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Un nou­veau pré­sident pour les Etats-Unis

 

Ne dites pas que cela ne nous concerne pas! Qu'on aime les Etats-Unis ou pas, quel qu'il soit, en bien ou en mal, le pro­chain pré­sident amé­ri­cain, nous le sen­ti­rons for­cé­ment pas­ser!


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(Mon­tage em­prunté au jour­nal en ligne Salon)


Le monde re­tient son souffle. En Inde, on fait d'im­menses sta­tues de sable des deux can­di­dats, en Corée du sud, on fait leur por­trait en che­veux, en Eu­rope, on or­ga­nise des nuits de veille. 
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Allez voter! Le futur est entre nos mains
Le pro­chain pré­sident des Etats-Unis nous concerne tous.
Il y a des co­mi­tés Pro Obama par­tout dans le monde: aux Kenya (bien sûr, il est à moi­tié ke­nyan), en Aus­tra­lie, en Suisse même. 
Le plus cu­rieux: celui de la ville d'Obama au Japon, qui se pré­pare à vivre une nuit par­ti­cu­lière. On trouve une pe­tite vidéo ici sous le ti­tire “Obama loves Obama”. A la même adresse, des vi­déos sur cer­tains des co­mi­tés pro Obama dans le monde.
14 heures
Ba­rack Obama a fait son der­nier ral­lie en Vir­gi­nie de­vant 80'000 per­sonnes, qui se ser­raient sous la pluie, et qui, pour avoir une bonne place, étaient ve­nues des heures à l'avance. C'est là qu'il avait com­mencé sa cam­pagne, un soir, de­vant… 20 (vingt) per­sonnes in­ter­lo­quées - il avait fallu une en­thou­siaste ap­plau­dis­sant seule à tout rompre pour que la salle se ré­veille.
Quel che­min par­couru!
16 heures
Au mo­ment où j'écris, les bu­reaux de vote com­mencent à être ou­verts dans cer­tains Etats amé­ri­cains de l'Est.
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On at­tend des heures dans le calme (BBC)
Obama a voté. Vous vou­lez voir? C'est ici.

Je n'ai pas de nou­velles fraîches de John Mc­Cain - et ce n'est pas faute de cher­cher.
A voir cette photo de presse, le vote n'est pas aussi simple qu'il pour­rait pa­raître…
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Ins­truc­tions pour le vote (BBC)

18 heures
Fran­çois a écrit un jour une hu­meur “ou­verte” pour la nuit de l'iPhone. Je me suis dit que cette soi­rée et ce sus­pense va­laient aussi une nuit à l'écran. Que choi­sir? les TV sont dans les quar­tiers gé­né­raux des par­tis. J'ai pensé que De­mo­crats Abroad (les Amé­ri­cains dé­mo­crates de l'étran­ger) se­rait moins couru. Il est main­te­nant 18 heures, et je re­çois leurs ins­truc­tions - ça pro­met d'être plein de jour­na­listes tout de même, et sur­tout on ré­serve à la presse une salle à part, ça ne m'en­chante pas…

J'es­saie­rai tout de même de vous in­té­res­ser. Je sui­vrai les évé­ne­ments en di­rect, en quelque sorte, et je n'ar­rê­te­rai d'écrire, si je suis en­core ré­veillée, qu'après le “petit dé­jeu­ner po­li­tique” qu'on nous pro­met. Et à par­tir de main­te­nant les pho­tos se­ront au­tant que pos­sible les miennes.
Ne vous at­ten­dez pas à une ob­jec­ti­vité de jour­na­liste. Je suis ici dans une HU­MEUR, mes pré­fé­rences dé­passent. Re­mar­quez que j'aime bien Mc­Cain - je trouve juste que ce n'est pas un bon can­di­dat à la pré­si­dence des Etats-Unis. Quand il était le sé­na­teur qui s'op­po­sait aux pires excès de son parti, il était sou­vent très res­pec­table. Mais dans la si­tua­tion d'au­jourd'­hui, avec la vice-pré­si­dente d'au­jourd'­hui, il me fait peur. Si j'étais amé­ri­caine, je vo­te­rais Obama - tout en sa­chant qu'il ne pourra pas faire de mi­racles, il hé­rite d'un mo­nu­men­tal pet­schi (mot de chez nous - can­ton de Vaud, Suisse, in­ter­na­tio­na­le­ment, on di­rait pro­ba­ble­ment “bor­del”, mais une dame n'use pas de gros mot, n'est-ce pasCool ?).

21 heures

Voici une ma­nière de sa­voir ce qui se passe état par état. Cli­quez ici - un site gé­nial!


22 heures


Je suis ins­tal­lée à la salle de presse, les gens com­mencent à ar­ri­ver.


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On craint de ne pas avoir une bonne place dans les sa­lons


In­ter­view avec un “Amé­ri­cain lambda” (sic, c'est ainsi qu'il s'iden­ti­fie)

Q. Qu'est-ce qui va chan­ger si Obama est élu?

R. Sou­ve­nez-vous qu'avant tout Obama sera pré­sident des Etats-Unis, il ne gou­ver­nera pas seul. J'ai des amis qui ont peur qu'il ne s'oc­cupe pas suf­fi­sam­ment de sé­cu­rité, et ils n'ont pas confiance en lui. Mais moi je dis que Bush s'est oc­cupé de la sé­cu­rité de ma­nière er­ro­née, et que cela nous a ren­dus plu­tôt plus que moins vul­né­rables. Je fais confiance à Obama pour d'autres choses. L'As­su­rance ma­la­die, par exemple. Mais rap­pe­lez-vous qu'une cou­ver­ture uni­ver­selle de l'as­su­rance ma­la­die, cela avait été le pre­mier acte de Clin­ton, et ce sont le congrès et le sénat qui l'ont sif­flé. (il rit un peu jaune) A la niche, les ma­lades. On n'a ja­mais ou­blié ça, nous autres les non pri­vi­lé­giés.

Je ren­contre Cait­lin Kraft Buch­man, la pré­si­dente de De­mo­crats Abroad Suisse, une des âmes de toute l'idée de faire par­ti­ci­per plus ac­ti­ve­ment les dé­mo­crates de l'étran­ger-

Q. Tu es confiante?

R. Non, non… Je ne suis pas en­core confiante, j'es­père.


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Cailt­lin Kraft Buch­man, un sou­rire entre deux pas de course

Mais elle est sur­ex­ci­tée, on di­rait le ca­pi­taine d'un na­vire ami­ral, elle est par­tout à la fois. Ce n'est que la su­per­sti­tion qui la re­tient de dire qu'elle est confiante - qui les re­tient tous. Beau­coup de sou­rire, mais pas en­core beau­coup de bruit. Après tout, on leur a volé la vic­toire deux fois…

De­mo­crats abroad, qui a or­ga­nisé cette Obama Night, a loué les sa­lons de l'hô­tel Ri­che­mond, prévu 600 per­sonnes. Elles sont dàjà toutes là, et il en vient en­core…


23 heures


Dylan, 11 ans:

“Je suis là parce que c'est un mo­ment his­to­rique. On aura peut-être élu le pre­mier pré­sident noir de l'his­toire. ”

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Il le pro­clame à la radio, à la TV, aux jour­na­liste. Pour rien au monde il ne man­que­rait ça.

Il m'ex­plique que si Mac­Cain gagne, non seule­ment il risque de conti­nuer in­dé­fi­ni­ment la guerre en Irak et en Af­gha­nis­tan, mais qui sait s'il ne fera pas en­core la guerre en Iran. Et que se pas­sera-t-il avec Israël? Il est en souci: les son­dages se res­serrent en Flo­ride et en Ohio, Obama ga­gnera-t-il vrai­ment?

Dylan me pro­pose de m'ai­der à par­tir de mi­nuit, il m'as­sure qu'il est au cou­rant et qu'il peut m'ex­pli­quer tous les ré­sul­tats. Dé­ci­dé­ment, les po­li­ti­ciens com­mencent leur car­rière de plus en plus jeunes.


23 heures 45


Dans un quart d'heure fer­me­ture des pre­miers bu­reaux de vote sur la cote Est, me dit Dylan; ici l'ex­ci­ta­tion monte en­core et en­core. Les plus tou­chants, je trouve, sont les Noirs pré­sents: calmes, ils vous ex­pliquent pour­quoi ils ont voté pour un homme, non pour une cou­leur. Ils ont les yeux rivés sur les écrans.

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Mi­nuit

Ici, on est déjà de­main, aux US, les pre­miers bu­reaux viennent de fer­mer, et à par­tir de main­te­nant, je vous parle en di­rect - si par ha­sard vous êtes là . ;-)

L'in­cer­ti­tude de­meure, Dylan, qui n'a pas la so­phis­ti­ca­tion des adultes, ne sou­rit plus.


0 heures 30

Son­dages sor­tie des urnes: In­diana 55 % pour Obama, Ken­tu­cky 60 % pour Mc­Cain. Les deux ré­sul­tats étaient pré­vus de­puis des se­maines.

Entre deux com­men­taires, je m'ex­cuse vite pour les éven­tuelles fautes de frappe et d'or­tho­gaffe, je n'ai pas le temps de pas­ser le texte par An­ti­dote. Ar­ri­ver à pen­ser dans le brou­haha et l'ex­ci­ta­tion, ça de­vient une per­for­mance.

