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Une dé­lin­quance pro­gram­mée?

 

Quand je vois un vo­leur mal­chan­ceux
Pour­suivi par un cul-ter­reux
Je lance la patte et pour­quoi me taire
Le cul-ter­reux se trouve par terre

Georges Bras­sens

 

 

J’ai vu ce matin une image qui, quoique hélas fa­mi­lière, me porte à ré­flexion: trois po­li­ciers fouillaient deux jeunes Afri­cains près d’où j’ha­bite, dans le quar­tier des Pâ­quis, à Ge­nève. C’est un quar­tier où com­mer­çants et ha­bi­tants crient de­puis de nom­breux mois: « que fait la po­lice ». Ceci parce que, sur les ré­cri­mi­na­tions d’autres ha­bi­tants et com­mer­çants d’un quar­tier voi­sin, celui de la gare, de nom­breux ré­fu­giés se sont dé­pla­cés dans les en­vi­rons pour pour­suivre leur tra­fic de pour­voyeurs de drogue.

De prime abord l’image de ces « dé­lin­quants » bras levés, jambes écar­tées, tâtés et fouillés par les po­li­ciers, au­rait dû me ras­su­rer: oui, la po­lice fait bien son tra­vail, pro­tège mon quar­tier, ma rue, nos en­fants et pe­tits-en­fants, non, ces ré­fu­giés mal­hon­nêtes n’ont rien à faire dans mon quar­tier, dans cette ville, ce pays.

En fait, ren­tré chez moi, il me res­tait un goût amer dans la bouche, une im­pres­sion de ma­laise, car j’avais eu le tort en pas­sant de re­gar­der de près ces deux jeunes « dea­lers » et de lire sur leur vi­sage la peur, la dé­tresse.

L’es­prit de l’hon­nête homme bien pen­sant que je pré­tends être a com­mencé à gam­ber­ger. J’ai été en­vahi par un sen­ti­ment de tris­tesse en pen­sant à ces deux « voyous ».

Et c’est ter­rible de dou­ter, de sor­tir de nos cer­ti­tudes, idées toutes faites… C’est com­men­cer à ré­flé­chir par soi-même, se poser des ques­tions.

Je vous livre ici une part de mes in­ter­ro­ga­tions en es­pé­rant qu’en les ex­po­sant je par­vienne au moins à com­prendre (juger?) le com­por­te­ment de ces jeunes ré­fu­giés. L’on sait qu’ils ont tous, en ar­ri­vant, pour pers­pec­tive d’amas­ser quelque ar­gent pour l’en­voyer à leur fa­mille, éven­tuel­le­ment pour re­tour­ner au pays plus tard avec de quoi se construire un ave­nir.

C’est le rêve de dé­part de tous les im­mi­grés, leur es­poir, l’en­vie d’échap­per à un triste des­tin au­quel leurs pays les condamnent (je vous conseille vi­ve­ment de lire «El­do­rado » de Laurent Gaudé, pu­blié en livre de poche, un écrit poi­gnant sur le sujet).

Je passe sur les condi­tions de leur voyage, les risques en­cou­rus, l’ar­gent dé­pensé dans l’es­poir de réa­li­ser leur ob­jec­tif de dé­part. On me ré­tor­quera que c’est leur pro­blème…

Leur pro­blème se fait mien quand je vois que ces jeunes sont re­cueillis (par­qués) dans nos « Centres d’Hé­ber­ge­ment », que je sais qu’on leur ac­corde dix francs par jour pour man­ger et vivre et que, non seule­ment on les em­pêche de tra­vailler, mais qu’on ne leur offre au­cune ac­ti­vité, loi­sir, dis­trac­tion, passe-temps.

Pro­je­tez-vous dans leur si­tua­tion, ima­gi­nez l’un de vos en­fants de vingt ans, obligé de se lever le matin sans au­cune pers­pec­tive: pas de tra­vail, pas de pro­jet pour la jour­née, pas d’échap­pa­toire à l’en­nui, pas de bis­trot (dix francs ne suf­fisent pas même à se nour­rir cor­rec­te­ment), sans au­cune rai­son d’être, de sor­tir, d’al­ler...

En de pa­reilles cir­cons­tances moi j’ai l’im­pres­sion que je ne se­rais bon à rien, que je me lais­se­rais mou­rir. Et vous?

Vous pour­rez me ré­tor­quer qu’il y a plein d’autres gens qui souffrent et qui ne tournent pas en dea­lers pour au­tant, que je donne des ar­gu­ments qui n’ex­cusent en rien ceux qui s’adonnent à cette ac­ti­vité.

Avant de juger, je vou­drais com­prendre. Un ré­fu­gié qui se trouve dans les condi­tions dé­crites ci-des­sus n’a même pas la pos­si­bi­lité d’es­pé­rer trou­ver du tra­vail (il en est lé­ga­le­ment exclu). Un chô­meur, un sans-em­ploi, peut trou­ver un job, pro­vi­soire, en es­pé­rer un dé­fi­ni­tif, il peut tout au moins se lever le matin avec cette pers­pec­tive, de ce fait four­nir une éner­gie pour y par­ve­nir. Un ré­fu­gié non. Il n’a de­vant lui que la voie de l’illé­ga­lité.

Ne leur of­frant rien à es­pé­rer, à faire, n’est-ce pas évident que l’on pousse cette po­pu­la­tion à des ac­ti­vi­tés dan­ge­reuses, puisque seule l’illé­ga­lité leur est ou­verte?

Qu’ils soient ou non ex­cu­sables, vous en pen­se­rez ce que vous vou­drez, mais le fond de la ques­tion que je pose ici n’est pas eux, mais nous (di­sons nos lois).

Je me de­mande si dans nos pays riches quelque es­prit ma­lé­fique (je ne pense à per­sonne en par­ti­cu­lier, j’au­rais d’ailleurs pu uti­li­ser le plu­riel) n’a pas créé ce vide, cette mi­sère phy­sique et mo­rale pour mettre dans nos rues des pour­voyeurs pour les be­soins de nos propres consom­ma­teurs, jeunes ou plus âgés? Il y a cin­quante ans, on avait des Ita­liens, des Es­pa­gnols, pour faire les sales bou­lots de net­toyeurs de rues, ou autres. N’uti­lise-t-on pas au­jour­d’hui les ré­fu­giés comme main-d’œuvre pour faire le sale bou­lot de pour­voyeur de la drogue, dont beau­coup des bien-pen­sants qui cri­tiquent leur com­merce (ou leurs en­fants), sont les consom­ma­teurs?

Car, est-ce que l’on se drogue parce qu’il y a des ven­deurs de drogue, ou il y a des ven­deurs de drogue parce qu’il y a pre­neur? Je crois que poser la ques­tion c’est y ré­pondre . S’il n’y avait au­tant de consom­ma­teurs, il n’y au­rait cer­tai­ne­ment pas au­tant de ven­deurs.

Dans mon quar­tier, les « ré­fu­giés ven­deurs » sont nom­breux, mais au grand ja­mais j’en ai vu un seul me pro­po­ser de la drogue, ni à moi, ni à mes voi­sins, à mes propres en­fants. Qu’ils at­tendent que quel­qu’un lui en de­mande de leur en four­nir, oui, c’est cou­rant…

Alors, en pen­sant à ces deux vi­lains dea­lers, ar­rê­tés ce matin je ne peux man­quer d’avoir un sen­ti­ment de tris­tesse.

 

100 com­men­taires
1)
To­TheEnd
, le 06.03.2009 à 00:42

Il n’a de­vant lui que la voie de l’illé­ga­lité
puisque seule l’illé­ga­lité leur est ou­verte?

Rien que ça… déjà que le titre est digne des gra­tuits, la pré­ci­sion du texte ne laisse aucun doute.

Tou­te­fois, quelques chiffres (of­fi­ciels) de­vraient mettre un peu de réa­lité dans ce texte condes­cen­dant.

En 2006, il y a eu 10’500 de­mandes d’asile pour 40’500 de­mandes en cours de trai­te­ment:

Grosso modo, la Suisse ac­corde le droit d’asile à 20% des de­man­deurs… mais plus de 50% sont admis pro­vi­soi­re­ment. Même si la struc­ture d’ac­cueil est loin d’être par­faite, elle offre tout de même un en­vi­ron­ne­ment (la Suisse!) qui ne connaît pas la guerre, les at­ten­tas, la tor­ture et j’en passe!

Je ne re­trouve pas l’in­for­ma­tion, mais si ma mé­moire est bonne, moins de 5% des de­man­deurs d’asile (à confir­mer) par an sont dé­non­cés pour un délit ou crime… il faut donc croire que pour 95% des autres, l’illé­ga­lité n’est pas la seule voie qui s’offre à eux!!!!

De plus, sur Fri­bourg, un re­qué­rant peut de­man­der à tra­vailler 3 mois après avoir dé­posé sa de­mande… j’ima­gine que c’est plus ou moins la même chose ailleurs.

Enfin, je tiens donc à ré­pondre à ta ques­tion de “gra­tuit”: non, ce n’est pas une dé­lin­quance pro­gram­mée et j’ai même été sur­pris que tu ne cites pas l’UBS comme “es­prit ma­lé­fique”… c’est tel­le­ment à la mode en ce mo­ment.

Oui, oui, tout ça est bien triste… tout d’abord à lire et comme tu le sou­lignes, à vivre. Je te concède vo­lon­tiers ce der­nier point.

T

2)
levri
, le 06.03.2009 à 01:15

Je dois me lever avant six heures, et je n’ai pas fini ma jour­née, alors je vais faire simple et ré­duc­teur …

En mon humble opi­nion le titre et l’ar­ticle sont for­te­ment ré­duc­teurs, de toute façon il suf­fi­rait de lé­ga­li­ser les “drogues” pour qu’il n’y ait plus de “dea­lers”, et de fer­mer to­ta­le­ment les fron­tières pour que les pro­blèmes qui créent l’émi­gra­tion com­mencent à trou­ver un début de so­lu­tion.

Et tant qu’à faire, je suis par­tant pour sup­pri­mer les lois, ce qui sup­pri­mera aussi l’illé­ga­lité. De toute façon les vices d’au­tre­fois sont main­te­nant des ha­bi­tudes …

C’est “ten­dance” de s’api­toyer sur la mi­sère du monde, mais que fai­sons nous ? Une émi­gra­tion mas­sive de­puis un pays to­ta­li­taire, il faut ac­cueillir les im­mi­grants (et aussi l’ar­gent du dic­ta­teur dans nos banques). Le gou­ver­ne­ment “doit” faire quelque chose, et pour­quoi les âmes sen­sibles ne pren­draient elles pas la res­pon­sa­bi­lité d’ac­cueillir quelques im­mi­grés chez elles, plu­tôt que d’exi­ger q’”on” fasse quelque chose ? Pour les dic­ta­teurs, il se­rait peut être bien de re­mettre en hon­neur les “bri­gades in­ter­na­tio­nales” comme lors de la guerre d’Es­pagne ?

j’écoute Dic­ta­tor de Clash sur l’al­bum Cut The Crap

3)
coa­coa
, le 06.03.2009 à 01:48

Pour avoir tra­vaillé un temps (peu de temps, j’en conviens, deux mois, je ne pré­tends pas connaître le sujet) pour l’éta­blis­se­ment d’ac­cueil des mi­grants du Can­ton dans le­quel je ré­side, je peux as­su­rer ici avoir senti com­bien il peut être dif­fi­cile pour des ré­fu­giés de se re­trou­ver dans un pays comme la Suisse, où les “ten­ta­tions” sont nom­breuses, et de ne pou­voir tra­vailler. Je tiens ça de leurs confi­dences.

C’est ainsi que je me sou­viens d’un très hon­nête homme ori­gi­naire d’un pays de l’Est qui pleu­rait parce qu’il ne pou­vait of­frir “lui-même” un sac d’école à ses en­fants.

Bien sûr, il était en Suisse, loin de la guerre qui dé­vas­tait sa fa­mille. Bien sûr, on l’ai­dait. Bien sûr, il était mieux dans cette si­tua­tion que dans mille autres.

N’em­pêche, sa dou­leur n’était pas feinte, et son cri s’adres­sait à quel­qu’un qui, lui, PEUT.

Je pré­cise que ce Mon­sieur ne s’ap­pe­lait ni “2% de” ni “4% des”… Il avait un nom, un pré­nom, une his­toire (et pas n’im­porte la­quelle), des rêves, des en­vies, des sou­ve­nirs, bref, c’était un être de chaire et de sang, pas un chiffre dans une sta­tis­tique. Ce que je veux dire par là, c’est que ce brave homme ren­trait très cer­tai­ne­ment dans une ca­té­go­rie “sta­tis­ti­que­ment ras­su­rante”. Cela n’em­pê­chait pas une vraie dou­leur.

Je peux com­prendre que d’au­cuns cèdent.

Je n’irai pas jus­qu’à dire que l’illé­ga­lité est la seule voie of­ferte. Mais dans cer­tains cas, je trouve que cer­taines lois l’en­cou­ragent.

4)
Mitch
, le 06.03.2009 à 02:20

Je ne suis pas client, mais je vis à Lau­sanne au centre de Junk­land, plu­tôt noc­tam­bule de sur­croît, je suis donc amené à sillon­ner ré­gu­liè­re­ment les ruelles dé­vo­lues au deal, en gros de l’ave­nue de France à la rue de Bourg en pas­sant par la Ri­ponne et le Flon, ça couvre l’en­semble des com­merces du centre ville.

Ne vous leur­rez pas Mon­sieur Cunéo, ils sont nom­breux les dea­lers, pas juste deux, trois bre­bis éga­rées, sans doute plus d’une cen­taine au centre ville le week-end et ils font n’en dou­tez pas super bien leur bou­lot, pas de sen­ti­ment, aucun état d’âme, ils ne font pas cré­dit et se foutent comme de colin tam­pon de faire plon­ger n’im­porte quel gosse un peu lar­gué dans la dope.

Une oc­cu­pa­tion du ter­rain constante, dix huit heures par jour au mi­ni­mum, des mé­thodes de vente ef­fi­caces et agres­sives : fixer le pi­geon avec in­sis­tance entre les deux yeux, salut, bon­jour, re-sa­lut, fon­cer droit sur le qui­dam dis­trait si be­soin est.

J’ai de­puis trois, quatre ans un peu la désa­gréable sen­sa­tion que la ville est li­vrée pied et poings liés à la pègre des nar­co­tra­fi­quants, blacks ou pas c’est d’ailleurs sans in­té­rêt, ils sont de par la fonc­tion même stric­te­ment in­ter­chan­geables.

Vous citez Bras­sens, per­met­tez-moi de citer Gains­bourg

Je dis dites-leur et dis-leur / De cas­ser la gueule aux dea­lers / Qui dans l’ombre at­tendent leur heure

5)
Fran­çois Cuneo
, le 06.03.2009 à 06:47

TTE, si sur le fond, je suis assez d’ac­cord avec toi (pour moi, des dea­lers sont in­ex­cu­sables, une grande par­tie des ré­fu­giés s’en sortent sans pas­ser par ce mé­tier de merde), je ne sup­porte pas tes en­trées en ma­tière.

Une fois de plus, tes at­taques en com­men­taires (pas dans les ar­ticles que j’ap­pré­cie beau­coup) sont bêtes et mé­chantes.

C’est bon là.

Et oui tu vois, ces temps, l’UBS est une grosse daube, un re­paire de ban­dits, même si la plus grande par­tie des gens qui y bossent sont hon­nêtes.

Le pro­blème, c’est leurs di­ri­geants.

Alors ne la ra­mène pas avec ça, en fai­sant en­core ton pauvre perdu de droite dans un re­père de gau­chistes.

Tu sembles dans ce com­men­taire leur trou­ver des ex­cuses. Alors que par rap­port aux dea­lers, ils sont quoi, hein, ces di­ri­geants de l’UBS, qui jus­qu’à il y a peu ve­naient nous ex­pli­quer comme toi que nous n’avions rien com­pris, que nous étions des pauvres cloches?

Là, vrai­ment, j’en ai marre de ces en­trées en ma­tière dans les com­men­taires, en­core une fois, même si je ne suis pas du tout d’ac­cord avec Roger, qui le sait très bien puis­qu’on s’est pres­qu’en­gueu­lés par mail suite à la pro­po­si­tion de cette hu­meur.

6)
Ma­dame Pop­pins
, le 06.03.2009 à 06:59

Je suis allée plu­sieurs fois en pri­son; les clients étaient ou de francs sa­lauds ou de pe­tites frappes assez sym­pa­thiques.

Ce que j’ai re­tenu de ces vi­sites en pri­son, c’est ce sen­ti­ment que c’est dur. Bien sûr, ils au­raient pu ne pas être en pri­son (en ne com­met­tant pas l’acte in­cri­miné – la vic­time de l’er­reur ju­di­ciaire, elle n’était pas cliente à l’étude…-) mais même pour le franc sa­laud, j’ai eu une pen­sée “merde, la pri­son, c’est dur”.

Je com­prends donc Roger qui s’at­tache moins, je crois, à l’acte qu’au sen­ti­ment que peut éprou­ver une per­sonne qui a perdu ses ra­cines, ses re­pères, qui n’a pas de vi­sion d’ave­nir. Je pense qu’il s’at­tache non pas tant à l’acte de ces deux jeunes qu’au fait qu’il s’ima­gine avec beau­coup de pré­ci­sion quelle peut être la so­li­tude d’une per­sonne qui se re­trouve en Suisse alors qu’elle pro­vient d’une terre où tout est dif­fé­rent.

Pour ma part, c’est ainsi que je com­prends son texte. Comme j’ai com­pris pour­quoi, lors de ces vi­sites en pri­son, c’était dur d’être dans ces quatre murs.

7)
Fran­çois Cuneo
, le 06.03.2009 à 07:06

Je pré­cise juste en­core un truc à pro­pos du “bête et mé­chantes” du post 5.

Elles sont bêtes ces at­taques parce que d’une part elles dé­nigrent celui qui a écrit le texte (et ce de ma­nière mé­chante) et elles te dé­nigrent toi-même.

Après fa­cile de faire le TTE que per­sonne n’aime.

Elles sont “bêtes” sur la forme et sur le ton, sur le fond, ce n’est pas le cas.

8)
Oka­zou
, le 06.03.2009 à 07:07

Merci Roger d’ap­por­ter ici un peu de ré­flexion hu­maine. On en manque quelque peu par les temps qui courent.

Un homme qui re­fuse de tendre la main à son sem­blable, de s’at­ta­cher à com­prendre la si­tua­tion à la­quelle son frère hu­main est confronté, est-il en­core un homme ? C’est assez éton­nant de consta­ter que la loi reste la seule ré­ponse des lâches de­vant un pro­blème hu­main. C’est si fa­cile d’être un bar­bare ; si cou­ra­geux de se lever le matin en se di­sant qu’on ten­tera au cours de cette jour­née de res­ter digne de l’homme que l’on es­saie d’être.

La po­li­tique éco­no­mique ac­tuelle, on n’a plus à le dire mais ça reste mieux en le di­sant, est une ma­chine à fa­bri­quer des pauvres pour en­ri­chir ceux qui n’ont plus be­soin, de­puis long­temps, de s’en­ri­chir. Les riches sont bien de fou­tus sa­lauds, n’en dé­plaise à ceux qui n’ont pas re­tourné la ques­tion dans leur tête avant d’y ré­pondre.

Cette so­ciété qui at­teint des som­mets d’égoïsmes tou­jours in­sa­tis­faits, cette so­ciété de nan­tis frus­trés, cette so­ciété avide et va­ni­teuse, cette so­ciété qui se vo­mi­rait si elle se re­gar­dait un jour d’un œil un tant soit peu cri­tique, cette so­ciété de toutes les im­pu­deurs et de toutes les bê­tises trouve lo­gique (!) d’abattre sa hargne sur les pauvres. Par­ti­cu­liè­re­ment quand le pauvre n’est pas d’ici.

Le pauvre, lui, il fait son bou­lot de pauvre. Il rem­plit ses pre­miers de­voirs. D’abord sur­vivre. Quelle que soit la ma­nière dont il peut sur­vivre, il doit sur­vivre. Et plus le pays est riche, plus il faut se pro­cu­rer d’ar­gent pour sur­vivre. Si la ré­sine de can­na­bis per­met de faire du bon cash, il sur­vit.

Dea­ler, ce n’est pas un état du­rable. Ce n’est ja­mais, pour le gars qui fait le pied de grue dans la rue, une pro­fes­sion éta­blie. Son four­nis­seur et le four­nis­seur de son four­nis­seur, eux, touchent beau­coup plus gros et ils ne se font pas ar­rê­ter dans la rue sous les yeux de Roger. Les dea­lers ne vieillissent pas dea­lers. Leur bé­né­fice pris, ils ouvrent un com­merce et se fondent dans la so­ciété ho­no­rable. Par­fois même ils rentrent chez eux, près des leurs. Qu’une banque prête à l’im­mi­grant (juste re­tour des choses) de quoi ou­vrir un com­merce et les gros­sistes des dea­lers de­vront pas­ser des contrats avec les agences d’in­té­rim pour trou­ver du petit per­son­nel.

