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En­tre­prendre de lut­ter contre l’illet­trisme, un Club Ser­vice agis­sant comme une ONG y consa­crera tous ses ef­forts cette année sur la pla­nète.
Cer­tains pensent que c’est un pro­blème de pays en dé­ve­lop­pe­ment, la ré­ponse tient en deux mots : que nenni.

Et la tâche est d’au­tant plus rude que ce fléau mon­dial est aussi à notre porte.
À Paris, des études pointent que 50 à 60 000 mi­grants sou­haitent ap­prendre le fran­çais pour seule­ment 25 000 de­mandes sa­tis­faites. Dans les 33 centres so­ciaux et so­cio-cultu­rels pa­ri­siens, chaque année, ce sont près de 5000 de­mandes qui, faute de place, se voient re­fu­sées.

D’ailleurs, il ne faut pas confondre illet­trisme et anal­pha­bé­tisme .
Ici, les illet­trés sont des fran­çais qui ont dé­ve­loppé des stra­té­gies d’évi­te­ment ou de contour­ne­ment pour, sur­tout, ne plus avoir af­faire avec l’école ou toute forme d’ap­pren­tis­sage sco­laire. Ils en ont gardé les pires sou­ve­nirs, mais on a ten­dance à faire un joyeux mé­lange et à tout re­grou­per sous cette ap­pel­la­tion, alors que les pro­blè­ma­tiques sont très dif­fé­rentes (Merci Chère Marie pour cette dé­fi­ni­tion)…

Et ce n’est que la par­tie vi­sible de l’ice­berg, car les chères têtes blondes ou gri­sées sont tout au­tant af­fec­tées ou presque.
Selon l’IN­SEE en 2011, en France, 7% des adultes de 18 à 65 ans sont illet­trés dans une so­ciété de plus en plus tour­née vers l’écrit, fut-il imagé, voire iMagé.
L’amé­lio­ra­tion existe pour­tant, même si elle est très lente, ils étaient 9% en 2004.

Lar­ge­ment su­pé­rieurs à l’offre pu­blique, les be­soins en ma­tière d’ap­pren­tis­sage du fran­çais (de deux à cinq mille heures sont né­ces­saires, selon le ni­veau ini­tial…) ne peuvent être ab­sor­bés par les seules as­so­cia­tions.
Une voie ori­gi­nale, dif­fé­rente, pour ten­ter d’amé­lio­rer les choses est l’ASL-Ac­com­pa­gne­ment So­cio-Lin­guis­tique, qui re­quiert, de fait, moins de temps.

C’est la voie que j’ai choi­sie.

Dans notre ar­ron­dis­se­ment de l’Est pa­ri­sien, beau­coup des ap­pre­nants ont envie de tra­vailler le fran­çais à l’écrit, mais ne maî­trisent pas bien l’oral… Ce n’est donc pas que de l’ap­pren­tis­sage lin­guis­tique, car il est mêlé à un tra­vail de so­cia­li­sa­tion : bref, il s’agit de rendre notre pu­blic au­to­nome par rap­port aux dé­marches de la vie cou­rante. Et contri­buer ainsi à son in­té­gra­tion dans l’es­pace so­cial et ci­toyen, en maî­tri­sant des com­pé­tences de com­mu­ni­ca­tion orale.
On peut éga­le­ment citer : choi­sir un bon pro­duit dans les rayon­nages de la su­pé­rette voi­sine, prendre ren­dez-vous chez le mé­de­cin, ce qui per­met un ac­quis de com­pé­tences assez fa­ci­le­ment trans­fé­rable à d’autres styles d’écri­ture ou de dé­marches, plus ad­mi­nis­tra­tifs par exemple.

