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Ra­con­tars et bille­ve­sées…

Culture...

Vous me connais­sez. Je ne suis pas du genre à tirer sur une am­bu­lance. Ou alors juste un peu. Pour rire. Parce qu'elle ne m'est pas sym­pa­thique. Ou qu'elle trouble mon wa, comme disent les ja­po­nais. Ou mon re­cueille­ment, comme disent les flem­mards hon­teux.

Et il y a de ces am­bu­lances que je ne cô­toie pas in­ti­me­ment. Plein. Des am­bu­lances dont je n'en­tends par­ler, à la sai­son des am­bu­lances, que par le fra­cas mé­dia­tique qui les ac­com­pagne. Comme Ber­nard-Henri Lévy. Belle am­bu­lance. Dont l'exas­pé­rante pro­mo­tion de son chaque der­nier bou­quin me fait re­gret­ter qu'il ne soit pas, ef­fec­ti­ve­ment, son ul­time.

Je n'aime pas le bon­homme. Son côté suf­fi­sant me rap­pelle le gros Mon­sieur Bal­la­dur. Mais après tout, cet homme n'a que faire, je sup­pose, de mon ap­pré­cia­tion. Ou d'une autre, d'ailleurs. Ainsi sont les hommes forts, dit-on...

Tou­jours est-il que Ber­nard-Henri Lévy sort le 10 de ce mois une somme phi­lo­so­phique ti­trée, non pas 45°, mais "De la guerre en phi­lo­so­phie", où, pa­raît-il, il règle une bonne fois pour toute leur compte à ces sombres cré­tins ses pré­dé­ces­seurs que sont Kant, Marx et consorts, enfin... ses com­parses du club de be­lote du Café des Phi­lo­sophes, res­tau­rant ou­vrier, prix mo­diques, sept jours sur sept, la mai­son ne fait pas cré­dit, dont il en­vi­sage le suc­cès avec concu­pis­cence.

La phi­lo­so­phie a sou­vent été pour moi et mon im­mense dé­fi­cience cultu­relle source de joie. On me parle Spi­noza, je com­prends bière ibé­rique et je cours cher­cher le dé­cap­su­leur. Cela situe le ni­veau.

Vous ima­gi­nez bien, alors, quelle joie est la mienne, au son de la pre­mière si­rène ins­ti­ga­trice d'achat li­brai­rique li­brai­ri­cien li­brai­re­taire (cher­chez tout seul, je ne trouve pas!...). Je ne me tiens alors plus d'es­pé­rance. Tant d'idées nou­velles! Tant de culture! Sans comp­ter qu' on va cer­tai­ne­ment voir Arielle!...

J'ai donc lu le pre­mier en­tre­fi­let, la pre­mière note du concert, en quelque sorte. C'était dans le Nou­vel Obs. Je cite.

"Ce de­vait être le grand re­tour phi­lo­so­phique de Ber­nard-Henri Lévy. Pa­ta­tras ! L’opé­ra­tion semble com­pro­mise par une énorme bourde conte­nue dans « De la guerre en phi­lo­so­phie », livre à pa­raître le 10 fé­vrier"...

Ah ah ah! Je fonce! Et alors?...

A la page 122, il dé­gaine l’arme fa­tale. Les re­cherches sur Kant d’un cer­tain Jean-Bap­tiste Botul, qui au­rait dé­fi­ni­ti­ve­ment dé­mon­tré "au len­de­main de la se­conde guerre mon­diale, dans sa série de confé­rences aux néo­kan­tiens du Pa­ra­guay, que leur héros était un faux abs­trait, un pur es­prit de pure ap­pa­rence". Et BHL de pour­suivre son im­pla­cable dia­tribe contre l’au­teur de « La Cri­tique de la rai­son pure », "le phi­lo­sophe sans corps et sans vie par ex­cel­lence."

Et alors? Et alors?...

Vous n'al­lez pas le croire! Le cer­tain Jean-Bap­tiste Botul est... un ca­nu­lar! Vi­vivi!..."... Le fruit de l’ima­gi­na­tion fer­tile de Fré­dé­ric Pagès, agrégé de philo et plume du « Ca­nard en­chaîné », où il ré­dige no­tam­ment chaque se­maine « Le jour­nal de Carla B."