Qui de la poule, qui de l’œuf… Offre et de­mande sont ici, dans ce monde de la consom­ma­tion à tout va, en par­fait mi­roir. Le consom­ma­teur de­mande que son four­nis­seur lui pro­cure ce qu’il de­mande, le ven­deur compte sur son client pour le dé­bar­ras­ser de sa mar­chan­dise et prend son bé­né­fice. Doit-on en­ta­mer une dis­cus­sion sur les drogues douces illé­gales et les drogues dures lé­gales ? J’en connais ici qui se pintent ré­gu­liè­re­ment la gueule à grands verres de drogues dures lé­gales.

Alors je suis quelque peu ef­faré de lire ici des com­men­taires ar­ro­gants, suf­fi­sants et mé­pri­sants éma­nant de contri­bu­teurs sûrs d’eux et imbus d’eux-mêmes, dont le pre­mier ta­lent, qui a en­gen­dré (ou pas) tous les autres dont ils peuvent se van­ter, est d’être né quelque part dans un pays riche. « Ces im­bé­ciles qui sont nés quelque part » savent sans ver­gogne au­cune s’abais­ser conti­nuel­le­ment à nous faire sa­voir qu’ils sont chez eux (oc­cu­pants de droit divin, sans doute) et que les pauvres en sur­vie fe­raient bien de ne pas l’ou­blier, sinon…. Comme s’ils n’étaient pas suf­fi­sam­ment in­hu­mains comme ça.
Ils ont eu la chance in­croyable (et par­fai­te­ment im­mé­ri­tée) de naître où il faut ; un mi­ni­mum de tra­vail leur a ou­vert les portes de condi­tions sa­tis­fai­santes que leur am­bi­tion (et cet in­croyable nom­bri­lisme qui ne les quitte pas) les com­man­dait d’at­teindre ; ils sont de­ve­nus les très mé­ri­tants su­jets de cette so­ciété mi­nable et, non contents de cela, lors­qu’ils peuvent mordre ra­geu­se­ment la jambe d’un vo­leur mal­chan­ceux, d’un pauvre « nous-mêmes » qui fait ce qu’il peut, ils plantent leurs crocs sans une hé­si­ta­tion.

Au­jour­d’hui, c’est Roger qui pas­sait avec ses deux pauvres gars. Les dents de l’amer les at­ten­daient.

Au fait, sa­vez-vous vers où se di­rige tou­jours l’ar­gent de la drogue ? Vers les banques, les très an­gé­liques et in­no­centes re­ce­leuses de tout tra­fic.


Un autre monde est pos­sible. Ça va se­couer les cons.

9)
Fran­çois Cuneo
, le 06.03.2009 à 07:27

Mais cette so­ciété Oka­zou, elle est cri­tique!

Elle n’ar­rête pas de se re­mettre en ques­tion, en par­ti­cu­lier ces temps.

Elle fait de belles choses aussi non? Tu as l’air de la vomir dans son in­té­gra­lité…

Mal­gré toutes les ex­pli­ca­tions don­nées, mal­gré une cer­taine hu­ma­nité, mal­gré que sur le fond, vous avez rai­son, si ces gens étaient nés ailleurs, dans d’autres condi­tions, ils ne se­raient pas dea­lers, je ne peux les voir comme des “pauvres gens”.

Et il ne fau­drait tout de même pas re­tour­ner la si­tua­tion. Et dire que ceux qui ne les ar­rêtent sont les “mé­chants”.

10)
ysen­grain
, le 06.03.2009 à 07:28

Qui sont les “gens” dont il est ici ques­tion ? Des im­mi­grés, on est d’ac­cord ?

Il s’agit donc 1- d’êtres hu­mains 2- en tant que tels, ils ont droit à tout le res­pect pos­sible 3- qui, ici, sau­rait par­ler des condi­tions de vie dans leur pays d’ori­gine ? 4- qui peut dire ce que font les Oc­ci­den­taux, j’en­tends les gou­ver­ne­ments pour que ces mi­gra­tions n’ap­pa­raissent pas ? Avez vous envie, vous d’émi­grer en Na­mi­bie, au Kur­dis­tan ou ….

Les émi­grés, sont des hommes aux com­por­te­ments et normes so­ciales dif­fé­rentes des nôtres. Vou­lez vous un exemple ?

J’ai soi­gné, il y a une di­zaine d’an­nées, un homme, sé­né­ga­lais, de tra­di­tion mu­sul­mane. Un soir, alors qu’il était en trai­te­ment, une in­fir­mière et moi al­lons ba­var­der avec lui. Il me re­garde, éclate de rire, et me dit: vous, les Blancs, avec l’ar­gent, vous êtes fou !! Et pour­quoi lui ré­pli­qué-je ? Parce que, me dit-il quand vous avez de l’ar­gent, vous le met­tez dans une banque !! et le voilà re­parti d’un grand fou-rire. Assez sot, je lui de­mande ce qu’il fait, lui quand il a de l’ar­gent. Il ré­pond qu’il achète, une poule, un mou­ton, une vache. Et moi, croyant faire le malin, je l’in­ter­roge: Et que faites vous s’il reste de l’ar­gent après ces achats ?

Et le voilà re­parti dans un im­mense fou-rire: il me frappe la paume de la main et me dit entre 2 ho­quets de rire: s’il reste de l’ar­gent … j’achète une femme !!

Ce que je veux dire: quand on coupe un homme de ses ra­cines de vie, qui le ras­surent plus ou moins in­cons­ciem­ment, il est prêt à n’im­porte quelle pra­tique pour sur­vivre et se ras­su­rer.

Si en plus, les lois du pays dit pays d’ac­cueil, em­pêchent toute ac­ti­vité … vous connais­sez la suite. Mais ça n’ex­cuse rien, j’es­saie sim­ple­ment de com­prendre les mé­ca­nismes de la pen­sée hu­maine.

11)
In­connu
, le 06.03.2009 à 07:30

Merci Oka­zou d’avoir si bien dit ce qui m’op­pres­sait.

“Nos” lois (mais qui fait donc les lois ?) créent, dans ce cas, le déses­poir. Oter l’es­poir à un être est un crime contre l’hu­ma­nité : c’est lui re­fu­ser le droit même de vivre. Après, c’est fa­cile d’en­voyer la troupe. On fait peur au “bon” ci­toyen et il ac­cepte tout et n’im­porte quoi.

Et si nous pen­sions qu’un jour, ce sera nous, les pauvres et les mar­gi­naux ? Qu’un jour, c’est nous qui au­ront be­soin du sou­tien de nos voi­sins, de la so­ciété où nous vi­vons ?

12)
je­je31
, le 06.03.2009 à 08:39

Il y a mal­heu­reu­se­ment un prin­cipe ir­ré­pres­sible tant ex­pli­qué par l’abbé Pierre.

C’est le prin­cipe des vases com­mu­ni­cants : d’un côté, une ac­cu­mu­la­tion de ri­chesse hon­teuse (à la­quelle je par­ti­cipe plus ou moins mal­gré moi) et de l’autre une pau­vreté sans cesse ac­crue …

13)
Rémy
, le 06.03.2009 à 08:46

Et puis ces jeunes afri­cains étaient-ils des dea­lers ? vrai­ment ? “De prime abord l’image de ces « dé­lin­quants » bras levés, jambes écar­tées, tâtés et fouillés par les po­li­ciers, au­rait dû me ras­su­rer” me fait pen­ser aux dé­rives et ha­bi­tudes qui en dé­coulent : je vis dans une ville bour­geoise à 40km de Paris : pour ras­su­rer les hon­nêtes gens, les fouilles sys­té­ma­tiques sont ef­fec­tuées au­près de jeunes qu’ils soient “blancs, blacks ou beurs” : mon fils et ses co­pains qui n’ont rien du pro­fil dé­lin­quant ou im­mi­gré – sinon qu’ils ont des che­veux longs contrai­re­ment aux jeunes de bonne fa­mille, se font fouiller au corps, ap­puyés sur les grilles du lycée, dans le parc du châ­teau, à la gare… de­puis qu’ils ont 15 ans (il en a 20 main­te­nant et sont en fac). Ils ne sont ni dea­ler ni dé­lin­quants. Une ha­bi­tude pour eux, alors que ça de­vrait être ex­cep­tion­nel. Et une image qu’ils ont de la po­lice en gé­né­ral et de la dé­mo­cra­tie ter­ri­ble­ment faus­sée, pour de longues an­nées. Tout ça pour ras­su­rer, mais à quel prix pour les an­nées fu­tures…

14)
Ca­plan
, le 06.03.2009 à 09:05

Nous fai­sons par­tie de la même es­pèce, tous au­tant que nous sommes. On peut même trou­ver des chics types parmi les ban­quiers, comme on peut trou­ver des sa­lauds parmi les ré­fu­giés.

Roger, il y a des gens qui de­mandent le sta­tut de ré­fu­gié dans le seul but de venir dea­ler dans un pays riche. Ces gens sont dou­ble­ment des sa­lauds: ils contri­buent à em­poi­son­ner nos jeunes et, en plus, ils nuisent gra­ve­ment à l’en­semble des de­man­deurs d’asile hon­nêtes, qui sont tous plus ou moins soup­çon­nés.

car j’avais eu le tort en pas­sant de re­gar­der de près ces deux jeunes « dea­lers » et de lire sur leur vi­sage la peur, la dé­tresse.

Eh bien ils avaient bien rai­son d’avoir de la peur et de la dé­tresse dans leurs yeux! Dans le meilleur des cas, ils au­ront ap­pris que ce qu’ils font n’est pas bien du tout. Et ceci est va­lable aussi pour les jeunes chauf­fards du sa­medi soir. Des gars bien de chez nous.

Dans le pire des cas, ils font leur petit com­merce en pleine connais­sance de cause et on com­prend tout à fait qu’ils soient dans la peur et la dé­tresse. Se faire cho­per n’est ja­mais agréable.

Les ré­fu­giés sont des gens comme tout le monde. A Lau­sanne, à Zu­rich, à Paris ou à Tom­bouc­tou, il y a beau­coup de gens bien et il y a quelques sa­lo­pards, qui ont tous une bonne rai­son pour être un sa­lo­pard. Et les sa­lo­pards, qu’ils aient spé­culé en rui­nant des gens et des en­tre­prises, ou qu’ils aient em­poi­sonné des gens en leur ven­dant de la drogue doivent être sanc­tion­nés. Le tout est d’être juste et im­par­tial. Mais ça, c’est une autre his­toire…

Mil­sa­bor!

15)
Bi­galo
, le 06.03.2009 à 09:26

c’était un être de chaire et de sang

de chaire, dis-tu, un uni­ver­si­taire donc ?

Trêve de plai­san­te­rie, ma ré­ac­tion a été la même que celle de Rémy : la conclu­sion de Roger qu’il s’agis­sait de dea­lers, en voyant ces 2 jeunes fouillés par la po­lice me pa­raît hâ­tive. Le contrôle ne pou­vait-il pas ré­sul­ter d’un simple délit de fa­ciès ?

16)
Zal­lag
, le 06.03.2009 à 09:34

Il y a un piège dans toute dis­cus­sion de ce genre, et je trouve que bien des gens y suc­combent : c’est le risque de faire de la dis­cri­mi­na­tion po­si­tive. Et c’est très ten­dance, en plus.

Qui dit que ces deux jeunes étaient des ré­fu­giés ? Per­sonne. Ils étaient peut-être de na­tio­na­lité suisse, avaient volé peut-être une moto, mais voilà, ce n’est pas un schéma cou­rant de fonc­tion­ner ainsi. Alors éti­que­tons ! Comme ils sont blacks, on le voit à leur fa­ciès, on met en route le bien-pen­sant as­so­cié à de la dis­cri­mi­na­tion po­si­tive, et les voilà pris pour de mal­heu­reux ré­fu­giés et de ce fait — je n’ose dire blan­chis — les voici pla­cés dans une ca­té­go­rie qui, dès lors, leur donne bien le “droit” d’avoir toute notre com­pas­sion, enfin pas for­cé­ment celle de tout un cha­cun. Tu sais, Roger, il y en a par­fois qui ar­rivent ici avec l’adresse des pa­roisses lau­san­noises qui leur ou­vri­ront les portes de leur église, ils ont ap­pris par coeur les noms des gar­diens de la pri­son de leur ville pour les énu­mé­rer et aussi mé­mo­risé le plan de la pri­son, afin de pou­voir étayer leur sta­tut de per­sé­cuté de ma­nière vrai­sem­blable. Et jeté leur pas­se­port à la pou­belle afin de ne pou­voir être re­fou­lés. Et ils sont brie­fés dès leur ar­ri­vée par un cou­sin, un oncle, et munis d’un Natel, afin d’être le plus ra­pi­de­ment opé­ra­tion­nels en ma­tière de deal de drogue. Ils viennent pour vivre de leur dé­lin­quance à nos dé­pens.

Mais j’en connais per­son­nel­le­ment un bon nombre aussi qui ont une éthique, une mo­rale, des qua­li­tés à faire pâlir le Suisse moyen, et des pa­trons d’en­tre­prises de net­toyages qui en vou­draient dix comme eux dans leur équipe et sont les pre­miers à les as­sis­ter dans toutes leurs dé­marches vers une lé­ga­li­sa­tion de leur sta­tut et l’ob­ten­tion d’un per­mis B après la durée de sé­jour pré­vue dans notre pays.

Qui dit que c’était des dea­lers ? Per­sonne. Mais voilà, du fait qu’on as­so­cie sou­vent dea­lers et Afri­cains, on va ima­gi­ner fort pro­bable que ce soient des dea­lers. En­core le tra­vail de nos pré­ju­gés…

Et la po­lice, qui fait son tra­vail, me­notte ces mal­heu­reux ré­fu­giés sup­po­sés, en­dosse dans ces cir­cons­tances le mau­vais rôle. Alors que si ces sus­pects avaient volé une moto, on se fé­li­ci­te­rait de leur tra­vail ef­fi­cace, qui sait ?

Dé­ci­dé­ment, une hu­meur ne sera ja­mais rien de plus que la trans­crip­tion d’une im­pres­sion fu­gace, to­ta­le­ment sub­jec­tive et ir­rai­son­née, l’ex­pres­sion de nos pré­ju­gés po­si­tifs ou né­ga­tifs, de notre manque de vues gé­né­rales, de no­tions sta­tis­tiques, d’ana­lyse.

Exac­te­ment comme tout ce que je viens d’écrire ci-des­sus.

17)
Ker­mor­van
, le 06.03.2009 à 09:51

L’état du monde, c’est avant tout celui de l’agri­cul­ture. Lire l’in­té­gral de la Confé­rence et du débat avec Mar­cel Ma­zoyer “Pour­quoi est-il vital pour les agri­cul­teurs d’ici et d’ailleurs de com­prendre les agri­cul­tures du monde ? édité par le Ma­ga­zine Web de la Mis­sion Agro­bios­ciences

Il y a en­core de la marge dans le trai­te­ment de ceux qui gênent. Un petit film de Serge Bilé, Noirs dans les camps nazis

18)
jo­sif­fert
, le 06.03.2009 à 10:00

OUI UNE DE­LIN­QUENCE PRO­GRAMME !

Car quand 1/3 de la pla­nète dé­tiens le pou­voir éco­no­mique et cultu­rel au dé­tri­ment des 2/3 res­tant, et tout cela dans l’ou­bli de l’autre, nous pou­vons ac­cep­ter que la ré­sul­tante de ce mo­dèle de so­ciété théo­risé et vendu par les éco­no­mistes ait comme ré­sul­tat de son PRO­GRAMME la dé­lin­quance comme al­ter­na­tive à l’in­exis­tence !

Dites-moi quelle dif­fé­rence il y a t’il entre Robin des Bois et un mi­sé­rable qui es­saie d’exis­ter au quo­ti­dien ? Louable Robin mé­pri­sable l’autre ? Fon­da­men­ta­le­ment les 2 sont contre un sys­tème qui les ex­clut de facto, et or­ga­nisent leurs ré­sis­tance ou plu­tôt tentent de sub­sis­ter.

P.S. J’avoue n’avoir pas eu le temps de lire tous vos postes ce matin, tra­vail oblige.

19)
Roger Cuneo
, le 06.03.2009 à 10:27

C’est évident que mon hu­meur puisse en mettre quelques uns de mau­vaise hu­meur. J’ad­mets qu’il nous est dif­fi­cile d’al­ler à l’en­contre de cer­taines de nos idées in­cul­quées en nous de­puis l’en­fance et lar­ge­ment ré­pan­dues dans notre so­ciété: VENDRE DE LA DROGUE EST UN ACTE IN­NOM­MABLE en est une. SI NOS EN­FANTS SE DROGUENT C’EST LA FAUTE DE CES SA­LAUDS DE DEA­LERS, en est une autre.

Fran­çois dit plus haut son désac­cord avec le contenu de mon hu­meur, quand je la lui ai fait par­ve­nir, aussi voilà ce que je lui ajou­tais pour la jus­ti­fier ::

… si com­plot est un grand mot, je dis qu’il n’y a pas de ha­sard… Si ça n’ar­ran­geait pas “quel­qu’un” ça se pas­se­rait au­tre­ment. Je te rap­pelle que lors­qu’à Los An­geles il y a eu les ré­voltes ra­ciales, “on” (qui?) a in­tro­duit le crack en quan­tité pour cal­mer la ré­volte. Si on vou­lait réel­le­ment éra­di­quer la drogue la po­li­tique ré­pres­sive au­rait vite fait de l’éli­mi­ner. “On” sait pour­tant que ça po­se­rait de gros pro­blèmes à notre jeu­nesse, donc “on” la to­lère. C’est plus simple de faire sem­blant de lut­ter contre ce fléau et de le lais­ser pour­suivre ses mé­faits : l’in­ter­dire se­rait plus grave que de le com­battre. Ima­gine: plus un gramme de ces sa­lo­pe­ries… Est-ce que tu crois pas qu’il y au­rait de graves ré­voltes de ses adeptes? Tu ne crois pas, même si toi et moi n’en pre­nons pas, que jeunes et moins jeunes de­vien­draient “mé­chants”? Les drogues, sont un phé­no­mène qu’on a laissé se dé­ve­lop­per et qui est là, bien pré­sent, comme un baume sur les maux de notre so­ciété: les usa­gers ” en manque” crée­raient plus de pro­blèmes que “com­blés”. Comme pour les rues sales net­toyées avant par les Ita­liens et Es­pa­gnol, nos dea­lers viennent cal­mer des pro­blèmes dont on parle bien peu, face à la mas­ca­rade ju­ri­dique de ces ven­deurs qu’on ar­rête pour re­lâ­cher le len­de­main (les flics sont les pre­miers à être scan­da­li­sés du laxisme de la jus­tice, du moins à Ge­nève). Peut-être pas com­plot, mais “on” s’en sert… C’est le sujet de mon hu­meur que tu pour­rais ti­trer : Les pe­tits re­ven­deurs de drogue, n’ar­rangent-t-ils pas beau­coup de monde? …

Voilà situé le centre de la ques­tion. Ma ques­tion va au-delà du sa­laud ou pas du diea­ler, ne peut en tous les cas être trai­tée sans par­ler du be­soin de notre so­ciété, adultes, jeunes, et même de plus en plus en­fants, de consom­mer des drogues. (par­lons ici des illi­cites, c’est plus simple). Per­son­nel­le­ment je n’en consomme pas, la plu­part de mes proches, de mes connais­sances non plus. Mais je connais aussi des gens que j’es­time, cer­tains que j’aime, qui en sont ac­cros, cer­tains lour­de­ment dé­pen­dants.

Notre pre­mier souci se­rait à mon sens de tra­vailler au­tour des phé­no­mènes qui créent chez cer­tains de nos en­fants le be­soin de la drogue et non pas de cher­cher des têtes de Turcs (si je puis dire). Le titre de dé­lin­quance pro­gram­mée de cette hu­meur vou­drait que l’on parle du tout, sans se ruer im­mé­dia­te­ment sur “ces sa­lauds de dea­lers”

To­TheEnd, sans vou­loir être, moi, “bête et mé­chant”, je se­rais bien content si nos gra­tuits ti­traient et par­laient de faits de so­ciété comme ce­lui-là.

20)
bgc
, le 06.03.2009 à 10:50

Qui fi­nance les dic­ta­teurs afri­cains, et dans quel but?

Qui fi­nance l’achat des armes pour les “ré­vo­lu­tions” dans ces pays?

Où va l’ar­gent d’Areva ( parmi d’autres) gagné sur les mines d’Ura­nium ex­ploi­tées dans ces pays?

Il se­rait in­té­res­sant aussi d’étu­dier quelques bio­gra­phies comme celles de ces êtres hu­mains, comme ces deux jeunes fouillés par la po­lice: leur nais­sance, leur fa­mille, leurs pos­si­bi­li­tés d’études ( dans leur pays), leurs “rêves”; leur ar­rive-t-il de tom­ber amou­reux? Il fau­drait aussi étu­dier la (vraie) bio­gra­phie des dic­ta­teurs: qui leur a per­mis d’ar­ri­ver là? Ou plu­tôt: qui les a placé là, et dans quel but?

Ceux qui naissent pauvres, en Afrique, peuvent rêver en pen­sant à la Suisse ou plu­tôt à ce qu’on leur en a dit (qui est ce “on” ?)

