré­cises.

Monty5

Alors? Qu'est-ce que tu as fait au­jour­d'hui? Tu as bien tra­vaillé? Dans ce sac, il y a quelque chose pour moi? Et n'ou­blie pas l'ar­ticle que tu dois écrire pour ce soir mi­nuit!

 

Qu’ils aient un chat ou non, les en­fants du quar­tier (tous âges confon­dus) ont la sen­sa­tion d’en pos­sé­der un, et vont faire la cau­sette à Monty lors­qu’il est ins­tallé chez lui. Et ceux des adultes qui les ac­com­pagnent en pro­fitent pour faire connais­sance, dis­cu­ter, s'in­vi­ter à une par­tie de ping-pong ou à boire une bière à une ter­rasse. Et ainsi ce chat roux qui se ba­lade dans la rue sans se sou­cier des voi­tures, qui entre chez tout le monde et qui dis­cute avec cha­cun rem­plit une fonc­tion qu'il n'avait pas pré­vue: il nous aide à mieux nous connaître.

Monty2

Notre rue est pié­tonne, mais enfin, il passe ré­gu­liè­re­ment des voi­tures: la plu­part du temps, Monty s'écarte, mais pas tou­jours, et il est ar­rivé à plus d'un au­to­mo­bi­liste de se re­trou­ver les yeux dans les yeux de Monty, à at­tendre qu'il digne s'écar­ter.

 

Si vous consul­tez sa page sur Fa­ce­book (Monty Alts­tadt), vous consta­te­rez qu'il est connu très loin à la ronde. On ren­contre sou­vent des tou­ristes, et ils ont dû em­por­ter au Japon, aux Etats-Unis, en Rus­sie, en Inde et ailleurs, des cen­taines de pho­tos de Monty. Je n'en dis pas plus – je vous ren­voie à Fa­ce­book si vous vou­lez suivre sa vie de­puis l’époque loin­taine où il n’était qu’un simple étu­diant en an­thro­po­lo­gie. 

 

PS. Les pho­tos non si­gnées ont été faites avec mon iPhone et Ca­mera+

 PPS. Je si­gnale, comme à mon ha­bi­tude, qu'une ver­sion beau­coup plus courte de cette hu­meur a paru sa­medi der­nier dans le quo­ti­dien 24 Heures de Lau­sanne. J'étais tel­le­ment frus­trée de ne pas avoir la place pour écrire tout ce qui me sem­blait de­voir être dit, et de ne pas pou­voir ajou­ter de photo, que j'ai re­com­mencé au­jour­d'hui.

PPPS. Je constate que ce texte est ty­pique de l'ef­fet Monty: on com­mence par par­ler de lui, et on se re­trouve dans une dis­cus­sion sur l'ur­ba­nisme de la ville.

42 com­men­taires
1)
Cri­fan
, le 08.04.2014 à 08:11

J’adoooore! Merci Anne!

2)
Sa­luki
, le 08.04.2014 à 10:04

N’y au­rait-il pas in­ver­sion d’hu­meurs ?
Monty au­jour­d’hui, Py­thon hier !

OK —-> je sors, comme on dit.

3)
ysen­grain
, le 08.04.2014 à 10:26

De­puis le temps que nos frères et soeurs chats té­moignent du monde …

4)
dpesch
, le 08.04.2014 à 11:52

Merci Anne pour ce joli ar­ticle qui nous montre ton amour pour ta ville et pour les chats. Il montre aussi com­ment des im­bé­ciles dé­truisent nos villes sous pré­texte de pro­grès. Il pa­raît que cela s’ap­pelle la « bruxel­li­sa­tion », tant la la ca­pi­tale de la Bel­gique a souf­fert d’une ur­ba­ni­sa­tion (il me semble qu’on pour­rait plu­tôt par­ler de dé­mo­li­tion) aussi dé­bri­dée que dé­bile.
J’ha­bite un quar­tier de Sète ap­pelé La Pointe Courte. « Vil­lage » de pê­cheurs situé à l’ex­tré­mité nord du canal cen­tral de la ville et planté, tel un cou­teau, dans la la­gune de Thau, c’est le re­fuge d’un très grand nombre de chats er­rants et/ou aban­don­nés. Un as­so­cia­tion, « Pattes de ve­lours », s’oc­cupe de les sté­ri­li­ser, de les nour­rir et de les pla­cer dans des fa­milles d’ac­cueil. Nombre des ha­bi­tants du quar­tier ont adopté un ou plu­sieurs gref­fiers, ce qui fait que nous en sommes en­tou­rés (cer­tains es­prits cha­grins disent « en­va­his ») à tous mo­ments du jour et de la nuit.
Sans rien pro­mettre, je pon­drai peut-être un jour une contri­bu­tion à pro­pos de cet en­droit que j’aime tant et qui ser­vit de décor au pre­mier film d’Agnès Varda et dont on dit qu’il fût pré­cur­seur de la Nou­velles Vague.

