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A la caisse d’un su­per­mar­ché, dans un bar, au club de gym…
Peut-être se sont-ils ren­con­trés dans une li­brai­rie, chez des amis com­muns, au bord de la mer ou un plan de ville à la main "par­don, sa­vez-vous com­ment on se rend à l'Ato­mium ?"

Peut-être se sont-ils plus au pre­mier re­gard; peut-être ce­lui-ci a-t-il été au contraire d'abord fran­che­ment agres­sif "mais fran­che­ment, Ma­dame, vous au­riez pas pu faire at­ten­tion, non ? J'vous jure, les femmes au vo­lant, va fal­loir qu'on rem­plisse un constat d'ac­ci­dent et ces jantes, le construc­teur ne les fa­brique plus !"

Peut-être se sont-ils revus dès le len­de­main, peut-être se sont-ils croi­sés par ha­sard des mois plus tard. Peut-être a-t-elle dû faire des pieds et des mains pour le re­trou­ver, peut-être l'a-t-il guet­tée en bas de son im­meuble "oh mais quelle bonne sur­prise, vous ha­bi­tez ici ?"

Si j'ignore tout ou presque de leur his­toire, je sais que la pre­mière étin­celle a fait battre leurs coeurs plus vite, je sais que d'un pre­mier frô­le­ment a surgi le désir et que l'ivresse est venue d'un sou­rire ou d'un bai­ser.

Un jour, ils ont dé­cidé d'ap­po­ser leurs si­gna­tures au bas d'un contrat de bail, peut-être même sur un re­gistre.

Selon les sta­tis­tiques, 1,7 en­fants ont en­suite trans­formé ce couple en fa­mille; ne me de­man­dez pas com­ment ils ont fait pour avoir 0,7 en­fant mais une chose est cer­taine : ces bam­bins ont gran­de­ment changé le quo­ti­dien de cette femme et de cet homme.

Du pre­mier sou­rire aux pre­miers mots, de la pre­mière ren­trée sco­laire à la pre­mière place de tra­vail, ces en­fants ont pris beau­coup de place, en­core da­van­tage de temps et pro­ba­ble­ment énor­mé­ment d'éner­gie. Ajou­tez une dose de stress pro­fes­sion­nel dans la vie de ce couple, quelques in­quié­tudes fa­mi­liales, des pe­tits sou­cis de santé : le quo­ti­dien or­di­naire de gens or­di­naires.

Pour­tant, ces gens or­di­naires, ils s'étaient pro­mis de ne pas se perdre dans les aléas de la vie, ils s'étaient pro­mis de res­ter amants et amis, ils s'étaient pro­mis de tou­jours se par­ler. Pour­tant, un jour, il a dû se rendre à l'évi­dence : le seul mode d'échange était de­venu dé­fen­sif ou agres­sif. Pour­tant, un jour, elle a réa­lisé que la com­pli­cité s'était en­vo­lée, cé­dant le pas à une cer­taine in­dif­fé­rence.

Peut-être ont-ils tenté de se re­con­qué­rir. Peut-être a-t-elle voulu re­trou­ver ces gestes de ten­dresse qui ont si long­temps fait sou­rire le re­gard de son mari mais peut-être a-t-elle dû ad­mettre que l'es­prit ne peut pas im­po­ser quelque chose à des corps qui sont de­ve­nus étran­gers l'un à l'autre. Peut-être a-t-il voulu la sur­prendre avec un week-end à Lis­bonne, une soi­rée au théâtre mais peut-être a-t-il dû ad­mettre que l'es­prit ne re­de­vient pas com­plice ai­sé­ment lors­qu'il s'est concen­tré trop long­temps sur d'autres su­jets.

Peut-être que les chaus­sures taille 31 de­vant la porte ont in­cité ce couple à ten­ter, en­core et en­core, de re­nouer un dia­logue : le rêve de tout bam­bin est de pou­voir vivre avec sa mère et son père; peut-être la planche à rou­lette dans le ga­rage a-t-elle au contraire pré­ci­pité les évé­ne­ments : per­sonne n'a envie d'im­po­ser des ten­sions per­pé­tuelles à son en­fant. Ainsi, un jour, au cours d'une dis­pute vio­lente ou, au contraire, sur un ton dé­ta­ché, il a pro­noncé ce mot. Ainsi, une nuit, après avoir pleuré ou au contraire, dormi pour la pre­mière fois de­puis des se­maines, elle a osé le dire.