D'au­cuns s'en se­raient trou­blé. Per­son­nel­le­ment, je me se­rais même trouvé un er­mi­tage tro­glo­dyte au fin fond d'une pro­vince ou­bliée de Mol­da­va­quie in­fé­rieure. Je me se­rais cou­vert la tête de cendres. Som­bré dans une mé­di­ta­tion dé­fi­ni­tive sous un bloc de gra­nit. Mais je n'au­rais ja­mais eu le cou­rage dé­men­tiel, le déni ful­gu­rant de ré­pondre de toute ma hau­teur à Li­bé­ra­tion :

"Cha­peau pour ce Kant in­venté mais plus vrai que na­ture et dont le por­trait, qu’il soit donc signé Botul, Pagès ou Tar­tem­pion, me semble tou­jours aussi rac­cord avec mon idée d’un Kant (ou, en la cir­cons­tance, d’un Al­thus­ser) tour­menté par des dé­mons moins concep­tuels qu’il y pa­raît."

Alors là, je range l'ar­tille­rie. Une am­bu­lance pa­reille, ça ne tire plus, ça se res­pecte comme une ap­pa­ri­tion de Ber­na­dette Sou­bi­rou! On lève son cha­peau! On salue l'ar­tiste! On en­cense, on ré­vère! On ad­mire en si­lence, l'émo­tion dans la larme! On se col­lec­tionne le mo­ment dans l'in­ti­mité pour le ra­con­ter à nos ar­rière-pe­tits en­fants! Ce Ber­nard-Henri, alors!... On le croyait pé­dant? Quel joyeux drille!...​Sacré dé­con­neur, va!...

36 com­men­taires
1)
Oka­zou
, le 10.02.2010 à 07:00

Tu au­rais tort d’avoir des scru­pules, Mo­dane, BHL est tout sauf une am­bu­lance, plu­tôt un blindé (blin­dage in­at­ta­quable) bien armé qui n’hé­site pas à flin­guer tout ce qui ne fait pas par­tie de son mi­cro­cosme. C’est un ami de Sar­kozy, c’est dire que le culot est son car­bu­rant et le men­songe le com­bu­rant de pro­pul­sion des mis­siles qu’il n’hé­si­tera ja­mais à lan­cer contre les en­ne­mis de sa pen­sée unique. D’ailleurs, lui ac­cor­der une pen­sée, ne se­rait-ce qu’une seule, c’est déjà abu­ser.

Petit gag que l’on dé­couvre dans La vie sexuelle d’Em­ma­nuel Kant, une des têtes de cha­pitre de l’ir­ré­sis­tible et im­pro­bable œuvre de Botul/Pagès porte le nom du par­fait na­nard que BHL avait tourné au Mexique : Le jour et la nuit, qui fit deux ou trois en­trées dans les salles fran­çaises avant de re­tour­ner dans l’ombre.

Cela dit, Mo­dane, rien ne t’em­pêche, après avoir dé­gou­pillé une bière au nom de Spi­noza, de le lire. C’est un phi­lo­sophe ma­jeur, lui…


Le bo­tu­lisme n’est pas une école de pen­sée phi­lo­so­phique.

2)
ar­cheos
, le 10.02.2010 à 07:39

Peut être pas phi­lo­sophe, le Mo­dane, mais en tout cas bon lit­té­ra­teur !

3)
El­Geko
, le 10.02.2010 à 07:49

Perso, je n’ar­rive pas à dé­me­ter­mi­ner si je l’aime bien, ou s’il m’énerve beau­coup, le BHL. Donc, en gé­né­ral, ce sont les deux. Mais en tous cas, je res­pecte gran­de­ment son in­tel­li­gence, car il n’en manque pas. Et aussi, je suis quand-même assez sou­vent d’ac­cord avec ce qu’il dit (quand je com­prends ce qu’il dit évi­dem­ment).