5)
Migui
, le 08.04.2014 à 12:21

Anne, tu as tou­ché ma corde sen­sible. Je crois que si je viens un jour à Zürich, pour le tra­vail par exemple, je se­rais ca­pable de faire un tour par ce vieux quar­tier dans le seul but de me re­trou­ver quelques mi­nutes avec Monty. Quel plai­sir!

Je me dis par­fois que les chats ne sont pas si in­tel­li­gents qu’on le dit: en effet, les rares qui, comme Monty, ac­ceptent de faire un bout de che­min avec les hu­mains n’en ont que des avan­tages: un abri pour la nuit, de la bonne nour­ri­ture, une as­siette de lait, et une ca­resse.

Mais pour­quoi ne sont-ils pas tous comme ça?…

6)
Mo­dane
, le 08.04.2014 à 13:08

J’ai quel­qu’un de sa fa­mille qui fait le même job, de la même façon, dans mon quar­tier. Et il a la même cou­leur de che­veux!

7)
To­TheEnd
, le 08.04.2014 à 13:18

Mar­rante cette his­toire de matou qui va­ga­bonde de voi­sin en voi­sin. Si j’étais son pro­prié­taire, je lui met­trais une ca­méra au­tour du cou his­toire de ri­go­ler le soir… et de voir com­ment ça fait d’être dans les bras de Na­ta­lia;-)

J’es­père qu’un jour on aura droit à une belle his­toire liée à un ur­ba­nisme contem­po­rain qui trouve grâce à tes yeux car pour le mo­ment et sauf er­reur de ma part, tous les pro­jets ur­ba­nis­tiques sont au mieux mau­vais ou au pire, une hé­ré­sie dès qu’ils doivent mo­di­fier l’exis­tant.

Pour­tant, ces jolis pe­tits quar­tiers que tu aimes tant ne sont pas sor­tis de nulle part ou ne sont pas là de­puis des mil­lé­naires. Eux aussi ont dé­truit ou mo­di­fié leur en­vi­ron­ne­ment quand ils ont été réa­li­sés…

T

8)
Jean-Yves
, le 08.04.2014 à 13:45

Belle hu­meur, apai­sante, comme Monty et son petit air de “Maître Yoda”.

@ Sa­luki :
Ré­fé­rence au thème d’hier, rien, je dis bien rien dans son pro­fil Fa­ce­book ne per­met de sa­voir si Monty s’ex­prime sous pseudo ou en son nom propre. Pour­tant, à en croire Anne, ce ne sont pas les langues qui lui manquent !
J’y vois donc plu­tôt une suite qu’une in­ver­sion :D

Bon ––> je vous suis, vous m’avez bien fait rire …

9)
Rit­chie
, le 08.04.2014 à 14:55

J’adore !

Bravo Monty !

10)
Franck Pas­tor
, le 08.04.2014 à 18:04

Et au juste, on sait pour­quoi il s’ap­pelle Monty ? (Je ne suis pas sur Fa­ce­book, si la ré­ponse s’y trouve…)

11)
Sa­luki
, le 08.04.2014 à 18:15

Ma­dame Sa­luki, qui a un œil de lynx a avisé la pan­carte ap­po­sée sur la fe­nêtre.

La voie doit être ar­pen­tée par des oli­garques ou che­na­pans rus­so­phones, il est dit :

« At­ten­tion ! Le quar­tier est sous la pro­tec­tion du vi­gile qui veille. »
Est-ce Monty ? Sont-ce les Frères Ka­ra­ma­zov ?

12)
Amely
, le 08.04.2014 à 18:17

J’adore!

13)
Dom' Py­thon
, le 08.04.2014 à 18:24

Monty au­jour­d’hui, Py­thon hier !

Et de­main? Qui vivra Vera

–> Bouge pas, j’ar­rive.

14)
Dom' Py­thon
, le 08.04.2014 à 18:29

@Anne:

In­té­res­sante pro­gres­sion dans tes por­traits de ces der­nières se­maines:

– Ri­charrd III
– Rim­baud
– Fran­kie le coif­feur
– Mon­thy

Le pro­chain, c’est qui? ;-)

Ceci dit j’adore ce billet. Et ça me donne envie de venir flâ­ner dans ce quar­tier. Mais pour cela il fau­drait déjà que je vienne à Zürich, et ça, c’est pas sou­vent.

15)
yore
, le 08.04.2014 à 20:35

Et les ha­bi­tants de Un­tere Zäune di­saient:
J’ai d’autres chats à fouet­ter
Je donne ma langue au chat
Chat échaudé craint l’eau froide
Non, non, il n’y a pas un chat
J’ai un chat dans la gorge
Les chiens ne font pas des chats
Il faut ap­pe­ler un chat un chat
Mais c’est de la bouillie pour les chats.
En fait ce chat est un héros et la nar­ra­trice une fée de l’écri­ture. Merci

16)
Tom25
, le 08.04.2014 à 22:41

Jolie his­toire, mais je vais faire tom­ber la magie. J’ai un chat qui ap­proche les 15 ans, et il pisse. Va t’il mou­rir de mort na­tu­relle ? Mais je crois que ce n’est pas rare les vieux ma­tous qui marquent leur ter­ri­toire là où il n’y a pas à le faire. J’es­père que Monty ne fera pas de même.