Ceux qui naissent dans les fa­ve­las au Bré­sil, ne peuvent même pas rêver. Sauf en res­pi­rant quelques pro­duits chi­miques.

La ré­ac­tion de Mon­sieur Roger Cuneo est celle d’un être hu­main face à d’autres êtres hu­mains vi­vant à la même époque sur la même Terre.

Elle vient du coeur, et non d’une ré­flexion po­li­tico-in­tel­lec­tuelle.

Merci

Comme par “ha­sard”, “on” vient juste de m’en­voyer ce lien

mais aussi

APA-Nia­mey (Niger) Le chef de l’Etat fran­çais, Ni­co­las Sar­kozy, ef­fec­tuera en fin mars sa pre­mière vi­site au Niger, au len­de­main de la si­gna­ture d’une conven­tion mi­nière entre Nia­mey et le groupe nu­cléaire AREVA, por­tant sur l’ex­ploi­ta­tion d’un des plus grands gi­se­ments d’ura­nium au monde, a ap­pris APA jeudi de source di­plo­ma­tique. 2009-03-05

quelque part dans ce site

21)
Roger Cuneo
, le 06.03.2009 à 11:11

Per­met­tez-moi de rap­pe­ler, et d’in­sis­ter sur le conseil que je vous don­nais de lire “El­do­rado” de Laurent Gaudé, paru en Livre de Poche. C’est un bon com­plé­ment à la ré­flexion posée ici. De­puis que j’ai lu ce livre, bien de mes pré­ju­gés sur la ques­tion des ré­fu­giés se sont ef­fri­tés…

22)
To­TheEnd
, le 06.03.2009 à 11:33

Roger, si ton but était d’ou­vrir un débat sur la drogue, et bien je ne pense pas être le seul à ne pas avoir com­pris ça. Les trois quarts de l’hu­meur parlent des re­qué­rants… avec de fausses af­fir­ma­tions pour conclure par la vraie ques­tion (qui n’est pas celle du titre donc): la drogue.

Je ne suis pas jour­na­liste et en­core moins écri­vain, mais alors je trouve le sujet par­ti­cu­liè­re­ment mal amené.

Pro­ba­ble­ment que si ton ap­proche est aussi mau­vaise, c’est parce que tes connais­sances sur ce point ne sont pas très bonnes. J’en veux pour preuve ta der­nière in­ter­ven­tion.

Les sub­stances qui al­tèrent notre or­ga­nisme en bien ou en mal existent de­puis long­temps. Petit à petit, la plu­part ont été in­ter­dites… et à une époque, la co­caïne n’était consom­mée que par des nan­tis (des ban­quiers qui pou­vait se payer un gramme pour 500 balles!) mais au­jour­d’hui, même une cais­sière (cais­sier) peut s’en­voyer un rail (tu trouves de la coke pour 50 balles le gramme).

Il est to­ta­le­ment naïf de pen­ser que par une po­li­tique ré­pres­sive, on éli­mi­ne­rait les drogues… même en URSS (ré­gime mou?) à l’époque et des pays mu­sul­mans qui condamnent à mort la fu­mette ont des pro­blèmes de drogues…

Bref, si tu vou­lais un débat sur la drogue, sa consom­ma­tion, sa fa­bri­ca­tion, sa dis­tri­bu­tion, sa trans­for­ma­tion, ses ef­fets, ses dé­ri­vés, sa place dans la so­ciété, etc. je ne pense pas que c’était la bonne ma­nière d’ou­vrir le débat.

Enfin, nos en­fants se droguent (1% à 2% de la po­pu­la­tion?), ils se sui­cident (1’308 en 2006) ou tuent (203 per­sonnes en 2007). C’est juste et il faut bien sûr s’oc­cu­per de ces pro­blèmes. Néan­moins, comme 98% de la po­pu­la­tion n’est pas tou­chée par ces pro­blèmes, je pense qu’il est pri­mor­dial de s’oc­cu­per d’eux avant qu’ils ne tombent dans une des 3 ca­té­go­ries men­tion­nées en pré­am­bule de ce pa­ra­graphe.

Fran­çois: si j’ai men­tionné l’UBS, c’est parce que notre Roger na­tio­nal a usé de tel­le­ment de cli­chés qu’il ne man­quait plus que ce­lui-ci. Pour info, la moi­tié de l’Exe­cu­tive Board du Cre­dit Suisse pro­vient de Leh­man Bro­thers ou de l’UBS. Pen­ser que l’UBS est le vi­lain petit ca­nard est au mieux ri­sible… au pire in­cons­cient.

T

23)
Roger Cuneo
, le 06.03.2009 à 12:06

Je relis les com­men­taires et je re­prends un phrase de Ma­dame Pop­pins:

“Je com­prends donc Roger qui s’at­tache moins, je crois, à l’acte qu’au sen­ti­ment que peut éprou­ver une per­sonne qui a perdu ses ra­cines, ses re­pères, qui n’a pas de vi­sion d’ave­nir.”

Oui, je pense bien à ces per­sonnes qui n’ont pas da­van­tage de vi­sion d’ave­nir, que celle de pré­sent, et j’in­siste sur PRESENT. Je me ré­pète, mais com­ment en­vi­sa­ge­riez-vous une jour­née sans même avoir la pos­si­bi­lité de trou­ver un tra­vail (il est in­ter­dit)? (Cer­tains, c’est vrai font les lar­bins au noir, mais ne me dites pas que ces offres-là sont lé­gions, ça im­pli­que­rait que leurs em­ployeurs uti­lisent l’illé­ga­lité et ça vien­drait un peu brouiller nos images “de bons et de mé­chants”). Et je re­viens sur le centre de mon ques­tion­ne­ment : c’est même adroit de la part de ce “on” (dont j’ignore l’iden­tité, ça pour­rait être da­van­tage qu’une seule per­sonne), de lier l’image de drogue (d’où de mort) à ces “étran­gers-de­man­deurs d’asile, donc pro­blème fi­nan­cier et so­cié­tal. D’une pierre deux coups: on se sert de la tranche né­ces­saire (de plus en plus nom­breuse, vu les be­soins de plus en plus grands), pour faire le “sale bou­lot” et on jus­ti­fie ainsi la ré­pres­sion en­vers les sui­vants aux yeux de l’opi­nion pu­blique. Je ne suis pas ma­chia­vé­lique, mais peut-être que “d’autres” oui et si moi j’ai pu le pen­ser, je ne doute pas que “d’autres” le mettent en ap­pli­ca­tion. Et c’est “eux” qui tirent les fi­celles.

A part ça je com­prends mal que l’on ne puisse pas avoir de com­pas­sion pour des gens dans la mi­sère. Ca­plan, je suis cer­tain qu’au­cun des pe­tits dea­lers qui vendent de la drogue dans la rue dix-huit heures par jour (aux dires de Mitch com­men­taire 4), ne viennent ici “que dans le seul but de dea­ler dans des pays riches, comme tu dis. Je peux bien en­tendu me trom­per, il peut en exis­ter, un, deux, di­sons quelques uns, mais je suis cer­tain que leurs es­poirs, leurs as­pi­ra­tions sont bien simples : ils partent pour ne pas cre­ver, pour aider la fa­mille qui reste dans la mi­sère.

Mé­pri­sables? A cha­cun de ré­pondre, moi ça me rend triste.

24)
mon­mac
, le 06.03.2009 à 12:31

bq%Ca­plan%. Roger, il y a des gens qui de­mandent le sta­tut de ré­fu­gié dans le seul but de venir dea­ler dans un pays riche. Ces gens sont dou­ble­ment des sa­lauds: ils contri­buent à em­poi­son­ner nos jeunes et, en plus, ils nuisent gra­ve­ment à l’en­semble des de­man­deurs d’asile hon­nêtes, qui sont tous plus ou moins soup­çon­nés. %% Pas d’ac­cord et je ne sais pas d’où tu tiens cette in­for­ma­tion. Ceux avec qui j’ai eu l’oc­ca­sion de par­ler savent que ce qu’ils font est mal et connaissent les risques en­cou­rus. Mais en com­pa­rai­son avec ce qu’ils vivent dans leur pays, c’est le pa­ra­dis. Même la pri­son est par­fois pré­fé­rée. Et ce qu’ils vivent chez eux est si­gni­fi­ca­ti­ve­ment in­fluencé par la po­li­tique de do­mi­na­tion et de co­lo­ni­sa­tion des pays oc­ci­den­taux.

La dé­lin­quance des im­mi­grés ré­sulte le plus sou­vent de la pau­vreté et du ni­veau d’édu­ca­tion, C’est à ces causes qu’il fau­drait s’at­ta­quer.

Un gars qui vend 1 gramme de Coke est-il plus cri­mi­nel que celui qui vend armes et mu­ni­tions (avec bé­né­dic­tion et sou­tien des états)?

A lire: La haine de l’Oc­ci­dent de Jean Zie­gler.

25)
To­TheEnd
, le 06.03.2009 à 12:31

Je me ré­pète, mais com­ment en­vi­sa­ge­riez-vous une jour­née sans même avoir la pos­si­bi­lité de trou­ver un tra­vail (il est in­ter­dit)?

Dis-moi Roger, tu le fais ex­près? In­sis­ter avec les mêmes pro­pos men­son­gés, c’est pour mieux ar­gu­men­ter? Sur Fri­bourg et Vaud, passé un délai et une de­mande, les de­man­deurs d’asile peuvent tra­vailler. Je n’ai pas le temps (et l’en­vie) de cher­cher pour les autres can­tons mais ça doit être si­mi­laire.

Par consé­quent, ap­pe­ler les lec­teurs à s’api­toyer sur des gens qui ont fui la guerre, l’op­pres­sion, l’em­pri­son­ne­ment, la tor­ture, etc. parce qu’il ne peuvent pas tra­vailler quelques se­maines ou mois, je trouve ça aber­rant.

J’ou­bliais, sans par­ler du fait que vu qu’ils ne peuvent pas tra­vailler quelque temps, bien sûr, ils se mettent à vendre de la drogue… pour le compte in­di­rect de l’Etat et des ban­quiers qui veulent tenir la po­pu­la­tion sous un cer­tain contrôle. Evi­dem­ment.

Je suis heu­reux que 95% des re­qué­rants ne suivent pas un rai­son­ne­ment aussi alam­bi­qué.

T

26)
In­connu
, le 06.03.2009 à 12:31

Sujet com­plexe. Je ne suis pas d’ac­cord avec Roger sur plein de points, mais c’est vrai que j’ai sou­vent de la peine pour ces ré­fu­giés. J’ai du mal à ima­gi­ner com­ment je me sen­ti­rais si j’avais du tra­ver­ser la Mé­di­ter­ra­née sur une barque, en évi­tant la po­lice et d’être es­cro­qué par les pas­seurs.

27)
LC475
, le 06.03.2009 à 12:49

A pro­pos de la si­tua­tion de clan­des­tin, le der­nier film de Costa-Ga­vras pré­sente, selon moi, plu­tôt bien la si­tua­tion : Eden à l’ouest

28)
Ca­plan
, le 06.03.2009 à 13:18

Ca­plan, je suis cer­tain qu’au­cun des pe­tits dea­lers qui vendent de la drogue dans la rue dix-huit heures par jour (aux dires de Mitch com­men­taire 4), ne viennent ici “que dans le seul but de dea­ler dans des pays riches, comme tu dis.

Moi je dis que vu les condi­tions (spar­tiates, certes) dans les­quelles les de­man­deurs d’asile ou les ré­fu­giés sont ac­cueillis dans notre pays, AUCUN n’est dans l’obli­ga­tion de re­vendre de la dope.

Mil­sa­bor!

29)
Roger Cuneo
, le 06.03.2009 à 13:49

To­TheEnd, je ré­ponds d’abord à ton com­men­taire 22:

Non, mon but n’était pas d’ou­vrir un débat sur la drogue, est-ce toi ou moi qui sommes de mau­vaise foi? Je ré­pète que mon hu­meur était d’ou­vrir un ré­flexion sur l’uti­lité que “l’on” ( je ne nomme per­sonne, ni l’UBS, sois tran­quille) trouve à lais­ser quelques uns des de­man­deurs d’asile à pra­ti­quer la “fonc­tion so­ciale” de pour­voyeurs de drogue pour tous nos consom­ma­teurs de cette sub­stance. Mon titre étant “Une dé­lin­quance pro­gram­mée?” (‘in­siste sur le point d’in­ter­ro­ga­tion), la drogue ne peut pas être com­prise ici comme la dé­lin­quance, du moins dans ma lo­gique de syn­taxe.

Avec des gens comme toi qui sont d’émi­nents sta­tis­ti­ciens, évi­dem­ment que les nuances sont dé­li­cates à faire pas­ser. Je te trouve gé­nial, car an­non­cer le nombre de dro­gués à 1% ou 2% de notre po­pu­la­tion, tu me ras­sures. A chaque fois que l’on parle de l’usage de drogues, j’avais pu com­prendre que son ex­ten­sion était im­por­tante et en constante aug­men­ta­tion. Je li­sais, ne se­rait-ce que hier, dans un titre de jour­nal, qu’une taxe d’un dol­lar par joint pour­rait sau­ver la Ca­li­for­nie de la dé­bâcle fi­nan­cière. Il faut croire que ce 1 ou 2 % d’adeptes à cette drogue sont de gros consom­ma­teurs,,,. C’est vrai qu’on ne par­lait pas de la Suisse et que chez nous les gens sont bien mieux ci­vi­li­sés (ou moins, ce qui im­pli­que­rait la dif­fé­rence de consom­ma­tion en notre dé­fa­veur).

Pas­sons main­te­nant à ton com­men­taire 25

Je connais per­son­nel­le­ment quelques Non En­trée en Ma­tière qui eux, et du moins ceux que je connais, ne peuvent pas lé­ga­le­ment tra­vailler, je le confirme en­core. Tu parles de pos­si­bi­lité pour eux de tra­vailler “passé un délai” c’est un joli eu­phé­misme. J’en connais qui ne peuvent pas tra­vailler étant en Suisse de­puis plus de quatre ans et, pour des rai­sons di­verses d’ar­ran­ge­ments in­ter­na­tio­naux, ne pou­vant pas être ex­pul­sés, vivent avec 10 francs par jour et sont in­ter­dits de tra­vail. Que tu n’aies rien à faire d’eux, ça te re­garde, moi je suis sen­sible à leur si­tua­tion, non pas par al­truisme, mais par com­pas­sion en­vers d’autres hu­mains, mon es­pèce.

Tu m’ac­cuses en­core d’une in­ten­tion bien mal­veillante en­vers le monde des banques, quand tu dis que je sous-en­tends que c’est pour leur compte in­di­rect que ces pour­voyeurs battent le pavé . Tu dois avoir un grand com­plexe de per­sé­cu­tion, peut-être es-tu toi-même un ban­quier au­jour­d’hui meur­tri, pour ima­gi­ner que je puisse pen­ser que nos banques s’oc­cupent d’ar­gent sale. Nos banques mal­hon­nêtes? M’ac­cuses-tu d’être un ci­toyen per­vers? Si je t’ai blessé per­son­nel­le­ment, j’en suis navré et sache que pas une se­conde je n’ose­rais, même en pen­sée ima­gi­ner telle inep­tie…

30)
Ma­dame Pop­pins
, le 06.03.2009 à 14:48

ap­pe­ler les lec­teurs à s’api­toyer sur des gens qui ont fui la guerre, l’op­pres­sion, l’em­pri­son­ne­ment, la tor­ture, etc. parce qu’il ne peuvent pas tra­vailler quelques se­maines ou mois, je trouve ça aber­rant

Pour­quoi aber­rant ?

Je pense qu’il ne faut pas ou­blier une chose. Un ré­fu­gié, lors­qu’il ar­rive (enfin) en Suisse, trouve dans notre pays cer­tai­ne­ment une chose pri­mor­diale : la sé­cu­rité phy­sique. Il ne risque plus d’être fu­sillé en pleine rue, il n’a plus à craindre que son en­fant ne rentre ja­mais de l’école parce qu’il au­rait ex­plosé sur une mine an­ti­per­son­nelle. Tou­te­fois, dans la py­ra­mide, il n’est guère plus haut qu’au­pa­ra­vant, même si c’est déjà beau­coup.

Par­tant, nous qui sommes avant tout pré­oc­cu­pés par les der­niers étages de cette fa­meuse clas­si­fi­ca­tion, ne pou­vons-nous pas res­sen­tir de l’em­pa­thie pour ces gens dé­ra­ci­nés, qu’ils soient dea­lers ou non étant une ques­tion se­con­daire.

31)
Fran­çois Cuneo
, le 06.03.2009 à 14:51

C’est fou comme les pro­pos sont vite “men­son­gers” lors­qu’on n’est pas d’ac­cord avec cer­tains…

Dans mon école, j’ai un élève, dont les pa­rents tra­vaillaient tout à fait nor­ma­le­ment, sans pro­blème de­puis trois ans.

Ils avaient passé le cap du délai dont on parle et avec le­quel Roger et TTE n’étaient pas d’ac­cords.

Eh bien l’autre jour, j’ai reçu une de­mande d’aide so­ciale pour payer les de­voirs sur­veillés de leurs en­fants.

J’ai de­mandé pour­quoi sou­dai­ne­ment, ces gens avaient be­soin d’aide (dé­solé, c’est mon tra­vail aussi…).

Eh bien tout sim­ple­ment parce qu’une des nou­velles loi Blo­cher leur in­ter­dit de tra­vailler.

Le pa­tron vou­lait les en­ga­ger au noir, pour les dé­pan­ner (tout était légal avant), tel­le­ment il ap­pré­cie le père comme em­ployé. Ce­lui-ci a dé­cliné l’offre, pour ne pas en­trer dans l’illé­ga­lité, et don­ner du pain à moudre à cer­tains pour qu’on ren­voie la fa­mille.

Je pré­cise que tout cela m’a été confirmé par les Au­to­ri­tés.

Alors bon TTE, je crois que tu n’est pas au cou­rant de tout, et que Google ne donne par ré­ponse à tout.

Et qu’en­core une fois, tu ne peux pas ac­cu­ser l’autre de men­tir ou d’être de mau­vaise foi dès qu’il n’est pas d’ac­cord avec toi.

Tous tes beaux gra­phiques n’y pour­ront rien, on a le droit de ne pas pen­ser comme toi.

Cela dit, je reste fer­me­ment op­posé aux dea­lers mal­gré tous leurs pro­blèmes, et je pense que le rai­son­ne­ment de Roger qui parle de grand com­plot est er­roné sur ce point.

32)
In­connu
, le 06.03.2009 à 14:52

His­toire de dé­tendre un peu l’at­mo­sphère, et si on par­lait d’un ré­fu­gié, bien connu, Johnny Hal­li­day? Ré­fu­gié fis­cal mais ré­fu­gié avant tout :)

33)
To­TheEnd
, le 06.03.2009 à 15:11

J’es­saie tou­jours de faire at­ten­tion avec les sta­tis­tiques car je sais très bien qu’elles peuvent tout dire et en même temps pas grand chose. C’est pour ça que gé­né­ra­le­ment, j’es­saie tou­jours de re­mettre des sta­tis­tiques dans un contexte avec un mi­ni­mum d’ex­pli­ca­tions avant et après.

Je me garde aussi de faire un amal­game avec ce que je vois et ce que je ne vois pas. Par exemple, ce n’est pas parce que j’ai vu une fois une in­ter­ven­tion de po­lice avec une force dis­pro­por­tion­née que l’en­semble des in­ter­ven­tions res­semblent à ça.

Au-delà de tous les pro­blèmes lé­gaux que ça pour­rait sou­le­ver sur le plan na­tio­nal/in­ter­na­tio­nal, je me suis sou­vent de­mandé si l’ou­ver­ture des fron­tières à toutes les drogues se­rait op­por­tune. On le fait bien pour les clopes et l’al­cool. Bien que je me ré­jouisse des en­trées fis­cales d’une telle idée ainsi que l’im­pact po­si­tif sur le taux d’oc­cu­pa­tion des pri­sons, je me de­mande ce qu’elle coû­te­rait au ni­veau so­cial, mé­di­cal, etc. et à la fin, je reste fi­dèle à Pyr­rhon sur une telle idée.

Pour en re­ve­nir à ta ré­flexion (on va y ar­ri­ver) sur l’uti­lité d’avoir des re­qué­rants prendre la cas­quette de dea­ler, et bien en­core une fois, je n’ar­rive pas à la même conclu­sion que toi. Re­cou­rir à des pro­cé­dés illé­gaux pour sub­ve­nir à ses be­soins ne me semble pas être une ac­ti­vité à court ou long terme viable. Et je suis sûr que si de­main tous les re­qué­rant d’asile “dé­lin­quants” ve­naient à dis­pa­raître, il y au­rait d’autres per­sonnes pour re­prendre le flam­beau.

C’est vrai que la “non en­trée en ma­tière” ou le “ren­voi” ex­clut de pou­voir tra­vailler… mais là c’est un autre pro­blème. En effet, si tu ne ré­ponds pas aux cri­tères fixés, on prie le re­qué­rant de re­par­tir d’où il vient. Bien sûr, il peut faire re­cours de cette dé­ci­sion et cette pro­cé­dure peut être “dé­bat­tue” pen­dant des an­nées. Libre au re­qué­rant de re­non­cer ou non…

Bien sûr, c’est “triste” pour re­prendre tes mots, mais contrai­re­ment à ce que tu af­firmes, l’illé­ga­lité n’est pas la seule ré­ponse à la­quelle notre re­qué­rant à droit!

