Profitez des offres Memoirevive.ch!
Mon sé­jour au CHUV

Naissance du problème

Nous sommes début août. Je prépare tranquillement du matériel pour un tournage de film qui aura lieu le soir même. Soudain, un malaise.

Je dois m’asseoir et, surtout, je n’y comprends rien. Vingt minutes plus tard, re-malaise! Cela finit par s’atténuer et je décide de reprendre mon activité.

Lorsque tout bascule

Quelques jours plus tard, je suis chez mon médecin traitant pour tenter de comprendre ce qui s’est passé. Celui-ci, avec le ton de circonstance, m’annonce que: soit je me fais opérer dans les mois qui suivent, soit je ne verrai pas l’été prochain! Qu’auriez-vous choisi à ma place?

L’intervention aura lieu dans six semaines. Je reprends ma vie normale, entrecoupée de divers examens, prémices que quelque chose d’important va se passer. Étonnamment, il m’est totalement impossible d’imaginer un avenir après le 1er octobre, date de l’opération. Mes chances ne sont pourtant pas mauvaises: nonante-quatre pour cent de “j’en sortirai” et six pour cent de “je n’en sortirai pas” (on est précis, au CHUV!). Mais c’est fou, dans ces cas-là, comme on reste bloqué sur les “six pour cent ” !

 

Où l’on passe aux choses sérieuses

Un jour avant le moment fatidique, me voici dans les lieux. Je comprends immédiatement que mon corps ne m’appartient plus. Il est devenu le sujet unique de la science! On m’assied, on me couche, on me met sur un côté, puis sur l’autre. On m’ausculte, on me sonde.

Au bout de ce long périple, je suis déclaré apte à passer à l’étape suivante: l’intervention chirurgicale elle-même. Comme récompense, on m’offre, le soir venu, une soupe et un dessert. Radins, au CHUV!

 

Le grand jour

Le réveil est programmé à six heures quinze. On me fait me doucher, puis revêtir une chemise qui me semble un linceul. Je dois me coucher sur mon lit et ne plus bouger. Je comprends enfin ce que ressent un condamné dans le couloir de la mort, le jour de son exécution! 

On me descend sur les lieux. Drôle d’impression que d’être transporté sur un lit, alors qu’on est encore parfaitement capable de marcher!

Une porte s’ouvre, je sens un vent glacial parcourir tout mon Être. Serait-ce le souffle de la Grande Faucheuse? Fausse alerte, il paraît que c’est tout à fait normal. C’est comme ça, dans une salle d’opération, on aime travailler au frais!

On me glisse sur une table en inox. Si c’est ça, mon dernier couchage, il est plutôt spartiate! Une infirmière me fait une piqûre “pour me détendre” (ils ont de ces mots, au CHUV!). Je sombre dans le Néant…

 

Tout espoir n’est pas perdu

Le lendemain, je vois un rideau orange devant mes yeux. Une seule pensée traverse mon esprit: je suis vivant! Je vais donc dès maintenant être l’acteur et le témoin de ma nouvelle existence. Pour l’instant, elle se conjugue sans émotion aucune. Je ne perçois ni le jour ni la nuit, n’ai aucune notion du temps. Je n’ai même pas mal. Cela doit être ça, être une larve! Tiens, on m’enlève des tuyaux. Me rendrait-on une partie de moi-même?

Quarante-huit heures plus tard, on me transfère des “soins intensifs” aux “soins continus”. La différence, c’est que je ressens maintenant d’autres présences autour de moi (d’autres larves?). Je ne suis donc pas seul! On me fait me lever. Aurais-je donc accès à ce monde étrange qui dépasse de mon lit? On me fait asseoir sur le “vase”. Ah, ça aussi je peux le faire!

Deux jours passent. C’est de­bout et à pied que je sors de ce lieu pour re­trou­ver “ma” chambre. Trente mètres de cou­loir en ligne droite, tout de même! Com­mence alors une nou­velle vie qui ne s’étale que dans le pré­sent im­mé­diat. Il y a les in­fir­mières, les vi­sites, les mé­di­ca­ments, les repas, le dodo… Je revis la chan­son de Jacques Brel “Les Vieux” (... du lit à la fe­nêtre, puis du lit au fau­teuil et puis du lit au lit…). Sauf qu’ici, pour moi, on peut ajou­ter le cou­loir et la salle de bain!