Concer­nant l’ur­ba­ni­sa­tion, elle est quand même cen­sée plaire et conve­nir aux ha­bi­tants ac­tuels, pas aux pas­sés ni aux fu­turs. Et quand celle exis­tante convient … De plus, je pense qu’on marque suf­fi­sem­ment notre en­vi­ron­ne­ment comme ça, et que par consé­quent on peut faire l’ef­fort de conser­ver les ar­chi­tec­tures du passé. (le « on » dé­signe l’homme en gé­né­ral tous pays confon­dus).

@ yore : Il n’y a pas aussi une his­toire de chat avec des bottes ?

17)
zit
, le 09.04.2014 à 21:28

Merci Anne, très sym­pa­thique, ce matou.

Un des miens est aussi très cu­rieux, et pas fa­rouche : il dé­barque chez les voi­sins s’il y a une fête à la­quelle on est in­vi­tés, même s’il y a trente per­sonnes, du son, puis­qu’on y est, il se dit qu’il n’y a pas de rai­son ;o).

z (l’homme, la plus grande conquête du chat, je ré­pêêêêêêêêêêêêête : et ya pas de chats po­li­ciers, non plus…)

18)
Anne Cuneo
, le 10.04.2014 à 10:44

Merci à tous pour vos com­men­taires.

Concer­nant l’ur­ba­ni­sa­tion, elle est quand même cen­sée plaire et conve­nir aux ha­bi­tants ac­tuels, pas aux pas­sés ni aux fu­turs. Et quand celle exis­tante convient … De plus, je pense qu’on marque suf­fi­sem­ment notre en­vi­ron­ne­ment comme ça, et que par consé­quent on peut faire l’ef­fort de conser­ver les ar­chi­tec­tures du passé.

En tout cas, je constate que les gens s’ar­rachent le moindre trou dans la Vieille ville, dans toutes les vieilles villes des villes mo­dernes. Lorsque l’ur­ba­nisme mo­derne est là pour le mieux-vivre, je suis tout pour. Mal­heu­reu­se­ment, c’est gé­né­ra­le­ment plu­tôt par des ques­tions de gros sous qu’il est régi.
Quant à dé­truire un quar­tier en­tier vieux de huit siècles, ce n’est pas de l’ur­ba­nisme. C’est de la des­truc­tion pure et simple. Une ville est un corps vi­vant, on ne peut pas l’am­pu­ter de telle sorte, même si elle ne peut pas res­ter im­muable.

PS. Je viens de croi­ser Monty. Il n’a pas le temps de vous écrire au­jour­d’hui, mais il vous fait tous bien sa­luer, et vous re­mer­cie pour votre in­té­rêt.

19)
To­TheEnd
, le 10.04.2014 à 11:25

Que de rac­cour­cis pa­thos. Je si­gnale qu’à Paris, un cer­tain Hauss­mann a rasé des quar­tiers en­tiers qui eux aussi avaient plu­sieurs siècles. Si on suit le rai­son­ne­ment jour­na­lis­tique du jour, il fau­drait tout raser et re­cons­truire comme avant alors?

Les centres villes sont pri­sés et donc oui, ils ont de la va­leur mais elle n’est pas que fi­nan­cière. La va­leur d’une ville se jauge aussi à la qua­lité de son ur­ba­nisme, de sa fa­culté à se trans­for­mer, à s’adap­ter à son temps et à pré­ser­ver un passé si­gni­fi­ca­tif.

Tout gar­der par prin­cipe, c’est re­fu­ser le chan­ge­ment.

T

20)
Tom25
, le 10.04.2014 à 11:27

Mal­heu­reu­se­ment, c’est gé­né­ra­le­ment plu­tôt par des ques­tions de gros sous qu’il est régi.

J’ai éga­le­ment l’im­pres­sion qu’il s’agit par­fois pour des ar­chi­tectes et/ou des po­li­tiques de lais­ser leur nom dans l’his­toire coûte que coûte. Untel a re­fait tel quar­tier.
Po­li­ti­que­ment j’ai la même sen­sa­tion, cer­tains sortent des lois qui por­te­ront leur nom, mais qui ne sont pas d’un grand in­té­rêt, voir l’in­verse.
Mais là c’est plus mon dé­goût des po­li­ti­cards fran­çais qui parle.

21)
Rit­chie
, le 10.04.2014 à 11:32

Bon­jour,

Pour creu­ser un peu plus, je vous pro­pose la vidéo (Pod­Cast) d’Amanda Bur­den long­temps à la Mai­rie de New-York qui ex­plique jus­te­ment ce qui va et ne va pas etc etc dans l’amé­na­ge­ment des quar­tiers.

Elle a contri­bué for­te­ment à la trans­for­ma­tion de NY.