En ce qui concerne “l’in­ci­dent” dont tu parles, il se trouve que BHL était sur Canal+ il y a deux jours, dans LE GRAND JOUR­NAL de De­ni­sot et qu’il s’en est ex­pli­qué, comme tou­jours avec in­tel­li­gence et vi­va­cité d’es­prit. Et il a rendu lui-même un vé­ri­table hom­mage à Fré­dé­ric Pagès qui lui, il l’a re­connu sans pro­blème, a fait tom­ber la tête droit dans le pan­neau.

Moi, je trouve ça noble en tous cas.

4)
Chi­chille
, le 10.02.2010 à 08:23

Il fau­drait aussi évo­quer les gran­dis­simes aven­tures de BHL en You­go­sla­vie et de BHL en Géor­gie. Son poi­gnant re­por­tage dont voici un ex­trait :

« Gori n’ap­par­tient pas à cette Os­sé­tie que les Russes pré­tendent être venus « li­bé­rer ». C’est une ville géor­gienne. Or ils l’ont brû­lée. Pillée. Ré­duite à l’état de ville fan­tôme. Vidée. »

Le pro­blème, comme l’a noté Rue89, c’est que « BHL n’est ja­mais «ar­rivé à Gori», et les Russes n’ont pas «brûlé» la ville. ». Et le plus ri­di­cule, c’est qu’il fai­sait par­tie d’un convoi dont les autres membres ont ra­conté la vé­rité.

En réa­lité, BHL fait par­tie de ces pri­vi­lé­giés (il l’est de nais­sance, pas seule­ment du fait de son sup­posé ta­lent) qui perdent lit­té­ra­le­ment le sens des réa­li­tés, croient que rien ne peut leur ar­ri­ver et qu’ils peuvent tout se per­mettre. De temps en temps, ça coince…

5)
Emi­lou
, le 10.02.2010 à 09:10

BHV est une ca­la­mité, il fait honte aux vrais phi­lo­sophes, à la phi­lo­so­phie. L’ad­jec­tif dans son cas est plus qu’usurpé. La sa­gesse, la re­cherche de la vé­rité, la mé­ta­phy­sique, la lo­gique, l’éthique etc…mais où se situe ce dandy et autre mus­ca­din plus sou­cieux de son pa­raître que de la pen­sée. Comme tous les usur­pa­teurs, cet im­pro­bable à un tou­pet monstre, c’est la seule com­pé­tence que je lui re­con­nais. Il croît que les mé­diats s’in­té­ressent à lui en tant qu’in­tel­lec­tuel, fu­neste confu­sion des genres, ce sont ses seules sor­ties fra­cas­santes te­nant plus du coup de gueule que de l’in­tel­li­gence qui donnent un coup de pouce à l’au­di­mat. Je l’ima­gine dans quelques télés réa­li­tés,suc­cès as­su­rés chez les pires des im­bé­ciles. BHV, phi­lo­sophe, BHV seule­ment. Par­lons plu­tôt de Ber­nard-Henri Levy comme de Du­pont, Du­rant et tant d’autres ano­nymes, la mo­des­tie en moins.

6)
je­je31
, le 10.02.2010 à 09:15

J’ai long­temps ad­miré BHL pour son in­tel­li­gence et sa vi­va­cité d’es­prit, que per­sonne ne songe à lui contes­ter. Et puis, j’ap­pré­cie sa dex­té­rité à ma­nier la langue fran­çaise et ses ap­pa­ri­tions dans l’émis­sion “Apos­trophe”, ou plus tard à “Bouillon de Culture” me lais­saient en gé­né­ral plu­tôt de bons sou­ve­nirs.

J’ai peu lu de livres de lui : “La Bar­ba­rie à vi­sage hu­main”, plu­tôt bien ; “Les der­niers jours de Charles Bau­de­laire”, ten­ta­tive un peu nar­cis­sique de se mettre à la place de, mais pas désa­gréable à lire. Et puis, ré­cem­ment, “Ver­tigo”, jour­nal de bord d’un pé­riple fait à tra­vers les USA. Ayant eu la chance de tra­ver­ser les USA en voi­ture d’est en ouest et du sud au nord, je vou­lais lire ce livre dont j’avais pour­tant lu au­pa­ra­vant des cri­tiques as­sas­sines : en réa­lité, le livre n’est pas si mau­vais que l’ont dit les cri­tiques, pas aussi bon que ce qu’en pense BHL. Le plus désa­gréable étant les nom­breux pas­sages où BHL ra­mène un peu tout à lui, se veut ac­teur d’une vie amé­ri­caine qui n’est pas la sienne, le tout dans un style par­fois trop am­poulé qui est sa marque de fa­brique (le style doit être avant tout au ser­vice d’un pro­pos, et non l’in­verse).