FC: pour ma culture gé­né­rale, dans ton cas, est-ce que les pa­rents avaient reçu une en­trée en ma­tière po­si­tive et que ré­cem­ment, la de­mande d’asile a été re­je­tée (ce qui ex­pli­que­rait la fin du tra­vail)?

T

34)
jibu
, le 06.03.2009 à 15:48

c’est pas mal comme sujet, ça fait cau­ser en tout cas. Je ver­rais bien un sujet sur le se­cret ban­caire, le plus for­mi­dable dé­tour­ne­ment de fond or­ga­nisé … enfin main­te­nant on dé­tourne à tout va avec enfin une bonne ex­cuse à sa­voir “la crise” ou “mon cul” Sur­tout n’ou­bliez pas, plus c’est gros plus ça passe !

35)
je­je31
, le 06.03.2009 à 15:50

Pour pour­suivre sur le sujet, en in­ver­sant la di­rec­tion du flux mi­gra­toire …

Ben oui, ces dea­leurs (s’ils en sont), faut bien les ex­pul­ser vers leur pays d’ori­gine (s’ils en ont un !!!), non ? (en France, c’est un rai­son­ne­ment tenu cou­ram­ment, dans les plus hautes sphères de l’État)

Voya­ge­riez-vous avec ces 2 gars me­not­tés pen­dant que vous par­tez en va­cances ou voyages d’af­faires ?

Moi, je ne sais pas com­ment je ré­agi­rais …

36)
Roger Cuneo
, le 06.03.2009 à 15:56

Je cite Fran­çois

“Cela dit, je reste fer­me­ment op­posé aux dea­lers, je pense que le rai­son­ne­ment de Roger qui parle de grand com­plot est er­roné sur ce point.”

Et Roger lui ré­pond: com­plot? Si mon “on”, sous-en­tend une puis­sance se­crète, une loge P x, OK!, je suis dans l’exa­gé­ra­tion, je me trompe.

Ne vou­lant pas por­ter mon sujet sur le plan po­li­tique j’ai pré­féré “on” à “dé­ci­deurs”, ” di­ri­geants” . “po­li­ti­ciens”, “mo­ra­listes” (voyez même que TTE a pu le prendre pour “UBS”, c’est symp­to­ma­tique de l’ou­ver­ture du “on” à tout ce que cha­cun veut, ou craint, en­tendre). Non, je ne pen­sais pas à des or­ga­ni­sa­tions se­crètes, à quelque gnome. Mais je suis assez fier de l’idée de ma­chia­vé­lisme (dont je par­lais plus haut), qui mé­lange vo­lon­tai­re­ment les no­tions de “ré­fu­giés”, “étran­gers”, ap­pe­lez les comme vous vou­drez, (mais à coup sûr “pa­rias”) et “dea­ler”, “drogue”, “mort”. Une fois en­core, j’in­siste, mais per­sonne ne me ré­pond, n’y a-t-il pas des ven­deurs de drogue que parce qu’il y a des ache­teurs?

Par exemple, quand une banque (non, non pas l’UBS, TTE ras­sure-toi), des ins­ti­tut de cré­dit, pro­posent des prêts à des taux usu­riers (re­gar­dez les taux dé­cou­lant des paye­ments éche­lon­nés de vos dé­penses men­suelles sur cer­taines de vos cartes de cré­dit), la faute dans nos têtes in­combe à l’em­prun­teur, non à la banque (il n’était pas obligé d’em­prun­ter, di­rons-nous). Quant à la drogue, dans nos mêmes têtes, on as­si­mile im­mé­dia­te­ment les ven­deurs à des sa­lauds, et les consom­ma­teurs à des vic­times. Pour­tant l’ache­teur n’est pas da­van­tage obli­gée de consom­mer, que l’em­prun­teur d’em­prun­ter (du moins en ap­pa­rence, ça pour­rait être le sujet d’une autre hu­meur). Pour­tant les consé­quences de ces deux cas peuvent avoir des eff­fets graves… Loin de moi l’idée de dé­fendre les ven­deurs de drogue (pas da­van­tage que je n’ex­cuse les prê­teurs usu­riers), mais je suis bien obligé de me poser la ques­tion d’où me vient ce mode de pen­sée (par­tagé avec le grand nombre).

Ma ré­ponse? J’au­rais pu ap­pe­ler, “on” “idéo­lo­gie”. Et, je me ré­pète, mé­lan­ger vo­lon­tai­re­ment les no­tions de “ré­fu­giés”, “étran­gers”, à celle de “drogue” et de “dea­lers” per­mettent à l’idéo­lo­gie am­biante de faire d’une pierre deux coups: brouiller l’idée de mort avec celle de “ces sales pro­fi­teurs qui viennent chez nous pour em­poi­son­ner nos en­fants”. Et comme on a be­soin que quel­qu’un fasse le sale bou­lot pour le be­soin de nos ha­bi­tués, on le laisse faire aux “étran­gers”. Tout ça de (dou­ble­ment) gagné!

37)
Ker­mor­van
, le 06.03.2009 à 16:06

Il y en a qui croient que c’est « la guerre, l’op­pres­sion, l’em­pri­son­ne­ment, la tor­ture, etc » qui pro­voquent les mi­gra­tions. Ou que c’est « le risque d’être fu­sillé en pleine rue, craindre que son en­fant ne rentre ja­mais de l’école parce qu’il au­rait ex­plosé sur une mine an­ti­per­son­nelle ».

Illu­sions ou in­cons­ciences de gens certes pleins de bons sen­ti­ments, mais qui qui vivent dans des pays très riches, bien nour­ris et dé­con­nec­tés de la réa­lité du monde.

Je vois que ceux là n’ont pas lu la confé­rence de Ma­zoyer que j’avais ré­fé­ren­cée en 17. Evi­dem­ment, il faut aller sur ce site, char­ger le fi­chier pdf, et prendre le temps de lire tran­quille­ment les 17 pages, pour s’ins­truire un peu, com­prendre que la cause prin­ci­pale, et de très très loin, c’est l’état de l’agri­cul­ture dans le monde, pas les dic­ta­tures, ni les mines an­ti­per­son­nelles…

– tant d’agri­cul­teurs culti­vant (à la main, sans ani­maux, ni mé­ca­niques) sou­vent moins d’un hec­tare pour pro­duire moins d’une tonne de cé­réales in­ven­dables, sou­mises aux dra­ma­tiques aléas du cli­mat ; là ré­sident pau­vreté, mi­sère, faim ; il en va ainsi pour la moi­tié de l’hu­ma­nité.

– à l’autre ex­tré­mité un seul agri­cul­teur culti­vant des cen­taines d’hec­tares avec des trac­teurs de 300 che­vaux, des en­grais, des pes­ti­cides, un ren­de­ment à l’hec­tare cen­tu­plé grâce à ces moyens , pro­tégé par la po­li­tique de l’état. Une autre pla­nète.

38)
Fran­çois Cuneo
, le 06.03.2009 à 17:31

TTE: Non, je ne crois pas, mais je ne suis pas vrai­ment dans le se­cret des dieux, il y a des sé­cu­ri­tés dues à la confi­den­tia­lité.

39)
Tom25
, le 06.03.2009 à 17:31

Re­naud en #32, tu me dois 50 balles ! Je ve­nais de me faire un rail de coke quand j’ai lu ton com­men­taire et j’ai tout ex­pulsé en écla­tant de rire ! :•D .

Ker­mo­van @37, ben dis donc, si on culti­vait la coke chez nous on se­rait riche à mil­lion ! En voilà un moyen de conju­rer la crise ! ;•) .

Pour re­de­ve­nir sé­rieux, je ne sais pas trop quoi pen­ser de tout ça. D’un coté oui, ces gens ont sans doute eu une vie plus dif­fi­cile que la mienne. D’un autre coté, ça me fait un ch… que ça de­vienne une ex­cuse pour ga­gner 10 fois mon sa­laire en tra­vaillant 10 fois moins.

Main­te­nant, par rap­port aux “films” que se fait Roger, je me de­mande moi aussi à qui pro­fite le plus le crime.

Pour ce qui est du délit de fa­ciès, car ça en était peut-être un, je crois que je pren­drais assez mal d’être fouillé par un fli­caillon qui se la joue Mar­lon Brando. Là aussi ça dé­pen­dra de la ma­nière.

40)
bgc
, le 06.03.2009 à 17:33

C’est dom­mage que, au lieu d’ap­pré­cier une per­sonne qui fait preuve de com­pas­sion pour d’autres êtres hu­mains, et a tout sim­ple­ment envie de le dire, on cherche à dé­cor­ti­quer son texte. Un peu comme quand, à l’école, on veut étu­dier la vie d’une gre­nouille, par exemple, on com­mence sou­vent par la tuer.

Ce n’est pas Coa­coa qui dira le contraire :-)

41)
Roger Cuneo
, le 06.03.2009 à 18:11

Tom dit : D’un autre coté, ça me fait un ch… que ça de­vienne une ex­cuse pour ga­gner 10 fois mon sa­laire en tra­vaillant 10 fois moins.

Je ré­ponds que nous de­vons là en­core faire at­ten­tion à ne pas tom­ber dans les cli­chés. Si un petit ven­deur ga­gnait, comme tu l’ima­gines 10 fois ton sa­laire en tra­vaillant 10 fois moins, je main­tiens que ces ven­deurs-là ne se­raient pas les pa­rias, ceux dont je parle, mais des gars de chez nous, peu dis­po­sés à aban­don­ner ce filon à des étran­gers. Ceux dont je par­lais sont ceux qui battent le pavé et je ne pense pas (c’est vrai que je n’en sais rien) qu’ils se fassent beau­coup de fric. Ceux pour qui ils tra­vaillent oui, plus ils sont haut pla­cés dans la py­ra­mide du com­merce de la drogue en Suisse, plus ils en touchent”. Et va sa­voir com­bien d’entre eux ne sont pas des gens res­pec­tables, ayant un nom, l’es­time gé­né­rale. Non, je ne suis pas par­ti­cu­liè­re­ment au cou­rant de ces pra­tiques, je lis sim­ple­ment la presse

43)
Tom25
, le 06.03.2009 à 19:56

Oui c’est peut-être un cli­ché, enfin je cô­toie des gens de ban­lieu, et j’ai dis­cuté une ou deux fois avec des flics, et il est sou­vent ques­tion de “pe­tits jeunes chô­meurs” qui roulent en BMW série 7 ou Mer­cedes ma­chin truc.

Alors on me dira “si c’est si lu­cra­tif, tu n’as qu’à le faire !”. Alors est ce la mo­rale qui me re­tient, ou la peur de me faire prendre ? Mais il est vrai que de toute façon, si je de­vais le faire, j’irai le faire dans un autre pays et sans pa­pier afin qu’on ne puisse pas me prendre ce que j’ai ici (mai­son etc.). Ce qui m’amène à me de­man­der, fuient-ils leur pays to­ta­li­taire, ou viennent-ils ici car non seule­ment c’est plus lu­cra­tif mais qu’en plus le risque pour eux est moins grand ?

Je com­prends ta gêne, et heu­reu­se­ment que voir la peur et/ou la peine dans les yeux d’un autre homme nous af­fecte. Mais je ne vois pas ça dans les yeux des per­sonnes que je soup­çonne de ce genre de traf­fic, j’y vois plus un sou­rire mo­queur et amusé.

44)
zit
, le 06.03.2009 à 19:58

Tous ces textes, c’est bien beau, mais je com­prends mieux les choses en images, une pe­tite re­cherche m’a per­mis de trou­ver quelques exemples de dea­lers de drogue, et même, des images des gros bon­nets (ou plu­tôt d’où ils se cachent):

Un petit dea­ler de drogues dures et douces…

La ta­nière d’un gros bon­net.

Une tran­sac­tion de drogue douce (mais il pro­pose aussi du dur, faut bien vivre).

Un labo se­cret de pro­duc­tion.

Une manif de pe­tits dea­lers !

Une ma­nu­fac­ture.

T, j’ai bien lu, en Suisse, seule­ment un à deux % de dro­gués ? Vraiiiii­ment ?

z (qui re­viens plus tard, je ré­pêêêêêêêêête :à tout de suite, j’ai quand même des trucs à dire…)

45)
alec6
, le 06.03.2009 à 20:59

Bon­soir !

Je n’ai pas tout lu, et j’ar­rive un peu tard dans les com­men­taires, alors juste qq re­marques en vrac.
Ha­bi­tant Paris dans le XXe, mon uni­vers y est par­ti­cu­liè­re­ment bi­garré et hor­mis les mar­tiens (à moins qu’ils ne se cachent der­rières des bur­kas) toutes les po­pu­la­tions ter­restres s’y croisent sans trop de pro­blèmes à l’in­verse de ce que cer­tains pour­raient croire au fond de leur cam­pagnes !
Une consta­ta­tion : les scores des ex­trêmes droites (UMP, FN…) aux élec­tions y frôlent les der­niers sous sols…

Les dea­lers ? Oui il y en a… de plus en plus jeunes. Avec l’âge ils dis­pa­raissent… Sont-ils sym­pa­thiques ? Non ! Dan­ge­reux ? En groupe au car­re­four de leur cité… peu amènes certes mais pas agres­sifs pour au­tant. En re­vanche il ar­rive à cer­tains d’entre eux de se pro­cu­rer (qu’im­porte la mé­thode) motos ou quads et à jouer aux “fan­gios” au mé­pris de leur sé­cu­rité (ça c’est leur pro­blème), mais sur­tout au mé­pris de la sé­cu­rité des autres et là ! ces abru­tis nous emm… vrai­ment !

Que fait la po­lice ? pas grand chose. En ont-ils les moyens ? Je ne crois pas. Fait-on de la pré­ven­tion, qui de­meure la mé­thode la plus ef­fi­cace pour apai­ser les ten­tions ? De­puis que Ducon est mi­nistre de l’in­té­rieur et ré­clame du chiffre pour ré­cu­pé­rer l’ex­trême droite (et a for­tiori de­puis qu’il a épousé une chan­teuse connue), les as­so­cia­tions de quar­tier n’ont plus un ko­peck pour faire le mi­ni­mum de bou­lot né­ces­saire et les flics n’ont plus l’aval de leurs su­pé­rieurs pour gérer lo­ca­le­ment les pro­blèmes.
A qui pro­fite le crime ou plus exac­te­ment, à qui pro­fite l’in­sé­cu­rité ? Aux ven­deurs de chi­chon ou aux élus de la droite ex­trême dont les élec­teurs ne man­que­ront pas lors­qu’à l’ap­proche d’une élec­tion qq voi­tures par­ti­ront en fu­mées, qq vieux se fe­ront ta­bas­ser op­por­tu­né­ment, ou qq grou­pus­cules fein­dront de poser des bombes ou ex­pé­die­ront des mu­ni­tions mi­li­taires (9mm pa­ra­bel­lum)à qq élus UMP ?

On est en droit de se poser la ques­tion. Pour être plus clair dans mes in­si­nua­tions, je pré­cise que Ducon semble être passé maître (un petit mètre) dans l’art de fo­men­ter des “his­toires” : Papy Voise (cf une en­quête de France Culture et une autre de Li­bé­ra­tion) en 2002 avant l’élec­tion de Chi­rac, le groupe AZF (fausses bombes le long des voies fer­rées), les ban­lieues en 2006-7 et der­niè­re­ment les balles de 9mm.

46)
alec6
, le 06.03.2009 à 21:24

Dam­ned, j’ou­bliais de re­mer­cier Roger pour son ar­ticle !

Quant à l’agri­cul­ture dont parle Ker­mor­van, il faut aller voir et lire les liens pro­po­sés. Je n’ai pas tout vu mais connais le sujet. En bref, nos chères po­li­tiques agri­coles non seule­ment pro­tec­tion­nistes, mais avant tout ex­pan­sion­nistes, ont pour consé­quences de rui­ner les pay­sans du Sud. Les pro­duits im­por­tés d’Eu­rope ou des US sont moins chers sur les étals de Ba­mako que les pro­duits lo­caux ! Donc les agri­cul­teurs des ban­lieues de Ba­mako vont gros­sir les rangs des chô­meurs et des bi­don­villes, pous­sant la main d’œuvre à peine plus qua­li­fiée à mi­grer vers le Nord pour pou­voir bouf­fer.

Mais Ducon a in­venté le concept d’im­mi­gra­tion choi­sie ! Celle ci consiste à dire : nous vou­lons bien des étran­gers s’ils sont di­plô­més, comme ça voyez vous, nous mon­trons biens que nous ne sommes pas ra­cistes.

Mais que si­gni­fie “émi­gra­tion choi­sie” ?

  1. ac­cep­ter les di­plô­més et re­fu­ser les pauvres
  2. ob­te­nir des di­plô­més à bas prix puisque leur for­ma­tion a été ef­fec­tuée ailleurs
  3. payer ces di­plô­més moins chers… puis­qu’ils ne sont pas de chez nous et qu’on leur fait l’hon­neur de les ac­cep­ter parmi nous
  4. mettre ces in­gé­nieurs, mé­de­cins… en concur­rence avec les nôtres, his­toire de faire bais­ser les sa­laires de tout le monde, ça, c’est la joie de la loi du mar­ché, n’est-ce pas TTE ?
  5. vider les pays pauvres de leurs forces vives afin qu’ils n’aient pas les moyens de s’en sor­tir trop fa­ci­le­ment, nous concur­ren­cer et prendre conscience que le Nord (nous) les ex­ploite et n’a d’autre fi­na­lité que de les main­te­nir dans leur mi­sère…

Ques­tion : com­bien coû­te­rait l’an­nu­la­tion de la dette du Sud vs les mil­liers de mil­liards que nos gou­ver­ne­ments dis­tri­buent gras­se­ment aux banques et à l’in­dus­trie au­to­mo­bile oc­ci­den­tale entre autres ?

Pour ceux qui au­ront le cou­rage en ce ven­dredi soir, voici un petit ar­ticle d’un “gueux tiers mon­diste” concer­nant cette crise qui en cache beau­coup d’autres

47)
levri
, le 06.03.2009 à 21:31

@ 19-Ro­ger Cuneo: La drogue ne se trouve pas que dans la rue, le tabac, l’al­cool, même le cho­co­lat peuvent être consi­dé­rés comme des drogues, sans ou­blier les ma­chins pour dor­mir, les trucs pour “soi­gner” nos chers bam­bins “hy­per­ac­tifs”, ni même la té­lé­vi­sion et la re­li­gion qui sont des drogues plus in­si­dieuses.

La théo­rie du com­plot pour l’in­tro­duc­tion de nou­velles drogues ? tiens donc …

“Éra­di­quer la drogue” ? et de quel droit ? celui de notre su­pé­rio­rité oc­ci­den­tale et des lob­bies vi­ni­coles ? si notre tra­di­tion est de boire du vin, dans cer­tains pays c’est de fumer du kif ou de mâ­cher de la coca, de quel droit im­po­se­rions nous nos vices au reste du monde ?

Pour les “drogues chi­miques” elles sont pro­duites lo­ca­le­ment, et je ne vois vrai­ment aucun moyen d’en em­pê­cher la pro­duc­tion.

Par­ler d’adeptes, on est en plein mythe ur­bain !

@ 22-To­TheEnd : Avant que le lobby des phar­ma­ciens n’in­cite le gou­ver­ne­ment U.S à in­ter­dire la co­caïne, elle ne coû­tait rien et était consom­mée dans le monde en­tier, le Vin Ma­riani était la bois­son pré­fé­rée du pré­sident fran­çais et du pape, et le coca cola comme son nom l’in­dique était fa­bri­qué avec un ex­ci­tant sud Amé­ri­cain et un autre Afri­cain. L’hé­gé­mo­nisme ha­bi­tuel des Amé­ri­cains a for­te­ment “in­cité” les na­tions “libres” a in­ter­dire elles aussi ce pro­duit … iro­ni­que­ment les opia­cés (hé­roïne, mor­phine) on été pro­hi­bés bien plus tard.

ils partent pour ne pas cre­ver, pour aider la fa­mille qui reste dans la mi­sère

Je dis­cu­tais une fois avec un vieux Ma­ro­cain dans le Sud du Maroc, il m’a sorti une phrase assez sur­pre­nante : “le Maroc est un beau pays, c’est notre ra­caille qui émigre dans vos pays”

As tu une connais­sance di­recte de l’im­mi­gra­tion ? as tu par­tagé leur vie et leurs es­poirs à leur ni­veau et pas comme un spec­ta­teur nanti ayant les moyens de l’an­gé­lisme ? ou est ce comme pour la drogue que tu ne connais vi­si­ble­ment pas ?

@ 37. Ker­mor­van : Bien d’ac­cord sur ce point, c’est ce que sug­gé­rait ma pre­mière in­ter­ven­tion un peu pro­vo­cante par “fer­mer nos fron­tières à l’im­mi­gra­tion”. Nous ne ré­sou­drons aucun pro­blème en ac­cep­tant les im­mi­grés, les pro­blèmes doivent être ré­so­lus dans les pays de dé­part et par les au­toch­tones !