J'ai es­sayé de pho­to­gra­phier la foule pour vous, mais c'est im­pos­sible de vous faire sen­tir à quel point c'est plein. Il faut que je re­tienne des gens de s'as­seoir sur mon cla­vier - lit­té­ra­le­ment. Je m'amuse beau­coup! Si je n'étais aussi en souci que Dylan, je ri­go­le­rais fran­che­ment.

 

01 heure

A voir les tête au mo­ment où les pre­mières pro­jec­tions se pré­cisent, Dylan, Fran­çois et moi ne sommes pas les seuls à nous faire du souci…

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Pro­jec­tion sor­tie des urnes: on at­tend avec ten­sion les ré­sul­tats de l'In­diana. Quelques pe­tits états ont voté en ma­jo­rité (ser­rée) pour Mc­Cain, mais ils ont peu de dé­lé­gués, et c'était prévu.

1 heure 20

L'In­diana est très ser­rée. Pen­dant ce temps, dans les rues de Chi­cago, des mil­liers de per­sonnes marchent vers le parc où se­ront don­nés, sur écran géant, les ré­sul­tats fi­naux. C'est là-bas comme ici, per­sonne n'a envie d'at­tendre à la mai­son tout seul de­vant sa TV.

McKain a gagné le Ken­tu­cky, Obama le Ver­mont.

Cu­rieu­se­ment, les ré­sul­tats sont don­nés au pu­blic alors qu'ailleurs on est en­core en train de voter - cu­rieux tout de même!

A voir les pre­mières pro­jec­tions, ça pour­rait être plus serré que prévu.

 

1 heure 45


Grosse ten­sion: Obama semble très en avance en Flo­ride (28 grands élec­teurs), in­cer­tain en In­diana.

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Il faut com­prendre que Obama est cer­tain d'en­vi­ron 230 grands élec­teurs: il faut im­pé­ra­ti­ve­ment qu'il en ait une qua­ran­taine de plus, et c'est là que les choses se com­pliquent, car les votes ne comptent pas dans leur en­semble, mais état par état - même pour des élec­tions fé­dé­rales.

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Cela dit, mon conseiller po­li­tique m'in­cite à ne pas perdre de vue qu'on élit aussi des sé­na­teurs et des membres du congrès, et que là les Dé­mo­crates râflent presque tout.

 

2 heures

 

Pro­jec­tions so­lides  de nou­veaux états, tous pour Obama sauf deux, plus quelques états très ser­rés. Les gens re­com­mencent à sou­rire, et le bruit a aug­menté de 50 dé­ci­bels…

La Flo­ride se confirme. Tou­jours pas dé­fi­ni­tif.

En Ca­ro­line du nord, Obama a 63 % des voix (pas pro­jec­tion, réel).

 

2 heures 45

Obama a em­porté le New Hamp­shire, un des états à grande concen­tra­tion d'in­tel­li­gen­zia amé­ri­caine, à cause des uni­ver­si­tés. Dans les 60% des voix.

Obama vient de rem­por­ter la Penn­syl­va­nie - c'est les hur­le­ment de joie ici (21 grands élec­teurs). Ce n'était pas si sûr au mo­ment des son­dages pré­li­mi­naires.

 

3 heures


La sé­na­trice Hagen (dé­mo­crate) a battu la l'ex-sé­na­trice Eli­sa­beth Dole (ré­pu­bli­caine). Tout le monde ici consi­dère que c'est une im­mense vic­toire, aussi re­mar­quable que celle d'Obama. Cette en­sei­gnante de re­li­gion dans les écoles du di­manche avait été at­ta­quée parce que “sans Dieu”.


Mc Cain a em­porté l'Ala­bama comme prévu.


3 heures 10

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Ten­sion, ten­sion, tout pour­rait se dé­ci­der dans les pro­chaines mi­nutes…

Mc­Cain em­porte la Géor­gie. C'était prévu.

Grosse avance d0O­bama en Ohio.

La Flo­ride se main­tient à 52 % pour Obama.


La course de­vient pal­pi­tante!


3 h 30


On at­tend toute une série de pro­jec­tions. On reste dans le sus­pense, pour l'ins­tant la flo­ride et l'Ohio res­tent à Obama. Les ana­lystes donnent l'Ohio comme cer­tai­ne­ment gagné.

Les gens ne se tiennent plus.


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Ils viennent d'ap­prendre que l'Ohio est pro­ba­ble­ment pour Obama


Un son­deur qui a donné la pro­jec­tion la plus né­ga­tive dans les états sé­pa­ré­ment pense qu'il est pra­ti­que­ment im­pos­sible pour Mc­Cain de ga­gner.

Per­son­nel­le­ment, je me tiens en forme au cham­pagne, pas pour fêter, mais parce que, cu­rieu­se­ment, le cham­pagne me ré­veille au­tant que les nou­velles. Je m'at­ten­dais à tom­ber sous la table vers 2 heures, mais il est bien­tôt 4 heures, et tout va bien. Pour moi, en tout cas. Je ne peux pas dor­mir tant que je ne sais pas, de toute façon.

3 heures 50

Seule­ment 1 % d'avance pour Obama sur la moyenne des votes.

Mais 199 grands élec­teurs pour Obama contre 78 pour Mc­Cain.

Ce sera fi­na­le­ment une vic­toire ser­rée si ça marche. Mc­Cain n'avait pas tort d'es­pé­rer jus­qu'à la der­nière mi­nute, après tout.


4 heures


Tout le monde es­pé­rait qu'on sau­rait main­te­nant, mais c'est trop serré pour ça en ce mo­ment, il va fal­loir at­tendre en­core une heure, lorsque les bu­reaux élec­to­raux des Etats de la côte Ouest fer­me­ront.


En at­ten­dant, on prend son mal en pa­tience comme on peut.


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Allez, viens Ba­rack, on entre. On verra de­main matin si ça a mar­ché.


4 heures 25


Les dé­mo­crates ont la ma­jo­rité au Sénat (et on n'a pas en­core les ré­sul­tats pour tous les sé­na­teurs)


4 heures 47


Une des or­ga­ni­sa­trices de la soi­rée me prouve arith­mé­ti­que­ment qu'Obama ne peut plus perdre. Il a 207 sièges élec­to­raux ac­quis. Si on ne compte que les états man­quants cer­tai­ne­ment dé­mo­crates, la Ca­li­for­nie lui en ap­por­tera 55,  l'Ore­gon 7 et l'état de Wa­shing­ton 11. Ce qui fait 280 grands élec­teurs - 10 de plus que né­ces­saire.

Je rap­porte, mais je ne sais qu'en pen­ser. Et au­tour de moi, per­sonne en­core ne crie vic­toire. En­core 10 mi­nutes…


5 heures 00


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Quoi? Il a gagné?


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Oui, il a gagné!


C'est le dé­lire. Obama a gagné. La salle ex­plose, le spea­ker de CNN dit: 250 ans après la dé­cla­ra­tion d'in­dé­pen­dance, il n'y a plus de ci­toyens de se­conde zone - le pre­mier pré­sident de cou­leur est élu.

51 % du vote po­pu­laire (moyenne du pays) et 297 grands élec­teurs, contre 48 % et 139 grands élec­teurs à Mc­Cain.


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Yes, we can!

Le nombre de sièges au sénat a en­core aug­menté. Si les dé­mo­crates ar­rivent à 60 sé­na­teurs (sur 100) ils peuvent même mo­di­fier la consti­tu­tion sans que l'op­po­si­tion puisse rien faire.

Il reste en­core quelques pe­tits états, dont Hawai qui vote évi­dem­ment pour l'en­fant du pays.


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Yes we could, yes we did! On pou­vait, et on l'a fait!


5 heures 50


La vic­toire d'Obama se confirme: 338 grands élec­teurs contre 155 à Mc­Cain. Mc­Cain a fait son dis­cours de re­non­cia­tion.


J'in­ter­viewe Sarah, afro-amé­ri­caine:

“Ce que cette élec­tion si­gni­fie pour moi? Cela si­gni­fie que je suis un être hu­main à part en­tière, cela si­gni­fie que tous les hommes du monde sont égaux, réel­le­ment égaux. Voyez-vous, Obama ne sera pro­ba­ble­ment pas un pré­sident par­fait. Mais il a osé, et il a réussi. Et ce sym­bole-là, quelle que soit sa pré­si­dence, il res­tera.”

Dans 5 mi­nutes, dis­cours de Ba­rack Obama. Pas le temps de faire des pho­tos, j'écris d'une main et je pe­tit-dé­jeune de l'autre - une né­ces­sité, pour tenir le coup.


6 heures 15


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Ce n'est pas moi qui ai gagné au­jour­d'hui, c'est vous!


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Tant là-bas qu'ici, ça touche.

Peut-être Obama ne sera-t-il pas le chef d'Etat selon mon coeur, pré­sident de l'Amé­rique, c'est un sale job. Cela dit, le dis­cours qu'Obama est en train de pro­non­cer, j'ai­me­rais l'avoir écrit. Nous n'avons ja­mais en­tendu un dis­cours de ce ni­veau ve­nant d'un Pré­sident des Etats-Unis. Nos pa­rents ou grand-pa­rents peut-être…


7 heures 30


On m'a dit que Ruth Drei­fuss (an­cienne mi­nistre) al­lait venir, je l'ai at­ten­due une heure, elle n'était pas là. Mais au fond, après le dis­cours d'Obama, j'avais be­soin d'une pause.