 

Le spleen du patient sur son lit d’hôpital

J’ai un voisin de lit qui sort d’une opération similaire. On s’entraide et on rit de notre situation anachronique. Dans une chambre d’hôpital, on est loin de la réalité. En fait, malgré la foule qui nous entoure, on est seul à ressentir cette sensation bizarre de séjourner dans un corps qui hésite encore entre la vie et l’au-delà. C’est ce qui bloque l’avenir, car on ne sait pas encore s’il y en a un et de quelle qualité il pourrait bien être.

Les émotions pourtant renaissent. On est content de voir ses proches.

On est conscient que dehors, il existe quelque chose qui, peut-être un jour, nous sera accessible. Mieux, on découvre que le café du CHUV est totalement imbuvable. C’est une motivation suffisante pour sortir de là!

 

L’espoir renaît

Nous en sommes au onzième jour “après”. Le corps médical déclare que je suis prêt à affronter le monde. Je me retrouve donc chez moi. Petite variante dans la chanson de Brel. Ajoutez maintenant “la cuisine” et “le salon”

Quinze jours encore à subir cette vie sans projets. Je dors ou remplis des grilles de “sudoku”.

Puis commence ma “rééducation”. On me fait pédaler dans le vide, marcher sur un tapis roulant. Des gens très sérieux et habillés de blanc relèvent plein de chiffres qu’ils notent soigneusement dans un gros cahier! Ça dure deux heures à chaque séance et se renouvelle trois fois par semaine. Et…ça fonctionne!

Après un demi-mois de ce régime et je me sens une réelle attirance pour le monde des vivants. Je reprends partiellement mon travail et vis cette étrange situation où je suis malade à cinquante pour cent, et bien portant le reste du temps.

Passent les fêtes de fin d’année. Récréation merveilleuse où tous mes petits problèmes auront la gentillesse de se mettre entre parenthèses.

 

Où je suis tenté par le négationnisme

Retour à la “rééducation”. Là, ça ne va plus! Je me sens totalement étranger à ces déchets humains qui me côtoyant, en oubliant déjà que, il y a peu, j’étais exactement comme eux! Heureusement, j’arrive rapidement au bout de mon temps et suis bientôt déclaré apte à mener une vie de citoyen travailleur et honnête (ce qui consistera en tout premier à payer les factures de tout ce bazar!).

 

La Délivrence 

(À lire à haute voix, en écoutant (au moins) une ouverture de Wagner)

S’étale maintenant devant moi une nouvelle vie qui n’aurait pas dû exister, offerte à la fois par la Science et le Destin (et réciproquement). Il est de mon devoir de profiter de tout cela très intensément, de ne pas en perdre une miette!

Ça, c’est la théorie, car dans les faits, c’est assez différent!

(Vous pou­vez ar­rê­ter Wag­ner)

 

Autre vision des choses

Il y a la tête, il y a le corps. La tête a une for­mi­dable ca­pa­cité d’ou­bli.

Cela nous permet de redémarrer après avoir vécu des situations parfois très pénibles. Le corps, lui, ne laisse rien passer. Il faut savoir qu’après une intervention, on est “à peu près” guéri et pas forcément “tout à fait” guéri”. La nuance est de taille et le “à peu près” varie fortement d’une personne à l’autre. Vous vous sentez un jour en pleine forme, prêt à parcourir le Monde, vous vous retrouvez le lendemain à juste imaginer tenter le tour du pathé de maison. Ça rend modeste!

Personnellement, cela ne va pas trop mal, merci! mais je découvre chaque jour plein de choses. Notre société, théoriquement peuplée que de citoyens dynamiques et bien portants, est en fait formée de simples Êtres humains, vivants tant bien que mal avec leurs petits bobos multiples. Ouf, pour moi, c’est rassurant, je ne suis donc pas le seul!

 

Il est temps de conclure

Et alors? Je confirme, c’est sacrément bien de se sentir tout simplement vivant. Le plan de carrière, le dernier iPod? Pourquoi pas si ça peut vous faire plaisir. On n’est pas là pour rester les bras croisés!

Mais si “on ne peut pas“ ou tout simplement “on ne peut plus, ce n’est pas si grave. Je vous l’assure, tant qu’on est capable de sentir un rayon de soleil sur la figue, un toit sur la tête et la présence d’un être proche, c’est déjà beaucoup!

 

C’était quoi, le bobo?

Ce qui est décrit ci-dessus n’est pas forcément lié à mon propre bobo.