Mais aussi com­prendre l’école où vont les en­fants, et c’est vrai­ment une place cen­trale à ac­cor­der. Il convient de trai­ter des droits in­alié­nables ga­ran­tis par la Ré­pu­blique, abor­der les de­voirs de cha­cun et le res­pect de la loi, et par exemple s’ac­quit­ter de ses im­pôts…

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Un jour comme les autres…

J’ai suivi moi-même une for­ma­tion de quelques jours, qui se pro­longe par des échanges de groupe avec d’autres for­ma­teurs, car on ne passe pas fa­ci­le­ment de la pra­tique d’un en­sei­gne­ment de style MBA à la dé­cou­verte de ce que nous res­sen­tons comme inné, voire uni­ver­sel, alors que ce n’est pour nous qu’un simple ac­quis so­cial, construit dès notre pe­tite en­fance, même si c’est es­sen­tiel.
En fait, on s’ef­force de res­pec­ter la pro­gres­sion pé­da­go­gique sui­vante, et, par exemple :

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Agran­dir pour mieux lire

Par la suite, en par­te­na­riat avec cer­tains com­mer­çants, on l’étend à l’exa­men des em­bal­lages, éti­quettes de pro­duits, cap­tures d’écran des caisses ra­pides, lec­teurs de carte, etc.

Déjà pour ex­pli­quer le « 2+1 », et le faire re­trou­ver dans di­vers pros­pec­tus, il m’a fallu un cer­tain temps.
Où ça se com­plique c’est avec la ques­tion sui­vante le­quel est le plus cher au kg ?

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Même un bon cu­kien doit y re­gar­der à deux fois.

Quant à choi­sir le pa­quet qui contient le plus de pâtes… la plu­part se trompent.

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Tous les deux font 500 g.

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Tous n’ont pas ce sé­same vert.

Nous avons aussi dans les quar­tiers Nord-Est un nou­veau ser­vice de trans­port en com­mun, le tram.

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Prendre un titre de trans­port n’a ja­mais été simple à Paris, tout au moins de­puis la mise en ser­vice des au­to­mates de vente.

Je suis sûr que si je leur donne ce plan de métro, cer­tains vont s’ef­for­cer de re­trou­ver la fa­meuse ligne T3b de tram.

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Cela per­met en­suite de com­prendre les em­bal­lages de mé­di­ca­ments, les consignes vi­suelles af­fi­chées, les pré­cau­tions d’em­ploi et po­so­lo­gies, les dates de pé­remp­tion, le rap­port prin­ceps/gé­né­riques, etc.

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Deux boîtes, même quan­tité, même com­po­si­tion

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Le prix du prin­ceps n’est pas le même que le gé­né­rique…

Un grand mo­ment a été de ten­ter d’ex­pli­ci­ter un for­mu­laire d’ins­crip­tion à la can­tine sco­laire : il m’a fallu re­lire trois fois le « nota bénêt (sic!) » de cinq lignes en bas de page avant d’es­pé­rer avoir com­pris.
Es­sayer de le trans­po­ser en wolof ou en fran­çais cou­rant, c’est presque le même com­bat.

Même s’il existe un site de ré­fé­rence avec des ou­tils ap­pro­priés, je pré­fère uti­li­ser mes propres pho­tos, vi­déos et pré­sen­ta­tions : la prise de ren­dez-vous avec mon mé­de­cin gé­né­ra­liste a été un grand mo­ment, vous avez vu plus haut la main de ma phar­ma­cienne. Le son de la prise de rdv a été dé­coupé pour ré­pé­ter les étapes avec “Sound­track­Pro”, j’ai donné deux vieux té­lé­phones pour faire le jeu de rôles, etc. Pour les pré­sen­ta­tions, je pioche sou­vent des mé­thodes ou tours de passe-passe par

L’in­ci­dence cultu­relle n’est pas à ou­blier ou mé­con­naître.
Notre groupe a vi­sité l’an der­nier le Musée du Louvre qui met à dis­po­si­tion des as­so­cia­tions ou groupes d’in­ser­tion un ac­cueil et un ac­com­pa­gne­ment re­mar­quables.
Une ré­flexion a re­tenu mon at­ten­tion : une sri-lan­kaise, en France de­puis 20 ans n’avait ja­mais vi­sité un musée, et de­vant la foule di­ver­si­fiée qui fai­sait la queue sous la py­ra­mide à l’en­trée, a dit:

- C’est drôle, ils sont comme nous.

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Le tra­vail pré­pa­ra­toire sur les œuvres qui vont être (re-)dé­cou­vertes cette année est in­té­res­sant et prê­te­rait à sou­rire s’il ne ré­vé­lait les fos­sés qui res­tent à com­bler : la plu­part connais­saient la Jo­conde.
Mais les com­men­taires spon­ta­nés sont crous­tillants, ex­traits :

- Elle est presque belle ;
- Ils ne sont pas riches, elle n’a pas de bi­joux ;
- Ce n’est pas une photo ;
- Elle a les che­veux longs et on­du­lés comme moi ;
- Elle a fini de tra­vailler, de bro­der avec des fils de laine, elle croise les mains ;
- Son voile est léger.