J'ai quitté le quar­tier gé­né­ral de De­mo­crats Abroad, je suis ren­trée chez moi. Ai ou­vert la radio: un jeune homme à l'ac­cent magh­ré­bin ex­pli­quait que SA vie avait changé cette nuit. «Le rêve de Mar­tin Lu­ther King se réa­lise, se ré­in­carne», a-t-il dit.

Je vais es­sayer de dor­mir deux heures, je ré­exa­mi­ne­rai la si­tua­tion en­suite.

Et un chro­ni­queur po­li­tique uti­li­sait une image qui, j'en suis per­suadé, parle à beau­coup de dis­cri­mi­nés: «Cette nuit, l'homme a mar­ché sur la lune».

 

10 heures 30


J'ai dormi deux heures, j'ai lu vos com­men­taires. Je ne vais pas m'amu­ser à cap­ter la Une des jour­naux du monde, je vous laisse aller voir: le fait qu'Obama soit noir a une im­por­tance énorme. Je ne dé­sire pas le prou­ver à ceux d'entre vous qui doutent. Etre noir ne suf­fit pas, mais cela change beau­coup de choses dans une cer­taine vi­sion du monde.

A part ça, avec toutes les at­tentes qui ré­posent sur ses épaules, Obama va for­cé­ment dé­ce­voir. C'est un bon po­li­ti­cien - mais il y a des mi­racles que per­sonne ne peut opé­rer.

183 com­men­taires
1)
Fran­çois Cuneo
, le 05.11.2008 à 00:13

Purée…

Je tremble.

Pourvu qu’il n’y ait pas de sur­prise!

2)
fx­prod
, le 05.11.2008 à 00:22

chouette on di­rait une key­note apple

3)
In­connu
, le 05.11.2008 à 00:38

Whouaaaaah !

Un Live Co­ve­rage sur Cuk pour les pré­si­den­tielles ? Quelle classe. Bravo Anne ! :)

4)
Hervé
, le 05.11.2008 à 01:28

Anne, tu es for­mi­dable. je me de­man­dais jus­te­ment avec qui j’al­lais pas­ser la nuit.

Ceci dit, moi, j’ai peur de­puis qu’Obama a été dé­si­gné : Je ne crois pas que l’Amé­rique pro­fonde est prête à élire un Noir à la pré­si­dence. Mais comme j’es­père me trom­per !!!!

6)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 01:57

Moi aussi! Les res­pon­sables sont confiant, ici, mais je trouve que pour l’ins­tant on n’est pas en­core sorti de l’au­berge. J’avais pensé que j’au­rais som­meil à un mo­ment donné, mais la ten­sion est telle ici qu’il ne se­rait pas ques­tion de sen­tir la fa­tigue.

7)
Fran­çois Cuneo
, le 05.11.2008 à 02:15

Bon Anne, je vais aller me cou­cher.

Ça va un peu mieux.

Pourvu que le ré­veil ne soit pas de type gueule de bois.

Pour­tant je n’ai rien bu (juste une demi-bière).

8)
Hervé
, le 05.11.2008 à 02:28

Moi, j’ai bu une bière com­plète : une Gui­ness pour être dans l’am­biance an­glo-saxonne. Mais pas une Bud, j’ai hor­reur de cela, même si elle est de­ve­nue belge !

Je tiens le coup avec toi, Anne, mais les infos sont rares et c’est pas la TSR qui va nous tenir éveillés

9)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 03:01

‘Te­diou, Hervé! Tu ne vas pas me dire que j’ar­rive à te tenir re­veillé, moi toute seule, alors que l’im­mense dis­po­si­tif de la TSR t’en­dort! Wow! :-)

10)
Hervé
, le 05.11.2008 à 03:17

Tu as de la chance (ou la mal­chance) de ne pas la re­gar­der : tu se­rais déjà dans les bras de Mor­phée ! En­tendre Xa­vier Colin ex­pli­quer 4 fois en 15 mi­nutes la dif­fé­rence entre l’élec­tion de 2004 et celle de 2008 (le même texte, hein, on passe en boucle), ben ça me fout le ca­fard !

Mais, n’ayant pas le sou­tien d’une am­biance comme la tienne, je crois que je ne vais pas tar­der à me mettre au lit, d’au­tant que les ré­sul­tats tombent len­te­ment

Bon cou­rage Anne, je te suis en­core un peu mais pas très long­temps.

11)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 03:22

Va donc dor­mir, Hervé! Je suis aussi su­per­sti­tieuse que tous ceux qui m’en­tourent, et je ne peux pas te pro­mettre une vic­toire d’Obama, pour l’ins­tant, mais pour l’ins­tant il a 170 élec­teurs contre 48 à Mc­Cain.

12)
ba­ri­jaona
, le 05.11.2008 à 05:00

Les nou­velles sont plu­tôt bonnes…

13)
Oka­zou
, le 05.11.2008 à 05:55

Et c’est re­parti pour un tour !
La Star Ac’ des élec­tions US est ou­verte, venez nom­breux !

On s’at­tend à ce que la plus grande dé­mo­cra­tie du monde (!) confie, et c’est his­to­rique, sa Mai­son, blanche, à un pré­sident noir.

Can­di­dat noir ? Où ça ?

Il n’y aura pas d’hôte noir à la Mai­son blanche. Il y aura peut-être un blanc, mais cer­tai­ne­ment pas un noir. Ni un gris, d’ailleurs.

C’est cu­rieux comme on est ra­ciste, au fond, très au fond, et sans le sa­voir, avec la meilleure conscience du monde. « Ra­ciste, moi ? Ja­mais ! »

Pour­tant, lors­qu’on parle de can­di­dat noir, de pré­sident noir en évo­quant Obama, on ex­prime bien une pen­sée ra­ciste puisque, outre que la cou­leur de peau ne dif­fé­ren­cie pas plus un être hu­main que sa taille ou la cou­leur de ses che­veux, Obama n’est pas plus noir que vous et moi et sur­tout pas plus noir qu’il n’est blanc (il ne se­rait pas plus faux [pas moins non plus] d’af­fir­mer qu’Obama est blanc). Sauf à ac­cep­ter d’en­trer dans la clas­si­fi­ca­tion ra­ciste US. Né d’une mère blanche et d’un père noir, il est ce que nous ap­pe­lons un métis. En aucun cas un métis n’est noir, ni jaune ni blanc. Est mé­tisse toute per­sonne issu de l’union de deux êtres hu­mains de souches dif­fé­rentes. On peut par­ler de métis quand un en­fant naît de l’union d’un Suisse et d’une Fran­çaise, d’un Chi­nois et d’une Belge, d’un Congo­lais et d’une Ita­lienne, etc.

En­core faut-il être plus pré­cis et notre belle langue (ex­pres­sion de notre ci­vi­li­sa­tion) nous de­mande de nom­mer le fruit d’un noir et d’une blanche par le terme mu­lâtre. Obama est donc, pour nous qui sommes de culture et d’ex­pres­sion fran­çaise, un au­then­tique mu­lâtre et si Obama a épousé une noire « au­then­tique », leurs en­fants sont des câpres. Ces­sons donc de par­ler de futur pré­sident noir et re­fu­sons d’en­trer dans la lo­gique de taxo­no­mie US qui ose nous dis­tin­guer au­tre­ment que par notre pa­tro­nyme et notre ori­gine na­tio­nale. Re­fu­sons de faire par­tie de la race su­pé­rieure des « Cau­ca­siens » et ne consi­dé­rons nos sem­blables que sur des cri­tères non ra­ciaux.

Les USA sont un pays ra­ciste, c’est in­dé­niable (Obama sera sans doute élu parce que « co­lo­red » , peut-être, mais non issu d’es­clave – ra­cisme so­cial), c’est éga­le­ment un pays ul­tra-re­li­gieux et cette élec­tion met en évi­dence le culte du can­di­dat. At­tendre son héros sous la pluie pen­dant des heures donne une idée du ni­veau po­li­tique des fi­dèles illu­mi­nés par l’aura du héros. On vote pour un pré­sident que l’on consi­dère comme un demi-dieu. Rien de neuf de­puis les Grecs. Pour par­ler plus contem­po­rain le can­di­dat est le pas­teur qui en­traîne ses ouailles vers les prai­ries les plus vertes. La croyance sup­plée la pen­sée ab­sente. La dé­mo­cra­tie n’est donc qu’un mot creux dans ce pays du spec­tacle.

La dé­mo­cra­tie est éga­le­ment ab­sente des mé­dias et par­ti­cu­liè­re­ment de la presse. La belle presse amé­ri­caine, si ob­jec­tive, si exem­plaire, la même qui sou­te­nait, contre le droit in­ter­na­tio­nal (USA, état voyou qui se met­tait hors la loi), la guerre en Irak, cette presse exem­plaire se met main­te­nant à sou­te­nir un can­di­dat contre l’autre. Éthique en toc qui n’a pas l’air de cho­quer grand monde, dé­li­ques­cence oblige. Il est vrai qu’avec la bouillie qui ha­bite la plu­part des cer­veaux au­jour­d’hui le ju­ge­ment peine à s’im­po­ser. Quoi de plus cho­quant pour­tant qu’une presse qui ne s’af­fiche pas en tant que presse d’opi­nion (ça chan­ge­rait tout), qui se vou­drait juge de paix au-des­sus de tout soup­çon de parti-pris, et qui prend ou­ver­te­ment, très of­fi­ciel­le­ment parti pour un can­di­dat contre l’autre ? La presse US adopte au­jour­d’hui les mœurs de l’Hu­ma­nité en son temps. Les dé­mo­crates qui me lisent vont cer­tai­ne­ment être cho­qués de l’ap­prendre.