Ici (en an­glais) –> Amanda Bur­den : How Pu­blic Spaces Make Ci­ties Work

J’en­cou­rage for­te­ment les CU­Kiens ayant accès aux oreilles de conseillers mu­ni­ci­paux de leur faire voir cette vidéo.

++

Rit­chie

22)
Tom25
, le 10.04.2014 à 11:34

TTE, oui mais à l’époque n’était-ce pas du fait de la ré­vo­lu­tion in­dus­trielle ? Les voies de­vaient per­mettre le pas­sage des vé­hi­cules etc.

En­suite, l’évo­lu­tion à l’époque don­nait l’im­pres­sion d’al­ler dans le bon sens. Ce n’est plus cas au­jour­d’hui. Et je ne rentre pas dans le débat de sa­voir si cela est jus­ti­fié ou non, je parle juste de la sen­sa­tion d’un grand nombre de per­sonnes dans nos villes.

(si dans mon pre­mier poste j’ex­pri­mais le « on » pour l’homme en gé­né­ral, là je parle plus des Fran­çais dont je suis).

23)
zit
, le 10.04.2014 à 12:15

Non, Tom25, à l’époque, le but du baron Hauss­mann n’était que le pro­grès dans le ma­tage des émeutes (on bar­ri­cade plus fa­ci­le­ment une ruelle qu’un grand bou­le­vard).

z (on n’ar­rête pas le pro­grès, je ré­pêêêêêêêêêêêêête : vive le pro­grès !)

24)
To­TheEnd
, le 10.04.2014 à 12:16

Merci pour le lien sur Amanda, c’est une vidéo que je n’avais pas en­core vu… et que je viens de mater. Je me per­mets une pe­tite vanne pour­rie: pour une res­pon­sable du plan­ning, elle ne semble pas tel­le­ment ac­cep­ter les chan­ge­ments liés à l’âge (70 ans).

Ceci dit, c’est pas mal mais je di­rais que New York avait en­tamé sa mue avant qu’elle n’ar­rive à ce poste.

Tom: beau­coup de rai­sons ont mo­tivé ces tra­vaux mais la ques­tion n’est pas là. Des mil­lers de ba­raques et quar­tiers ont été rasés pour lais­ser la place à cette ar­chi­tec­ture « Hauss­mann » et si Paris est au­jour­d’hui la ville la plus vi­si­tée au monde, cette trans­for­ma­tion n’y est pas pour rien.

T

25)
Anne Cuneo
, le 10.04.2014 à 17:14

J’es­père qu’un jour on aura droit à une belle his­toire liée à un ur­ba­nisme contem­po­rain qui trouve grâce à tes yeux car pour le mo­ment et sauf er­reur de ma part, tous les pro­jets ur­ba­nis­tiques sont au mieux mau­vais ou au pire, une hé­ré­sie dès qu’ils doivent mo­di­fier l’exis­tant.

Tu te trompes – ce n’est pas lors­qu’on mo­di­fie en gé­né­ral que je ne suis pas d’ac­cord avec les pro­jets ur­ba­nis­tiques. C’est lorsque l’ur­ba­nisme rem­place la vie d’une ville par RIEN, c’est-à-dire des gens, de la vie, par un bâ­ti­ment ad­mi­nis­tra­tif ou deux, ou par une au­to­route, et que la confi­gu­ra­tion du lieu fait qu’il de­vient un de ces dé­serts de béton dont parle jus­te­ment Amanda Bur­den. Pour ce qui est des deux quar­tiers dont j’ai parlé ici, je vous in­vite à faire un tour du côté du Kuns­thaus de Zu­rich, où on a rem­placé tout un quar­tier par un bloc de béton pour ex­po­ser des ta­bleaux qui sont vus par une mi­no­rité quelques heures par jour et où le reste du temps, c’est mort. Ou, jus­te­ment, du côté de la Börsens­trasse, qui a rem­placé ce qui était le coeur du vieux quar­tier du Kratz, que les ur­ba­nistes res­pon­sables re­grettent au­jour­d’hui à tel point qu’il a été ques­tion d’en re­cons­ti­tuer un coin!
Je n’ai ab­so­lu­ment rien, par exemple, contre la Ga­le­rie Vic­tor Em­ma­nuel de Milan, qui a rem­placé, elle aussi, un très vieux quar­tier. On peut dis­cu­ter pour sa­voir si c’était bien de dé­por­ter (le mot n’est pas de moi, mais d’eux) les ha­bi­tants, les ar­ti­sans et les cou­vents qu’il a fallu sup­pri­mer. Mais en tout cas cela a été conçu pour que le grouille­ment de la vie reste en­tier, et il l’est resté. Au bout de la Bahn­hof­strasse où était le quar­tier du Kratz il n’y a PER­SONNE, sauf le sa­medi matin, où dans l’es­pace vert que l’on voit déjà sur la ma­quette et qui est tou­jours là (ré­duit à sa plus simple ex­pres­sion), il y a un mar­ché au puces de mars à oc­tobre.