"Sé­pa­ra­tion".

Ce mot est banal, connu avant même la ren­contre, les sta­tis­tiques étant im­pla­cables : dans cer­taines ré­gions, presque un couple sur deux di­vorce. Ce que les sta­tis­tiques ne disent pas, c'est la dou­leur, le sen­ti­ment d'échec, la crainte de la so­li­tude; ce que les chiffres n'in­diquent pas, c'est le dé­chi­re­ment, les larmes, par­fois la ré­volte, le sen­ti­ment d'in­jus­tice.

Lors d'une sé­pa­ra­tion, au cours d'un di­vorce, il n'y a pas de ga­gnant, il n'y a pas de per­dant, il n'y a pas de "gen­til" ou de "mé­chant" : il n'y a que le deuil ter­ri­ble­ment dif­fi­cile de ce qu'on au­rait voulu construire, de ce qu'on avait es­péré. D'une vie com­mune, il faut réus­sir à construire deux vies sé­pa­rées, avec tou­jours ce lien que l'on vou­drait aussi se­rein que pos­sible "pour le bien des en­fants".

L'en­tou­rage est sou­vent mal­adroit, les amis em­prun­tés de­vant le désar­roi de l'un, la dou­leur de l'autre. La fa­mille est par­fois as­som­mée par la nou­velle, af­fo­lée par les consé­quences, fuyant le sujet ou au contraire inon­dant cet homme et cette femme de conseils, de re­marques, peut-être même de re­proches.

Au­jour­d'hui, alors que Mis­ter et moi fê­tons notre neu­vième an­ni­ver­saire de ma­riage, j'ai une pen­sée pour tous ceux et toutes celles qui ont, il y a long­temps ou tout ré­cem­ment, dû faire le deuil de leur couple, de cet amour qu'ils avaient rêvé éter­nel : puissent-ils trou­ver, dans un ave­nir pas trop loin­tain, une rai­son de croire à un ave­nir à deux.

25 com­men­taires
1)
Smop
, le 21.06.2010 à 01:16

Voilà qui est in­ha­bi­tuel, un billet d’hu­meur sans la tra­di­tion­nelle ques­tion de conclu­sion ! Pour ma part, je me suis sou­vent de­mandé s’il était vrai­ment na­tu­rel de faire “sa vie” avec quel­qu’un. N’est-ce pas un hé­ri­tage cultu­rel al­lant contre na­ture ? Car quoi qu’il ar­rive, l’usure du temps est tou­jours là, et il ar­rive un jour où cha­cun es­time avoir fait le “tour de la ques­tion”. Cela va de la las­si­tude du quo­ti­dien à la sexua­lité mo­no­tone – voire par­fois in­exis­tante. Très rares sont celles et ceux dont le couple tient sans élé­ment liant plus ou moins forcé : pro­gé­ni­ture, pa­tri­moine, ou pire en­core, peur de l’in­connu. Après des an­nées de vie com­mune, une sé­pa­ra­tion est tou­jours dif­fi­cile, mais n’est-ce pas aussi la porte ou­verte à une nou­velle vie, à de nou­veaux émois ? Et puis sé­pa­ra­tion de corps ne si­gni­fie pas for­cé­ment sé­pa­ra­tion d’es­prit. Tout par­te­naire “sé­rieux” em­porte avec lui une par­tie de soi-même et la com­pli­cité peut, à mon avis, par­fai­te­ment conti­nuer, même une fois la page tour­née.

2)
In­connu
, le 21.06.2010 à 07:50

Etant né du re­ma­riage de deux di­vor­cés, je ne peux que croire dans les ver­tus de la sé­pa­ra­tion, dans le cas qui me concerne :)

3)
Phi­lob
, le 21.06.2010 à 07:51

Hier, je suis allé fêter di­gne­ment un oncle et une tante qui at­tei­gnaient cha­cun leur 90 ans d’exis­tence cette année; donc, 65 ans de vie com­mune, c’est beau et pas seule­ment parce que c’est rare.