Bref, BHL est celui qu’on aime dé­tes­ter, qu’on doit dé­tes­ter. Beau­coup n’ont rien lu de lui et s’en tiennent à son per­son­nage mé­dia­tique. Et c’est vrai que sa façon de se mettre sur le de­vant de la scène est assez hor­ri­pi­lante.

Il tient un billet heb­do­ma­daire dans Le Point. Règle du jeu de ce billet, dis­pen­ser les op­probres et les sa­tis­fe­cits. J’ai contesté sa façon de dé­fendre Po­lanski – je ne suis pas d’ac­cord mais la cause est lé­gi­time – par les amal­games et les rac­cour­cis dont il a usé. Mais, en gé­né­ral, les points de vue qu’il peut avoir ou dé­fendre sont in­té­res­sants : pour ne citer que 2 exemples ré­cents, l’at­ti­tude de Pie XII, ou sa ré­flexion sur l’iden­tité na­tio­nale.

Pour en re­ve­nir sur l’er­reur com­mise avec Botul, cela est évi­dem­ment amu­sant de voir un phi­lo­sophe de renom com­mettre une bourde pa­reille. Et ses contemp­teurs n’en at­ten­daient pas moins. Ce­pen­dant, force est de re­con­naître – certes un peu contraint – qu’il fait amende ho­no­rable, et je re­joins El­Geko sur ce point.

7)
Ca­plan
, le 10.02.2010 à 09:18

Ha oui, il est très drôle, le BHL! Mais il y en a un autre qui me fait en­core plus rire: Glucks­mann, le bon­heur in­carné! ;-)

Mil­sa­bor!

9)
je­je31
, le 10.02.2010 à 09:29

Ha oui, il est très drôle, le BHL! Mais il y en a un autre qui me fait en­core plus rire: Glucks­mann, le bon­heur in­carné! ;-)

Avec, selon moi, une dif­fé­rence ma­jeure : Glucks­mann a pu tenir des pro­pos in­fa­mants et ré­ac­tion­naires, ce qui n’est pas le cas, à ma connais­sance de BHL. Si rire il y a, il est plus sau­mâtre avec Glucks­mann.

10)
Ker­mor­van
, le 10.02.2010 à 09:57

Botul a beau­coup pu­blié de­puis 1995,

et une fon­da­tion dé­livre an­nuel­le­ment un prix de­puis 2004.

Botul est sur Wi­ki­pe­dia

Quand à l’autre,……

11)
alec6
, le 10.02.2010 à 10:24

C’est fa­cile, mais je ne peux m’em­pê­cher de citer Au­diard (qui lui a bien existé!) :
Les cons, ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les re­con­naît.

12)
ysen­grain
, le 10.02.2010 à 11:18

1- le bo­tu­lisme est une ma­la­die d’ori­gine in­fec­tieuse dont le germe est Clos­tri­dium Bo­tuli, proche du germe du té­ta­nos. Du­rant mes études mé­di­cales, j’avais été très im­pres­sionné d’ap­prendre qu’1 mg de la toxine bo­tu­lique avait la ca­pa­cité de tuer 32.000.000 de sou­ris.

2- j’ai ad­miré BHL par la vi­va­cité de sa pen­sée et ce que j’ai pris comme une grande ca­pa­cité de syn­thèse, jus­qu’au jour où je suis tombé sur un re­por­tage photo de son ma­riage avec la “di­vine” Arielle Dom­basle. Celle-ci por­tait des chaus­sures dont les ta­lons étaient ornés d’un “mo­no­gramme” flam­boyant en lettres d’or: BHL

Ce jour là, j’ai revu ma po­si­tion: com­ment un homme “nor­mal” peut-il ac­cep­ter une telle chose tout en étant ce qu’il veut nous mon­trer ?