26)
Anne Cuneo
, le 10.04.2014 à 17:23

Non, Tom25, à l’époque, le but du baron Hauss­mann n’était que le pro­grès dans le ma­tage des émeutes (on bar­ri­cade plus fa­ci­le­ment une ruelle qu’un grand bou­le­vard).

Les bou­le­vards ont été cal­cu­lés et per­cés par rap­port à la por­tée des ca­nons. Si les émeu­tiers sor­taient des quar­tiers sur les bou­le­vards, on pou­vait ainsi les mas­sa­crer plus com­mo­dé­ment. Il existe un ma­nuel du ca­non­nier de l’époque qui ex­plique com­ment viser les gens en tâ­chant de ne pas abî­mer les fa­çades.

Des mil­lers de ba­raques et quar­tiers ont été rasés pour lais­ser la place à cette ar­chi­tec­ture « Hauss­mann » et si Paris est au­jour­d’hui la ville la plus vi­si­tée au monde, cette trans­for­ma­tion n’y est pas pour rien.

Le truc mar­rant avec le pro­jet Hauss­mann, c’est qu’il n’a PAS dé­truit les quar­tiers. Il en a char­cuté tout un bout, mais (il suf­fit d’al­ler au­jour­d’hui en­core dans les rues la­té­rales pour le voir), la sup­pres­sion des quar­tiers n’était pas son but.
Quant à sa­voir si le per­ce­ment des bou­le­vards at­tire plus de tou­ristes que s’ils n’avaient pas été per­cés… Lais­sons cela, nous ne pou­vons pas sa­voir. Je si­gnale en pas­sant, ce­pen­dant, que Paris était consi­dé­rée comme «un ai­mant» pour les voya­geurs dès l’époque de Louis XIV.

27)
Anne Cuneo
, le 10.04.2014 à 17:26

@Rit­chie

Merci pour le lien sur Amanda Bur­den. Splen­dide. Je suis en­tiè­re­ment de son avis.

28)
To­TheEnd
, le 11.04.2014 à 09:16

Pour avoir fait archi, je me per­mets d’in­ter­ve­nir en­core une fois car je sais que le label « jour­na­liste » per­met de dire n’im­porte quoi sous l’égide de la connais­sance in­fi­nie mais à tout ha­sard, pour ceux que ça in­té­resse, Wiki pro­pose un assez bon ar­ticle sur les Trans­for­ma­tions de Paris sous le Se­cond Em­pire. Plu­sieurs élé­ments viennent contre­dire les af­fir­ma­tions de Anne mais je n’en ci­te­rai qu’une qui se re­trouve sous le cha­pitre « Elar­gis­se­ment des rues comme arme d’un ré­gime au­to­ri­taire »:

L’am­pleur même des tra­vaux montre que les vi­sées de Na­po­léon ne pou­vaient se li­mi­ter à l’as­pect sé­cu­ri­taire : au-delà du per­ce­ment des bou­le­vards qui en forme la par­tie la plus spec­ta­cu­laire, la trans­for­ma­tion porte sur l’éta­blis­se­ment de ré­seaux mo­dernes en sous-sol, l’ins­tal­la­tion d’un mo­bi­lier ur­bain ef­fi­cace en sur­face et l’har­mo­ni­sa­tion de l’ar­chi­tec­ture le long des rues nou­velles. Il est tou­te­fois vrai que Na­po­léon est sou­cieux d’éta­blir un ordre strict. Hauss­mann n’hé­site pas à ex­pli­quer que ses per­ce­ments fa­ci­li­te­ront le main­tien de l’ordre pour pro­mou­voir ses pro­jets au­près du Conseil de Paris ou des pro­prié­taires lo­caux. La di­men­sion stra­té­gique est donc pré­sente, mais elle ne consti­tue qu’un élé­ment parmi d’autres.

Af­fir­mer donc que ces tra­vaux n’avaient que pour des­sein de ré­pondre à la por­tée des ca­nons n’est pas seule­ment ab­surde mais dé­note d’un manque fla­grant de com­pré­hen­sion de l’am­pleur des tra­vaux et des ses ob­jec­tifs. C’est comme de dire que la roue a été in­ven­tée par l’ar­mée pour construire des chars d’as­saut…

Enfin, Paris a cer­tai­ne­ment at­tiré du monde avant les tra­vaux de Hauss­mann mais ce der­nier a ac­cen­tué en­core plus l’at­trac­ti­vité de la ville car ses tra­vaux n’avaient pas pour seul ob­jec­tif de « per­cer des bou­le­vards » comme l’af­firme naï­ve­ment Anne. Les bou­le­vards ont sur­tout mis en va­leur des mo­nu­ments construits pour l’oc­ca­sion en plus de don­ner un effet rue-mur. Opéra, gares, églises sont au­tant d’élé­ments qui voient le jour lors des tra­vaux sans par­ler des ré­amé­na­ge­ments mo­nu­men­taux pour mettre en va­leur cer­tains mo­nu­ments (Etoile, Ré­pu­blique, Hotel de Ville, etc.).