Évi­dem­ment, il ne s’agit pas de re­trou­ver une ana­lyse du ni­veau d’un Da­niel Arasse

oOo

Au­jour­d’hui, une me­nace plane sur ces ac­ti­vi­tés : alors que, jus­qu’à main­te­nant, les centres so­ciaux étaient libres de dé­fi­nir les mo­da­li­tés de fonc­tion­ne­ment de leur en­sei­gne­ment, en oc­tobre 2011, le Mi­nis­tère de l’In­té­rieur a pu­blié deux dé­crets.
L’un est re­la­tif au ni­veau de la langue fran­çaise re­quis pour les pos­tu­lants au sé­jour ou à la na­tio­na­lité, ce qui me semble jus­ti­fié dans son prin­cipe et ses exi­gences, même si les mo­da­li­tés de contrôle sont va­riables selon le lieu, l’autre a créé un label qua­lité , un de plus, «_FLI®-Fran­çais Langue d’In­té­gra­tion_» pour les or­ga­nismes de for­ma­tion.
Cet opus d’une soixan­taine de pages est un mo­nu­ment de pur jar­gon ad­mi­nis­tra­tivo-bur­lesque.

Bien en­tendu, les au­teurs de ces do­cu­ments ont un avis dif­fé­rent de ce que les ac­teurs de ter­rain pensent… Mais je me dois de vous le faire connaître, si vous le sou­hai­tez.

Ce label ne se li­mite pas seule­ment aux for­ma­teurs sa­la­riés de struc­tures pro­fes­sion­nelles char­gées d’en­sei­gner le fran­çais aux mi­grants dans le cadre d’un contrat avec la pré­fec­ture. Il vise aussi les struc­tures as­so­cia­tives et leurs in­ter­ve­nants bé­né­voles, avec tout un tas d’exi­gences, de règles et d’ob­jec­tifs ré­duc­teurs et pro­cé­du­riers, propres à dé­cou­ra­ger ces mêmes bé­né­voles, voir par­ti­cu­liè­re­ment à ce pro­pos les pages 48 à 54, les ap­pren­tis et leur en­ca­dre­ment.
Cer­tains disent même que c’est pour mieux mar­chan­di­ser cette for­ma­tion, à l’ins­tar de ce qui se pra­tique dans nombre de pays voi­sins. En tout cas, les Centres So­ciaux de Paris ont réagi .

Nos ate­liers ne sont pas de simples cours de langues, ce qui ré­tré­cit consi­dé­ra­ble­ment l’am­bi­tion, in fine, d’in­té­gra­tion et leur mettre des bâ­tons dans les roues n’est sans doute pas une vi­sion construc­tive.

Mon vrai plai­sir est d’en­tendre une dame, qui n’osait pas me re­gar­der il y a deux mois, me dire en ar­ri­vant, et à l’heure, main­te­nant :

- Bon­soir, Mon­sieur “Sa­luki”.

Liens ap­pro­priés :

Guide à l’at­ten­tion des or­ga­nismes de for­ma­tion can­di­dats ICI
In­for­ma­tion préa­lable à la can­di­da­ture ICI
For­mu­laire de can­di­da­ture au label qua­lité FLI ICI

Do­cu­ment de vi­site d’au­dit ICI

For­mu­laire de re­nou­vel­le­ment du label qua­lité FLI ICI

15 com­men­taires
1)
Ma­dame Pop­pins
, le 18.02.2013 à 06:39

Sa­luki,

J’aime beau­coup l’idée de cet ap­pren­tis­sage glo­bal : com­prendre le contenu et vé­ri­fier la quan­tité. Re­marque, moi, je crois que j’au­rais ten­dance à pré­fé­rer la bouffe des ap­pre­nants à la mienne :-)

Quant au prin­cipe de dé­ter­mi­ner le prix au kilo, je n’ar­rive pas for­cé­ment à faire ac­qué­rir cette ha­bi­tude à nos jeunes au pair, pour­tant (presque) tous avec bac en poche lors­qu’ils dé­barquent !