Se­conde re­marque: le ri­di­cule tue, oui, comme la toxine bo­tu­lique. Je doute que BHL ait la ca­pa­cité de tuer quoi que ce soit, et hélas, sur­tout pas lui.

Mon ac­ti­vité pro­fes­sion­nelle fait que je cô­toie beau­coup d’am­bu­lances. Ceux qui conduisent ces vé­hi­cules et les gens trans­por­tés mé­ritent, sans l’ombre d’un doute, bien plus de res­pect et de consi­dé­ra­tion que le mo­no­neu­ro­nal héros du jour.

13)
In­connu
, le 10.02.2010 à 11:42

Entre le botox d’Arielle et le Botul de son cuistre de mari les ga­zettes ont de quoi noir­cir du pa­pier.

16)
Mar­co­li­vier
, le 10.02.2010 à 12:55

La France a son BHL et son Glucks­mann. La Suisse (ro­mande) a son Jean Zie­gler et son Petit Ven­ti­la­teur (alias Fran­çois Che­rix), en moins nar­cis­sique ce­pen­dant.

17)
Ker­mor­van
, le 10.02.2010 à 13:56

Là, le gugus s’est en­tar­tré tout seul.

18)
alec6
, le 10.02.2010 à 14:33

@ Mar­co­li­vier

Quel rap­port avec Jean Zie­gler ? Je ne connais pas le se­cond.

(Màj)Quel rap­port avec l’au­teur de ce do­cu­men­taire sans conces­sion sur l’agri­cul­ture in­dus­trielle We feed the World (en VO dé­solé) et le Ras­ti­gnac de ser­vice dé­peint plus haut ? Tu dois te trom­per de ré­fé­rence…

19)
Mar­co­li­vier
, le 10.02.2010 à 17:02

@ alec6

Le se­cond ne mé­rite pas d’être connu…

Quant à Jean Zie­gler, je ne me trompe pas de ré­fé­rence (NB. il est in­ter­viewé dans le do­cu­men­taire que tu men­tionnes; il ne me semble pas qu’il soit ni l’au­teur ni le réa­li­sa­teur). Jean Zie­gler a une ap­proche de l’hon­nê­teté in­tel­lec­tuelle par­fois si­mi­laire à celle de BHL en ce sens que si la cause le de­mande, il n’hé­site pas à pro­duire des faux ou à men­tir. Je le sais parce qu’il me l’a dit de ma­nière très ex­pli­cite et sans honte après un cours de so­cio­lo­gie que j’avais avec lui à l’Uni­ver­sité de Ge­nève. C’est en lui fai­sant re­mar­quer qu’il avait été pincé dans un de ses livres en men­tion­nant des évé­ne­ments in­exis­tants, qu’il m’a af­firmé que la cause est pour lui plus im­por­tante que la vé­rité (ce à quoi je ne suis pas d’ac­cord). Ceci dit, c’est vrai qu’à la dif­fé­rence d’un BHL, Zie­gler agit pour “une” cause, alors que la cause de BHL, c’est BHL. Cela dit, si Zie­gler a du mau­vais, il a éga­le­ment du bon, no­tam­ment d’être une per­sonne sym­pa­thique.

Je re­gar­de­rais ton do­cu­men­taire. J’en re­com­mande un éga­le­ment sur le même thème (dé­solé Mo­dane d’être to­ta­le­ment hors-su­jet): Notre pain quo­ti­dien. A se dé­goû­ter des fruits, lé­gumes et viandes qui ne pro­viennent pas de la ferme d’à côté. La déshu­ma­ni­sa­tion de la pro­duc­tion ali­men­taire est ex­tra­or­di­naire. Et si nous sommes ce que nous man­geons, comme le disent cer­tains, alors nous sommes des monstres… A voir ab­so­lu­ment.