Bref, si un ar­chi­tecte ou ur­ba­niste nous lit, ça se­rait sympa qu’il ap­porte une contri­bu­tion car d’ex­pé­rience, Anne fait preuve d’une cer­taine cé­cité à l’en­contre de mes ar­gu­ments.

T

29)
Rit­chie
, le 11.04.2014 à 09:18

Bref, si un ar­chi­tecte ou ur­ba­niste nous lit, ça se­rait sympa qu’il ap­porte une contri­bu­tion car d’ex­pé­rience, Anne fait preuve d’une cer­taine cé­cité à l’en­contre de mes ar­gu­ments.

MDR

30)
Anne Cuneo
, le 11.04.2014 à 10:49

C’est simple, TTE: chaque fois que tu diras que les jour­na­listes sont des cré­tins qui disent n’im­porte quoi, je ré­pè­te­rai que tu es un type borné pour qui seul sa pa­role fait loi. Je m’en ex­cuse d’avance au­près de Fran­çois et de vous tous, mais cela fait main­te­nant des an­nées que je prends les agres­sions de TTE en pleine gueule sans rien dire, et j’en ai tout sim­ple­ment marre.
Cela dit tu tombes mal, TTE: moi aussi j’ai étu­dié l’ar­chi­tec­ture, à côté des Lettres et des Sciences so­ciales, je me suis spé­cia­li­sée en his­toire de l’ar­chi­tec­ture que j’ai en­sei­gnée pen­dant des an­nées. Si tu n’étais pas un ma­lo­tru, je te di­rais: bien­venu dans ma bi­blio­thèque, on peut dis­cu­ter, car il y a une his­toire in­té­res­sante sur la ma­nière dont les bou­le­vards ont été conçus. Mais comme ça, moins j’ai à faire à toi, mieux je me porte.

31)
Tom25
, le 11.04.2014 à 11:00

Quand je lis TTE, je me ré­pète “ Mais si ! Il est sympa, puis­qu’il y a des gens sym­pas qui te le disent ! ”.

Un truc me dé­range aussi, si c’est évi­dem­ment bien de se do­cu­men­ter de four­nir des sources, cela ne fait pas foi dans tous les cas. Sur cer­tains su­jets on peut aussi sim­ple­ment se baser sur ses propres im­pres­sions, sans se ca­cher der­rière des piles d’ar­chives à la ma­nière d’un avo­cat (dans les dos­siers ad­mi­nis­tra­tifs sur­tout, sauf que l’avo­cat y est contraint).

Et au­jour­d’hui qu’on ne matte plus les in­sur­rec­tions aux ca­nons mais au Kar­cher, il faut re­faire les rues ? Quoique non, ça c’était avant, là je ne sais pas com­ment on matte, mais mon petit doigt me dit que le der­nier ar­rivé au gou­ver­ne­ment Fran­çais aura sen­si­ble­ment les mêmes mé­thodes au l’autre.

32)
Rit­chie
, le 11.04.2014 à 11:25

Ils ont tout com­pris les gou­ver­ne­ments fran­çais de­puis Sarko, ils ne mattent plus, ils font dans l’in­dif­fé­rence.

Comme de toute façon, ils savent que les gens ne se­ront ja­mais content, et qu’ils ont plus de chance de ne pas être ré-élus, ben tant qu’à faire ce que le peuple veut et ne pas être ré-élu, aussi bien faire ce qu’on veut (ce que le pays a vrai­ment be­soin des fois) et ne pas écou­ter le peuple qui dé­file dans les rues.

C’est simple comme mé­thode et ça le gros avan­tage de ne pas avoir à tou­jours se poser la ques­tion « Que veut le peuple ? » et ça per­met d’avan­cer dans les ré­formes qui fe­ront de toute façon très mal.

++

Rit­chie

33)
To­TheEnd
, le 11.04.2014 à 11:58

je ré­pè­te­rai que tu es un type borné pour qui seul sa pa­role fait loi.

C’est bien pour ça que dans ce cas, j’ai de­mandé à d’autres « ex­perts » d’in­ter­ve­nir car je sais aussi de­puis des an­nées que mon opi­nion ou avis n’a pas de cré­dit… le post sur Obama est assez édi­fiant.

Perso, je conti­nue de dire que les tra­vaux en­ta­més sous le se­cond d’em­pire n’avaient pas comme pre­mière vo­ca­tion de mas­sa­crer les foules et ar­chi­tec­tu­rer des ave­nues au­tour de la por­tée des ca­nons…

Après, pour le reste, je pen­sais avoir été cour­tois en es­pé­rant voir un jour de ta part un ar­ticle qui fasse l’éloge ou du moins re­con­naisse les bien­faits d’une in­ter­ven­tion ar­chi­tec­tu­rale ou ur­ba­nis­tique à l’échelle d’un quar­tier ou ville. Si tu ne veux pas, ce n’est pas grave hein.