Un grand nombre de personnes hospitalisées vivent le même parcours.

J’ai en fait subi une opération cardiaque consistante à la pose d’une valve et d’un bout de tuyau. Désavantage: C’est un peu risqué. Avantage: quand on en ressort, on ne se porte en général pas trop mal après !

29 com­men­taires
1)
alec6
, le 12.03.2009 à 00:17

Belle nar­ra­tion !
Merci pour le té­moi­gnage, et bonne conti­nua­tion au pas­sage. De mon côté RAS en té­moigne mon der­nier don du sang (pla­quettes…).

2)
To­TheEnd
, le 12.03.2009 à 01:18

Nous sommes début août. Je pré­pare tran­quille­ment du ma­té­riel pour un tour­nage de film qui aura lieu le soir même. Sou­dain, un ma­laise.

Cher Roger, tu sais très bien que tu dois ar­rê­ter de tour­ner ce genre de film… ça te donne des pal­pi­ta­tions!

Plus sé­rieu­se­ment, j’es­père que tout va tour­ner comme une hor­loge main­te­nant et que cette “ré­vi­sion” per­met­tra à la mé­ca­nique de tenir en­core long­temps!

Tout de bon!

T

3)
Leo_11
, le 12.03.2009 à 07:04

Voilà exac­te­ment ce qui me fait le plus peur… le pro­blème “mé­ca­nique” quel qu’il soit …

Bravo pour ce té­moi­gnage Roger… et bonne suite…

4)
Phil­Sim
, le 12.03.2009 à 07:05

ten­ter le tour du pathé de mai­son

C’est ce qui s’ap­pelle avoir le ci­néma à coeur. C’est peut-être ce qui vous a donné un coup de main…

Bonne santé à vous…

5)
Yip
, le 12.03.2009 à 07:50

Merci pour ce té­moi­gnage plein de cœur ;-) et bonne santé à tous !

6)
Tom25
, le 12.03.2009 à 08:06

Ah oui, 6% de mal­chance c’est beau­coup quand on y pense. Pour mon can­cer du tes­ti­cule, on me di­sait que ça se soi­gnait très bien dans 95% des cas. Alors tous mes amis me ras­su­raient en me di­sant “5% c’est rien !”. Tu parles, si j’avais 5% de chance de ga­gner au loto, je peux t’as­su­rer que j’y joue­rai tous les jours !

Sur le coup, et après l’opé­ra­tion, on est un peu in­quiet. Mais quelques temps après on est bien forcé d’ad­mettre que le corps hu­main est une for­mi­dable ma­chine, qui fonc­tionne pen­dant qua­si­ment 50 ans sans sou­cis, et qui peut presque re­par­tir pour 50 de plus après une bonne ré­vi­sion.

7)
dbre­gnard
, le 12.03.2009 à 09:15

Je suis per­plexe: j’ai long­temps cru que cuk.​ch était un es­pace dédié à “la photo sur Mac”, avec de crous­tillantes in­car­tades du genre “banc d’es­sai” pour une fri­teuse, un as­pi­ra­teur, une mousse à raser. J’ai dû prendre mes voeux pour la réa­lité. Je ne sais pas com­ment dire les choses pour ne pas bles­ser des sus­cep­ti­bi­li­tés, mais je trouve qu’au­jour­d’hui cuk.​ch n’a plus vrai­ment de di­rec­tion, on y parle de tout, de ses états d’âme, de ses bon­heurs et mal­heurs, de son hy­giène et de sa mo­rale in­times… Il me semble qu’on glisse dan­ge­reu­se­ment vers un gé­né­ra­lisme sans queue ni tête, un re­make de l’Illus­tré et autres Hebdo. Mais bon, c’est peut-être un choix édi­to­rial dé­li­béré!? Fran­çois Cunéo, l’ani­ma­teur in­con­tes­table de ce site, n’y pu­blie que de plus en plus ra­re­ment, en gé­né­ral pour auto-jus­ti­fier l’ac­qui­si­tion d’un nou­veau jouet… Allez, dites-moi que je me trompe! Et mille ex­cuses à Roger Bau­det pour venir pol­luer ainsi sa pres­ta­tion.

8)
Roger Bau­det
, le 12.03.2009 à 09:34

Sympa, vos té­moi­gnages, merci.

Pour dbre­gnard, tous ceux qui sont de­puis long­temps sur CUK se rendent compte que ce site évo­lue. C’est peut-être pour cela qu’il est tou­jours de­bout !