Autre fait ma­jeur qui nous éloigne de la dé­mo­cra­tie : la peur comme ar­gu­ment de vote.
On ne dira ja­mais assez comme la peur est mau­vaise conseillère. La peur a pour pre­mier effet fu­neste l’obli­té­ra­tion de l’es­prit. Et voilà que la moi­tié d’un peuple sou­tient Obama sur la peur de la crise et l’autre moi­tié du même peuple qui sou­tient Mc­Cain par peur d’Obama ; la peur du noir. Mais il est vrai que les deux moi­tiés se re­joignent dans la peur des flammes de l’en­fer pro­mises s’ils ne sont pas de bons croyants. La peur est le car­bu­rant de tous les fas­cismes.

Vous aurez com­pris après avoir pris connais­sance de cette ava­lanche de com­pli­ments que je trouve fran­che­ment cho­quant ces dé­ploie­ments ou­tran­ciers, dans nos contrées, de jour­na­listes sur une élec­tion étran­gère, jour­na­listes qui se mettent en ser­vice continu quand il nous suf­fit d’at­tendre les ré­sul­tats le len­de­main, loin des en­fan­tillages que l’on peut consta­ter ici et là dans le monde oc­ci­den­tal. Se lever la nuit pour faire le pied de grue pour être le pre­mier à ache­ter le pro­duit iPhone, jouet à la mode, est pué­ril. Comme pas­ser une nuit blanche pour être le pre­mier à ap­prendre qu’Obama va cas­ser la ba­raque.

Enfin, il est par­fai­te­ment illu­soire de croire (croire, c’est re­non­cer à pen­ser) que le monde va chan­ger grâce à Obama. Un pré­sident amé­ri­cain se com­porte en pré­sident amé­ri­cain et ce qui compte à ses yeux lors­qu’il re­garde le monde est le be­soin im­pé­rieux (im­pé­ria­liste) de le do­mi­ner. Au mieux la po­li­tique étran­gère d’Obama sera-t-elle un peu moins pire que celle de ses pré­dé­ces­seurs. Au mieux ! Ce se­ront les Amé­ri­cains des classes moyennes et su­pé­rieures et peut-être les noirs et autres co­lo­rés qui ti­re­ront pro­fit de l’élec­tion d’Obama. Ga­geons que les mil­liar­daires ne se plain­dront pas long­temps non plus. Mais je lui sou­haite bien du plai­sir dans un pays sens des­sus-des­sous qui est en train de perdre son lea­der­ship in­ter­na­tio­nal. Obama pré­sident dé­mo­crate (droite mo­dé­rée) d’un pays in­croya­ble­ment en­detté et d’un peuple qui devra ap­prendre à vivre au­tre­ment qu’à cré­dit. Ça va être dur, même avec le sou­tien du sénat et de la chambre des re­pré­sen­tants..

En­core Obama n’est-il pas en­core pré­sident (il ne le sera qu’en 2009), la voix des armes l’em­por­tant trop sou­vent sur les voix des élec­teurs, dans ce pays de cow-boys armés jus­qu’aux dents, ils sont fou­tus de le dé­zin­guer avant qu’il ne prête ser­ment.

Quoi qu’il en soit, at­ten­dons-nous du­rant les jours qui viennent, à as­sis­ter à des jour­naux té­lé­vi­sés ou ra­dio­pho­niques bien dé­jan­tés, bien niais, loin du réel, et à lire des dé­lires dans notre bonne presse qui doit mar­quer son al­lé­geance et sa « bien-pen­sance ». At­ten­dons que ça passe. Car ça pas­sera.

Quant à nous, il nous reste à rem­pla­cer notre tsar mais par qui ?


Un autre monde est pos­sible. Yes, we can !

14)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 06:13

Des fois, Oka­zou, tu m’énerves, même si gé­né­ra­le­ment je t’aime ten­dre­ment.

15)
Oka­zou
, le 05.11.2008 à 06:32

Moi aussi je t’aime ten­dre­ment, Anne. « Qui aime bien châ­tie bien. »

Bi­sous !

16)
Oka­zou
, le 05.11.2008 à 06:38

Pour tout dire sur cette af­faire d’élec­tion je n’ac­corde que peu d’im­por­tance à l’élec­tion du pre­mier pré­sident US non WASP. Je m’en bats les bre­loques. Là où j’at­tends le pré­sident dé­mo­crate Obama c’est sur le rè­gle­ment dé­fi­ni­tif et ra­pide du conflit is­raélo-pa­les­ti­nien. Alec6, lui, l’at­tend sur un autre ter­rain.

De deux choses l’une. Ou bien, à peine en poste, il donne un si­gnal fort (il en a le pou­voir) pour ap­por­ter LA so­lu­tion, ou bien il mi­naude comme les autres et Obama, à mes yeux et pour la po­li­tique in­ter­na­tio­nale, ne sera qu’un pré­sident US comme un autre, guère mieux qu’un vul­gaire ré­pu­bli­cain.

Les cons vont par­ler et re­par­ler de sa cou­leur de peau. C’est à ce dis­cours qu’on re­con­naî­tra la sé­vé­rité de leur conne­rie.

17)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 06:44

« Qui aime bien châ­tie bien. »

Comme af­fir­ma­tion réac, ça bat tout. Mais s’il te plaît Oka­zou, ne po­lé­mi­quons pas, je rentre prendre une douche et dor­mir deux heures. Quelle belle nuit j’ai pas­sée!

18)
Oka­zou
, le 05.11.2008 à 06:49

Que la « nuit » te soit douce.

19)
Crunch Crunch
, le 05.11.2008 à 06:52

Merci, M Obama :-) Merci pour ce mes­sage d’es­poir :-)

20)
Oka­zou
, le 05.11.2008 à 07:00

Un autre point im­por­tant pour cette élec­tion : la re­va­lo­ri­sa­tion du vote dé­mo­cra­tique. Les Amé­ri­cains qui ont voté pour la pre­mière fois se rendent compte que voter n’est pas né­ces­sai­re­ment du flan.

Reste à Obama à ne pas les dé­ce­voir.

Ah oui, la bourse va re­com­men­cer à flam­ber. In­cor­ri­gibles, ces ac­cros au jeu…

21)
Sa­luki
, le 05.11.2008 à 07:05

Oka­zou, c’est vrai que nous at­ten­dons des actes po­si­tifs, plu­tôt que des images d’Epi­nal, mais de grâce ne jettes pas le jeune bébé avec l’eau du bain. Euh, du Cain…

22)
Fran­çois Cuneo
, le 05.11.2008 à 07:17

Bon.

Oka­zou a peut-être rai­son sur le fond.

Cela dit, je me ré­veille avec un sou­la­ge­ment pro­fond, même si je sais que le nou­veau pré­sident va cer­tai­ne­ment mi­nau­der (pour re­prendre une ex­pres­sion Oka­zouienne) sur des points im­por­tants.

Je sais que c’est du ra­cisme à l’en­vers, ou en tout cas une ma­nière de mettre l’ac­cent sur la race, mais je suis tout de même très fier des Amé­ri­cains cette fois, qui ont placé à la tête de leur pays un métis.

Je ne suis pas très sûr qu’on ait fait pa­reil dans nos contrées.

Au­tant j’ai été dé­mo­ra­lisé d’ap­prendre l’élec­tion de Bush il y a huit ans, et en­core plus sa ré­élec­tion il y a 4 ans, au­tant je suis fon­da­men­ta­le­ment et cer­tai­ne­ment un peu bê­te­ment heu­reux au­jour­d’hui.

Ou­ver­ture il y aura.

Amé­lio­ra­tion aussi. A tous points de vue.

J’en suis per­suadé.

Et ça Oka­zou, mal­gré toutes tes ré­serves, ça de­vrait tout de même te faire plai­sir.

Au fait… pas en­core eu le temps de suivre la presse ce matin.

Je n’ai lu que ce que tu as écrit Anne.

Merci pour cette belle nuit.

23)
Théo­dore Bes­son
, le 05.11.2008 à 07:31

Il a cassé la ba­raque!

Il a la ba­raka!

Vive Ba­rack Obama!

Y a vrai­ment tou­jours que les amer­loques pour re­tour­ner pa­reille­ment leur veste par rap­port à Bush: YES!

Main­te­nant, on risque d’être déçu (for­cé­ment), mais pas trop j’es­père…

24)
ysen­grain
, le 05.11.2008 à 08:26

En 1947, un des in­nom­brables ré­vé­rends amé­ri­cains trans­forme une gos­pel song au goût du jour: “We shall over­come one day”. C’est une “pro­test song”. Elle sera in­ter­pré­tée par plu­sieurs chan­teurs, jus­qu’en 1963 où Joan Baez lui fait faire le tout de la Terre dans le mou­ve­ment pro­tes­ta­taire lié à la marche sur Wa­shing­ton or­ga­ni­sée par Mar­tin Lu­ther King.