20)
yl
, le 10.02.2010 à 17:25

C’est en lui fai­sant re­mar­quer qu’il avait été pincé dans un de ses livres en men­tion­nant des évé­ne­ments in­exis­tants, qu’il m’a af­firmé que la cause est pour lui plus im­por­tante que la vé­rité (ce à quoi je ne suis pas d’ac­cord).

Quel livre et quels évé­ne­ments ?

21)
coa­coa
, le 10.02.2010 à 17:28

BHL…

A lire, un texte de Gilles De­leuze sur les “nou­veaux phi­lo­sophes”. C’était en 1977.

22)
Mar­co­li­vier
, le 10.02.2010 à 17:54

@ su­per­co­pieur: Le livre: “La Suisse, l’or et les morts”; l’évé­ne­ment in­venté: le dé­raille­ment à Bâle d’un train qui, du­rant la 2e guerre mon­diale, trans­por­tait des armes pour les ar­mées al­le­mandes au mé­pris de la neu­tra­lité suisse. C’est par rap­port à cette in­ven­tion que je lui ai posé la ques­tion de l’in­té­grité in­tel­lec­tuelle.

Il y eu d’autres cas – je n’en ai connu que la po­lé­mique – mais n’ayant pas lu les autres livres, je n’en connais pas des titres.

23)
alec6
, le 10.02.2010 à 18:12

Je com­prends mieux tes ré­ti­cences ! mais la com­pa­rai­son s’ar­rête là, on est bien d’ac­cord ! Je te re­joins d’au­tant mieux que pen­dant des an­nées j’ai été abonné au Diplo ; un jour j’en ai eu assez de les voir éta­blir des com­pa­rai­sons entre des chiffres et des pour­cen­tages! Ce qui ac­cen­tue dans le sens dé­siré pour la bonne cause certes, la dé­mons­tra­tion, mais on peut y re­gret­ter une cer­taine mal­hon­nê­teté in­tel­lec­tuelle.

Je connais l’autre film aussi

24)
Franck Pas­tor
, le 10.02.2010 à 20:07

Ci­ta­tion de Emile Ver­schue­ren : « BHV est une ca­la­mité… »

Oui, quel bazar! ;-)

Ca­plan, c’était un joli lap­sus d’Emile, qui est Belge. Parce que BHV en Bel­gique, c’est l’ar­ron­dis­se­ment de Bruxelles-Hal-Vil­vorde, qui em­poi­sonne les dé­bats po­li­tiques ici. Fran­che­ment, il y a au­tant de quoi en avoir marre de BHV que de BHL ! Voir ici pour les dé­tails.

25)
Ca­plan
, le 10.02.2010 à 20:23

Ca­plan, c’était un joli lap­sus d’Emile, qui est Belge. Parce que BHV en Bel­gique, c’est l’ar­ron­dis­se­ment de Bruxelles-Hal-Vil­vorde, qui em­poi­sonne les dé­bats po­li­tiques ici.

Ce n’est pas à ça que je pen­sais, Franck. Je ne connais rien à la ré­gion de Bruxelles (par­don!) ;-).

Par contre, bien que non-pa­ri­sien, je connais le Bazar de l’Hô­tel de Ville (BHV). D’où ma re­marque: “Quel bazar!” … Et quel bazar, ce BHL!

Mil­sa­bor!

26)
Sa­luki
, le 10.02.2010 à 21:43

Ce qui m’hor­ri­pile le plus avec Ca­plan, c’est qu’il connaît mieux MA ca­pi­tale que je ne connais son chef-lieu de can­ton… C’est donc pour son in­com­men­su­rable connais­sance en­cy­clo­pé­dique des coins les plus re­cu­lés de notre pla­nète, y com­pris la rue des En­vierges, que je l’ap­pré­cie sans re­te­nue.

Non, je n’ai pas bu.