Cela fait 13 ans que je suis di­vorcé et je suis un jeune marié heu­reux de 2 ans et demi. Avec mon ex-femme, nous re­pré­sen­tions le couple idéal, nous nous étions connus à 17 ans, nous avons quand même par­tagé 20 ans de notre vie, à la fin, ce n’était même plus le couple que nous nous ef­for­cions de sau­ver, mais sur­tout cette image du couple idéal et à cette image, j’ai sa­cri­fié beau­coup; bien trop, j’al­lais presque dis­pa­raître, la ré­ac­tion fut ra­pide, car il y a avait ur­gence, j’étais en dan­ger de vie morne.

Ce ne fut pas fa­cile, il y a la so­li­tude, la culpa­bi­lité, les en­fants que l’on ne voit presque plus (je tra­vaillais à 100 %), les pro­blèmes fi­nan­ciers; mal­gré tout, je n’ai aucun re­gret, car j’ai re­ga­gné ma per­son­na­lité, et j’ai re­com­mencé une nou­velle et très belle vie.

Mon té­moi­gnage n’est pas un en­cou­ra­ge­ment au di­vorce, au contraire, je reste per­suadé que vivre toute sa vie avec la même femme c’est une des plus belles choses qui peut ar­ri­ver, mais res­ter en­semble pour don­ner le change, c’est ter­ri­ble­ment des­truc­tif. Il faut juste se veiller de ne pas dé­truire l’autre pour se re­cons­truire soi-même et je ne sais même pas si j’ai réussi cela, ce doute est le prix que je paye.

Par contre, je suis ré­so­lu­ment pour le ma­riage (civil, c’est-à-dire un contrat signé), de moins en moins de per­sonnes osent s’en­ga­ger, c’est une forme de lâ­cheté qui des­sert tout le monde. Quand je dis ma­riage, je crois qu’il y a des amé­na­ge­ments à faire, une forme de Pacs me plait plus.

Si l’on aime assez une per­sonne pour avoir envie de vivre avec elle quelques an­nées, il faut oser être cou­ra­geux et s’en­ga­ger, j’ai même envie de dire que cela a été plus fa­cile la deuxième fois, car c’était vrai­ment en connais­sance de cause.

Si l’on peut rire fa­ci­le­ment de la so­li­tude quand on est jeune, car il est si fa­cile de trou­ver des com­pagnes juste pour quelques jours de fun, il en va dif­fé­rem­ment avec l’âge, la vie est beau­coup plus fa­cile en couple à par­tir d’un cer­tain âge, s’entre-ai­der c’est aussi une façon de s’ai­mer.

D’ailleurs, c’est assez pa­thé­tique de voir la “course” à l’épouse ou l’époux que font la plu­part des per­sonnes seules quand ils se rendent compte que leurs charmes ne fonc­tionnent plus.

65 ans de vie com­mune, je trouve cela très beau, mais je pense que cela doit faire aussi très peur à cer­tain.

4)
fxc
, le 21.06.2010 à 08:27

Voilà qui est in­ha­bi­tuel, un billet d’hu­meur sans la tra­di­tion­nelle ques­tion de conclu­sion !

il y en avait une pour­tant toute simple:

l’homme et la femme sont-ils fait pour vivre en­semble?

5)
Dod­ge­dav
, le 21.06.2010 à 08:43

Bon­jour,

J’ai connu ma femme le jour de ses 19 ans, 15 jours après nous sor­tions en­semble, 1 mois après nous vi­vions en­semble, 5 ans après nous étions mari et femme.

En­core 13 ans plus tard (main­te­nant) nous n’avons non pas 1.7 en­fants mais 4 et je pense sin­ce­re­ment être amou­reux comme au 1er jour (elle est aussi belle qu’il y a 18 ans donc ca aide :-) ).

La vie est belle par­fois.

A+ all

6)
El­lipse
, le 21.06.2010 à 09:10

Je suis en train de vivre une nou­velle sé­pa­ra­tion, alors merci pour ce billet. Même si nous for­mions une fa­mille re­com­po­sée sans en­fant en com­mun, j’ai des re­grets par rap­port à eux.