Au­jour­d’hui, Obama a mis ce mes­sage en réa­lité.

25)
alec6
, le 05.11.2008 à 08:29

JUST A LIT­TLE HOPE IN OUR BLOODY WORLD!

Ce se­rait con de s’en pri­ver, non ?

26)
Argos
, le 05.11.2008 à 08:36

Il est quelques re­marques d’Oka­zou, comme celle sur la presse amé­ri­caine com­pa­rée à l’Hu­ma­nité qui pour­raient aussi être pro­non­cés par un re­pré­sen­tant de l’ex­trême-droite. Bien sûr que le fait qu’Obama soit noir est im­por­tant. Il y a vingt ans en­core, une telle élec­tion au­rait été in­con­ce­vable. Allez, on va en­core don­ner dans la pa­ra­doxe: C’est Bush, en nom­mant d’abord Colin Po­well, puis Condo­lezza Rice à des postes im­por­tants et en ha­bi­tuant ses conci­toyens à les voir re­pré­sen­ter le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain, qui a contri­bué à l’élec­tion d’Obama. Et ses conne­ries pen­dant huit ans, qui ren­daient un chan­ge­ment in­dis­pen­sable, ont fait le reste.

Je ne crois pas aux hommes pro­vi­den­tiels, ils rem­plissent ra­re­ment les at­tentes de ceux qui les ont choi­sis, mais Obama re­pré­sente une bouf­fée d’air frais dans un contexte nau­séa­bond. Pourra-t-il faire quelque chose au Proche-Orient? J’ai des doutes, la so­lu­tion de deux Etats, pa­les­ti­nien et is­raé­lien, sem­blant au­jour­d’hui illu­soire. S’il trou­vait une voie nou­velle, rien que pour cela, il en­tre­rait dans l’his­toire.

27)
jclau­ney
, le 05.11.2008 à 08:58

Oka­zou, Bravo, enfin quel­qu’un de lu­cide

28)
don­mar­lon
, le 05.11.2008 à 08:59

Bravo Anne et toutes mes fé­li­ci­ta­tions de la part d’un jour­na­liste d’agence. Au-delà de toutes les cri­tiques que les USA peuvent sus­ci­ter, il ne faut ja­mais ou­blier leurs qua­li­tés. De la sé­gré­ga­tion en­core en vi­gueur dans les an­nées 50 à un pré­sident noir élu à peine un demi-siècle plus tard, que de che­min par­couru!

29)
Ca­plan
, le 05.11.2008 à 09:10

Je le sa­vais!

Merci Anne pour ce fa­meux re­por­tage!

Et bravo et merci à tous ces vo­lon­taires amé­ri­cains qui ont œuvré sans re­lâche pour ar­ri­ver à ce ma­gni­fique ré­sul­tat.

Mil­sa­bor!

30)
gbuma
, le 05.11.2008 à 09:12

Oka­zou, ton dis­cours est ab­surde. Si on passe tout notre temps à sa­luer la noir­ceur de la peau d’Obama, si on ne salue que ça, oui, tu as rai­son. Sauf que si tu avais suivi les pré­si­den­tielles (ce que tu n’as pas fait puisque tu t’en bats les couilles), tu au­rais re­mar­qué que la peau n’a pas du tout été un thème do­mi­nant.

Ce qui a do­miné c’est son calme, son in­tel­li­gence, sa fougue. Et ça, c’est des qua­li­tés qui lui sont propres.

Si on salue quand même la venue d’un métis à la tête des US, c’est parce que c’est his­to­rique. Même si tu pré­fère igno­rer les pro­blèmes qui te grattent l’hu­ma­nisme là où ça fait mal, tu ne peux pas juger de ma­nière aussi sim­pliste les dis­cours sur cette étape his­to­rique. Oui, il y a des gens pour qui la cou­leur de peau est tout. Il y en a beau­coup aux US, il y en a par­tout. Il y a aussi ceux qui su­bissent ce re­gard faussé. Un pré­sident de cou­leur c’est une claque pour les pre­miers et un mo­dèle pour les se­conds.

31)
To­TheEnd
, le 05.11.2008 à 09:38

Bon, je dois avouer qu’il y a 6 mois en­core, je n’y croyais pas trop. Des ri­cains qui vo­te­raient pour une femme ou un noir, ça me sem­blait in­con­ce­vable et j’en vou­lais à ces Dé­mo­crates d’avoir es­sayé ce che­min.

Et puis la crise est ar­ri­vée et je pense qu’elle a beau­coup aidé Obama car dans la tête des ri­cains, voter Mc­Cain c’était re­con­duire les ma­caques qui les ont mené au dé­sastre.

Bref, très content que notre ca­ma­rade Obama soit passé.

Main­te­nant, l’autre et sa clique ont eu 8 ans pour mettre un bronx pas pos­sible chez eux et dans le monde… ça va être dif­fi­cile de ré­ta­blir ça en 4 ans… pour ne pas dire im­pos­sible (j’es­père me trom­per).

Par consé­quent, es­pé­rons que dans 4 ans, les ri­cains ne votent pas autre chose “pour chan­ger”…

T

32)
jd­muys
, le 05.11.2008 à 09:51

Oka­zou,

Ta langue est four­chue, à en juger par l’heure à la­quelle tu as posté ta dia­tribe désa­bu­sée… ;-)

33)
Jé­ré­mie
, le 05.11.2008 à 10:03

J’ai perdu le compte des points God­win d’Oka­zou… quel­qu’un a suivi? Vous croyez qu’il es­saie de battre un re­cord?

34)
alec6
, le 05.11.2008 à 10:19

Ton ana­lyse est en effet lu­cide cher Oka­zou que cela fasse plai­sir ou non.

Jus­qu’en fé­vrier, la ca­pa­cité de nui­sance de Bush n’est pas en­ta­mée pour au­tant, en Israël l’aile dure du Li­koud veut tou­jours en dé­coudre avec les ira­niens et les fau­cons ré­pu­bli­cains leur prê­te­ront main forte si né­ces­saire. Le spectre de la “Di­rec­tive 51” est en­core là…

Après… on verra ! Même si cela est ir­ra­tion­nel, il de­meure un peu d’es­poir d’avoir évité le pire.

Quoi qu’il en soit, l’em­pire éta­su­nien som­brera qu’on le veuille ou non, plus ou moins ra­pi­de­ment selon les cir­cons­tances et leurs di­ri­geants, mais s’ef­fon­drera tout de même car bâti sur le sys­tème ab­surde du “tou­jours plus”. La réa­lité phy­sique est têtue !

35)
cro­cro
, le 05.11.2008 à 10:28

J’in­ter­viewe Sarah, afro-amé­ri­caine:

Le po­li­ti­que­ment cor­rect made in USA…

Cailt­lin Kraft Buch­man, elle, n’est pas qua­li­fiée de cau­casso-amé­ri­caine, ou de whasp… Ef­fec­ti­ve­ment elle est plus dans la norme de l’amé­ri­caine “nor­male”: blanche, sou­riante, mince, bron­zée, au ser­vice de la com­mu­nauté, ai­mable et ac­cueillante :-)

Même en vou­lant ne pas frois­ser leurs mi­no­ri­tés les ri­cains se montrent ra­cistes, puis­qu’ils dif­fé­ren­cient les groupes eth­niques selon la cou­leur de leur peau. Et beau­coup de jour­na­listes re­prennent sans y pen­ser ce dis­cours lé­ni­fiant. Obama est un métis, un nègre même pour tous ceux qui ont re­fusé de voter pour lui à cause de sa cou­leur de peau. Et pour­tant dans ses dis­cours il dé­cla­rait qu’il n’y avait pas d’amé­rique noire et d’amé­rique blanche, mais des états unis d’Amé­rique. Ecou­tons le, ap­pli­quons ses prin­cipes et ces­sons de re­pro­duire ici les tra­vers de cette dé­mo­cra­tie.

36)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 10:46

J’in­ter­viewe Sarah, afro-amé­ri­caine:

Le po­li­ti­que­ment cor­rect made in USA…

Cailt­lin Kraft Buch­man, elle, n’est pas qua­li­fiée de cau­casso-amé­ri­caine

Tu me cherches les poux, je di­rais.

Donc, cette dame vou­lait bien me par­ler, ne vou­lait pas être nom­mée, pas pho­to­gra­phiée, mais vou­lait que tout le monde sache qu’elle était noire. Cait­lin, elle, s’est lais­sée pho­to­gra­phier – plus be­soin de rien dire.

Qu’est-ce que cherches à prou­ver par là? Que je suis ra­ciste? Afro-amé­ri­cain est un terme cou­rant, uti­lisé par toutes les races.

37)
Roger Bau­det
, le 05.11.2008 à 11:02

Allez, jute une ques­tion pour la route, posée par un gogol en po­li­tique : moi !

En­tendu cette phrase dite par un po­li­to­logue, hier soir, à la télé :

“Lorsque on ana­lyse les pro­jets po­li­tiques de Mac Cain et de Obama, il est par­fois dif­fi­cile de trou­ver de vraies dif­fé­rences !”