Les ar­ticles tech­niques res­tent en pro­por­tion nom­breux, mais il est vrai que CUK aborde au­jour­d’hui des su­jets éco­lo­giques, po­li­tiques ou phi­lo­so­phiques.

Vu le nombre de com­men­taires qui les suivent, je ne suis pas sûr que ce soit une fausse voie. Mais ta ré­ac­tion est saine et tu n’as pas à t’ex­cu­ser. Ce sont des avis comme le tien qui font que CUK reste dy­na­mique.

9)
A.DOU
, le 12.03.2009 à 09:49

Merci Mon­sieur BAU­DET, pour ce beau té­moi­gnage ( il est mille fois plus in­té­res­sant que tous ces tests de bi­dules plus ou moins in­utiles, en fait ! ). Bonne conva­les­cence à vous !

10)
levri
, le 12.03.2009 à 10:04

@ Roger Bau­det : té­moi­gnage in­té­res­sant, tu es tran­quille jus­qu’à la ré­vi­sion du cen­te­naire …

@ dbre­gnard -7 : cuk est ce qu’en font son fon­da­teur, ses ré­dac­teurs et ses com­men­ta­teurs, ce n’est pas (plus ?) uni­que­ment un site de conseil consu­mé­riste, le site a évo­lué lo­gi­que­ment d’une simple pré­sen­ta­tion de nou­veau­tés tech­no­lo­giques vers le ques­tion­ne­ment pa­ral­lèle sur la né­ces­sité de les ac­qué­rir, quoi de plus nor­mal ?

Là où tu per­çois un “gé­né­ra­lisme sans queue ni tête”, d’autres dé­couvrent la ri­chesse de points de vue al­ter­na­tifs.

11)
Mar­co­li­vier
, le 12.03.2009 à 10:11

Beau té­moi­gnage. Qui m’a rap­pelé le der­nier livre de Jean Ro­main, “Re­joindre l’ho­ri­zon”.

Ma tante est ac­tuel­le­ment au soins in­ten­sifs au CHUV suite à une lourde opé­ra­tion. Merci de par­ta­ger avec nous un peu de ce que les pa­tients peuvent res­sen­tir, et leur dé­tresse.

12)
ysen­grain
, le 12.03.2009 à 10:27

Ce récit, d’une “sen­teur” que je connais pour la vivre comme pro­fes­sion­nel de santé de­puis long­temps est bien na­tu­rel­le­ment clair­semé d’élé­ments, bien com­pré­hen­sibles, d’ex­pres­sion de peur.

Quelques exemples: – soit je ne ver­rai pas l’été pro­chain!

– il m’est to­ta­le­ment im­pos­sible d’ima­gi­ner un ave­nir après le 1er oc­tobre, date de l’opé­ra­tion

– six pour cent de “je n’en sor­ti­rai pas”

-Un jour avant le mo­ment fa­ti­dique

– Au bout de ce long pé­riple (alors que selon le texte, il ne s’agit ob­jec­ti­ve­ment que d’une jour­née)

Ces ci­ta­tions n’ont pas pour but d’en stig­ma­ti­ser l’au­teur. La psy­cho­lo­gie élé­men­taire dit que si nous vi­vons, consciem­ment ou in­cons­ciem­ment une si­tua­tion qui contient de l’in­connu, il y a obli­ga­tion d’y mettre de la peur, et aussi, mais il ne s’agit pas de ce cadre, de la co­lère.

Il est là le hic de la pro­fes­sion mé­di­cale: nous sommes in­té­grés dans notre fonc­tion­ne­ment; certes nous four­nis­sons des ex­pli­ca­tions, mais ja­mais assez. Hu­mains que nous sommes, sans doute que nous ne four­nis­sons ja­mais suf­fi­sam­ment d’élé­ments.

J’ai ré­cem­ment été dans la même si­tua­tion que Roger, pour une in­ter­ven­tion bien moins “sé­rieuse”, mais avec un risque de perdre un oeil. Je connais­sais tout le “cirque au­tour” de l’in­ter­ven­tion, ses ri­tuels, ses obli­ga­tions qui peuvent pa­raître in­com­pré­hen­sibles au pro­fane. J’étais et j’ai été to­ta­le­ment se­rein, com­pre­nant toute ac­tion, ne per­ce­vant au­cune in­con­nue.