Sin­cè­re­ment, je sou­haite à tous les couples qui fonc­tionnent, avec leurs hauts et leurs bas, une belle suite dans leur aven­ture com­mune. Qu’ils en prennent soin comme d’un jar­din, qu’ils osent ex­pri­mer leurs sen­ti­ments en se sa­chant res­pec­ter, qu’ils osent de­man­der de l’aide lorsque l’ou­ra­gan pointe.

Et pour ceux qui comme moi, sont dans une pé­riode dif­fi­cile, du cou­rage, du recul et la force de conti­nuer en osant se re­mettre en ques­tion et pas seule­ment ac­ca­bler l’autre de l’échec.

Que la co­lère, le sen­ti­ment d’in­juste, qui par­fois nous ha­bitent, ne nous mènent pas sur le che­min de la ven­geance, mais nous aident à prendre des dé­ci­sions aussi justes que pos­sible. Amen ;-).

L’équi­libre est pour moi dif­fi­cile entre dé­fendre mon ter­ri­toire et mes in­té­rêts, et, res­pec­ter le ter­ri­toire de l’autre et ses in­té­rêts.

Quant à une nou­velle éven­tuelle vie à deux, je vais d’abord prendre le temps de me re­cons­truire et de dé­ci­der si oui, ou non, le jeu en vau­dra la chan­delle.

7)
Char­led
, le 21.06.2010 à 10:45

Mme Pop­pins & Mis­ter, je vous sou­haite un ex­cellent an­ni­ver­saire !

8)
Hervé
, le 21.06.2010 à 10:54

Dans un mois, nous cé­lè­bre­rons, ma femme et moi, cin­quante ans de vie com­mune. Et sa­vez-vous où nous fê­te­rons cela : à Pal­myre, en Syrie. Parce que après 50 ans, nous avons en­core des pro­jets ou des en­vies en com­mun. Et c’est cela qui est im­por­tant. Et on es­père bien que ce n’est pas fini !

9)
Smop
, le 21.06.2010 à 11:56

Par contre, je suis ré­so­lu­ment pour le ma­riage (civil, c’est-à-dire un contrat signé), de moins en moins de per­sonnes osent s’en­ga­ger, c’est une forme de lâ­cheté qui des­sert tout le monde.

A l’in­verse de toi, je suis pro­fon­dé­ment op­posé au ma­riage – qu’il soit civil, ou pire en­core, re­li­gieux.

S’il faut uti­li­ser les grands mots, je trouve jus­te­ment que s’il est ques­tion de “lâ­cheté”, celle-ci s’ap­pli­que­rait plu­tôt à la for­ma­li­sa­tion d’une si­tua­tion qui est avant tout un en­ga­ge­ment af­fec­tif. Le ma­riage ôte la di­men­sion pré­caire qui donne son es­sence au couple, celle qui fait que chaque jour doit être un nou­veau chal­lenge. Com­bien de couples ou­blient la né­ces­sité de l’ef­fort de sé­duc­tion au quo­ti­dien en as­si­mi­lant ma­riage à contrat per­pé­tuel ? Et com­bien de couples mo­ri­bonds re­tardent leur sé­pa­ra­tion uni­que­ment sous pré­texte d’être ma­riés ?

Un pa­ral­lèle peut-être fait avec la sexua­lité. C’est un vé­ri­table défi de faire en sorte que celle-ci se re­nou­velle suf­fi­sam­ment pour main­te­nir le désir. Car un couple qui a trans­formé le désir en ac­ti­vité quasi mé­ca­nique est un couple mort. J’en ai vu beau­coup au­tour de moi qui ré­duisent leur sexua­lité à une par­tie de jambes en l’air heb­do­ma­daire de trente mi­nutes, voire beau­coup moins. Pour moi, un tel couple n’a plus au­cune rai­son d’être, car ce qui fait la dif­fé­rence entre des amis et des amants est pré­ci­sé­ment la ca­pa­cité de main­te­nir ce désir vi­vant. Un li­vret de fa­mille et une al­liance ne changent rien à ça, bien au contraire !

10)
Blues
, le 21.06.2010 à 12:27

Moi c’est entre “Dod­ge­dav” et “Hervé”.