Cela ne vous in­quiète pas, vous ?

38)
Hervé
, le 05.11.2008 à 11:09

Anne ! Déjà de­bout après cette nuit his­to­rique :-))

Si tu sa­vais comme je suis heu­reux de m’être trompé et j’au­rais voulu t’ac­com­pa­gner toute cette nuit, mais …pas pu ! Dé­solé.

Sur le plan des prin­cipes, Oka­zou n’a pas tout à fait tort. Mais il n’a pas tout à fait rai­son non plus. La so­ciété amé­ri­caine est EN­CORE une so­ciété lar­ge­ment ra­ciste. Le sud pro­fond a tou­jours ses quar­tiers noirs et blancs et même dans Des­pe­rate Hou­se­wives (j’ai de la culture, hein !) l’ar­ri­vée d’une fa­mille noire dans un quar­tier blanc fait bais­ser les va­leurs im­mo­bi­lières d’un bon tiers ! Un moyen pour lut­ter contre les sub­primes ! Donc l’élec­tion d’un “co­lo­red” à la Mai­son Blanche est un tsu­nami cultu­rel pour beau­coup d’Amé­ri­cains.

Dans le même ordre d’idées et à une échelle in­fi­ni­ment plus ré­duite, rap­pe­lons-nous les com­men­taires lors de l’élec­tion du pre­mier noir comme pré­fet fri­bour­geois !

39)
levri
, le 05.11.2008 à 11:52

@ 13- Oka­zou : Toutes ces ré­flexions, je me les suis faîtes aussi, mais parmi nombre d’autres, et elles ne sont pas de­ve­nues ma conclu­sion. Penses tu réel­le­ment ce que tu dis ou est ce de la pro­voc ? Il faut sa­voir cher­cher la lu­ci­dité, mais ça ne veut pas dire mettre des œillères pour ne voir qu’une faible par­tie de la réa­lité.

Je suis assez étonné par cer­tains com­men­taires po­li­ti­que­ment cor­rects et vou­lant nier la no­tion de cou­leur par peur du ra­cisme. On peut ac­cep­ter les dif­fé­rentes cou­leurs de peaux, sans pour au­tant en faire un cri­tère né­ga­tif (ou po­si­tif), la cou­leur de peau, de poil, la taille etc sont tout sim­ple­ment des cri­tères des­crip­tifs, pour­quoi pour­rais je par­ler d’un beau roux (ou d’une belle rousse) sans pro­blème, et me faire re­gar­der de tra­vers si je dis de quel­qu’un qu’il est noir (ou afro-amé­ri­cain) dans ma des­crip­tion ?

@ Annne : merci pour ce re­por­tage “à chaud”, bonne idée d’avoir pris Dylan comme ci­cé­rone en début de soi­rée, dom­mage de l’avoir aban­donné en cours de route.

J’at­tend les pro­chaines élec­tions, peut-être au­rons nous la sur­prise d’avoir un can­di­dat femme de cou­leur, athée mi­li­tant et ho­mo­sexuel ? :P

40)
cro­cro
, le 05.11.2008 à 11:57

mais vou­lait que tout le monde sache qu’elle était noire

Ben voilà il suf­fi­sait de le dire aussi “clai­re­ment” :-)

Au fait merci pour la nuit blanche…

Je n’ai pas la pré­ten­tion de te trai­ter de ra­ciste, je sou­ligne sim­ple­ment un tra­vers éner­vant du po­li­ti­que­ment cor­rect. Qu’à mon avis nous ne de­vrions pas em­prun­ter.

Les termes noirs, juifs ou arabes ne sont pas des in­sultes, tout au moins pour moi, pour­quoi ne pas les em­ployer ré­gu­liè­re­ment ? Bien sur Mac Cain a fait une grosse bou­lette lors­qu’il a dé­fendu Obama contre une de ses par­ti­sanes en lui ré­pon­dant que le sé­na­teur de l’Illi­nois n’était pas arabe, mais qu’il était un bon père de fa­mille… Ce qui sous en­tend que les arabes ne le se­raient pas !

La so­ciété amé­ri­caine est ra­ciste, même et sur­tout, lors­qu’elle pré­tend lut­ter contre le ra­cisme.

On est tou­jours le juif de quel­qu’un.

41)
In­connu
, le 05.11.2008 à 12:42

Bon ar­ticle qui a réussi à m’in­té­res­ser bien que je sois écœuré par la marée mé­dia­tique sur le sujet !
Cette élec­tion est por­teuse d’es­poir, elle prouve que même les État­su­niens peuvent évo­luer : que de che­min par­couru de­puis Rosa Parks.
En même temps il ne faut pas s’en­thou­sias­mer outre me­sure, comme le rap­pelle Chom­sky : “Les États-Unis sont un état à parti unique, le parti des af­faires, qui com­prend deux ten­dances, les dé­mo­crates et les ré­pu­bli­cains”.

42)
Bi­galo
, le 05.11.2008 à 13:06

Une fois de plus, Oka­zou me fait bon­dir. Il re­pré­sente à lui tout seul la quasi to­ta­lité ce que l’on peut trou­ver de né­ga­tif sur Cuk.

Vi­si­ble­ment, il n’a rien com­pris au ra­cisme et au far­deau que cela re­pré­sente pour ceux qui le su­bissent.

Pour ceux qui me trou­ve­raient un peu vi­ru­lent dans mon in­ter­ven­tion, je me sens par­ti­cu­liè­re­ment concerné : né à Paris d’un père an­tillais et d’une mère blanche, je suis mé­tissé.

Tou­te­fois, cela ne me vien­drait pas à l’idée de me dé­fi­nir comme métis. Je suis Noir.

Et ce n’est pas une si­tua­tion ra­ciale, mais so­ciale. Sur le plan bio­lo­gique, la clas­si­fi­ca­tion en races n’a aucun sens : les Noirs ont es­sen­tiel­le­ment plus de mé­la­nine que les autres. La mé­la­nine, c’est ce même pi­ment qui se dé­ve­loppe lorsque quel­qu’un bronze. Il ne vien­drait à l’idée de per­sonne ou presque de pré­tendre que les ca­pa­ci­tés in­tel­lec­tuelles d’un Eu­ro­péen qui rentre bronzé de va­cances à la neige ou sous les tro­piques ont été mo­di­fiées, et ne re­vien­dront à la « nor­male » qu’une fois le bron­zage dis­paru.

Pour­tant les Noirs ont été consi­dé­rés pen­dant des siècles comme in­fé­rieurs par na­ture. Voici une ci­ta­tion de Vol­taire : « Je vois des singes, des élé­phants, des nègres, qui semblent tous avoir quelque lueur d’une rai­son im­par­faite » (Traité de Mé­ta­phy­sique)

Pour une vic­time po­ten­tielle, la dif­fé­rence entre le ra­cisme et la xé­no­pho­bie ou l’an­ti­sé­mi­tisme est l’ex­po­si­tion per­ma­nente au pro­blème subi : un Juif ou un étran­ger peuvent se dé­pla­cer à Paris, Londres ou Ge­nève et croi­ser des in­di­vi­dus an­ti­sé­mites et/ou xé­no­phobes. Le plus sou­vent, ces der­niers ne se ren­dront même pas compte qu’ils viennent de croi­ser un Juif ou un étran­ger. Quand on est Noir, cette in­for­ma­tion est dis­po­nible 24 heures sur 24 pour les agres­seurs po­ten­tiels que l’on croise.

Fils de mè­de­cins, je suis issu d’un mi­lieu fa­vo­risé, et j’ai fait des études : di­plômé d’ex­per­tise-comp­table, j’ai changé de mé­tier il y a une ving­taine d’an­nées, et je fais du dé­ve­lop­pe­ment in­for­ma­tique, car c’est in­tel­lec­tuel­le­ment bien plus sti­mu­lant que la compta. Cette si­tua­tion ne m’a nul­le­ment em­pê­ché de souf­frir du ra­cisme pen­dant des an­nées.

Heu­reu­se­ment avec l’âge, (à par­tir de 30 ou 35 ans peut-être), on re­la­ti­vise, et lors­qu’on est confronté à quel­qu’un de ra­ciste, tant qu’il n’y a pas d’agres­sion autre que ver­bale, on ap­prend à se dire “ C’est un con, c’est son pro­blème, tu n’as pas à te sen­tir tou­ché ”.

Je suis né en 1955, et quand j’étais ado­les­cent ou jeune adulte, Paris était bien moins cos­mo­po­lite que main­te­nant. A 18 ou 20 ans, si j’at­ten­dais un bus vers mi­nuit, pour ren­trer chez moi, j’avais à chaque fois la crainte que le conduc­teur ne s’ar­rête pas en voyant que j’étais Noir. Le ra­cisme était quelque chose que j’avais pré­sent à l’es­prit pra­ti­que­ment en per­ma­nence. Quand j’ache­tais « le Monde », je com­men­çais par re­gar­der s’il y avait des ar­ticles sur l’Afrique du Sud ou la Rho­dé­sie.

En 1982, j’ai passé 15 jours de va­cances chez des amis ita­liens à Li­bre­ville au Gabon. Je me suis rendu compte que sur place, pour les Afri­cains, j’étais consi­déré comme un Blanc. Je n’étais même pas ca­pable de dire à quelle eth­nie j’ap­par­te­nais.