Mais je met­trais quand même une autre lettre ici ;-)

se sont près de 5000 de­mandes

Ex­cel­lente jour­née et bonne conti­nua­tion dans cette tâche aussi exi­geante que sa­tis­fai­sante je sup­pose.

2)
Fran­çois Cuneo
, le 18.02.2013 à 08:19

Salut Sa­luki,

Bravo pour ton en­ga­ge­ment, je trouve ça ma­gni­fique et sur­tout im­men­sé­ment utile.

Quant à la fin de ton ar­ticle, c’est une mode ac­tuel­le­ment de tout vou­loir for­ma­ter et ré­gle­men­ter, même au ni­veau de la for­ma­tion.

Je te ras­sure, c’est par­tout pa­reil.

Et le terme de mar­chan­di­ser re­vient éga­le­ment dans un de tes pays voi­sins.

Bref, bravo à tous ceux qui, comme toi, s’en­gagent dans ce com­bat qui ne sera ja­mais com­plè­te­ment gagné, mais même des pe­tites vic­toires font plai­sir.

3)
Sa­luki
, le 18.02.2013 à 08:49

je met­trais quand même une autre lettre ici ;-)

Honte à moi : comme quoi c’est sou­vent le cor­don­nier qui a be­soin d’un res­se­me­lage !

4)
Sa­luki
, le 18.02.2013 à 09:13

Un com­plé­ment, hélas ac­ces­sible en to­ta­lité que pour les abon­nés du quo­ti­dien Le Monde : anal­pha­bé­tisme chez les cadres

C’est dans le n° daté de di­manche -lundi.

5)
ysen­grain
, le 18.02.2013 à 09:18

Bel en­ga­ge­ment, belle ini­tia­tive. Je suis ad­mi­ra­tif.

À pro­pos d’illet­trisme, j’ai lu assez étonné un ar­ticle du Monde de Di­manche.

Édi­fiant … hélas

6)
Mi­chel Ga­boly
, le 18.02.2013 à 14:03

@ Ysen­grain

Je ne com­prends pas l’in­té­rêt du com­men­taire n°6. Il re­prend en effet un texte du Monde pour le­quel tu donnes un lien dans le com­men­taire n° 5.

Pas­ser par ton lien abou­tit à l’ar­ticle ori­gi­nal, tan­dis que le com­men­taire 6, re­pre­nant le même texte, est com­plè­te­ment illi­sible (pra­ti­que­ment aucun saut de ligne, perte des re­pères four­nis par les cha­peaux, ou par l’ita­lique pour les ci­ta­tions, …). En gros, tu sup­primes toute la va­leur ajou­tée ap­por­tée par le se­cré­taire de ré­dac­tion ;-((

En outre, il y a un pro­blème de res­pect du droit d’au­teur. On n’est pas censé citer in­té­gra­le­ment un ar­ticle de presse, à ma connais­sance.

Selon moi, le lien que tu donnes en 5 est par­fait, tan­dis que le com­men­taire en 6 est contre­pro­duc­tif !

7)
ysen­grain
, le 18.02.2013 à 14:13

@mi­chel ga­boly Le contenu du lien est ré­servé aux abon­nés au jour­nal Le Monde. M’en aper­ce­vant j’ai in­clus l’in­té­gra­lité du texte.

8)
Sa­luki
, le 18.02.2013 à 14:55

Mi­chel et Ysen­grain, je vais vous mettre d’ac­cord :

[mode hu­mour “on”] Vous êtes dignes de fi­gu­rer dans ‘mon pu­blic ou dans celui cité dans “Le Monde”. En effet, je donne le lien plus tôt vers cet ar­ticle dans le com­men­taire @4 en com­plé­ment, pu­re­ment du au ha­sard, de mon hu­meur du jour. La ci­ta­tion in­té­grale ne peut se faire que par cour­riel privé. N’est-ce pas Cher Y? [\mode hu­mour “off”]

9)
Ar­naud
, le 18.02.2013 à 16:25

Mais où Sa­luki trouve-t-il le temps pour toutes ses ac­ti­vi­tés???

10)
Mi­chel Ga­boly
, le 18.02.2013 à 17:25

@ Sa­luki

Contrai­re­ment à ce que tu sug­gères (mode hu­mour on, heu­reu­se­ment), j’avais re­péré ton lien vers l’ar­ticle. ;-))

Sim­ple­ment, je ne vou­lais pas vexer Ysen­grain en ne lui fai­sant qu’une re­marque né­ga­tive, d’au­tant plus que notre désac­cord ne porte que sur la forme.