J’ai connu ma femme à 15 ans. Après di­verses ex­pé­riences entre 16 et 20 ans cha­cun de son côté; à 21 on a su que l’on était fait l’un pour l’autre et on s’est mis en mé­nage. A 22 pre­mier en­fant d’une longue série (4). On ne s’est marié fi­na­le­ment qu’au 3ème car ja­mais convaincu de l’uti­lité de ce pa­pier qui vous lie, mais pour rai­sons de pro­tec­tion (rentes, pro­prio d’une mai­son, etc…) donc de fi­nances, on a pas pu y échap­per = ce pays n’est pas fait pour le concu­bi­nage.

Dans notre en­tou­rage, snif… tous les couples sont sé­pa­rés (il ne reste qu’une fa­mille d’amis qui tient en­core juste le coup). OK, on fait un peu “di­no­saures”, mais aussi “mo­dèle de sta­bi­lité”.

Voilà pour nous… ah oui, cette année on a 51 ans et on pour­rait fêter nos 30 ans de vie com­mune, mais c’est pas notre genre de mar­quer ce pas­sage.

11)
Roger Bau­det
, le 21.06.2010 à 12:42

Euh, nous, c’est 35 ans de vie com­mune, mais je vois que Hervé m’a battu avec son “50 ans”. Sale gamin, va !

12)
Phi­lob
, le 21.06.2010 à 14:09

Smop, l’un n’em­pêche pas l’autre, je dirai même que les deux sont im­por­tants; en tout cas pour moi, bien sûr, le “pa­pier” ne rem­place pas la créa­ti­vité et la re­mise en ques­tion, le re­nou­vel­le­ment, les sur­prises. etc., mais il peut aussi ras­su­rer et per­met toutes créa­ti­vi­tés plus se­rei­ne­ment.

Dans beau­coup de cas, le pa­pier est tout à fait in­utile, mais dans d’autres, il per­met un meilleur dé­part.

C’est pour­quoi, sans aller plus loin, j’ai ma pré­fé­rence vers une forme de Pacs, car, comme tu le dis si bien, “ce pays n’est pas fait pour le concu­bi­nage”; sin­cè­re­ment, je pense qu’un pa­pier est sou­vent une pro­tec­tion, je connais pas mal de cas où l’ab­sence de pa­pier a mis des per­sonnes dans une si­tua­tion très dé­li­cate, alors quand ça marche, comme ton couple, évi­dem­ment pas be­soin de pa­pier, mais quand ça foire un peu, c’est une autre his­toire. Mal­heu­reu­se­ment, le ro­man­tisme n’est plus vrai­ment la norme, l’a-t-il été d’ailleurs ? En de­hors des livres ?

13)
jd­muys
, le 21.06.2010 à 14:54

pas de per­dant ni de ga­gnant dans un di­vorce?

pas de ga­gnant, peut-être. Mais au moins un per­dant, ça c’est sûr.

et trop sou­vent, l’un des deux per­dants est beau­coup plus per­dant que l’autre.

14)
Hervé
, le 21.06.2010 à 15:26

@smop

Ra­me­ner la no­tion de couple au simple fait de s’en­voyer en l’air le plus sou­vent pos­sible et de la ma­nière la plus adé­quate ? Des bo­no­bos, quoi !

Dé­solé, ce n’est pas ma concep­tion de la vie de couple – marié ou non, d’ailleurs. Une vie en couple ne se ré­sume pas au nombre de fois et au temps que l’on passe dans la chambre à cou­cher. Cela a son im­por­tance, sans doute, mais pas plus que l’at­ten­tion, le res­pect de la per­son­na­lité, la par­ti­ci­pa­tion aux ac­ti­vi­tés, les pro­jets en com­mun : la cui­sine, le salon, la buan­de­rie ont au­tant d’im­por­tance que la chambre à cou­cher ! Et cela n’ex­clut pas non plus les “scènes de mé­nage” où les va­che­ries volent par­fois bas. Et sou­vent, ces va­che­ries s’ou­blient vite parce que celui/celle qui les a dites sait que l’autre sait qu’on ne pense pas réel­le­ment ce qui se dit.

C’est cela l’amour – et je ne met même pas un grand A !