Et puis, per­sonne n’ap­pré­cie la perte du contrôle de la si­tua­tion, en par­ti­cu­lier quand on est le sujet du contrôle.

Drôle d’im­pres­sion que d’être trans­porté sur un lit, alors qu’on est en­core par­fai­te­ment ca­pable de mar­cher

Il y a une rai­son simple à cette pra­tique. On a cessé de lais­ser mar­cher les “pa­tients” vers la table d’opé­ra­tion le jour où l’un d’entre eux s’est éva­noui de peur, est tombé et s’est cassé le col du fémur … bien en­tendu à opé­rer en sus de la rai­son pour la­quelle ….

13)
Roger Cuneo
, le 12.03.2009 à 13:59

Ami, tu dé­cris bien une si­tua­tion par la­quelle j’ai passé il y a douze ans. Tu y ajoutes hu­mour et émo­tion. Moi, sor­tant de là j’ai pondu ceci:

“Il a com­mencé par dire “Lorsque je serai grand”, Et il l’est de­venu. Il a alors ima­giné “Moi dans vingt ans”, Et vingt ans ont passé et da­van­tage, Pé­ta­ra­dants et pres­sés à creu­ser leur sillage, Sur son vi­sage, son âge.

Il a alors pensé “L’an­née pro­chaine” Et quand elle s’est écou­lée, ré­pé­tée et re­com­men­cée, Il n’a plus en­trevu le temps en pro­jets, Mais sim­ple­ments en jours of­ferts, rem­plis, ga­gnés. Jus­qu’au soir où il a pres­senti de­main…

De­main? Il a long­temps re­gardé le so­leil se cou­cher, La mon­tagne, Le ciel, Cé­ré­mo­nial tant de fois ré­pété, sans qu’il sut comme ce soir là le voir. Il s’est ré­veillé le jour levé, Du même côté du mi­roir. Il a re­gardé la mon­tagne, Le ciel, Leur écla­tante beauté. Il a souri, Tout sem­blait comme avant, Mais lui avait changé:

C’est un oeil neuf sur le monde qu’il po­sait.”

Je crois qu’au­tre­ment je di­sais alors la même chose que toi au­jour­d’hui. Oui on re­la­ti­vise…

14)
Ma­dame Pop­pins
, le 12.03.2009 à 18:16

Le CHUV est une “ma­chine” qui me fait peur, ca­pable du meilleur (tech­nique de soins) comme du pire (oubli de l’être hu­main) : merci pour ces lignes et…. longue vie à toi !

dbre­gnard, n’ayant ja­mais écrit la moindre ligne “tech­nique” (enfin, si, en ma­tière de “moon­cup” mais c’est un peu… autre chose), je me sens un peu “visée” par tes lignes. Je pense qu’il y a plu­sieurs rai­sons au fait que cuk ne parle pas que de pho­tos et d’in­for­ma­tique. D’une part parce qu’un test réa­lisé cor­rec­te­ment prend un temps de dingue, dont peu dis­posent (ou alors, au dé­tri­ment d’autre chose, par­fois bien plus es­sen­tielle). En­suite, dans la me­sure où cuk est aussi peu­plé de “vieux” (ie qui sont là de­puis long­temps), il y a un désir d’échan­ger aussi sur d’autres plans, y com­pris plus per­son­nels. Ces échanges peuvent être vus comme “plus vrai­ment de di­rec­tion” mais une dis­cus­sion entre “amis”, “bonnes connais­sances” et “co­pains” doit-elle réel­le­ment être struc­tu­rée ? Ne peut-on pas aussi par­fois par­tir dans tous les sens ?

Fi­na­le­ment, l’ar­gu­ment est un peu “naze” mais réel quand même : si le titre et le sous-titre ne conviennent pas, il suf­fit de zap­per et de re­ve­nir le len­de­main.

Donc, à bien­tôt ;-)

15)
Roger Bau­det
, le 12.03.2009 à 18:26

Il y a une rai­son simple à cette pra­tique. On a cessé de lais­ser mar­cher les “pa­tients” vers la table d’opé­ra­tion le jour où l’un d’entre eux s’est éva­noui de peur, est tombé et s’est cassé le col du fémur … bien en­tendu à opé­rer en sus de la rai­son pour la­quelle ….

Wooaaaarf !