T

34)
Tom25
, le 11.04.2014 à 16:17

je pen­sais avoir été cour­tois

Anne, re­con­nais au moins qu’il n’a pas été gros­sier ! :-))

Tiens, ça mé­rite une hu­meur ça, la cour­toi­sie. Qu’est ce pour nous ? A quel mo­ment un in­di­vidu ne l’est plus. Pas la dé­fi­ni­tion du dic­tion­naire ou de Wi­ki­pe­dia ou de je ne sais qui, mais notre propre ap­pré­cia­tion.

Bon, m’en vais à l’auto-école moi. Ma fille a fait ses heures de conduites et on passe à la conduite ac­com­pa­gnée. Je ne sais pas quel ar­chi­tecte a des­siné les rues de Be­san­çon, mais j’ai peur qu’elle ne soient pas assez large pour ma fille !
Non je dé­conne, je l’ai déjà fait conduire dans des che­mins et elle se dé­brouille très bien.
Après, je ne sais pas si j’es­saye­rai de lui dé­go­ter une ba­gnole. C’est cher quand même. Et pis le câble de connexion iPod à 75 € sera fourni, mais c’est la voi­ture qui sera en op­tion !

35)
Dom' Py­thon
, le 11.04.2014 à 16:43

je pen­sais avoir été cour­tois

Anne, re­con­nais au moins qu’il n’a pas été gros­sier !

Puis-je? Pas gros­sier, non. Mais y a-t-il be­soin d’être gros­sier pour man­quer de cour­toi­sie?

je me per­mets d’in­ter­ve­nir en­core une fois car je sais que le label « jour­na­liste » per­met de dire n’im­porte quoi sous l’égide de la connais­sance in­fi­nie

C’est peut-être pas de la gros­siè­reté, mais je n’y vois au­cune cour­toi­sie.

J’ai l’im­pres­sion d’avoir quel­qu’un qui, au lieu d’en­ri­chir le débat en ap­por­tant des élé­ments contra­dic­toires, se pose en… ben jus­te­ment, en dé­ten­teur de la­dite connais­sance in­fi­nie.

Anne n’est pas contre le débat. Moi non plus. Mais perso, en te li­sant, TTE, j’ai sou­vent un sen­ti­ment am­bigu: des ar­gu­ments in­té­res­sants, do­cu­men­tés, qui font avan­cer le débat et qui me le rend pas­sion­nant même si je ne connais rien au sujet abordé, mais une ma­nière de par­ler à (ou de) l’autre que je res­sens comme ir­res­pec­tueuse, voire mé­pri­sante.

Ça me rap­pelle une dis­cus­sion avec quel­qu’un qui me di­sait pis que pendre des gy­né­co­logues. Je lui di­sais qu’on ne pou­vait pas mettre tous les gy­né­co­logues dans le même sac, pas plus que tous les ga­ra­gistes ou tous les en­sei­gnants. Il m’a ré­pondu: « Oui, tu as as rai­son. Sauf que en ce qui concerne les gy­néco, c’est vrai. Ce sont tous des pour­ris ».

36)
Tom25
, le 11.04.2014 à 17:32

@domi, je fai­sais de l’hu­mour.

37)
Anne Cuneo
, le 12.04.2014 à 13:05

Ça me rap­pelle une dis­cus­sion avec quel­qu’un qui me di­sait pis que pendre des gy­né­co­logues. Je lui di­sais qu’on ne pou­vait pas mettre tous les gy­né­co­logues dans le même sac, pas plus que tous les ga­ra­gistes ou tous les en­sei­gnants. Il m’a ré­pondu: « Oui, tu as as rai­son. Sauf que en ce qui concerne les gy­néco, c’est vrai. Ce sont tous des pour­ris ».

CQFD. On di­rait TTE par­lant des jour­na­listes.

38)
To­TheEnd
, le 12.04.2014 à 14:24

Je n’ai pas étu­dié « Paris » au sens large en archi. Je m’y suis réel­le­ment in­té­ressé lors de quelques voyages mais sur­tout, quand j’y ai ha­bité pen­dant 2 ans. En plus de cet in­té­rêt pour l’his­toire de la ville et je dois bien l’avouer, grâce à une char­mante guide, j’ai sur­tout eu l’oc­ca­sion d’al­ler à une expo in­ti­tu­lée quelque chose de ce genre: « Paris avant/après Hauss­mann » pour la com­mé­mo­ra­tion des 200 ans de la nais­sance du bon­homme. Plein de pho­tos réa­li­sées par un cer­tain Charles Mar­ville.

Cette expo était or­ga­ni­sée avec le concours de Pa­trice de Mon­can, un his­to­rien de la ville et un au­teur d’une demi dou­zaine de bou­quins sur la ville (dont le der­nier re­prend une par­tie de ces pho­tos). J’ose pen­ser que vu la no­to­riété du gars, ses connais­sances his­to­riques et tous les tra­vaux qu’il a ef­fec­tué sur cette ville, il est un peu plus pointu sur le sujet qu’Anne. Bien en­tendu que ces grands bou­le­vards ont per­mis une meilleure ges­tion des évè­ne­ments liés à des émeu­tiers mais clai­re­ment, ça ne fai­sait pas par­tie du des­sein ini­tial.