15)
ysen­grain
, le 21.06.2010 à 15:32

Oui, l’union d’un couple est un des faits les plus im­por­tants de notre vie, mais il n’est que l’illus­tra­tion d’un mo­dèle, celui de la ren­contre qui ne dé­bou­chera pas for­cé­ment sur la consti­tu­tion d’un couple: des amis avec in­té­rêts com­muns, ou pour le simple plai­sir d’être en­semble, équipe de tra­vail.

La ren­contre de l’autre, at­ten­tion truismes, n’existe que parce que la so­li­tude existe et que vivre sans le ré­con­fort de l’amour, au sens le plus large du concept, de l’autre, des autres, est in­sou­te­nable. L’exemple de ceux qui se disent et disent n’avoir be­soin de per­sonne est édi­fiant: la co­lère les ha­bite in­ces­sam­ment.

Alors prendre la dé­ci­sion de la sé­pa­ra­tion est ver­ti­gi­neux, mais sans doute au moins au­tant que la mé­sen­tente.

Ce qui m’ef­fraie en­core, plus de 30 ans après avoir di­vorcé, c’est ce qui s’est passé dans la tête de ma fille: pour­quoi Papa n’est ja­mais là ? Qui doit faire le deuil ? c’est à dire faire avec ce qui reste: les pa­rents ? les en­fants ? Je ne sais pas, mais ce que je sais c’est que c’est une ci­ca­trice ir­ré­pa­rable.

16)
Smop
, le 21.06.2010 à 16:27

@ Hervé-14 : Je n’ai pas ra­mené la no­tion de couple à la sexua­lité seule, mais suis convaincu que c’est un élé­ment es­sen­tiel à l’har­mo­nie de ce­lui-ci et un fac­teur de du­ra­bi­lité. Un couple n’est plus un couple si une sexua­lité sa­tis­fai­sante pour les deux par­te­naires ne fait plus par­tie de l’équa­tion. Bien en­tendu, d’autres choses se dé­ve­loppent au fil du temps, à com­men­cer par la com­pli­cité ou la pour­suite d’ob­jec­tifs com­muns, mais cela ne suf­fit pas. Ne se­rait-ce que par la ten­ta­tion d’al­ler cher­cher ailleurs ce que le couple a perdu et qui pose le pro­blème de la fi­dé­lité et de la confiance. Je pense que c’est une grave er­reur que de vou­loir nier l’im­por­tance de notre ani­ma­lité.

Ce n’est d’ailleurs pas sans rai­son que tant d’hommes – et pro­ba­ble­ment bon nombre de femmes – sont in­fi­dèles, ou fran­chissent le pas de la sé­pa­ra­tion pour avoir suc­combé aux charmes d’un(e) autre.

Voilà aussi qui me rap­pelle une “ex” qui, bien qu’ap­pro­chant au­jour­d’hui de la soixan­taine, af­firme tou­jours qu’une “jour­née sans faire l’amour est une jour­née per­due”. Il ne s’agit pas seule­ment de plai­sir phy­sique à pro­pre­ment par­ler, mais de l’im­por­tance de la sé­duc­tion et du désir qu’elle gé­nère.

17)
Syl­phide
, le 21.06.2010 à 18:04

L’es­pace d’un ins­tant, j’ai eu peur que tu nous an­non­çais votre sé­pa­ra­tion. Ouf il n’en est rien.

Quant à moi, je pen­sais que l’ins­ti­tu­tion du ma­riage prend ef­fec­ti­ve­ment bien l’eau de­puis une ving­taine d’an­née en­vi­ron… est-ce nor­mal au vue de la lon­gé­vité de notre vie et au vue de notre in­di­vi­dua­lisme gran­dis­sant… je ne sais pas.

Pour ma part, je suis ma­riée de­puis 9 ans et ça va bien. Il est clair que le couple (les couples ?) passent tou­jours par des cycles du genre “lune de miel – bonne en­tente – en­tente cor­diale – mé­sen­tente” et ça re­com­mence, mais dans l’en­semble ça tient bien la route.

