Profitez des offres Memoirevive.ch!
2 grandes fi­gures nous ont quit­tés, un ar­ticle de Thierry

Un ar­ticle in­té­res­sant d'un lec­teur oc­ca­sion­nel, Thierry, et un dis­cours qu'il nous fait connaître qui l'est tout au­tant.

Je cède la pa­role à Thierry.


 

Il est des coïn­ci­dences ma­cabres. Je vou­lais par­ler ce matin d'une dis­pa­ri­tion, mais l'ac­tua­lité est telle que ce sont deux grandes fi­gures qui nous ont quit­tés, Fre­de­rick San­ger et Doris Les­sing. Même, si elles n'oeu­vraient pas dans le même monde (et je ne suis même pas sûr qu'elles ne se soient ja­mais ren­con­trées mal­gré leur na­tio­na­lité iden­tique), elles par­ta­geaient une éthique de vie basée sur la sim­pli­cité et la dis­cré­tion qui force l'ad­mi­ra­tion.

Le pre­mier n'est pas connu de la ma­jeure parti du pu­blic. Pour­tant, il a ob­tenu deux prix Nobel de chi­mie, le pre­mier pour avoir dé­cou­vert la struc­ture de l'in­su­line et le se­cond pour avoir mis au point une mé­thode per­met­tant de dé­chif­frer notre pa­tri­moine gé­né­tique et la pos­si­bi­lité de diag­nos­ti­quer l'en­semble des ma­la­dies gé­né­tiques.  Au-delà des ré­vo­lu­tions que ses tra­vaux ont ap­por­tées, l'homme était d'une mo­des­tie et d'une sim­pli­cité que d'autres de­vraient prendre comme exemple.

 

Doris Les­sing est plus connue du pu­blic et c'était à elle que cette nou­velle était consa­crée. Je sais que de nom­breux lec­teurs de Cuk aiment non seule­ment la belle photo mais éga­le­ment la lit­té­ra­ture, les beaux textes et placent la qua­lité lit­té­raire et sa si­gni­fi­ca­tion très haut dans leur échelle de va­leurs.

La dis­pa­ri­tion de D. Les­sing m'a per­mis de dé­cou­vrir le dis­cours qu'elle avait écrit lors de la re­mise de son prix Nobel (pour être hon­nête, je n'avais ja­mais eu l'oc­ca­sion de le lire au­pa­ra­vant).

Comme je ne veux pas avoir de pro­blème de co­py­right, je vous donne le lien ici

Oui ce texte est long, très long, mais le temps que vous pren­drez à le lire ne sera pas perdu. On ne sort pas in­dif­fé­rent de ce dis­cours et comme l'oeuvre de cet écri­vain, le texte est in­tem­po­rel et mal­heu­reu­se­ment le res­tera long­temps.

 

Dans une so­ciété ou tout mes­sage doit être ré­sumé, sim­pli­fié, pré­di­géré  pour de­ve­nir un sque­lette d'in­for­ma­tion qui ne donne au­cune ou­ver­ture à la ré­flexion, ce texte est comme une bouf­fée d'oxy­gène.

 

Thierry

10 com­men­taires
1)
JPO1
, le 28.11.2013 à 07:56

Merci Thierry. Ces deux décès m’avaient échappé. Je viens de lire le poi­gnant dis­cours de Doris Les­sing aux Nobel grâce à ton écrit. Je le ré­pands. Quant à Fre­de­rick San­ger je ne le connais­sais pas mais je vais m’em­ployer à mieux le connaître.

2)
Ki­mixoo
, le 28.11.2013 à 09:33

Merci pour cet ar­ticle et pour avoir mis en avant ce dis­cours de Doris Les­sing.

3)
M.G.
, le 28.11.2013 à 11:27

Merci Thierry, merci Fran­çois.

Dur, de lire un tel texte le matin au ré­veil. Quelle leçon !

Cette pauvre jeune femme qui che­mine dans la pous­sière en rê­vant d’une édu­ca­tion pour ses en­fants, croyons-nous être mieux qu’elle – nous qui sommes gavés de nour­ri­ture, avec nos pla­cards pleins de vê­te­ments, et qui étouf­fons sous le su­per­flu ?

Ce vécu d’Afrique de l’Est est très proche de cer­taines scènes vé­cues en brousse, ici au Sé­né­gal, au­jour­d’hui.