J’adore la mé­de­cine, quand on me l’ex­plique comme cela :-)

16)
ysen­grain
, le 12.03.2009 à 18:41

@ 15 Roger Quand je vous di­sais Lundi que j’étais consi­déré comme un peu far­felu.

J’ai gran­de­ment ap­pré­cié le “il est temps de conclure”

17)
levri
, le 12.03.2009 à 19:30

@ Roger Bau­det – 15 : oui va­lable comme ex­pli­ca­tion ! :P Je n’aime pas les anes­thé­sies gé­né­rales, je pré­fère souf­frir un peu, mais être conscient de ce qui se passe (ma cu­rio­sité me per­dra).

@ Mââme Pop­pins – 14 : tu me fais pen­ser qu’il y a quelques jours j’ai parlé de la “Moon­cup” à une de­moi­selle, avec geste à l’ap­pui pour le pla­ce­ment et l’uti­li­sa­tion … à pos­te­riori, je me rend compte que n’étant pas vrai­ment ou­tillé pour la dé­mons­tra­tion, sa sur­prise pou­vait être com­pré­hen­sible … ;)

18)
Je­Ma­Muse
, le 12.03.2009 à 20:28

Fran­çois Cunéo, l’ani­ma­teur in­con­tes­table de ce site, n’y pu­blie que de plus en plus ra­re­ment, en gé­né­ral pour auto-jus­ti­fier l’ac­qui­si­tion d’un nou­veau jouet…

Tiens, Fran­çois n’a pas réagi ? La cin­quan­taine rend sage ;-)

@ dbre­gnard : c’est pour ça qu’on est bien sur Cuk : on parle de (presque) tout. Si on aime pas, on n’est pas obligé de lire, ni de ré­agir. De plus, Cuk n’a pas d’en­ga­ge­ment ré­dac­tion­nel vis-à-vis de ses lec­teurs. Contrai­re­ment aux heb­dos men­tion­nés, c’est gra­tuit (et de plus de très bonne fac­ture).

19)
Fran­çois Cuneo
, le 12.03.2009 à 22:28

C’est pas que je vieillis, c’est que je n’ai pas eu le temps.

Et puis tout le monde a le droit de pen­ser ce qu’il veut.

Cette cri­tique re­vient pé­rio­di­que­ment, on a un peu l’ha­bi­tude:-)

En fait c’est peut-être que je vieillis!:-)

Et puis, cette re­marque, elle vient de quel­qu’un que j’aime bien.

Sinon Roger, heu­reux de sa­voir que ça va mieux!

20)
Fran­çois Cuneo
, le 12.03.2009 à 22:38

Fran­çois Cunéo, l’ani­ma­teur in­con­tes­table de ce site, n’y pu­blie que de plus en plus ra­re­ment, en gé­né­ral pour auto-jus­ti­fier l’ac­qui­si­tion d’un nou­veau jouet… Allez, dites-moi que je me trompe!

Eh bien je te le dis: tu te trompes. Je suis allé re­gar­der mes der­niers ar­ticles:

Le der­nier jouet que j’ai dû jus­ti­fier date du 2 jan­vier, un ar­ticle par se­maine en­suite, et presque tout sur des pro­grammes Mac…

Voilà!:-)

21)
Blues
, le 13.03.2009 à 08:43

je trouve qu’au­jour­d’hui cuk.​ch n’a plus vrai­ment de di­rec­tion, on y parle de tout, de ses états d’âme, de ses bon­heurs et mal­heurs, de son hy­giène et de sa mo­rale in­times… Il me semble qu’on glisse dan­ge­reu­se­ment vers un gé­né­ra­lisme sans queue ni tête, un re­make de l’Illus­tré et autres Hebdo

Ben dit donc, pas gon­flé le gars ! ;-)

Perso, pour moi qui suis Cuk de­puis ses dé­buts, je ne vois pas la dif­fé­rence … D’ailleurs il a tou­jours été dit que : Sur Cuk.​ch, nous ado­rons prendre parti, cri­ti­quer (ja­mais sans ar­gu­ments va­lables, évi­dem­ment), vous faire par­ta­ger des anec­dotes, ou par­ler d’autre chose que du Mac. En ré­sumé, nous sommes libres.

22)
Tom25
, le 13.03.2009 à 18:45

Ben ouais Roger Bau­det, moi je m’at­ten­dais à de la tech­no­lo­gie Apple. Je me di­sais que tu t’étais fait gref­fer une valve avec iPhone in­té­gré ou au mi­ni­mum iPod.