@ 40. bgc : mais c’est jus­te­ment parce qu’on res­pecte et ap­pré­cie Roger qu’on dis­cute avec lui !

@ 44-zit : je n’au­rais pu mieux dire ! :D

@ 46. alec6 : que des bonnes rai­sons pour la fer­me­ture des fron­tières : ça per­met­trait aux “pays émer­gents” de gar­der leurs “cer­veaux” …

48)
Phi­gou
, le 06.03.2009 à 22:44

Bon­jour, Fi­na­le­ment, qui paye les fonc­tion­naires, l’ éco­no­mie pri­vée qui tra­vaille pour payer la fonc­tion pu­blique qui rend ser­vice à la po­pu­la­tion. Quelle est la prin­ci­pale ac­ti­vité de l’éco­no­mie suisse : la fi­nance avec son fa­meux se­cret ban­caire et ses fonds plus au moins oc­cultes ( mafia , pays de l’est, nazi pen­dant la se­conde guerre mon­diale narco- tra­fi­quant,éva­sion fis­cale, j’en passe et des meilleures) conser­vés en Suisse. La fi­nance fait vivre la Suisse. La gé­né­ro­sité est fa­cile quant-on est pas di­rec­te­ment concer­nés.La suisse est-elle prête a aban­don­ner son train de vie pour être plus mo­rale ? La gé­né­ro­sité à ses li­mites, non ? Je pense, que sans la fi­nance (dis­pa­ri­tion du se­cret ban­caire) , la Suisse n’existe plus, alors avant de cra­cher dans la soupe….. Le nerf de la guerre, c’est l’ar­gent pour payer l’as­su­rance ma­la­die, les re­traites, l’édu­ca­tion na­tio­nale et cela s’est construit sur des gé­né­ra­tion de ci­toyens qui ont co­ti­sés, etc, etc…. J’aime pas trop les le­çons de mo­rale in­ap­pli­cables et pu­re­ment in­tel­lec­tuelles. Mais il faut bien se ras­su­rer par­fois.

49)
To­TheEnd
, le 07.03.2009 à 01:57

Ah, voilà, on re­fait le pro­cès du monde en­tier… ou du moins tout ce qui cloche grave. Comme d’ha­bi­tude.

Perso, je ne se­rais même pas in­ter­venu sur cette hu­meur si le titre n’avait pas été au­tant ra­co­leur et qu’une af­fir­ma­tion comme “Il n’a de­vant lui que la voie de l’illé­ga­lité.” n’était pas fon­ciè­re­ment de mau­vaise foi.

Pour le reste, je laisse les ha­bi­tués re­faire le monde… pour ce que ça chan­gera.

T

50)
In­connu
, le 07.03.2009 à 07:06

Phi­gou (com­men­taire 48): il ne faut pas tom­ber dans la ca­ri­ca­ture. La Suisse ce n’est pas que le sys­tème ban­caire (d’ailleurs aussi mal en point que dans le reste du monde). Il y a le cho­co­lat, les montres, les vo­ta­tions un di­manche sur deux, etc…. Bon, allez voila que moi aussi je tombe dans la ca­ri­ca­ture :)

51)
alec6
, le 07.03.2009 à 07:54

Quelle ai­greur TTE ! Mais com­ment peux-tu seule­ment condes­cendre à t”ex­pri­mer sur ce site ?
Quelle agres­si­vité ! Mais tu as rai­son, nous ne sommes que de pauvres im­bé­ciles qui ne t’ar­ri­vons même pas à la che­ville.

J’avais déjà com­pris de­puis long­temps que l’auto-dé­ri­sion n’était pas ton fort et que tu ne sup­por­tais au­cune cri­tique ou re­mise en boîte ca­ri­ca­tu­rale, mais là tu viens d’at­teindre le zéro ab­solu de la sou­plesse in­tel­lec­tuelle. Nul be­soin de Plank ou WMAP pour en éta­blir la carte… O°K uni­forme ! Même pas un bruit de fond !

Je ne suis pas très fort dans ce do­maine, mais je re­con­nais que les sen­ti­ments, le res­senti, les sen­sa­tions… ne s’ex­priment pas en co­or­don­nées po­laires ou or­tho­nor­mées…

Cha­cun a sa façon d’ex­pri­mer son sen­ti­ment d’in­jus­tice, cha­cun ayant une ap­proche et un vo­ca­bu­laire qui lui sont propres. On peut en dis­cu­ter, ex­pri­mer ses doutes, ses ré­ti­cences et un point de vue to­ta­le­ment op­posé. Ce site se prête à mer­veille à cet exer­cice ; tel un café du Com­merce ou un vé­né­rable Club bri­tan­nique nous sommes un club d’agi­tés avec nos qua­li­tés et nos dé­fauts qui réus­sis­sons néan­moins, grâce au recul que donne le cla­vier, a échan­ger des points de vue sou­vent op­po­sés avec les mil­liers de nuances in­ter­mé­diaires que cha­cun ap­porte.

Alors STP, cesse d’être mé­pri­sant !

52)
In­connu
, le 07.03.2009 à 08:15

Mes amis, ne tom­bez pas dans le pro­sé­ly­tisme. C’est fa­cile mais ca ne rap­port rien. Tous les avis sont bons à en­tendre, y com­pris (et sur­tout) ceux qui ne sont pas d’ac­cord avec vous. Alec6, je trouve ton com­men­taire (51) mé­pri­sant à l’égard de TTE, alors que jus­te­ment tu dis condam­ner ce genre de com­por­te­ment.

53)
Roger Cuneo
, le 07.03.2009 à 08:45

Et bien, moi je trouve le com­men­taire d’alec6 tout à fait per­ti­nent dans l’en­semble de son in­ter­ven­tion et aussi quand il conclut par “Alors STP, cesse d’être mé­pri­sant.”

Comme alec6 ce ne sont pas les opi­nions de TTE, dif­fé­rentes dans leur en­semble aux miennes, qui me gênent, mais cette suf­fi­sance dans ses af­fir­ma­tions re­la­tives, pour ne pas dire “sou­vent in­exactes”.

Le mé­pris, est-ce l’arme de l’ar­ro­gance pour cache sa fai­blesse?

54)
zit
, le 07.03.2009 à 08:49

En France, les sta­tis­tiques, yenna qui aiment ça donnent ce genre de chiffres :

Tabac : 60000

Al­cool : 25 à 60000

Drogues illi­cites : en­vi­ron 1000 (à la louche, en étant gé­né­reux)

Il ne s’agit pas pour moi de faire l’apo­lo­gie des drogues in­ter­dites, mais juste de mettre quelques chiffres en re­la­tion…

Je suis pour ma part dé­pen­dant du tabac, un de mes voi­sins vient de mou­rir d’un “can­cer du fu­meur”, je l’ai vu quatre jour avant son décès, et il n’avait pas l’air frin­gant, c’est le moins que l’on puisse dire :–( Et même après avoir vécu ça, et être allé plan­ter un arbre dans l’Al­lier pour y dis­per­ser ses cendres, je ne peux pas me pas­ser de cette sa­lo­pe­rie, chaque matin, je me dit que non, je ne vais pas al­lu­mer tout de suite, plus tard, mais non, c’est ma­chi­nal, im­pos­sible d’ar­rê­ter…

Alors que dans mon jeune âge, j’ai (presque) tout es­sayé, et que j’ai pu stop­per une consom­ma­tion par­fois ex­ces­sive sans aucun pro­blème (bon pour les choses chi­miques type hé­roïne ou co­caïne, je n’ai heu­reu­se­ment ja­mais trop ap­pré­cié, d’une part, et d’autre part, j’ai eu la chance d’avoir été mis en garde in­tel­li­gem­ment par un de mes dea­lers, jus­te­ment !).

Où l’on re­vient aux rap­ports nord/sud, c’est que les drogues “in­ter­dites” sont pro­duites “ailleurs”…

Quand au “com­plot” que men­tionne Roger, qu’y a–t–il de si im­por­tant en Af­gha­nis­tan pour mo­ti­ver cette oc­cu­pa­tion ta­zu­niène ? Pas de pé­trole, pas de mi­ne­rais rares… Ah, le pavot ?

Une fois de plus, je suis d’ac­cord (ça vous étonne ?) avec Oka­zou8, mais je trouve l’in­ter­ven­tion de Zal­lag16 très juste.

Ker­mor­van, comme tou­jours, tu frappes sec, et là où ça fait mal !

z (bon, faut que j’aille ga­gner de quoi me payer ma dose, je ré­pêêêêêêêêête : à plus…)

55)
Phi­gou
, le 07.03.2009 à 08:55

En voilà aussi une autre grande ques­tion phi­lo­so­phique : la dé-res­pon­sa­bi­li­sa­tion.Il est éton­nant de consta­ter que plus per­sonne n’est res­pon­sable de rien, sur­tout pas de ses actes et a tou­jours une bonne ex­cuse (donné par lui-même ou par les autres) pour ne pas res­pec­ter les règles ou lois en vi­gueur. Ne se­rait-ce pas du mé­pris pour tout ceux ( riches ou pauvres) qui es­sayent de vivre hon­nê­te­ment en res­pec­tant les autres ? Phi­gou

56)
fxc
, le 07.03.2009 à 09:05

Je ne par­ti­cipe par prin­cipe ja­mais à ce genre d’hu­meur, il y a juste une ré­flexion qui me vient:

Le monde est peu­plé d’im­bé­ciles qui se battent contre des de­meu­rés pour sau­ver une so­ciété ab­surde.

58)
Roger Cuneo
, le 07.03.2009 à 09:48

57. Ker­mor­van Je suis sur­pris que per­sonne n’ait fait al­lu­sion à ce que dé­crit Ro­berto Sa­viano dans son bou­quin

Ré­ponse:

Exact, c’est un des livres à lire pour le débat qui nous oc­cupe.

60)
To­TheEnd
, le 07.03.2009 à 10:41

Al­lons, al­lons, il n’y a rien de mé­pri­sant à in­ci­ter les gens à pour­suivre des ba­var­dages.

J’ai déjà crié haut et fort ici que les mé­dias rendent com­plè­te­ment cré­tins 90% de la po­pu­la­tion par une sim­pli­fi­ca­tion à l’ex­trême des faits quitte à “omettre” plein de choses pour ar­ri­ver à une conclu­sion scan­da­leuse, ça va de soi (sinon ça ne ven­drait pas).

Mon sang n’a donc fait qu’un tour quand j’ai vu l’hu­meur de Roger qui:

1. Af­fi­chait un titre ra­co­leur et pro­vo­ca­teur.
2. Af­fir­mait qu’un re­qué­rant ne peut pas tra­vailler (parce que c’est illé­gal).
3. Af­fir­mait qu’un re­qué­rant n’a de­vant lui que la voie de l’illé­ga­lité.

Ce ne sont pas là des af­fir­ma­tions édul­co­rées d’ex­cep­tions ou mieux en­core, de sta­tis­tiques com­men­tées. C’est car­ré­ment et lit­té­ra­le­ment la réa­lité!

Hors, telle n’est pas la vé­rité. La vé­rité, c’est qu’il y a des lois qui ont été ré­di­gées par des lé­gis­la­teurs et qu’avant qu’elles ne soient ap­pli­quées, elles sont pas­sées par une com­mis­sion d’ex­perts, puis mise en consul­ta­tion (aux can­tons, par­tis po­li­tiques, etc.). A ce stade, un pro­jet dé­fi­ni­tif est sou­mis au Conseil fé­dé­ral qui le trans­met aux Chambres avec une consigne de vote. Puis, le Conseil Na­tio­nal et le Conseil des Etats étu­dient le pro­jet et font une pro­po­si­tion de texte. Dans la fou­lée, les Chambres vote et si tout va bien, le Conseil Na­tio­nal et le Conseil des Etats exa­mine chaque ar­ticle jus­qu’à ce que les deux Chambres soient d’ac­cord (ça peut être long!) et trans­mettent la loi pour vo­ta­tion au par­le­ment. Une fois ac­cep­tée, la loi n’entre pas en vi­gueur pen­dant 100 jours ce qui per­met aux der­niers mé­con­tents de lan­cer un ré­fé­ren­dum afin de sou­mettre la loi à une vo­ta­tion po­pu­laire.

Je sais, j’ai été un peu long et “tech­niques” (j’es­père que je n’ai pas dit de conne­rie, je ne suis pas ju­riste non plus).

Tout ça pour dire qu’il n’y a aucun rap­port avec “j’ai rai­son ou non” ou en­core, “je me sens tel­le­ment su­pé­rieur” (quelle idée…).

Mon leit­mo­tiv était et est tou­jours de faire re­con­naître à Roger qu’il a eu pro­fon­dé­ment tort de ré­di­ger les choses ainsi car il fait le jeu de tous ces mé­dias à 2 balles qui nous gavent de faits simples… tel­le­ment simples qu’ils tronquent tous les faits pour ar­ri­ver à une conclu­sion “scan­da­leuse” qui les ar­rangent.

Moi c’est ça qui me choc… ou­vrir un débat en pré­sen­tant des faits men­son­gers sans ex­pli­quer le pour­quoi du com­ment. C’est ça qui me pa­raît in­digne de Cuk!

Ma convic­tion c’est que le lec­to­rat de Cuk est suf­fi­sam­ment in­tel­li­gent et bien in­formé pour ne pas de­voir gober des faits in­exactes afin dans dé­battre.

Enfin, j’ai l’im­pres­sion que Fran­çois – ré­dac­teur en chef en quelque sorte – est d’ac­cord avec moi mais qu’il n’ap­prouve pas la forme.

J’ai cer­tai­ne­ment tort mais pour moi, les choses sont ra­re­ment dans la forme mais dans le fond.

T

61)
To­TheEnd
, le 07.03.2009 à 10:55

zit: je pense que les chiffres que tu donnes, c’est les morts (fau­drait tout de même pré­ci­ser). Il est évident que si on prend au sens large les drogues comme la ci­ga­rette et l’al­cool, alors ce n’est pas 1% à 2% de la po­pu­la­tion. Je te­nais tout de même à faire la dis­tinc­tion entre drogue dure et douce (je sais, pour beau­coup d’ex­perts, l’al­cool, les mé­di­ca­ments et je ne sais quoi en­core sont des drogues dures… mais j’es­saie de mettre une li­mite quelque part).

T

62)
Hervé
, le 07.03.2009 à 11:24

Vous avez tous ou­blié que TTE est un chef

63)
Roger Cuneo
, le 07.03.2009 à 12:02

To­TheEnd vient de m’ap­por­ter la clé: ce “on” dont il a été beau­coup ques­tion ci-des­sus est peut-être la somme de son énu­mé­ra­tion au 60ème com­men­taire, que je ré­sume ici, en res­pec­tant scru­pu­leu­se­ment son ordre:

1. Une com­mis­sion d’ex­perts 2. Le Conseil fé­dé­ral 3. Les Chambres : Le Conseil Na­tio­nal, le Conseil des Etats

En condensé : LA LOI, la nôtre, celle des homme d’ici, évi­dem­ment, dif­fé­rentes selon les pays, les cultures.

Moi qui ne vou­lais pas por­ter le débat sur le plan po­li­tique, c’est toi qui t’y en­gouffres…

Merci donc de cette pré­ci­sion, mais quand tu t’of­fusques de mes in­ter­ro­ga­tions, tu n’as tou­jours pas ré­pondu à la ques­tion de base que je po­sais et que je veux bien ré­pé­ter:

Est-ce qu’il y a des consom­ma­teurs parce qu’il y a des dea­lers, ou des dea­lers parce qu’il y a des consom­ma­teurs?

Avec en co­rol­laire:

Même en ad­met­tant que les choses sont liées (la poule et l’oeuf), à par­tir du be­soin créé main­te­nant pour beau­coup de gens (je rap­pelle, pour preuve, le 1 $ par joint qui sau­ve­rait les fi­nances de la Ca­li­for­nie), il faut main­te­nir l’offre sur le mar­ché, au risque sinon de pro­vo­quer des pro­blèmes graves, qui pour­raient s’ap­pa­ren­ter à des ré­voltes de jeunes (peut-être de moins jeunes aussi). N’est-ce pas une for­mi­dable oc­ca­sion de “jouer” contre les mi­gra­tions de pauvres que de confi­ner dans le rôle de pour­voyeurs une par­tie des ces mi­grants? L’opi­nion pu­blique est ainsi prête à toutes les lois res­tric­tives, in­hu­maines, et les consom­ma­teurs ali­men­tés.

C’est jouer ha­bi­le­ment sur les deux ta­bleaux de la ques­tion…

C’était le fond de mon ques­tion­ne­ment et puisque tu re­ven­diques que la forme im­porte peu dans tes in­ter­ven­tions, tu de­vrais ad­mettre que ce soit la même chose pour les autres, moi en l’oc­cur­rence hier et au­jour­d’hui.

64)
To­TheEnd
, le 07.03.2009 à 15:37

mais quand tu t’of­fusques de mes in­ter­ro­ga­tions

Bah… gros pro­blème de com­pré­hen­sion. Je m’of­fusque de tes af­fir­ma­tions, pas de tes in­ter­ro­ga­tions. Ce n’est pas vrai­ment la même chose!

Pour ce qui est du débat po­li­tique, je ne vou­lais pas vrai­ment le lan­cer… pour moi il y a des dea­lers parce qu’il y a des clients. Si tout le monde ar­rê­te­rait les drogues, il n’y au­rait plus de dea­ler. C’est comme les gra­tuits. Si per­sonne ne pre­nait ces tor­chons dans les cais­settes, ils ar­rê­te­raient d’exis­ter dans les 2 mois qui suivent.

In­ter­dis l’al­cool de­main… il y aura pro­ba­ble­ment une baisse de la consom­ma­tion de 70% (j’ima­gine)… mais les 30% res­tants fe­ront tout pour trou­ver de l’al­cool. Un pays a déjà tenté ça… par la suite, c’est de­venu le pays au monde où, pro­por­tion­nel­le­ment, il y avait le plus de morts par cir­rhose au monde. Tout le monde connaît l’his­toire des USA qui a duré de 1920 à 1933… mais d’autres s’y sont es­sayés: Rus­sie (1914-1925), Is­lande (1915-1922), Nor­vège (1916-1927), etc. une cin­quan­taine ont es­sayé (sans suc­cès même dans les pays su­per-mu­sul­mans).

Je crains ne pas être bon en po­li­tique (per­sonne ne doute de ça je pense hein?) et en plus, je pense être à contre-cou­rant de beau­coup de gens ici puisque je suis per­suadé que nous avons tous le choix. Je ne m’in­ter­roge donc pas trop sur les com­plots, ma­chi­na­tion et autres… les choses ar­rivent pour des rai­sons bien plus simples que ce qu’on peut ima­gi­ner.

95% (sauf er­reur) des re­qué­rants ne font pas le choix de l’illé­ga­lité… c’est que le sys­tème ne doit pas être si mau­vais que ça…

Sur ce, après avoir fait quelques courses au mar­ché tout à l’heure, je vais faire une pe­tite ba­lade… quel temps ma­gni­fique nous avons au­jour­d’hui (et non, je ne vais pas ache­ter de la drogue puisque ce soir, beau­coup de vin m’at­tend chez des amis).

T

65)
levri
, le 07.03.2009 à 19:57

@ Roger : il y a des dea­lers parce qu’il y a des consom­ma­teurs et la pro­hi­bi­tion, les dea­lers de rue ne re­pré­sentent qu’une faible pro­por­tion des “pour­voyeurs”, la ma­jo­rité pro­vient de “gens bien in­té­grés” qui “ra­mènent pour les co­pains” … ache­ter dans la rue c’est comme com­man­der des mé­di­ca­ments sur le net … ris­qué, mais c’est la mi­no­rité vi­sible, qui per­met d’ali­men­ter en ra­gots les conver­sa­tions de comp­toir …

@ 22. To­TheEnd : je ne sais pas en quels “balles tu parles, dol­lars, euros ou CHF, mais le cours de la co­caïne n’a pas énor­mé­ment changé ces 30 ou 40 der­nières an­nées, le gramme il y a 30 ou 40 ans tour­nait entre 60 et 100 euro au dé­tail pour les gens du mi­lieu, et de 150 à 180 euros pour les tou­ristes, ac­tuel­le­ment je pense que les prix s’étalent de 50 à 100 euros au dé­tail. La coke consom­mable pro­vient prin­ci­pa­le­ment de Co­lom­bie, de Bo­li­vie et en moindre quan­tité pour le pro­duit raf­finé du Pérou, des pays comme par exemple l’Equa­teur ont une très faible pro­duc­tion. Les cours sont sta­bi­li­sés du fait que la ma­jeure par­tie est pro­duite par les “car­tels” Co­lom­biens et Bo­li­viens. Pour un pro­duit “pur” le dif­fé­ren­tiel entre un achat au kg dans les pays de pro­duc­tion et la vente au 100 gr en Eu­rope n’est “que” de 10 et la marge entre l’achat au 100 gr et la vente au gramme n’est “que” de 2. Les pe­tits dis­tri­bu­teurs sont en gé­né­ral aussi de très gros consom­ma­teurs (plu­sieurs gr / jours) et la coke est très loin d’être le pro­duit le plus de­mandé, “vu que ça ne dé­fonce pas”, pour faire de la marge elle est tou­jours cou­pée au dé­tail et beau­coup se sa­tis­font d’un mé­lange am­phé­ta­mines (effet ex­ci­tant) – li­do­caïne ou no­vo­caïne ( anes­thé­sique local pour le “freeze”) et une coupe inerte style lac­tose ou man­ni­tol. En ré­sumé ça reste une consom­ma­tion un peu frime et mar­gi­nale par rap­port aux autres drogues, et cer­taines coupes ne sont pas à re­com­man­der pour la santé.