Au même mo­ment, les étu­diants “nan­tis” ne lisent plus, mal­gré les gi­gan­tesques bi­blio­thèques mises à leur dis­po­si­tion. L’In­ter­net est passé par là, ce monstre dé­vo­reur de temps, qui nous est pour­tant de­venu in­dis­pen­sable. Quel pa­ra­doxe !

4)
Costi
, le 28.11.2013 à 17:49

In­té­res­sant, merci Thierry. PS: Ce se­rait bien de re­lire l’ar­ticle et de cor­ri­ger les fôtes d’aur­to­grafe et de syn­taxe…

6)
yfic17
, le 28.11.2013 à 21:15

Je ne connais­sais pas Doris Les­sing. J’ai lu son dis­cours par­ti­cu­liè­re­ment pre­nant. En le li­sant, je pen­sais au livre que je lis ac­tuel­le­ment : les neu­rones de la lec­ture. Ce livre est ab­so­lu­ment pas­sion­nant sur la façon, dont notre cer­veau fait pour dé­cryp­ter ces sigles for­mant les mots !

7)
soi­zic
, le 29.11.2013 à 07:59

C’est un texte ad­mi­rable qui nous fait ré­flé­chir ; mais au delà de la ré­flexion, il y a l’ef­fi­ca­cité : que pou­vons nous faire réel­le­ment nous (moi) qui pour­rions don­ner tel­le­ment de livres ? Avez-vous des ren­sei­gne­ments pra­tiques ?

8)
gg­krail
, le 29.11.2013 à 11:40

Dans le même thème que le texte pro­posé, c’est à dire l’ac­cès à l’école, aux livres, à la culture, au monde, je suis allé voir et écou­ter Oli­vier Föllmi. Je ne sais pas com­ment in­sé­rer un lien dans mon com­men­taire, mais une simple re­cherche vous don­nera les in­for­ma­tions. Il est en Suisse ro­mande ces jours (le 3 dé­cembre à Epa­linges entre autres dates), pour par­ler de son ex­pé­rience au Zans­kar et des ses ré­flexions sur le monde, tout en nous pré­sen­tant des images tou­jours aussi belles.

Al­lez-y, cela en vaut vrai­ment la peine.

9)
ismos
, le 29.11.2013 à 18:01

@Soi­zic

Cela n’est pas simple. Dans des pays ou la cor­rup­tion est mon­naie cou­rante et dans les­quels l’ab­sence d’édu­ca­tion est la ma­nière dont les gou­ver­ne­ments veulent s’af­fran­chir de toute ré­bel­lion, il est tou­jours com­pli­qué d’ai­der di­rec­te­ment les per­sonnes dans le be­soin

Il existe des ONG qui tra­vaillent un peu par­tout dans le monde pour pro­mou­voir une édu­ca­tion mi­ni­male aux po­pu­la­tions dans le be­soin. Je pense que c’est en les ai­dant que l’on peux, à notre ni­veau, in­ter­ve­nir

T

10)
M.G.
, le 29.11.2013 à 22:57

Cela n’est pas simple. Dans des pays ou la cor­rup­tion est mon­naie cou­rante et dans les­quels l’ab­sence d’édu­ca­tion est la ma­nière dont les gou­ver­ne­ments veulent s’af­fran­chir de toute ré­bel­lion, il est tou­jours com­pli­qué d’ai­der di­rec­te­ment les per­sonnes dans le be­soin

Je confirme. Sou­ve­nir d’une jour­née du 8 oc­tobre pour la­quelle mon Club LIONS avait fait réa­li­ser 100 000 ca­hiers par un in­dus­triel da­ka­rois avec une cou­ver­ture de notre cru illus­trant Sight First, la cause mon­diale de l’époque.

Le mi­nis­tère de l’édu­ca­tion avait ab­so­lu­ment tenu à ce que le don soit fait entre ses mains, avec pro­messe de re­dis­tri­bu­tion dans toutes les écoles à tra­vers le Sé­né­gal. Ré­sul­tat : nous avons re­trouvé Dakar inon­dée de ces ca­hiers, ven­dus par les « Li­brai­ries par terre », au­tre­ment dit sur les trot­toirs de Dakar. Aucun élève de brousse n’a évi­dem­ment bé­né­fi­cié de ces ca­hiers.