A l’époque de mon can­cer le chi­rur­gien m’avait pro­posé une couille en si­li­cone, je lui ai ré­pondu “pour­quoi faire ?”. Mais une burne iPhone, ah ça ça me plai­rait !

Dès que c’est fait, je vous fait un ar­ticle sur Cuk. Mais je ne mon­tre­rai et ne ferai es­sayer qu’à cer­taines per­sonnes triées sur le volet.

23)
dbre­gnard
, le 13.03.2009 à 19:38

@ tous, je sais que c’est un peu tard, mais merci pour vos ré­ac­tions, pro­tes­ta­tions et re­mon­trances.

@Fran­çois, on n’est ja­mais to­ta­le­ment ob­jec­tif quand on se plaint de quelque chose, tu as rai­son sur la forme (et tes stats le dé­montrent), mais sur le fond, j’ai quand-même l’im­pres­sion que tu dé­croches et que les deuxièmes cou­teaux font de plus en plus ce qu’ils veulent (là, heu­reu­se­ment pour ma pomme que plus per­sonne ne lit): du latex en veux-tu en voilà, des en­nuis de santé, des doutes exis­ten­tielles (je pré­cise que pour les deux der­niers points – pas pour le latex – j’en ai aussi, je suis aussi un vieux c… de quin­qua­gé­naire) , des voyages vieux de dix ans avec des pho­tos assez ba­nales…

@cher Fran­çois, je pré­cise que j’adore quand tu auto-jus­ti­fies tes dé­lires consu­mé­ristes. Pour­quoi j’adore? parce que je m’iden­ti­fie (avec un tout petit peu moins de moyens, mais là n’est pas la ques­tion). J’ai sin­cè­re­ment l’im­pres­sion, Fran­çois, que Cuk est en train de dé­ri­ver gen­ti­ment vers le “bien-pen­ser écolo”, non pas que je dé­nigre la né­ces­sité d’une éco­lo­gie re-pen­sée, mais il y a des sites fa­bu­leux, avec de vrais ex­perts, pour ça. On nous trompe quand on es­saie de nous faire ava­ler que notre trace éco, c’est notre mac en veille qui la pro­duit (je pré­cise que j’éteins scru­pu­leu­se­ment le mien).

@re-mon-cher-Fran­çois: dis, t’as pas l’im­pres­sion que Cuk est en train de de­ve­nir l’or­gane de com­mu­ni­ca­tion in­terne d’un groupe de potes qui s’aiment bien et se cô­toient plus ou moins ré­gu­liè­re­ment dans la vie réelle? Si c’est le cas, c’est pas in­ter­dit, c’est même sympa, mais pour­quoi res­ter en site pu­blic, avec des clins d’oeil et des al­lu­sions re­le­vant de l’hu­mour in­terne?

@Mme. Pop­pins, vous avez rai­son et c’est ce que je fais déjà, tous les lun­dis (mais non, je plai­sante, j’aime bien votre plume, car vous avez le sens de l’auto-dé­ri­sion, vous – j’in­siste lour­de­ment sur le “vous” -).

@Tom25: ouais, super, ton sans de l’iro­nie, j’ap­pré­cie

@Je­ma­Muse: quand tu dis que si on n’aime pas, on n’est pas obligé de lire, ni de ré­agir, je suis d’ac­cord avec toi, ju­ri­di­que­ment, mais là n’est pas mon pro­pos. Quand tu dis que Cuk n’a pas d’en­ga­ge­ment ré­dac­tion­nel vis-à-vis de ses lec­teurs, tu uses à nou­veau d’ar­gu­ments propres aux ju­ristes et autres avo­cats. A mon sens, tout média a un en­ga­ge­ment moral avec son pu­blic: celui de ne pas le dé­ce­voir, de ne pas le faire fuir. Ques­tion de confiance, pas de loi.

24)
Fran­çois Cuneo
, le 13.03.2009 à 20:28

dbre­gnard, tu penses ce que tu veux, il n’y a pas de pro­blèmes.

Pour le site qui pour­rait pas­ser en privé, je ne sais pas, il fau­drait en par­ler au entre 6000 et 7500 per­sonnes qui lisent en­core Cuk en se­maine.:-)

L’hu­mour in­terne n’est pas in­terne, ce sont des clins d’oeil qui sont com­pris par ceux qui suivent les ar­ticles tous les jours. Cela dit, il ne faut pas en abu­ser, nous sommes d’ac­cord.