J’ai tra­vaillé près d’un an en 1994 au ser­vice in­for­ma­tique de Libé. Parmi les membres de l’équipe, il y avait 2 Congo­lais. Il y a tou­jours eu entre nous une cer­taine com­pli­cité, car même si cela n’a ja­mais été ex­primé, nous par­ta­gions tous les 3 quelque chose, l’ap­par­te­nance à une même mi­no­rité. Cela ne se se­rait pas pro­duit si nous nous étions ren­con­trés en Afrique.

Ce n’est pas la bio­lo­gie qui nous fait Noirs, mais le re­gard des autres !

Pour­tant, lors­qu’on parle de can­di­dat noir, de pré­sident noir en évo­quant Obama, on ex­prime bien une pen­sée ra­ciste puisque, outre que la cou­leur de peau ne dif­fé­ren­cie pas plus un être hu­main que sa taille ou la cou­leur de ses che­veux, Obama n’est pas plus noir que vous et moi et sur­tout pas plus noir qu’il n’est blanc (il ne se­rait pas plus faux [pas moins non plus] d’af­fir­mer qu’Obama est blanc). Sauf à ac­cep­ter d’en­trer dans la clas­si­fi­ca­tion ra­ciste US. Né d’une mère blanche et d’un père noir, il est ce que nous ap­pe­lons un métis. En aucun cas un métis n’est noir, ni jaune ni blanc. Est mé­tisse toute per­sonne issu de l’union de deux êtres hu­mains de souches dif­fé­rentes. On peut par­ler de métis quand un en­fant naît de l’union d’un Suisse et d’une Fran­çaise, d’un Chi­nois et d’une Belge, d’un Congo­lais et d’une Ita­lienne, etc.

En­core faut-il être plus pré­cis et notre belle langue (ex­pres­sion de notre ci­vi­li­sa­tion) nous de­mande de nom­mer le fruit d’un noir et d’une blanche par le terme mu­lâtre. Obama est donc, pour nous qui sommes de culture et d’ex­pres­sion fran­çaise, un au­then­tique mu­lâtre et si Obama a épousé une noire « au­then­tique », leurs en­fants sont des câpres. Ces­sons donc de par­ler de futur pré­sident noir et re­fu­sons d’en­trer dans la lo­gique de taxo­no­mie US qui ose nous dis­tin­guer au­tre­ment que par notre pa­tro­nyme et notre ori­gine na­tio­nale. Re­fu­sons de faire par­tie de la race su­pé­rieure des « Cau­ca­siens » et ne consi­dé­rons nos sem­blables que sur des cri­tères non ra­ciaux.

J’ai tou­jours consi­déré Oka­zou comme un abruti dan­ge­reux. Je ne sais pas si c’est un im­bé­cile ou s’il pra­tique la mau­vaise foi avec une vir­tuo­sité ex­cep­tion­nelle, mais ce n’est pas au­jour­d’hui que mon opi­nion sur lui va s’amé­lio­rer !

Le ra­cisme est une pire plaies de l’hu­ma­nité. Dis­ser­ter sur le vo­ca­bu­laire à em­ployer pour dé­si­gner tel ou tel in­di­vidu est com­plè­te­ment à côté de la plaque. En Mar­ti­nique, on dé­signe par « Cha­bin » mon type phy­sique. Cela peut avoir un in­té­rêt en mi­lieu an­tillais, mais à Paris, je ne suis ni cha­bin, ni mu­lâtre, ni quar­te­ron, ni oc­ta­von, je suis Noir, point.

Obama se dé­fi­nit lui-même comme Noir et non comme métis. C’est par­fai­te­ment lo­gique dans un pays où his­to­ri­que­ment, les re­la­tions ra­ciales ont tou­jours été ten­dues. Même si la si­tua­tion s’est gran­de­ment amé­lio­rée de­puis quelques dé­cen­nies, il y a en­core des mil­lions de gens qui ne vo­te­raient ja­mais pour un Noir. Parmi les ra­cistes, il en est de purs (sans jeu de mot) et durs, comme les néo­na­zis. Mais il y a bien plus de gens à l’in­tel­li­gence moyenne, qui le sont par mi­mé­tisme, parce que c’est la norme dans leur mi­lieu ou leur fa­mille. Parmi ces der­niers, ou plus pro­ba­ble­ment parmi leurs en­fants, l’élec­tion d’Obama pourra peut-être faire évo­luer le sys­tème de ré­fé­rence : un Noir n’est pas for­cé­ment un in­di­vidu peu édu­qué, qui vend de la drogue, et fait des en­fants, dont il ne s’oc­cupe pas.

Sur le plan in­ter­na­tio­nal éga­le­ment, l’élec­tion d’Obama est fon­da­men­tale. Ces der­nières an­nées, l’image des États-Unis s’est for­te­ment dé­gra­dée dans le monde. Dans beau­coup de Pays, ils sont per­çus comme agres­sifs et bar­bares. L’élec­tion d’un Noir ne peut qu’amé­lio­rer les choses.

Ci­ta­tion de Anne Cuneo

J’in­ter­viewe Sarah, afro-amé­ri­caine:

Le po­li­ti­que­ment cor­rect made in USA…Cailt­lin Kraft Buch­man, elle, n’est pas qua­li­fiée de cau­casso-amé­ri­caine, ou de whasp… Ef­fec­ti­ve­ment elle est plus dans la norme de l’amé­ri­caine “nor­male”: blanche, sou­riante, mince, bron­zée, au ser­vice de la com­mu­nauté, ai­mable et ac­cueillante :-)

C’est com­plè­te­ment aber­rant comme ré­ac­tion : la pré­ci­sion « Sarah, afro-amé­ri­caine » per­met de pré­ci­ser qu’il s’agit de quel­qu’un ap­par­te­nant à une mi­no­rité ra­ciale dans un pays où le ra­cisme a été la règle pen­dant des siècles (de l’es­cla­vage jus­qu’à la lutte pour les droits ci­viques des an­nées 60. Même si le ra­cisme a dis­paru au ni­veau ins­ti­tu­tion­nel, à titre in­di­vi­duel il est en­core très pré­sent et pas seule­ment aux États-Unis.

« Sarah, afro-amé­ri­caine » est l’équi­valent de « elle-même joueuse de ten­nis » dans un ar­ticle consa­cré à ce sport.

Pour conclure, je pense que dans l’his­toire ré­cente, le seul évé­ne­ne­ment com­pa­rable à l’élec­tion d’Obama en terme de sym­bole et de por­tée a été celle de Man­dela.

43)
cro­cro
, le 05.11.2008 à 13:35

C’est com­plè­te­ment aber­rant comme ré­ac­tion

Non mal com­prise: je ne sup­porte pas le fait de clas­ser les in­di­vi­dus en fonc­tion de leur cou­leur de peau ou de leur sup­po­sée ori­gine eth­nique pas­sée, d’au­tant que cette clas­si­fi­ca­tion ne concerne que les mi­no­ri­tés op­pri­mées.

Per­sonne ne parle de cau­caso-amé­ri­cain pour John Mac Cain.

Aucun autre in­ter­ve­nant dont la photo ne fi­gure pas dans l’ar­ticle d’Anne Cunéo n’est dé­fini par ce cri­tère… Je sup­pose que les sé­na­trices Hagen et Dole sont whasp, puis­qu’il n’est pas pré­cisé leur ap­par­te­nance à une mi­no­rité au­tre­fois op­pri­mée :-)

Alors soit on ne cite ja­mais ce point pour dé­fi­nir un amé­ri­cain, soit on le fait sys­té­ma­ti­que­ment et cela va de­ve­nir trés vite in­sup­por­table. Cette clas­si­fi­ca­tion est stu­pide, l’im­mense ma­jo­rité des noirs n’a aucun lien avec l’Afrique, ils sont tous nés sur le sol amé­ri­cain. Sauf celui qu’ils ont choisi hier soir et qui n’uti­lise que fort ra­re­ment ce genre de rhé­to­rique…

Comme l’a lui même dé­claré le Pré­sident élu; il n’y a pas d’amé­rique blanche et d’amé­rique noire, il y a des états unis d’amé­rique.

Ne soyons pas pplus roya­listes que le roi, une nou­velle ère com­mence, es­sayons de perdre ra­pi­de­ment cette sale ha­bi­tude.

44)
Tar­to­pom
, le 05.11.2008 à 13:44

Bi­galo, merci.

45)
Bi­galo
, le 05.11.2008 à 13:54

De mon point de vue, pré­ci­ser que Sarah était Noire si­gni­fie sim­ple­ment qu’elle est di­rec­te­ment concer­née par le pro­blème du ra­cisme.

Cela fait plu­sieurs an­nées que j’in­ter­viens ir­ré­gu­liè­re­ment ici. J’en suis à plus de 150 com­men­taires. C’est la pre­mière fois que je pré­cise que je suis Noir, car cela n’avait aucun in­té­rêt les fois pré­cé­dentes.

Mais si on parle de ra­cisme, pré­ci­ser dire que je suis Noir re­vient à in­di­quer aux lec­teurs que je suis di­rec­te­ment concerné et plus sen­sible au sujet que la ma­jo­rité des in­ter­ve­nants ici.