18)
Roger Bau­det
, le 21.06.2010 à 20:36

Ah, j’ou­bliais, la Pop­pins, tu fais un peu ga­mine avec ton petit score de seule­ment 9 ans de vie com­mune ! Mais je te­nais quand même à te sou­hai­ter un bon an­ni­ver­saire et à te dire ceci : Le ma­riage et se qui se créée au­tour (la fa­mille), ce n’est peut-être pas ri­golo tous les jours. Mais moi, je n’ai pas en­core trouvé mieux pour éle­ver un peu cor­rec­te­ment mes en­fants, pour m’ai­der dans les mo­ments de dé­prime, pour sur­mon­ter les épreuves comme la ma­la­die ou les crises fi­nan­cières, pour pas­ser Noël sans an­gois­ser seul de­vant ma dinde, pour ne pas avoir mon lit froid le soir venu et pour plein d’autres rai­sons en­core.

Cha­cun fait comme il veut, mais moi, je n’ai aucun re­gret de vivre “à l’an­cienne” en mari fi­dèle et qui, rin­gar­dise su­prême, s’est marié à la mai­rie ET à l’église !

19)
Hervé
, le 21.06.2010 à 20:49

Roger, bien que tu ne sois qu’un sale gamin, j’ap­plau­dis et par­tage en­tiè­re­ment tes dires, y com­pris la conclu­sion et toutes les autres rai­sons !

20)
Mo­dane
, le 21.06.2010 à 21:57

Pro­fi­tant d’une ex­pé­rience ré­pé­tée, par longues pé­riodes, de la vie en couple, je dois bien dire, un peu di­plo­ma­ti­que­ment, en cher­chant le mot juste, en pe­sant le pour, et aussi le contre, dans un souci de conci­lia­tion, en termes posés… que je ne suis VRAI­MENT pas qua­li­fié pour par­ler de ce sujet!

Mais pour fé­li­ci­ter, çà, oui! Ce que je fais!…

21)
Tar­to­pom
, le 21.06.2010 à 21:59

D’ha­bi­tude je n’aime pas trop les pa­piers de Mme Pop­pins (un peu ma­ga­zine fé­mi­nin à mon goût), mais là bravo, c’est bien écrit, hu­main, pro­fond.

22)
To­TheEnd
, le 21.06.2010 à 22:29

C’est drôle, 20 ré­ac­tions sur un sujet qui traite des va­leurs et per­sonne s’ex­cite.

Il me sem­blait qu’en oc­ci­dent, le taux de di­vorce était plus proche des 65%.

Je me suis sou­vent de­mandé pour­quoi ce tôt était aussi élevé et je pense qu’il faut tenir compte de 2 élé­ments. Le pre­mier, c’est que l’in­dé­pen­dance de cha­cun et en par­ti­cu­lier de la femme grace à une ac­ti­vité pro­fes­sion­nelle a per­mis de se sé­pa­rer plus fa­ci­le­ment. Le se­cond est pro­ba­ble­ment à mettre sur le compte d’une so­ciété qui ac­cepte beau­coup plus fa­ci­le­ment le di­vorce… Et ac­ces­soi­re­ment, de­puis que les di­vorces aug­mentent, les meurtres dans le couple sont en baisse; c’est pas mal.

Bref, longue vie aux couples heu­reux et bonne chance à ceux qui le cherche!

T

24)
zit
, le 23.06.2010 à 10:54

Bien­tôt 23 ans de vie com­mune, sans trop de pas­sion, c’est fa­ti­gant, la pas­sion ! Et ça finit mal ;o)

z (fi­dèle à ses maî­tresses, je ré­pêêêêêêêêêêêête : Nikon, Leica, Fuji…)

25)
Ma­dame Pop­pins
, le 25.06.2010 à 21:32

De­puis lundi onze heures, tac, paf, ploc, plus de net ! Je viens de ré­cu­pé­rer ma connexion, il était temps, j’étais sur le point de som­brer dans la dé­pres­sion !

Mille merci pour vos mes­sages de­puis lundi : plu­sieurs couples ici rap­pellent si jo­li­ment que le di­vorce n’est pas une fa­ta­lité !

A toutes et tous, plein de bon­heur mais aussi de cou­rage pour sur­mon­ter les mo­ments dif­fi­ciles.

A bien­tôt,