@ Ysen­grain

J’ignore si le fait que l’ac­cès soit ré­servé aux abon­nés est li­mité dans le temps, mais je peux lire tout l’ar­ticle sur le site du Monde, alors que je ne suis pas abonné.

@ Ysen­grain bis (18h44)

Merci d’avoir en­levé l’ex com­men­taire 6, en lais­sant les 2 liens (le tien et celui de Sa­luki), bien suf­fi­sants ;-))

11)
ysen­grain
, le 18.02.2013 à 18:44

Afin d.​en finir avec cette contro­verse sans in­té­rêt en re­gard de l’in­ves­tis­se­ment re­mar­quable dé­crit dans le billet de Sa­luki, j’ai dé­truit le com­men­taire en cause.

Dé­solé d’avoir été in­com­pris ou mal­adroit.

12)
Sa­luki
, le 18.02.2013 à 18:53

Ar­naud

Mes jour­nées sont comme les tiennes : 36 heures, dont 48 consa­crées à ce et ceux que j’aime.

L’ar­ticle du Monde est passé en libre accès quand le nou­veau n°, daté de mardi à été mis en té­lé­char­ge­ment pour les abon­nés.

13)
Sa­luki
, le 18.02.2013 à 19:06

Et un petit exer­cice pour bien finir la jour­née. Es­sayez de lire à votre vis à vis le pas­sage ci-des­sous : l’oral ne sert pas à grand chose ici pour com­prendre. Il faut bien l’écrit .

Mon­sieur La­mère a épousé Ma­de­moi­selle Le­père.
De ce ma­riage, est né un fils aux yeux pers.
(*pers = entre vert et bleu, on ne pro­nonce pas le s).

Mon­sieur est le père, Ma­dame est la mère.
Les deux font la paire.

Le père, quoique père, est resté Lamère, 
mais la mère, avant d'être Lamère était Lepère.

Le père est donc le père sans être Le­père,
puis­qu’il est La­mère et la mère est La­mère, bien que née Le­père.

Aucun des deux n’est maire.
N’étant ni le maire ni la mère, le père ne com­met donc pas d’im­pair en si­gnant La­mère.
Le fils aux yeux pers de Le­père de­vien­dra maire.

Vous êtes toujours là?

On conti­nue…
Il sera le maire La­mère, aux yeux pers,
fils de Mon­sieur La­mère, son père, et de Ma­de­moi­selle Le­père, sa mère.

La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd.

Aux ob­sèques, le père de la mère du maire, le grand-père Le­père,
vient du bord de mer et marche de pair avec le maire La­mère, son pe­tit-fils.

Les amis du maire, venus pour la mère, cherchent les La­mère,
ne trouvent que le maire et Le­père,
père de la mère du maire, venu de la mer, et cha­cun s’y perd !

On dira après que le fran­çais n’est pas com­pli­qué !

14)
Mo­dane
, le 18.02.2013 à 19:14

Ex­cellent, ce der­nier com­men­taire! Et ex­cel­lente ta dé­marche! Je suis ad­mi­ra­tif!

15)
Mi­chel Ga­boly
, le 19.02.2013 à 15:15

@ sa­luki

Si tu ne connais pas cette dic­tée, elle de­vrait t’in­té­res­ser ;-))

Un sot à che­val porte dans un seau peu large le sceau du roi. Le che­val tré­buche et l’étroit seau tombe.

Au début, les gens sont contents d’avoir écrit cor­rec­te­ment « sot », « seau » et « sceau ». Puis ils se de­mandent com­ment écrire le mot qui suit « les 3 » (1 sot + 1 seau + 1 sceau, cela fait bien 3 ob­jets). À l’oral, le pre­mier ré­flexe est que les 3 en­ti­tés chutent, mais d’une part, aucun moyen ne per­met de trans­crire cela, et d’autre part comp­ter 3, c’est ad­di­tion­ner des choux et des ca­rottes.

L’as­tuce consiste à se rendre compte que l’ex­pres­sion « peu large » n’est pas na­tu­relle, et est donc à prendre comme un in­dice : « peu large », c’est donc « étroit », ce qui amène à la so­lu­tion !