Si tu veux par­ler de “drogues” dont le prix a for­te­ment di­mi­nué, je pense que l’herbe se­rait en tête de liste, la plu­part des gros consom­ma­teurs la pro­dui­sant fa­ci­le­ment avec des te­neurs en THC mons­trueuses pour eux même et leur en­tou­rage.

Il semble que la consom­ma­tion des opia­cés (hé­roïne) soit en recul, mal­gré les ef­forts des dis­tri­bu­teurs, cette drogue a “l’avan­tage” de gar­der la “clien­tèle” cap­tive et de gé­né­rer des marges bé­né­fi­ciaires fa­bu­leuses.

Ceci dit 2 % de consom­ma­teurs dans la po­pu­la­tion, ça me semble très faible …

… juste quelques pré­ci­sions pour évi­ter une sim­pli­fi­ca­tion ex­ces­sive …

66)
sam­lo­wry123
, le 07.03.2009 à 20:21

Tout cela est très”bien pen­sant” mais je me méfie des choses éta­blies de quelque camps qu’elles viennent. Je m’ex­plique, pour les im­bé­ciles, tous les étran­gers sont dan­ge­reux. Pour les bien pen­sants c’est tout à fait le contraire! Moi je me ré­serve le droit de juger les choses en connais­sance de cause et de voir de jeunes étran­gers fouillés peut me per­tur­ber aussi mais avez vous tous les te­nants ou abou­tis­sants de cette si­tua­tion? Je ne pense pas. Néan­moins, et là je vous re­joins, tout homme , quelque soit sa cou­leur de peau ou re­li­gion, à le droit au res­pect. Mais j’en ai assez , ici en France , de voir l’in­dé­fen­dable de­ve­nir un com­bat im­bé­cile.La ques­tion n’est pas ici les étran­gers fuyant une si­tua­tion dra­ma­tique mais plu­tôt les per­sonnes de même ori­gine pro­fi­tant de cela pour jus­ti­fier l’in­jus­ti­fiable. Soyons vi­gi­lant et ne por­tons ja­mais de ju­ge­ments sur les ap­pa­rences, les dé­rives mé­dia­tiques nous ont au moins ap­pris cela non?

67)
Tom25
, le 08.03.2009 à 08:40

Par rap­port au débat dans le débat : Si j’ai bien com­pris, une dis­cus­sion de comp­toir c’est quand per­sonne ne gagne rien, et une vrai dis­cus­sion, c’est quand le ga­gnant rem­porte l’af­faire (donc du po­gnon) et ou de l’élec­to­rat.

En fait Roger, avec ses consi­dé­ra­tions phi­lo­so­phiques, nous a fait perdre notre temps. On a un peu ré­flé­chi à la chose, peut-être même mo­di­fié un peu notre point de vue, mais au final per­sonne n’a rien gagné.

Roger, de­main tu nous fais une hu­meur de 5 lignes, nous di­sant quelles va­leurs bour­sières on doit ache­ter, et les­quelles on doit vendre ! Re­de­viens sé­rieux et utile stp !
Et si tu conti­nues dans le sujet des drogues, au moins dis nous où nous en ache­ter de la bonne et pas chère.

68)
zit
, le 08.03.2009 à 14:04

sam­lo­wry123, je suis bien d’ac­cord avec cette in­ter­ven­tion, qui re­coupe celle de Zal­lag16, assez de la “dis­cri­mi­na­tion po­si­tive” et autres cris d’or­fraie (au fait, vous avez déjà en­tendu le cri de l’or­fraie, en vrai? ;^), cer­taines per­sonnes ont vrai­ment une at­ti­tude et des com­por­te­ments in­ex­cu­sables, quelle que soit leur cou­leur de peau, leur ori­gine et leur en­vi­ron­ne­ment…

levri, je m’étonne de ton achar­ne­ment à vou­loir “fer­mer les fron­tières” (c’est pas la pre­mière fois que tu nous sort ça), c’est pour moi l’une des plus grande cause de souf­france sur terre, avec le dieu ¥€$ et les re­li­gions, et pour moi, il fau­drait plu­tôt les abo­lir…

Quelle est la “fonc­tion so­ciale” de la drogue dans nos so­cié­tés ? Pour les so­cié­tés “pri­mi­tives”, l’usage qui en est fait est de l’ordre du ri­tuel, du sacré, le sor­cier (cha­mane ou autre in­ter­ces­seur avec les “forces de la na­ture”) les uti­lise pour sor­tir des per­cep­tions “du réel” et voir au–delà. C’est aussi sou­vent uti­lisé lors d’un rite ini­tia­tique, pas­sage de l’en­fance à l’âge adulte, et bien sûr, la plu­part de ces plantes on des ver­tus mé­di­ci­nales évi­dentes.

Qu’en reste–il chez nous ? Rien ! Sauf peut–être un re­li­quat de rite ini­tia­tique du pas­sage de l’en­fance à l’age adulte, sans aucun contrôle du sor­cier cette fois, et sans que ça soit fait consciem­ment non plus. Par contre, le fait que ça soit in­ter­dit pousse for­cé­ment plus de jeunes à es­sayer, puisque c’est à cette pé­riode de la vie que l’on se re­belle “na­tu­rel­le­ment” contre l’au­to­rité pa­ren­tale, voir contre la so­ciété en gé­né­ral. C’est ici que ça de­vient in­té­res­sant pour ceux qui ont le pou­voir : les plus re­belles sont ceux qui vont ten­ter les ex­pé­riences les plus ex­trêmes, et leur rejet de la so­ciété va être “ca­na­lisé” dans une adic­tion d’au­tant plus forte que la drogue per­met d’ou­blier le réel que l’on abhorre… Plu­tôt que de vou­loir “chan­ger le monde” pour de vrai, le dro­gué se contente de chan­ger son petit monde à lui, s’en­ferme dans un cocon d’illu­sions et de ouate confor­table, au début… Après vient le pro­blème du manque, et du coût (phy­nan­cier) exor­bi­tant de l’apai­se­ment, et de deux choses l’une, soit on a les moyens de pour­voir à ses be­soins, soit c’est la chute, ver­ti­gi­neuse, vers la dé­lin­quance, la pros­ti­tu­tion (lec­ture sug­gé­rée : l’ac­cro, de Do­nald Goines-+, ter­rible té­moi­gnage sur ce qu’il faut bien ap­pe­ler l’en­fer de la dope, on ne sort pas in­demne de ce roman noi­ris­sime).

Donc, tout pro­fit pour le pou­voir : ceux (pas tous heu­reu­se­ment) chez qui pour­rait ger­mer la graine de la ré­volte sont en­glués dès le dé­part dans une fuite im­mo­bile, un re­non­ce­ment, un sui­cide à petit feu…

z (vrai­ment très café du com­merce, ce matin, je ré­pêêêêêêêêêête : un autre monde est pos­sible, mais c’est pas gagné… et ça peut de­ve­nir pire en­core…)

69)
alec6
, le 08.03.2009 à 15:53

Bonne re­marque Sam­lo­wry, en effet…

Et puis comme dit Tom, allez, Roger, une pe­tite hu­meur sur les bon pla­ce­ment de la Crise : l’or ? le pé­trole ? les de­vises ?

70)
levri
, le 08.03.2009 à 16:53

@ 66. sam­lo­wry123 : en gros d’ac­cord avec toi.

@ 68-zit : ce n’est pas de l’achar­ne­ment, juste une pe­tite pro­vo­ca­tion afin de prendre le contre pied de cer­tains bien pen­sants, une fer­me­ture des fron­tières se­rait ir­réa­liste, de plus je n’ai pas le pou­voir de l’or­don­ner, et tu as du re­mar­quer que lorsque je tiens des pro­pos “rai­son­nables”, il est tou­jours ques­tion de choses que j’ai faîtes ou que je pour­rais réa­li­ser, cer­taines de mes pe­tites pro­vo­ca­tions visent juste à sou­li­gner la va­cuité de cer­taines “grandes et nobles idées”, comme cha­cun sait “l’en­fer est pavé de bonnes in­ten­tions”.

Si tu avais es­sayé d’ex­traire la “sub­stan­ti­fique moelle” de ma prose mer­dique, c’est une pro­vo­ca­tion si on la prend au sens lit­té­ral, si on ré­flé­chit un peu et qu’on res­pecte réel­le­ment les “im­mi­grés” les choses sont un peu dif­fé­rentes. En gros la suf­fi­sance et la su­pé­rio­rité sup­po­sée (ja­mais avouée mais lour­de­ment sous en­ten­due) des “dé­fen­seurs” bien pen­sants des “pauvres im­mi­grants per­sé­cu­tés” m’énerve mé­cham­ment. Je suis aussi con qu’un autre, je croise un mec dans la rue qui est dans le be­soin, on dis­cute, je trouve qu’il est in­té­res­sant, je n’hé­si­te­rais pas à l’hé­ber­ger, et peu me chaut qu’il soit re­cher­ché par in­ter­pol ou autre, mais je n’en fe­rais pas une doc­trine et ne mi­li­te­rais pas pour l’ac­cueil de tous les im­mi­grés.

Je l’ai déjà dit, en ou­vrant li­bé­ra­le­ment nos fron­tière, nous ser­vons juste de sou­pape à cer­tains pays, nous ne ré­sol­vons rien, au contraire nous per­met­tons à ces pays de pé­ren­ni­ser les pro­blèmes en­gen­drant l’émi­gra­tion. On a déjà parlé de l’émi­gra­tion des per­sonnes qua­li­fiées, mais s’il s’agit de pro­blème po­li­tique, les mé­con­tents émigrent, tant mieux ! s’il s’agit de pro­blème de faim ou éco­no­mique, l’émi­gra­tion per­met de conti­nuer, pas de plan­ning fa­mi­lial ni de mise en place d’une agri­cul­ture auto suf­fi­sante.

C’est notre or­gueil qui nous fait mi­li­ter pour l’ou­ver­ture des fron­tières, il est plus simple de se voi­ler la face que d’es­sayer de ré­soudre les pro­blèmes réels.

Un autre truc qui m’énerve et me fait de­ve­nir pro­vo­cant, parce que ça me fa­tigue d’ex­pli­quer et que ça ne sert à rien tant que les gens n’ont pas com­pris d’eux même, je res­pecte pro­fon­dé­ment tous les modes de vie, races, classes d’âges, cou­leurs, etc, je me consi­dère comme l’égal de n’im­porte quel pré­sident, pape, sa­vant, ar­tiste, ba­layeur, en­fant, vieillard etc, et ça me dé­frise de voir des gens qui ont des modes de vie ou des ci­vi­li­sa­tions tout aussi va­lables que les nôtres at­ti­rés par le clin­quant de notre ci­vi­li­sa­tion oc­ci­den­tale si su­pé­rieure.

Pour la “fonc­tion ini­tia­tique” de la drogue il ne s’agit pas des stu­pé­fiants à la mode chez nous mais plu­tôt de puis­sants psy­cho­tropes, par exemple le peyotl, le psy­lo­cibe, équi­valent na­tu­rel de pro­duits comme la mes­ca­line, la psy­lo­ci­bine ou le LSD. Je n’ai pas connais­sance de phé­no­mènes d’ad­dic­tion pour ces pro­duits, et ils sont très peu consom­més ac­tuel­le­ment. Nos so­cié­tés sont plus en re­cherche de pro­duits fai­sant béa­te­ment pla­ner comme les opia­cés, les bar­bi­tu­riques, l’al­cool, ou de pro­duits ex­ci­tants fai­sant sau­ter quelques unes de nos in­hi­bi­tions comme l’ec­tasy etc

Dans les an­nées 60 ces psy­cho­tropes étaient uti­li­sés par cer­tains en psy­chia­trie, puis furent ré­cu­pé­rés par d’autres afin d’ou­vrir “les portes de la per­cep­tion” et faire des “voyages” condui­sant à d’autres ma­nières de voir les choses.

Ré­ponse ra­pide et un peu confuse, je le crains, mais au­jour­d’hui mon temps est compté …

71)
Oka­zou
, le 08.03.2009 à 18:14

« Donc, tout pro­fit pour le pou­voir : ceux (pas tous heu­reu­se­ment) chez qui pour­rait ger­mer la graine de la ré­volte sont en­glués dès le dé­part dans une fuite im­mo­bile, un re­non­ce­ment, un sui­cide à petit feu… »

Nous y voilà, zit. C’est très exac­te­ment la thèse de Roger et la jus­ti­fi­ca­tion du titre de sa contri­bu­tion.

En effet, il ne faut pas aller cher­cher midi à qua­torze heures pour com­prendre que le pou­voir tient à dis­po­ser de l’arme de la dé­lin­quance pour en jouer dans la ges­tion quo­ti­dienne et élec­to­ra­le­ment.

La chasse aux ven­deurs de can­na­bis (l’es­sen­tiel du mar­ché) est payante au­près des cons (oui, c’est la clien­tèle visée, au sens cri­tique convenu, res­treint ou in­exis­tant) et per­met de mettre en place des forces po­li­cières qui pour­ront tou­jours ser­vir à la pre­mière ré­volte po­pu­laire. Les cons ne se ren­dant pas compte que la chasse à la cri­mi­na­lité fi­nan­cière (fraude fis­cale, mal­ver­sa­tions di­verses…) rap­por­te­rait au pays de quoi chan­ger po­si­ti­ve­ment la vie de tous tant les masses d’ar­gent dé­tourné sont énormes (voir pa­ra­dis fis­caux spé­cia­li­sés dans le recel d’ar­gent gris et noir). Au­triche, Luxem­bourg et Suisse sont d’ailleurs, sans la moindre honte, en train de mettre une stra­té­gie au point pour conti­nuer de ser­vir de ma­chines à dé­tour­ner et à laver.
Autre uti­li­sa­tion de l’ou­til bien af­fûté « pe­tite dé­lin­quance », le dé­clen­che­ment op­por­tun de nuages de fumée pour dé­tour­ner l’at­ten­tion des cons (les mêmes à la pen­sée conforme) de su­jets brû­lants dans les­quels le pou­voir s’est em­pê­tré. Quand les jour­na­listes font leur bou­lot cri­tique sur le pou­voir (pour pro­té­ger la dé­mo­cra­tie) et les af­fai­ristes de haute volée (pour évi­ter l’hé­mor­ra­gie d’ar­gent vers les pa­ra­dis fis­caux), les jour­na­leux, eux, dé­tournent le re­gard des po­pu­la­tions vers le nuage de fumée des opé­ra­tions « coup de poing » contre les ven­deurs de shit des ban­lieues dont, à l’aube, on va dé­fon­cer la porte à coups de bé­lier comme à Hol­ly­wood.
Les flics, aux­quels on de­mande de faire avant tout du chiffre, disent sans s’en ca­cher que lorsque les chiffres de ré­so­lu­tion d’af­faires sont trop faibles sur leur ta­bleau de marche, ils mul­ti­plient les des­centes contre les ven­deurs de shit (sur les trot­toirs), et les clan­des­tins (dans les gares). Ré­sul­tats ga­ran­tis. L’ef­fet re­tour étant que la cri­mi­na­lité fi­nan­cière et les at­teintes (phy­siques) aux per­sonnes aug­mentent, elles, d’une ma­nière in­quié­tante.

Enfin, en pé­riode élec­to­rale, la pe­tite dé­lin­quance est du nanan pour le pou­voir qui joue sur la peur pour ra­me­ner à lui les élec­teurs mous et crain­tifs. Ça paye bien avec la po­pu­la­tion vieillis­sante au­jour­d’hui. Les plus de 60 ans, la seule classe d’âge à avoir voté Sarko ma­jo­ri­tai­re­ment (à plus de 70%). Quitte à in­ven­ter des faits et em­bas­tiller (tou­jours dans des condi­tions hol­ly­woo­diennes né­ces­saires à la ma­ni­pu­la­tion des foules) une poi­gnée de jeunes que l’on pro­meut au rang de ter­ro­ristes avant que la jus­tice ne les re­lâche (il en reste un, tout de même, pour ne pas si­gner de constat d’échec). Mais par ses ma­nœuvres (l’es­sen­tiel de l’art de notre na­no­pré­sident) le pou­voir a en­grangé, au­près des cons qui craignent la jeu­nesse au lieu de l’ai­mer en voyant en eux l’ave­nir, des voix qui comp­te­ront le soir de l’élec­tion.

Il existe donc bien, comme le pro­po­sait Roger, une forte ins­tru­men­ta­li­sa­tion de la pe­tite dé­lin­quance. Pen­dant ce temps, la cri­mi­na­lité fi­nan­cière et les at­teintes phy­siques aux per­sonnes vivent de beaux jours.

––
Un autre monde est pos­sible. Lu­cide.

72)
zit
, le 08.03.2009 à 22:01

OK, levri, j’avais bien re­ni­flé la pro­vo­ca­tion, mais ça va mieux en le di­sant…

C’est bien en­tendu à ces drogues là que je pen­sais au sujet de l’ini­tia­tion, sub­stances d’ou­ver­ture de l’es­prit, de contact et de dé­cou­verte, pas à l’hé­roïne et autres cir­cuits fer­més entre le cer­veau et le nom­bril. Non­obs­tant, le rou­lage du pé­tard, sa gi­ra­tion ont un petit côté “ri­tuel”, sans par­ler de la pré­pa­ra­tion d’un rail, voir d’un fix qui sont aussi des “trucs d’ini­tiés”. Je suis convaincu (et j’au­rais ma re­vanche) qu’une grande par­tie de la consom­ma­tion de ces sub­stances est liée à ce manque de notre so­ciété d’un pas­sage entre l’en­fant et l’adulte. Le bac, le droit de vote ou le per­mis de conduire viennent beau­coup trop tard… On a in­venté l’ado, qui n’est plus un en­fant, mais pas en­core un adulte, cinq ans (au moins) de flou…

Oka­zou, en­core une fois, je suis tout à fait d’ac­cord avec toi, sauf peut–être, comme sou­vent, sur la forme : tu as une ten­dance mar­quée à stig­ma­ti­ser le con qui a tou­jours l’air très condes­cen­dante, toi qui prêches l’amour de son pro­chain, pour­quoi tant de haine ? Es–tu vrai­ment sûr que cela sert ton (notre) pro­pos, cette at­ti­tude mé­pri­sante ? A l’ins­tar de ton ju­meau (To­TheEnd, pour ne pas le nom­mer ;^), tu fait preuve d’une at­ti­tude su­pé­rieure qui peut hé­ris­ser le poil, même de ceux qui sont de ton avis (le Boss te l’a déjà si­gnalé à maintes re­prises d’ailleurs). Je me de­mande même tou­jours si l’agent O et l’agent T ne sont pas les deux faces d’une même per­sonne (genre le “bon” génie et le “mau­vais” génie dans les car­toons de Tex Avery ;o).

Mais bon, moi aussi, je suis en co­lère, et moi aussi j’ai­me­rais que ça change, dans le bon sens…

Pour finir sur une note mu­si­cale, allez donc faire un tour écou­ter et voir un su­perbe concert de Groun­da­tion, deux heures dix de bon­heur, l’image n’est pas for­mi­dable, mais le son est im­pec­cable…

z (la mu­sique adou­cit les moeurs, je ré­pêêêêêêêêeête : très bons, les Groun­da­tion, vrai­ment très bons)

73)
levri
, le 08.03.2009 à 23:33

@ 72-zit : comme tu le dis on a in­venté l’ado …

74)
Pierre-G
, le 09.03.2009 à 01:35

J’ar­rive après une chaude ba­taille, et lis ce post en dia­go­nale, mon ad­dic­tion à la mor­phine m’em­pêche de dor­mir une fois de plus…Merci à San­doz, ce n’est pas très cher. Ce qui res­sort de tout cela est quand même une ma­ni­pu­la­tion au sens strict et psy­chia­trique du terme sur le thème des pauvres mal­heu­reux qui viennent d’ailleurs. A tous ceux qui les plaignent, quand vous êtes-vous posé la ques­tion, en­core plus pour les fran­çais mal­heu­reu­se­ment, de la der­nière fois où vous avez aidé un in­di­vidu, bien de chez nous, vieux et ma­lade, voyant sa santé rui­née par un tra­vail pé­nible, et qui se voit re­fu­ser les soins de “confort” par sa caisse ma­la­die ou bien par l’as­su­rance-in­va­li­dité sous pré­texte que c’est pré­ci­sé­ment du confort? Quand avez-vous aidé une de ces per­sonnes au mi­ni­mum vital qui doivent en­core et en­core se battre contre une ad­mi­nis­tra­tion ob­tuse et ab­surde? Vous voyez que la ma­ni­pu­la­tion peut aussi se faire avec des su­jets du pays, non? De temps en temps ils ont un mou­ve­ment de refus et se sui­cident, mais se mettent ra­re­ment à dea­ler, par contre la po­lice va vo­lon­tiers les ex­pul­ser quand ils ne peuvent plus payer leur loyer.