Je ne dé­croche pas Di­dier, je suis tou­jours là, même quand tu ne me vois pas. Je mets des ar­ticles (pas tous heu­reu­se­ment, et de plus en plus de gens sont ca­pables de s’en sor­tir seuls, ouf!) en page, je pré­pare le plan­ning.

Mais c’est vrai que j’écris moins, et que je ne sais même pas com­ment je fai­sais avant pour écrire presque tous les jours.

C’est bien ainsi, puisque d’autres ont pris le re­lais, dans l’es­prit du début.

Parce que je t’as­sure Di­dier que j’ai eu des dis­cus­sions avec Noé qui me di­sait à l’époque que ça fai­sait dix jours qu’on n’avait pas parlé de Mac, qu’il fal­lait faire gaffe, etc…

De­puis tou­jours, j’ai reçu des re­marques qui me disent soit que nous par­lons trop de Mac, soit que nous n’en par­lons pas assez.

Cer­tains sont par­tis parce qu’il n’y a plus de pous­sées de gueule po­li­tiques. D’autres sont par­tis parce que les ar­ticles sont trop tech­niques, d’autres pour…

Et d’autres sont venus.

Je re­çois un nombre in­croyable de mails qui nous disent que le petit mo­ment de lec­ture de Cuk est im­por­tant dans la vie de beau­coup.

Quant aux deuxième cou­teaux, ce sont pour moi des pre­miers cou­teaux!:-)

Que je ne re­mer­cie­rai ja­mais assez de faire ce qu’ils font pour le site.

Et si un jour ils ont envie de par­ler d’un truc in­time, je ne vois pas pour­quoi je di­rais non.

Voilà.

Mais cela dit, je crois que per­sonne ne t’a ré­pondu agres­si­ve­ment. En­core une fois, je com­prends que tu res­sentes cela.

Mais sache que tout le monde je crois a ici le sens d’un de­voir: celui de ne pas dé­ce­voir les mil­l­liers de gens qui nous lisent chaque jour.

25)
levri
, le 13.03.2009 à 21:14

A mon sens, tout média a un en­ga­ge­ment moral avec son pu­blic: celui de ne pas le dé­ce­voir, de ne pas le faire fuir.

Par­le­rais tu d’au­di­mat ? Lors­qu’on est à la merci de contin­gences fi­nan­cières il peut être ju­di­cieux de faire dans le consen­suel, pour un média gra­tuit et sans but lu­cra­tif ce qui est mer­veilleux c’est qu’il peut jus­te­ment abor­der des su­jets in­ha­bi­tuels ou des su­jets com­muns sous un angle ori­gi­nal, nul ne peut sa­tis­faire tous le monde, mais comme l’a ex­pli­qué Fran­çois la base du lec­to­rat reste fi­dèle, les déçus étant rem­pla­cés par de nou­veaux en­thou­siastes.

26)
jpg
, le 14.03.2009 à 10:47

Je suis assez d’ac­cord avec le com­men­taire 7 de dbre­gnard.

27)
Mo­dane
, le 14.03.2009 à 18:02

En at­ten­dant, Roger, je suis avec toi. De tout coeur!…

28)
Tom25
, le 15.03.2009 à 07:57

Ben soit Cuk fait du tech­nique pur im­per­son­nel, donc des ar­ticles sur le Mac et la photo, ou celui qui poste un com­men­taire le fait pour ap­por­ter un dé­tail tech­nique ou cor­ri­ger une im­pré­ci­sion. Soit Cuk fait dans un ton plus per­son­nel, plus vi­vant, et laisse trans­pi­rer dans ses ar­ticles le coté hu­main, voir en­fan­tin, de l’at­tente du der­nier gad­get. Et là les com­men­taires de­viennent éga­le­ment plus per­son­nels, et on sort du cadre pu­re­ment tech­nique. Pour ma part je pré­fère cette se­conde ap­proche.

29)
bord­champ
, le 16.03.2009 à 00:14

Pas­ser en site privé ? Et puis quoi en­core ? Ne nous faites pas ça, à nous qui n’écri­vons presque ja­mais, mais qui li­sons très sou­vent.

Par ailleurs, choi­sis­sez vos thèmes comme bon vous semble ; si le titre m’ac­croche, je lis, sinon je re­viens le len­de­main.

Cuk.​ch sur le Net, c’est vrai­ment un plus.