Ces tra­vaux avaient plu­sieurs ob­jec­tifs cités plus haut et, in fine, ils per­mirent éga­le­ment de mieux « gérer » des axes en cas de sou­lè­ve­ment. Dire que les bou­le­vards ont été per­cés en fonc­tion de la por­tée des ca­nons, c’est réa­li­ser une in­ter­pré­ta­tion fa­cile d’un fait simple: les ca­nons de l’époque avaient une por­tée utile de 500 à 2500 mètres. N’im­porte quelle ave­nue se situe dans ces chiffres…

Enfin, je n’ai pas dit que la ville a été rasée pour être re­des­si­née mais des quar­tiers en­tiers l’ont été à grands coups d’ex­pro­pria­tion ou ex­pul­sion (20k im­meubles si je me sou­viens bien). Il y a suf­fi­sam­ment de plans avant et après Hauss­mann sur In­ter­net pour s’en faire une opi­nion…

Le plus drôle dans tout ça, c’est que fon­da­men­ta­le­ment, je suis assez d’ac­cord avec Anne sur le rôle in­trin­sèque d’une ac­tion ar­chi­tec­tu­rale/ur­ba­nis­tique: l’es­pace of­fert aux ha­bi­tants ou dit plus bê­te­ment, les usa­gers. Un bémol tou­te­fois mais je pense que c’est plus une his­toire de goût et cou­leur que de sa­voir qui à tord ou rai­son: il m’ar­rive d’ap­pré­cier les bâ­ti­ments qui sont iso­lés, qui ne s’in­tègre pas dans la « vie » au sens large des ha­bi­tants. Par exemple, je connais un peu le Kuns­thaus de Zu­rich cité par Anne et ce « dé­sert » de ne me choc pas dans le sens où la fonc­tion du bâ­ti­ment s’ex­prime clai­re­ment dans cet es­pace. Pas de MacDo à l’en­trée ou un Star­bucks avec 200 per­sonnes qui se mettent sur la ter­rasse… Même si je ne suis pas fan de l’ar­chi­tec­ture de ce bâ­ti­ment, je pense qu’il a sa rai­son d’être ou d’exis­ter au mi­lieu de ce dé­sert de da­lettes en marbre.

Mais je ne suis pas pour que tout im­meuble qui offre autre chose qu’une simple ha­bi­ta­tion se re­trouve au mi­lieu de nulle part. Tout sim­ple­ment, dans cer­taines oc­ca­sions, je trouve qu’un bâ­ti­ment et ce qui l’en­toure peut être isolé du quar­tier ou même de la ville de par sa fonc­tion. C’est un peu comme un beau ta­bleau, vous ne l’in­sé­rez pas au mi­lieu des livres de cui­sine ou dans un coin de l’ap­par­te­ment der­rière un ca­napé. Fau­dra peut être même sa­cri­fier d’autres choses ou es­pace pour lui don­ner la place qu’il mé­rite et ainsi rayon­ner dans toute la splen­deur.

Pour prendre un cas plus proche, j’adore le pro­jet du pôle mu­séal pla­ni­fier du côté de la gare de Lau­sanne. C’est réel­le­ment à mon sens un pro­jet qui se dé­note du quar­tier tout en lui ap­por­tant un dy­na­misme et une pré­sence forte. J’es­père juste que des as­so­cia­tions de quelques membres ne vien­dront pas ni­quer cette vo­lonté et pro­jet.

T

39)
Tom25
, le 12.04.2014 à 19:26

Le plus drôle dans tout ça, c’est que fon­da­men­ta­le­ment, je suis assez d’ac­cord avec Anne …

Ca ne m’avait pas sauté aux yeux :-))) .

Bon week-end à tous.

Pour ma part, je vais tout bé­ton­ner chez moi. Et pas pour une his­toire de mat­ter mes filles au canon, mais marre de me faire des al­ler­gies à chaque fois que je taille un truc. (je ri­gole, je ne vais rien bé­ton­ner, mais c’est vrai pour les al­ler­gies).

40)
Dom' Py­thon
, le 12.04.2014 à 19:40

Bon week-end à tous.

Merci! À toi aussi!
Je suis dans la queue de­vant le cha­pi­teau du Cully Jazz pour le mega concert Maa­louf – Yous­sef, donc pour moi ça va!

41)
Anne Cuneo
, le 13.04.2014 à 11:19

Ca ne m’avait pas sauté aux yeux :-))) .

A moi non plus. ;–)))))))
J’ai sim­ple­ment re­noncé à po­lé­mi­quer à pro­pos d’un sujet sur le­quel il y a plu­sieurs points de vue. Mal­heu­reu­se­ment, je n’ai pas le temps.

42)
To­TheEnd
, le 13.04.2014 à 23:18

Ouais bien sur, comme les at­ten­tats du 11 sep­tembre…

T