Au final, c’est Tom qui est dans le vrai, je cite.

En fait Roger, avec ses consi­dé­ra­tions phi­lo­so­phiques, nous a fait perdre notre temps. On a un peu ré­flé­chi à la chose, peut-être même mo­di­fié un peu notre point de vue, mais au final per­sonne n’a rien gagné.

75)
Oka­zou
, le 09.03.2009 à 06:14

« tu as une ten­dance mar­quée à stig­ma­ti­ser le con qui a tou­jours l’air très condes­cen­dante, toi qui prêches l’amour de son pro­chain, pour­quoi tant de haine ? Es–tu vrai­ment sûr que cela sert ton (notre) pro­pos, cette at­ti­tude mé­pri­sante ? »

Non, non et non, pas une trace de mé­pris ou de condes­cen­dance et en­core moins de haine dans mon pro­pos. Si tu en trouves c’est toi qui l’y met, cher zit, pas moi, et c’est ton pro­blème (à ré­soudre) pas le-mien. Le pa­tron d’ici s’en est fait (par­fait cen­triste suisse) une spé­cia­lité et je ne conseille à per­sonne de le suivre sur cette voie qui ne mène nulle part sinon à des rap­ports ar­ti­fi­ciels par­fai­te­ment sté­riles. Au bout du bout de ce refus du réel et de cette in­croyable peur des mots on en ar­rive à « Prout, ma chère ! » Si cuk.​ch de­vait virer à cette to­na­lité mièvre, je n’au­rais plus rien à faire ici, je n’aime pas la mor­bi­dité, je suis bien vi­vant.

Il y a donc beau temps que je me suis dé­bar­rassé de l’hy­po­cri­sie dans mon ex­pres­sion, hy­po­cri­sie que je consi­dère comme une tare so­ciale par­ti­cu­liè­re­ment ra­va­geuse. No­tam­ment par cette façon qu’ont les gens de nier la réa­lité des choses par des ronds de jambe de cir­cons­tance ou de conve­nance. Foin des ta­bous so­ciaux du monde petit bour­geois ! Il y a des cons, oui ou non ? Si oui (et qu’on ne vienne pas me dire le contraire) alors je ne vois pas au nom de quoi nous fe­rions les bé­gueules pour ne pas les nom­mer. Cette pu­di­bon­de­rie d’un autre âge, ce pu­ri­ta­nisme sur le re­tour me dé­bectent au plus haut point. J’ap­pelle un non-voyant un aveugle, une per­sonne du troi­sième âge un vieux et je n’ap­pel­le­rai pas un con un mal com­pre­nant, sauf si je veux lui nuire par pure mé­chan­ceté.

S’in­ter­dire de par­ler de ce qui existe bel et bien c’est vou­loir trans­for­mer en gre­nouille de bé­ni­tier béni-oui-oui, d’une pen­sée bien conve­nue, gri­sâtre et sans in­té­rêt, tout in­ter­ve­nant qui ne se­rait pas dans la ligne de la bien­séance conven­tion­nelle (pléo­nasme ?) Ben non. Les cons ne manquent nulle part et nous sommes tou­jours le con de quel­qu’un. Le nier c’est ap­pe­ler à l’hy­po­crise. Nom­mer n’est pas juger.

En clair, ceux qui in­ter­prêtent l’em­ploi du mot con comme né­ces­sai­re­ment et a priori chargé d’une ar­rière-pen­sée de dé­ni­gre­ment fe­raient bien de prendre conscience au plus vite et très sé­rieu­se­ment qu’ils plongent un peu ra­pi­de­ment dans une autre tare de ce monde dé­ci­dé­ment mé­diocre : le pro­cès d’in­ten­tion.

Les cons, ce n’est pas de mon fait s’ils le sont et ce n’est pas du leur non plus. Et ici on re­joint à la bor­dure le débat ins­tillé par Roger sur le pou­voir et ses in­té­rêts. Qu’est-ce que le pou­voir pré­fère, une so­ciété de consom­ma­teurs ou une so­ciété de ci­toyens ? Qui le pou­voir peut-il le plus fa­ci­le­ment ma­ni­pu­ler, le consom­ma­teur ou le ci­toyen ; et qui le pou­voir craint-il, une so­ciété dro­guée par la sur­con­som­ma­tion de tout et n’im­porte quoi ou une so­ciété cri­tique de ci­toyens hon­nêtes, au­to­nomes et res­pon­sables ? Pour­quoi notre suc­cé­dané de pré­sident fait-il tout pour cas­ser l’en­sei­gne­ment, pre­mier bar­rage contre la fa­brique de consom­ma­teurs sinon pour dé­ve­lop­per la po­pu­la­tion de cons à son pro­fit ? Le con est idéal pour le pou­voir, comme le petit dé­lin­quant et comme les pseudo ter­ro­ristes. Alors si le pou­voir ne peut les pro­duire, il les en­tre­tient. Par les drogues (d’abord l’al­cool qui peut rendre bien con et bien accro mais qui ne dé­range pas grand monde : c’est légal), par la télé, par la pub, etc. Une so­ciété qui ne se re­garde pas bien fran­che­ment telle qu’elle est est une so­ciété qui se dé­lite à grande al­lure. Il n’aura échappé à per­sonne qu’on y est en plein.

Der­nières ques­tions (por­teuses de leurs propres ré­ponses) : com­ment lut­ter contre la conne­rie si l’on n’en parle pas ? Et qui cela ar­range-t-il, ce tabou gro­tesque ? Enfin, ce monde part-il en que­nouille par excès de vi­sion cri­tique ou par dé­faut de vi­sion cri­tique ?

L’ami, celui qui te veut du bien, c’est celui qui te dit que tu es con quand tu l’es. Pas celui qui ne dit mot. À trans­po­ser à l’amour de son pro­chain.


Un autre monde est pos­sible. Avec moins de cons.

76)
Tom25
, le 09.03.2009 à 10:00

L’ami, celui qui te veut du bien, c’est celui qui te dit que tu es con quand tu l’es. Pas celui qui ne dit mot. À trans­po­ser à l’amour de son pro­chain.

Ahhhh, ben ça fait plai­sir de se sen­tir au­tant aimé. En fait Oka­zou aime pro­fon­dé­ment tous les hommes. .

Mon post 67 était du se­cond degré, on ne perd pas de temps à ré­flé­chir que ce soit sur des phé­no­mènes de so­ciété ou autre. Tou­te­fois je te re­joins dans ce que tu dis Pierre-G, on pré­fère s’api­toyer sur des gens loin car ça ne nous coû­tera rien, que sur notre voi­sin car là rien de nous em­pêche d’in­ter­ve­nir in­di­vi­duel­le­ment.

Je re­joins éga­le­ment Oka­zou, moi aussi ça me gonfle de de­voir lais­ser pas­ser des énor­mi­tés lors de cer­taines dis­cus­sions sous pré­texte de … com­ment dire … ci­toyen­neté ou sa­voir vivre ?
D’un autre coté, faut quand même re­con­naître que ça peut gra­ve­ment pour­rir une soi­rée d’al­ler au fond de cer­taines dis­cus­sions. C’est le gros avan­tage de ce forum, en plus d’être ins­truit (je le dis à chaque fois ;•) ), les gens ne font pas que ça (forum) mais sortent s’oxy­gé­ner la tête ou re­tourne à leur tâche (bou­lot). Ce qui à mon avis a pour effet de pas mal faire re­tom­ber la pres­sion par­fois.

Pour finir, je pré­fère me faire trai­ter de con parce que je suis un gros con de mou­ton consom­ma­teur, que parce que je suis in­ca­pable de com­prendre et de tirer parti du sys­tème ca­pi­ta­liste dans le­quel je vie.

Et puis non tiens, j’ai pas fini. Quant est ce qu’un pro­duit est de la drogue ? Moi comme ça, je di­rais :
• Quand on de­vient accro.
• Quand ça di­mi­nue les ca­pa­ci­tés phy­siques de plus de … allez … 20%.
• Quand on ne tient plus les mêmes rai­son­ne­ments que l’on tien­drait à jeun.

A votre santé, en­ocre une heure et c’est l’apéro

77)
Ker­mor­van
, le 09.03.2009 à 14:56

Oka­zou ; il y a bien long­temps, un ami po­ly­tech­ni­cien me di­sait qu’il y a la même pro­por­tion de cons dans toutes les ca­té­go­ries de la po­pu­la­tion. Je ne suis pas d’ac­cord : il y en a plus parmi les cons.

Et puis : «Le mort, lui, il ne sait pas qu’il est mort… ce sont les autres qui sont tristes. Le con c’est pa­reil…» (Ge­luck)

78)
Sa­dique de la forêt
, le 09.03.2009 à 15:53

Ou en­core, et du même au­teur:

<< Il n’est pas né­ces­saire d’être gros, pour être un gros con, il suf­fit d’être con…>>

S

79)
CHD
, le 09.03.2009 à 17:45

Juste une re­marque au post 45 d’alec6. Mag­num, Pa­ra­bel­lum, Auto, …, ne sont rien de plus que des termes in­venté par le mar­ke­ting ar­mu­rier pour dire en lan­gage spé­cia­lisé “c’est moi qui ait la plus grosse (arme de poing)”. Mais il ne s’agit pas pour au­tant de mu­ni­tions spé­ci­fi­que­ment mi­li­taires (même si les forces ar­mées les uti­lisent cou­ram­ment).

Sinon, ce débat est in­té­res­sant mais un peu dé­cousu et trop basé sur les croyances et pré­ju­gés de cha­cun. L’en­nui c’est qu’un tel filtre dé­forme la réa­lité dans les deux sens et em­pêche toute com­pré­hen­sion mu­tuelle…

PS: l’en­nemi est con, il croit que c’est nous l’en­nemi alors que c’est lui !

80)
To­TheEnd
, le 09.03.2009 à 17:52

CHD: je ne sais pas si c’est ce qu’il a voulu dire, mais en France, des armes qui uti­lisent des mu­ni­tions égales ou su­pé­rieurs à 9mm sont consi­dé­rées comme des armes de 1ère ca­té­go­rie… ou dit au­tre­ment, des armes de guerre. Il n’y a pas cette dis­tinc­tion pour les armes de 2ème, 3ème et 4ème ca­té­go­rie…

T

81)
CHD
, le 09.03.2009 à 18:25

Euh, oui et non. On parle ef­fec­ti­ve­ment d’arme de guerre (la C1 com­mence bien avant les ca­libres de 9 mm), mais dans la me­sure ou il s’agit de mu­ni­tions dis­po­nible à la vente pour le tir spor­tif, le terme mi­li­taire est exa­géré. Rien avoir avec une mu­ni­tion à ura­nium ap­pau­vri ca­pable de tra­ver­ser plu­sieurs mètres de béton, etc.

82)
To­TheEnd
, le 09.03.2009 à 18:39

J’ai vé­ri­fié et ça com­mence en effet à 7.65…

Néan­moins, dans le monde et chaque année, un AK47 tue bien plus qu’un mis­sile à ura­nium ap­pau­vri… d’ailleurs, il y a une sa­crée dif­fé­rence de prix entre ces deux “moyens”… on parle donc bien d’arme de guerre pour ce type d’arme.

Mais bon, je ne veux pas faire dé­vier le sujet…

T

83)
Roger Cuneo
, le 09.03.2009 à 18:47

Navré de n’avoir pu pour­suivre le long de ce jour la suite de notre débat sur le sujet que j’avais in­tro­duit et qui, tout en res­tant au centre de lui-même prend ici et là quelques dé­tours : j’ai passé ma jour­née à jouer Pré­vert pour des en­fants de 8 à 12 ans et j’ai eu une grande sa­tis­fac­tion à être face à leur sen­si­bi­lité.

C’est vrai, pour prendre la balle au vol, que je ne vois pas le pro­blème à trai­ter con un con, pour au­tant que l’épi­thète puisse se re­tour­ner contre soi sans que l’on se vexe et que l’on ait conscience qu’on est soi-même sou­vent au centre de la conne­rie qu’on dé­nonce pour les autres.

Je re­joins par­fai­te­ment Okas­zou en 72. Je re­lève sa ques­tion: est-ce que le pou­voir pré­fère une so­ciété de consom­ma­teurs ou une so­ciété de ci­toyens. Je re­lève avec plai­sir ici le conseil de notre Conseillère Fé­dé­rale qui af­fir­mait hier qu’être ci­toyen au­jour­d’hui consis­tait à consom­mer…

Je reste très res­pec­tueux en­vers elle, mais… Mais, évi­dem­ment, c’est vrai à par­tir de l’idéo­lo­gie am­biante, peut-être que To­TheEnd nous sor­tira une ou deux bonnes sta­tis­tiques pour prou­ver les dires de Ma­dame, mais…

Dites-moi, le pauvre qui ne peut consom­mer est-il moins ci­toyen que celui qui “claque” son ar­gent?

Je re­tourne à mon ami Bras­sens, com­prend qui veut, ou com­prend qui peut (je passe là par Boby La­pointe) : Quand on est con, on est con…

84)
Tom25
, le 09.03.2009 à 19:50

Dites-moi, le pauvre qui ne peut consom­mer est-il moins ci­toyen que celui qui “claque” son ar­gent?

Ah mais ça c’est clai­re­ment OUI. On va me taxer d’anti-consom­ma­teur parce que je ré­ponds oui mais tant pis.
Je me sou­viens, étu­diant, un de mes potes avait quitté l’école pour pour­suivre des études à l’ar­mée. Il avait donc une solde, et pas de frais, nourri logé par l’ar­mée en se­maine, et pas ses pa­rents le week-end. Il re­ve­nait me voir avec le der­nier Walk­Man (pas d’iPod à l’époque), la der­nière Su­per5 GT Turbo, le der­nier … . Et il me di­sait : “Je fais mar­cher l’éco­no­mie” avec un sou­rire jus­qu’au oreille. Preuve que le mes­sage était passé.
On me fait les mêmes re­marques quand je garde mes fringues d’il y a 20 ans : “Tom, tu ne joues pas le jeu, tu n’ali­mentes pas la ma­chine.”

85)
Fran­çois Cuneo
, le 09.03.2009 à 19:50

Si tu en trouves c’est toi qui l’y met, cher zit, pas moi, et c’est ton pro­blème (à ré­soudre) pas le-mien. Le pa­tron d’ici s’en est fait (par­fait cen­triste suisse) une spé­cia­lité et je ne conseille à per­sonne de le suivre sur cette voie qui ne mène nulle part sinon à des rap­ports ar­ti­fi­ciels par­fai­te­ment sté­riles.

Merci! C’est sympa.

Tu sais ce qu’il dit le cen­triste? En par­lant d’un terme sur le­quel on a dé­battu un peu plus haut, en trois lettres? Avec Pôv juste de­vant.

86)
Tom25
, le 09.03.2009 à 20:27

Oka­zou tu y es allé fort avec Fran­çois, il n’a pas d’avis ar­rêté sur tous les su­jets, et je pense être comme lui. Et j’ai les che­villes qui enflent en écri­vant ceci car je consi­dère ça comme une qua­lité. De plus, Fran­çois en tant qu’ad­mi­nis­tra­teur est aussi un peu ani­ma­teur. Il ne peut pas écrire un ar­ticle et le poser là comme la vé­rité vraie, sinon à quoi bon au­to­ri­ser les ré­ponses ?

Et même si je n’ai ja­mais vu Fran­çois, j’ai l’im­pres­sion d’avoir avec lui comme avec d’autres per­sonnes ici, dont toi, des rap­ports un peu plus qu’ar­ti­fi­ciels.

Com­ment peux-tu de­man­der à Fran­çois de ren­trer dans la gueule de tout le monde ? Plus per­sonne ne vien­drait ici et on ne dis­cu­te­rait plus.

En tout cas, je le redis, je trouve que le ton a changé de­puis que je viens sur Cuk. Je ne sais pas si c’est la crise, ou moi qui me fait des idées, ou autre chose, mais …

Mais j’m’y sens bien quand même :•) .

87)
Fran­çois Cuneo
, le 09.03.2009 à 23:34

Non non Tom25, le ton n’a pas changé.

C’était pire avant des fois.

Faut dire qu’on a moins d’ar­ticles po­lé­miques.

J’en ai un peu marre des po­lé­miques, après presque huit ans.

On vieillit.

C’est comme ça…

88)
To­TheEnd
, le 10.03.2009 à 00:16

Viens de rentre et je vois que je suis sol­li­ci­ter… alors sol­li­ci­tons cal­me­ment.

Je re­lève avec plai­sir ici le conseil de notre Conseillère Fé­dé­rale qui af­fir­mait hier qu’être ci­toyen au­jour­d’hui consis­tait à consom­mer… Je reste très res­pec­tueux en­vers elle, mais… Mais, évi­dem­ment, c’est vrai à par­tir de l’idéo­lo­gie am­biante, peut-être que To­TheEnd nous sor­tira une ou deux bonnes sta­tis­tiques pour prou­ver les dires de Ma­dame, mais…

[on dé­conne]
Avant de viser un monde par­fait, j’ai­me­rais bien connaître la sen­ti­ment du ci­toyen quand le taux de chô­mage aura dé­pas­ser les 5%… voire 10%… voire 15%. Pour ceux qui ne s’en sor­ti­ront pas, ils pour­ront tou­jours re­prendre le job de dea­ler laissé va­cant car quand les 12% de chô­mage ont été fran­chis, l’UDC sera élue en masse et de 40k re­qué­rants, on pas­sera à zéro!

Mais pas de pa­nique, toutes les sta­tis­tiques concordent: plus la pré­ca­rité aug­mente, plus la pau­vreté gonfle, plus la mi­sère gagne du ter­rain… plus la consom­ma­tion de drogues aug­mente. Bref, plein de dé­bou­chés pour nos fu­turs chô­meurs et gé­né­ra­tions. L’Etat ne de­vrait pas être en reste… elle s’en­det­tera pour ses ci­toyens et plus pour ses banques car elles au­ront été fer­mées de­puis bien long­temps tel­le­ment elles font mal leur tra­vail.

Avec un peu de chance et si on ar­rive à ac­cen­tuer en­core un peu la per­sé­cu­tion des ban­quiers en lyn­chant quelques spé­ci­mens sur la place pu­blique, quelques di­zaines de mil­liers d’em­ployés de banque quit­te­ront le pays et de­man­de­ront l’asile au Liech­ten­stein, An­dorre, etc.
[on ne dé­conne plus]

Blague à part… la consom­ma­tion ne sert pas qu’à en­grais­ser les riches qui fo­mentent des plans pour dro­guer une par­tie de la po­pu­la­tion. La consom­ma­tion c’est d’abord et avant tout des em­plois de quelques mil­lions de per­sonnes en Suisse (4.5 mil­lions pour être pré­cis).

Toute l’his­toire prouve que des pro­jets d’en­ver­gure et une bonne maî­trise du bud­get per­mettent de re­lan­cer l’éco­no­mie d’un pays. Bien sûr, si la re­lance passe par un écran plasma par foyer de 125 pouces pour re­gar­der des âne­ries, on peut émettre des doutes sur le suc­cès à long terme d’un tel plan. Tou­te­fois, une consom­ma­tion plus du­rable et plus res­pon­sable est pos­sible. Des plans à l’en­ver­gure na­tio­nale per­met­trait de faire un coup double: pé­ren­ni­ser les in­ves­tis­se­ments et dé­ve­lop­per de nou­veaux sec­teurs.

Obama lui-même es­saie de lan­cer de grands pro­jets mais pas de cul, sur les der­niers 787 mil­liards qui ont été ap­prou­vés, il a fal­lut en­le­ver (entre autre) 30 mil­liards qui étaient des­ti­nés à la ré­no­va­tion des écoles pu­bliques du pays pour que le sti­mu­lus passe le Sénat… too bad.

Tout ça pour dire que quand notre Conseillère Fé­dé­rale dit qu’il faut consom­mer, c’est pas si con que ça… c’est en tout cas plus per­ti­nent que nos chers mé­dias qui titrent tous les jours ou presque “c’est la crise” en fai­sant peur à tout le monde et en fi­geant dans l’ins­tant la consom­ma­tion. D’après toi, com­ment l’Etat va-t-il fi­nan­cer de nou­veaux pro­jets d’en­ver­gure en pé­riode de crise? Comme l’a cou­ra­geu­se­ment dit Obama, ils ne se sont ja­mais oc­cu­pés de pro­blèmes quand ça al­lait bien… alors main­te­nant, il va bien fal­loir le faire (mais, faut-il le pré­ci­ser, ça sera une tâche bien plus ardue).

D’ailleurs, en Suisse, le chô­mage vient de pas­ser à 3.4%… en hausse constante de­puis 5 mois. Au-delà du pourcent, c’est 147k per­sonnes et pro­ba­ble­ment au­tant de fa­milles qui trinquent. Si on conti­nue comme ça, je ne se­rais pas sur­pris que la barre des 5% soit fran­chie d’ici 24 mois… soit 216 milles per­sonnes et fa­milles.