27)
Franck Pas­tor
, le 10.02.2010 à 22:34

Ca­plan, tu connais au moins la place De Brou­ckère, non ? ;-) Mais j’avais bien com­pris à quoi tu fai­sais ré­fé­rence, connais­sant bien le Bazar de l’Hô­tel de Ville. Je vou­lais juste t’évi­ter une pos­sible gaffe pour la pro­chaine fois que tu iras faire un tour à Bruxelles, si tu vois ap­pa­raître ces ini­tiales dans une conver­sa­tion ! :-b

28)
alec6
, le 10.02.2010 à 22:45

Rue du Trans­vaal, Sa­luki ! (Piste rouge ce soir ! la piste noire de Bel­le­ville n’est pas mal non plus ! Les En­vierges, une simple bleue tout au plus)

D’ailleurs tu y es le bien­venu !

29)
Ca­plan
, le 10.02.2010 à 23:08

Non, je n’ai pas bu.

Qui n’a pas bu … boira! ;-)

Ca­plan, tu connais au moins la place De Brou­ckère, non ? ;-)

En fait, si. Et l’hô­tel Mé­tro­pole, nom de Dieu, la Ma­donne, nom de Dieu! (s’est ex­clamé le chauf­feur de taxi!)

Mil­sa­bor!

30)
Argos
, le 10.02.2010 à 23:11

Mal­gré tout je n’ar­rive pas à taper sur BHL qui re­pré­sente tel­le­ment son temps. Les Grecs, pour leur in­dé­pen­dance, avait Lord Byron qui est mort au com­bat. Les Bos­niaques ont BHL qui se te­nait der­rière un mur. Un hu­ma­ni­taire m’a ra­conté l’épi­sode de BHL de­vant Gori. En fait, dans la ville, il n’y a eu quatre ou cinq bâ­ti­ments at­teints. Les Russes, en ren­trant dans la ville avec leur chars, ont dit à ceux qu’ils ren­con­traient: “Vous ha­bi­tez la ville où est né Sta­line, nous avons du res­pect pour vous, puis ils ont dé­filé de­vant sa sta­tue.” L’hu­ma­ni­taire m’a dit qu’il a écrit à BHL une lettre fu­rieuse. Mais le nombre de grands re­por­ters qui ra­content les conflits de­puis leur chambre d’hô­tel est bien plus grande qu’on ne l’ima­gine. Sim­ple­ment, BHL a tout fait pour se rendre vi­sible et donc on ne le rate pas. Arielle D. me fait tou­jours mar­rer.

31)
Anne Cuneo
, le 11.02.2010 à 05:28

Vous ima­gi­nez bien, alors, quelle joie est la mienne, au son de la pre­mière si­rène ins­ti­ga­trice d’achat li­brai­rique li­brai­ri­cien li­brai­re­taire (cher­chez tout seul, je ne trouve pas!…)

Bou-qui-nique?

32)
Chi­chille
, le 11.02.2010 à 08:43

Les cons, ça ose tout, c’est d’ailleurs à ça qu’on les re­con­naît

C’est du pur Au­diard, ce qui, dans mon es­prit n’est pas tou­jours un com­pli­ment…

Cette ré­plique m’a tou­jours aga­cée, parce qu’elle tra­duit bien la men­ta­lité sim­plette de son au­teur (Au­diard, hein ! Au­diard ! pas Alec6 !). Il y a en effet une ÉNORME po­pu­la­tion de cons qui croient au contraire que RIEN n’est pos­sible et qu’il ne faut pas tou­cher à ce qui existe.

Bon, donc il y a des cons qui croient pou­voir tout faire et des cons qui croient ne rien pou­voir faire.

Le monde est bien com­pli­qué, mon bon mon­sieur.

33)
Chi­chille
, le 11.02.2010 à 09:00

Bou-qui-nique?

Oh ! Anne ! Une grande fille sé­rieuse comme toi ! T’as pas honte ?

34)
Hervé
, le 11.02.2010 à 09:47

Oh ! Anne ! Une grande fille sé­rieuse comme toi ! T’as pas honte ?

bof ! bof ! bof !

D’abord, Anne, si j’en crois les images que j’ai d’elle, n’est pas grande et qui a dit qu’elle était sé­rieuse ? :-)))

35)
Bi­galo
, le 11.02.2010 à 10:08

Bou-qui-nique?

Li­vresque ?

36)
Mo­dane
, le 11.02.2010 à 12:13

Bou­qui­nique? Ex­cellent! Adopté!