Je te pro­pose de re­prendre cette dis­cus­sion dans 12 ou 24 mois et voir si les gens se sentent plus ci­toyen, aban­donné, frus­tré, déçu, an­goissé ou que sais-je en­core.

Etait-ce agres­sif?

T

89)
Ker­mor­van
, le 10.03.2009 à 02:02

Ah ben là, pour le taux de chô­mage, vous êtes va­che­ment en re­tard sur la France.

90)
Oka­zou
, le 10.03.2009 à 07:26

« Mais cette so­ciété Oka­zou, elle est cri­tique!
Elle n’ar­rête pas de se re­mettre en ques­tion, en par­ti­cu­lier ces temps. »

Mieux vaut lire ça qu’être aveugle mais tout de même…
Ja­mais la so­ciété n’a été aussi peu cri­tique ! Vau­trée dans la consom­ma­tion (ça vaut lar­ge­ment le Tran­xène), com­ment pour­rait-elle faire preuve du moindre sens cri­tique po­li­tique ? Tout son sens cri­tique s’est trans­féré, par la fas­ci­na­tion du monde mar­chand, d’une conscience po­li­tique à une conscience consu­mé­riste. Au point qu’au­jour­d’hui n’im­porte quel couillon t’ex­pli­quera com­ment choi­sir entre tel ou tel ar­ticle ou com­ment éco­no­mi­ser sur ceci ou cela mais sera par­fai­te­ment in­ca­pable d’ef­fec­tuer un choix po­li­tique sur une pen­sée cri­tique construite et rai­son­née. Ils pa­taugent dès qu’il s’agit de com­prendre la marche du monde, même quand cela ne concerne que leur pays. La marche de leur propre pays, ils ne la com­prennent pas ! On ne peut être à la fois consom­ma­teur et ci­toyen. Com­ment faut-il le dire ?

Alors si tes pro­pos ne sont pas l’ex­pres­sion la plus dé­li­cieu­se­ment can­dide d’un cen­trisme bon teint, je me fais moine dans l’heure.

« Elle fait de belles choses aussi non? Tu as l’air de la vomir dans son in­té­gra­lité… »

Alors voilà ce qui m’hor­ri­pile par­ti­cu­liè­re­ment et de­puis long­temps.

De fait, de­puis que j’in­ter­viens sur cuk.​ch (ce n’est pas d’hier !), tu n’as de cesse, sys-té-ma-ti-que-ment, de jouer à l’étei­gnoir sur mes pro­pos. Comme si j’étais un vi­lain ex­tré­miste de gauche près à lâ­cher une bombe sur cuk.​ch. Je suis de gauche, Fran­çois, pas ex­trême pour deux ronds, sim­ple­ment de gauche mais vrai­ment de gauche. C’est d’ailleurs cette conscience d’être de gauche (pas d’hier non plus) qui me fait dire, sur tes pro­pos, que tu es cen­triste. Je ne sais com­ment tu te po­si­tionnes par rap­port à vos par­tis en Suisse, je ne les connais pas suf­fi­sam­ment, mais si tu viens dire en Bre­tagne que tu consi­dères que cette so­ciété est cri­tique (sans doute pour­quoi elle va dans le mur) et qu’elle fait de belles choses, tes in­ter­lo­cu­teurs te pla­ce­ront ipso facto du côté de l’UMP, les seuls à oser en­core tenir ce genre de pro­pos chez nous. Moi, je ne te place qu’au centre.

La so­ciété fait de belles choses ? Tu veux dire que ce n’est pas la guerre ? Ben oui, ce n’est pas la guerre et si l’on ou­blie les pauvres, les chô­meurs, les tra­vailleurs pauvres sans lo­ge­ment, les filles-mères qui se pros­ti­tuent pour finir le mois, les sans-pa­piers qu’on parque comme des bêtes (at­ten­tion, on ne les em­pri­sonne pas, on les en­ferme !), les re­trai­tés abon­nés aux Res­tau­rants du cœur, les jeunes qu’on aban­donne à eux-mêmes dans les ban­lieues, les tra­vailleurs pré­caires, les tra­vailleurs qui bossent de plus en plus pour ga­gner de moins en moins, les riches qui s’en mettent plein les fouilles, le sys­tème de santé qui se dé­grade, l’édu­ca­tion na­tio­nale qui se dé­com­pose, la jus­tice qui fout le camp, les me­dias aux ordres, les trans­ports qui partent en eau de bou­din, etc. Alors, tu peux ef­fec­ti­ve­ment chan­ter sur tous les toits la chan­son pré­fé­rée du cen­triste : « Tout va très bien, Ma­dame la Mar­quise. » Cela n’em­pêche que le châ­teau est bien en feu et qu’il est pré­fé­rable de le re­con­naître que de faire sem­blant de l’igno­rer. Ce n’est pas faire le mé­nage que de glis­ser la pous­sière sous le tapis pour ne pas la voir.

Une autre chose qui me casse les bre­loques, en sup­plé­ment de ton jeu d’étei­gnoir sys­té­ma­tique qui res­semble de plus en plus à de l’os­tra­cisme, et zit-72 m’en a servi un éga­le­ment, il s’agit du ter­rible « Tu as l’air de…» suivi d’une in­ter­pré­ta­tion toute per­son­nelle qui ne cor­res­pond en rien à mon in­ten­tion. Non, je n’ai pas l’air de… et il suf­fit gé­né­ra­le­ment de lire mes pro­pos pour y trou­ver la preuve que je n’ai pas du tout l’air de… zit s’éton­nait que je puisse en même temps prê­cher l’amour de mon pro­chain et tenir des pro­pos hai­neux. Ben oui, cette al­ter­na­tive ne peut tenir. Si je prêche l’amour de mon pro­chain, je ne peux lo­gi­que­ment pas tenir des pro­pos hai­neux à l’en­droit du même pro­chain. Cela au­rait dû suf­fire, à quel­qu’un qui a la tête sur les épaules, pour éli­mi­ner l’op­tion haine et re­mettre en ques­tion son in­ter­pré­ta­tion. Ben non. Dia­bo­lique je suis, dia­bo­lique je res­te­rai. Amen.

J’y mets du mien, pour­tant. J’es­saie de ne pas tenir ici des pro­pos trop bêtes et je le fais conscien­cieu­se­ment, j’es­saie d’ar­gu­men­ter le plus soi­gneu­se­ment pos­sible (le temps est mon en­nemi), j’es­saie d’être hon­nête dans mes pro­pos, j’es­saie d’ap­por­ter ici une façon par­ti­cu­lière de voir les choses (la-mienne, qui en vaut une autre), j’ap­porte un style très per­son­nel (qui te les casse mais tu as tort de t’en plaindre), j’es­saie d’être sin­cère et de n’in­sul­ter per­sonne, alors, de ton côté, es­saie d’ac­cep­ter mes pro­pos tels qu’ils sont sans te sen­tir obligé (mais par quoi, bon sang de bon­soir ?) d’y jeter sys­té­ma­ti­que­ment un seau d’eau gla­cée. Je ne suis pas le diable, il est cen­triste. Je ne suis pas non plus Saint Oka­zou (priez pour nous…)

Alors ré­ponds-moi en­core sur le style puisque tu ne peux guère le faire sur l’or­tho­graphe (quoique…). Mais c’est du même ni­veau. Mais ce que je sou­hai­te­rais le plus c’est que tu me ré­pondes au­tre­ment que par un « Pôv’ con » sar­ko­zyste bien sté­rile. Tu es vexé ? Re­garde d’abord chez toi avant de me char­ger. Tu n’es pas Saint Fran­çois non plus.

Com­ment me­su­rer son po­si­tion­ne­ment à gauche mieux qu’avec cette ré­plique d’Hugo (ex­trê­miste po­li­tique avéré) dans 1793 : « Vous vou­lez les mi­sé­reux se­cou­rus ; moi je veux la mi­sère sup­pri­mée. » La cha­rité des ca­thos cen­tristes bien-pen­sants ou l’ac­tion po­li­tique dé­ter­mi­née ? C’est le choix qui fait l’homme.


Un autre monde est pos­sible. Notre monde.

91)
Roger Cuneo
, le 10.03.2009 à 07:45

Et bien non, To­TheEnd, pas agres­sif du tout, et même consen­suel et sensé. ton in­ter­ven­tion 88. Le seul pro­blème qui me chi­cane, c’est que la ci­toyen­neté ne re­po­se­rait que sur l’éco­no­mie, et l’éco­no­mie sur le mode de pen­sée ac­tuel, qui d’ap­pa­rence va à la ca­tas­trophe…

Cer­tains disent ici qu’un autre monde est pos­sible, je ne pense pas tra­hir leur pen­sée quand j’ajoute: avec d’autres va­leurs que l’ar­gent…

92)
levri
, le 10.03.2009 à 10:43

@ 90-Oka­zou : grâce à toi je connais enfin l’or­tho­graphe du mot “Tran­xène”, pro­duit dont m’avait li­bé­ra­le­ment gavé ((ainsi que de Va­lium) les “ser­vices mé­di­caux” de l’ar­mée fran­çaise avant de me ré­for­mer dé­fi­ni­ti­ve­ment …

Je se­rais assez d’ac­cord avec ton pre­mier pa­ra­graphe ( hors ton ap­pré­cia­tion de la sen­si­bi­lité po­li­tique du pa­tron d’ici)

Pour ce qui est de ta vi­sion de la so­ciété, je per­çois dans tes pro­pos une vi­sion po­li­tique et éta­tique, plus de so­cial, ré­par­ti­tion des ri­chesses etc, je suis plus ra­di­cal que toi, je se­rais pour un chan­ge­ment ab­so­lu­ment ra­di­cal des va­leurs au ni­veau des in­di­vi­dus et de la struc­ture de la so­ciété. La dif­fé­rence entre nous (et nous avons eu moult désac­cords sur ce sujet), c’est que tu prônes l’ac­tion syn­di­cale et po­li­tique et que tu vou­drais nous conver­tir à tes vues, alors que je me contente de pro­po­ser li­bé­ra­le­ment la re­cherche in­té­rieure et la res­pon­sa­bi­lité des in­di­vi­dus, sans cher­cher à “conver­tir” ni pré­co­ni­ser une ac­tion po­li­tique di­ri­giste et cen­tra­li­sée. Je ne cherche pas à chan­ger les autres, je se­rais déjà heu­reux si j’ar­rive à as­su­mer to­ta­le­ment mes convic­tions.

93)
Fran­çois Cuneo
, le 10.03.2009 à 18:09

Je vote so­cia­liste Oka­zou.

Alors oui, c’est assez au centre.

Je joue l’étei­gnoir quand tu dé­passes les bornes.

Dans mon petit com­men­taire 9, je ne joue pas l’étei­gnoir, je donne mon avis.

Et je main­tiens (mets tes lu­nettes à so­leil, puisque ça te fait mal aux yeux), qu’il y a plein de choses su­perbes, je ren­contre des gens for­mi­dables, des cons aussi, certes, mais en gros, je trouve qu’il y a plein de gens qui se dé­mènent et qui bougent leur cul pour que les choses soient belles.

Cela n’em­pêche pas de voir les hor­reurs par­tout, et d’être en rage par­fois, ou sou­vent.

Le dire, ce n’est pas être UMP, c’est juste le dire. On peut sans être éti­queté?

On peut ne pas être en­tier sur tout?

Si tu penses que c’est cen­triste, alors ap­pelle-le comme ça.

94)
Oka­zou
, le 10.03.2009 à 19:18

« La dif­fé­rence entre nous (et nous avons eu moult désac­cords sur ce sujet), c’est que tu prônes l’ac­tion syn­di­cale et po­li­tique et que tu vou­drais nous conver­tir à tes vues, alors que je me contente de pro­po­ser li­bé­ra­le­ment la re­cherche in­té­rieure et la res­pon­sa­bi­lité des in­di­vi­dus, sans cher­cher à “conver­tir” ni pré­co­ni­ser une ac­tion po­li­tique di­ri­giste et cen­tra­li­sée. »

S’il est un point com­mun que nous par­ta­geons tous, sur cuk.​ch, c’est que nous li­sons les contri­bu­tions, en re­te­nons et en contes­tons ce que nous vou­lons.

Cher­cher à convaincre ? Peut-être mais ce n’est pas sys­té­ma­tique. On peut consi­dé­rer les contri­bu­tions ici comme une base de don­nées de points de vue sur un sujet connu ; points de vue que l’on par­tage, que l’on conteste ou que l’on ignore. Quand on par­tage, on dé­ve­loppe sur l’exis­tant ; quand on conteste, on cherche les contre ar­gu­ments ; quand on ignore, on passe son tour.

En tout état de cause tu as bien tort de me voir en pro­sé­lyte cher­chant à conver­tir le lec­teur po­ten­tiel. J’af­fiche un point de vue et cha­cun est assez grand pour en faire ce qu’il veut, tout sim­ple­ment. Je ne suis pas der­rière toi, me­na­çant, un pis­to­let bra­qué sur ta nuque.

Quant à une hy­po­thé­tique su­pé­rio­rité dans l’ef­fi­ca­cité d’une re­cherche per­son­nelle contre une re­cherche col­lec­tive, ou l’in­verse, elle est bat­tue en brèche par cette simple idée que l’une ne peut se pas­ser de l’autre sous peine de se trou­ver de­vant un ré­sul­tat dé­ce­vant. Une dé­marche qui se conten­te­rait d’être per­son­nelle af­fi­chera ra­pi­de­ment ses li­mites quant à son uti­lité so­ciale. De même qu’une dé­marche col­lec­tive sans re­cherche in­té­rieure verra ra­pi­de­ment son ac­ti­vité au sein du groupe par­ve­nir à ses li­mites faute de mi­li­tants à la hau­teur. L’ac­tion po­li­tique, comme tout le reste, ne peut pros­pé­rer que sur une double dé­marche in­di­vi­duelle et col­lec­tive. L’in­di­vidu ins­crit dans la so­ciété. Sans tri­cher.

Si tu ne marches pas sur tes deux jambes, tu sau­tilles mal­adroi­te­ment et tu n’avances pas.

Sur l’ac­tion po­li­tique di­ri­giste et cen­tra­li­sée que tu sup­poses être mienne, je n’ai pas de re­li­gion. Tout est pos­sible tant que l’on reste dans une dé­marche dé­mo­cra­tique c’est-à-dire que c’est le peuple, à tra­vers ses élus ou par ses propres moyens, qui tient les ma­nettes et fait ses choix. C’est le col­lec­tif qui s’ex­prime à tra­vers les points de vue par­ti­cu­liers.

Je ne cherche pas à te conver­tir, tu l’as com­pris. Tu prends, tu contestes ou tu laisses.


Un autre monde est pos­sible. Vrai­ment dé­mo­cra­tique.

95)
Oka­zou
, le 10.03.2009 à 19:55

« Je vote so­cia­liste Oka­zou. »

Kouch­ner et Lang aussi. Je te fais grâce de Bes­son et quelques autres. Je ne sais pas ce qu’est le Parti so­cia­liste suisse par rap­port aux va­leurs his­to­riques de gauche, en France, on ne peut consi­dé­rer sé­rieu­se­ment comme so­cia­listes (voir le sens de ce mot dans l’his­toire, tout est là) ceux qui se pré­tendent so­cia­listes et ac­ceptent sans bar­gui­gner que la vraie po­li­tique c’est le mar­ché qui s’en charge. L’aile li­bé­rale du PS est dans ce qu’elle prône au centre et même par­fois au centre droit.

« Je joue l’étei­gnoir quand tu dé­passes les bornes. »

Tu joues l’étei­gnoir quand je dé­passe TES bornes cen­tristes. En clair tu es le le juge de paix sur TES cri­tères qui sont peut être à re­voir.

« Et je main­tiens (mets tes lu­nettes à so­leil, puisque ça te fait mal aux yeux), qu’il y a plein de choses su­perbes, je ren­contre des gens for­mi­dables, des cons aussi, certes, mais en gros, je trouve qu’il y a plein de gens qui se dé­mènent et qui bougent leur cul pour que les choses soient belles. »

Oui, nous vi­vons dans un monde presque par­fait.

Tu fais venir à mon es­prit l’image du Pa­ri­sien aisé, loin des sou­cis de ceux qui sont dans la merde. Il sort le soir, Paris est ma­gni­fique, les tra­vailleurs des ban­lieues sont ren­trés chez eux et la ca­pi­tale offre son meilleur vi­sage au monde. Si on l’in­ter­roge, il nous dit que la vie est belle. Il est par­fai­te­ment dé­con­necté des pro­blèmes à ré­soudre. Ce n’est pas en di­sant que le monde est beau que l’on rend le sort des dé­mu­nis plus agréable. On les aban­donne et c’est presque une in­sulte de dire au pauvre que les choses sont belles. Si tu veux amé­lio­rer le sort des gens (et Dieu sait qu’il y a du bou­lot tant il y a de dé­tresse), tu ne com­mences pas à t’ex­ta­sier sur ce qui marche. Tu te fixes sur ce qui ne va pas. À toi de cap­ter ça ou pas. Voilà où se situe ton rôle d’étei­gnoir, d’étouf­foir. Et je m’in­quiète de te voir en­têté là-des­sus. Au moins, per­met à ceux qui jugent (leur ju­ge­ment vaut le tien, c’est sûr) que par­ta­ger sur la dé­tresse des gens est im­por­tant, l’op­por­tu­nité de le faire sans que tu viennes étouf­fer leurs pro­pos.


Un autre monde est pos­sible. Si on pose le re­gard où il faut.

96)
levri
, le 10.03.2009 à 20:05

@ Oka­zou -94

Ton “point com­mun”, c’est une la­pa­lis­sade, on ne peut qu’agréer !

Je ne suis pas to­ta­le­ment obtus, donc oui j’ai com­pris, même si par­fois je fais comme si …

Le pro­blème de la dé­mo­cra­tie est qu’elle tourne trop sou­vent en dic­ta­ture d’une ma­jo­rité sur une ou des mi­no­ri­tés.

Je ne dis­cu­te­rai pas des avan­tages res­pec­tifs des dé­marches in­di­vi­duelle et col­lec­tive, j’ai déjà donné mon point de vue et je n’aime pas me ré­pé­ter.

97)
Tom25
, le 10.03.2009 à 20:33

TTE, tu nous dis qu’il faut conti­nuer de pro­duire, conti­nuer de faire pous­ser des ca­rottes pour don­ner du tra­vail à tout le monde. Tu nous di­rais qu’il faut faire pous­ser des ca­rottes pour don­ner à bouf­fer à tout le monde, je te di­rais oui d’ac­cord. Mais là il faut conti­nuer de culti­ver les ca­rottes parce que les banques, l’état et tout le sys­tème ont in­dexé leur mo­dèle sur la ca­rotte. Des ca­rottes il y en a plein les pou­belles.

Ce n’est pas de là qu’est né la crise ? Un gars haut placé a sou­levé le cou­vercle de la pou­belle et y a vu toutes ses ca­rottes sur les­quelles était in­dexés sa for­tune ? Et il a pris peur ?

Tu re­parles des mé­dias qui font peur à la po­pu­lace en par­lant de la crise. Je ne suis pas convaincu que les gens consomment moins à cause de la crise. Tout comme les in­ves­tis­seurs se freinent parce que leur re­tour sur in­ves­tis­se­ment baisse, les consom­ma­teurs freinent parce qu’ils se rendent compte que ce n’est peut-être pas tant leur avan­tage que ça.

Pour moi c’est clair, le gars voit “made in China” sur tout ce qu’il achète. Alors le sen­ti­ment du bon ci­toyen consom­ma­teur qui aide son pro­chain et son voi­sin en ache­tant …

Et d’ailleurs quand tu cri­tiques les mé­dias parce qu’ils font peur aux ci­toyens, ils leur font peur et ces der­niers consomment moins. Tu donnes ainsi toi aussi la ré­ponse à la ques­tion de Roger.

Oka­zou, tu me fais pen­ser à ma co­lère le jour où, la voi­ture de­vant moi étant en panne au feu rouge, je suis des­cendu pour aider son conduc­teur à la pous­ser sur le coté, et que toutes les voi­tures der­rières sont pas­sées en klaxon­nant ra­geu­se­ment !
Je ne se­rais pas des­cendu pour pous­ser, il au­rait bien fallu qu’à un mo­ment ou à un autre il se passe quelque chose ! Non ?

98)
levri
, le 10.03.2009 à 20:49

ma co­lère le jour où, la voi­ture de­vant moi étant en panne au feu rouge, je suis des­cendu pour aider son conduc­teur à la pous­ser sur le coté, et que toutes les voi­tures der­rières sont pas­sées en klaxon­nant ra­geu­se­ment !

Si suf­fi­sam­ment d’in­di­vi­dus se mettent à pous­ser des voi­tures, les pro­blèmes se­ront ré­so­lus par des ini­tia­tives in­di­vi­duelles …

99)
Fran­çois Cuneo
, le 10.03.2009 à 22:42

Oka­zou, je n’ai pas envie d’ar­gu­men­ter, je suis fa­ti­gué.

100)
Roger Cuneo
, le 11.03.2009 à 11:26

C’est juste pour faire tour­ner le comp­teur à cent, sans sang…