C’est pa­reil pour Sarah. Pré­ci­ser qu’elle était Noire me semble né­ces­saire. Ne pas le faire au­rait été comme dans un ar­ticle consa­cré au dia­bète, citer un ma­lade au­quel on de­mande ce qu’il pense de la dé­cou­verte d’un nou­veau mé­di­ca­ment par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­cace, sans pré­ci­ser dans l’ar­ticle que la per­sonne in­ter­ro­gée est dia­bé­tique !

46)
CHD
, le 05.11.2008 à 13:55

En plus d’être métis, Ba­rack Obama est sur­tout issu de l’im­mi­gra­tion puisque c’est un deuxième gé­né­ra­tion comme vous di­riez en Suisse, exac­te­ment comme un cer­tain Ni­co­las Sarközy de Nagy-Bocsa qui est au­jour­d’hui co­prince d’An­dorre et pré­sident de la Ré­pu­blique Fran­çaise (même si à l’étran­ger il est sur­tout connu comme étant “le mari de Carla”). Comme quoi les temps changent.

Ca m’au­rait peiné pour Ar­nold que Sarah puisse de­ve­nir vice pré­si­dente (et pos­si­ble­ment pré­si­dente en cas de re­chute de John). Cela au­rait voulu dire que les di­plômes ne veulent plus rien dire: pre­mière dau­phine de Miss Alaska ce n’est rien en com­pa­rai­son de Mis­ter Uni­verse ;-)

47)
Sa­luki
, le 05.11.2008 à 13:55

Mi­chel, merci de cette re­mise à l’heure des pen­dules un peu to­quées.

J’ai pris le parti de zap­per les in­ter­ven­tions longues de l’Agent O. Quand elles font quelques lignes elles peuvent avoir un in­té­rêt, mais ici, il a abusé de la mo­quette.

Pour ce qui est de connaître ton taux de mé­la­nine, je ne m’en étais pas pré­oc­cupé lors de notre pre­mière ren­contre à la pré­sen­ta­tion d’Aper­ture: sim­ple­ment, je n’en ai rien à f…aire.

48)
gbuma
, le 05.11.2008 à 14:10

Merci Bi­galo pour cette mise au point.

cro­cro, je ne pense pas que ta ci­ta­tion ait été mal com­prise. On ne peut pas éva­cuer la ques­tion ra­ciale comme tu le sou­haites. Elle fait par­tie de l’his­toire des gens, de leurs souf­frances. Dans le context de l’ar­ticle d’Anne, dire “afro-amé­ri­caine”, c’est re­con­naître ces dif­fi­cul­tés. Dans un autre context, ça peut ser­vir à dis­cri­mi­ner en ou­vrant la porte à toutes sortes de pré­ju­gés ra­ciaux et là il faut ré­agir, mais pas ici.

49)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 14:12

J’in­ter­viewe Sarah, afro-amé­ri­caine:

“Ce que cette élec­tion si­gni­fie pour moi? Cela si­gni­fie que je suis un être hu­main à part en­tière, cela si­gni­fie que tous les hommes du monde sont égaux, réel­le­ment égaux. Voyez-vous, Obama ne sera pro­ba­ble­ment pas un pré­sident par­fait. Mais il a osé, et il a réussi. Et ce sym­bole-là, quelle que soit sa pré­si­dence, il res­tera.”

Non mal com­prise: je ne sup­porte pas le fait de clas­ser les in­di­vi­dus en fonc­tion de leur cou­leur de peau ou de leur sup­po­sée ori­gine eth­nique pas­sée, d’au­tant que cette clas­si­fi­ca­tion ne concerne que les mi­no­ri­tés op­pri­mées.

Mais enfin, cro­cro, tu ne vois pas que le fait qu’elle soit noire change tout à son pro­pos? Et que afro-amé­ri­cain est un terme gé­né­ra­le­ment uti­lisé et ac­cepté dans une grande par­tie du monde? Bi­galo t’a par­fai­te­ment ex­pli­qué – et tu re­mets ça avec le clas­se­ment des gens etc. J’ajou­te­rai en marge que ces “mi­no­ri­tés op­pri­mées” (d’une ma­nière ou d’une autre) sont en fait la ma­jo­rité de l’hu­ma­nité, et que je pour­rais te faire la bringue au sujet de l’uti­li­sa­tion du mot mi­no­rité.

50)
Fran­çois Cuneo
, le 05.11.2008 à 14:13

Mo­dé­rer ou pas les in­ter­ven­tions?

Là non. Il y a des mots durs certes.

Un “abruti” de trop cer­tai­ne­ment.

Mis à part ce mot en par­ti­cu­lier, j’ap­pré­cie énor­mé­ment ton in­ter­ven­tion Bi­galo.

Même si, comme je l’ai dit au début, ce que dit Oka­zou sur la presse me semble tout à fait juste. Pour le reste, nous sommes d’ac­cord.

51)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 14:17

bonne idée d’avoir pris Dylan comme ci­cé­rone en début de soi­rée, dom­mage de l’avoir aban­donné en cours de route

Mea culpa! C’est lui qui m’a aban­don­née vers 2 ou 3 heures, je ne sais plus: il n’a que 11 ans, après tout, il a dû aller se cou­cher, et j’ai ou­blié de le si­gna­ler. Quel gosse! Il connaît les moindre dé­tails de cette élec­tion, il est par­fai­te­ment bi­lingue, il lit chaque jour je ne sais com­bien de jour­naux, suisses et amé­ri­cains. Plus sympa, et super bien élevé (du moins avec moi) – un vrai petit gent­le­man po­li­ti­cien.

52)
bord­champ
, le 05.11.2008 à 14:22

Je n’in­ter­viens que très peu dans les com­men­taires de ce site. Qu’il me soit per­mis de dire sim­ple­ment que j’abonde à 100 % dans le sens de Bi­galo. Au­tant en ce qui concerne son ana­lyse que le ju­ge­ment qu’il porte sur cer­tains com­men­ta­teurs.

Merci, Bi­galo pour cette mise au point.

53)
levri
, le 05.11.2008 à 14:34

Belle ti­rade Bi­galo, mais ne tape pas sur l’Oka­zou, ses po­si­tions sont sou­vent tel­le­ment tran­chées et par­tiales qu’elles en de­viennent in­té­res­santes, il ap­porte à cuk sa dif­fé­rence, et rien que ça c’est po­si­tif, on a quand même un peu ten­dance à être un peu trop consen­suel par mo­ment. Oka­zou je l’aime bien.

@ cro­cro : je suis d’ac­cord avec Bi­galo, l’ex­pres­sion d’Anne était ap­pro­priée dans le contexte.

@ Anne : Je me dou­tais un peu qu’il au­rait des pro­blèmes pour tenir la soi­rée, les en­fants sont sou­vent “bien éle­vés”… avec les per­sonnes qui les res­pectent, et cer­tains sont réel­le­ment d’in­té­res­santes per­sonnes aux rai­son­ne­ments ori­gi­naux, par contre l’ex­pres­sion “petit gent­le­man po­li­ti­cien” me fait craindre l’ac­cep­ta­tion pro­chaine du moule confor­miste adulte.

J’écoute White Boy (Trans­cau­ca­sain Air­ma­chine Blues) de Kant­ner, Slick & Frei­berg sur l’al­bum Baron Von Toll­booth & The Chrome Nun

54)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 14:50

l’ex­pres­sion “petit gent­le­man po­li­ti­cien” me fait craindre l’ac­cep­ta­tion pro­chaine du moule confor­miste adulte

Dans ce cas, ce n’est pas la bonne ma­nière de le dé­crire: je suis per­sua­dée qu’il res­tera quel­qu’un d’aussi ori­gi­nal qu’il est main­te­nant. Il étonne même ses pa­rents qui, d’après ce que j’a pu voir (briè­ve­ment) l’en­cou­ragent plu­tôt à être lui-même. Ce que je vou­lais dire c’est qu’il était très pré­ve­nant. C’est vrai que je ne l’ai pas traité comme un en­fant – je lui ai mon­tré com­ment on met­tait les ar­ticles sur le site. Un comble si vous pen­sez que j’ai moi-même ap­pris il y a trois se­maines, et que je ne fai­sais ça que pour la deuxième fois!

55)
alec6
, le 05.11.2008 à 15:11

Bi­galo… je ne pense pas que la dia­tribe d’Oka­zou soit si éloi­gnée de la tienne que tu le laisses croire. Je crois comme l’agent O qu’il faut aller au delà des ap­pa­rences et que l’im­por­tant est avant tout le pro­gramme du mon­sieur et l’ap­pli­ca­tion fu­ture de celui ci !

Qu’Obama soit cul-béni comme 90% des yan­kees m’im­porte d’avan­tage que sa cou­leur de peau. Le jour où un pré­sident éta­su­nien af­fi­chera son athéisme sera un grand jour, mais ce n’est mal­heu­reu­se­ment pas de­main la veille.

Je com­prends par ailleurs l’im­por­tance que tu donnes et qu’il faut ef­fec­ti­ve­ment don­ner à la pré­sence d’un noir à la tête de LA puis­sance hé­gé­mo­nique mon­diale de notre XXIe siècle nais­sant. C’est un sym­bole très fort comme l’est celui de la crise bour­sière, comme l’ont été le 11 sep­tembre 2001 ou l’ou­ra­gan Ka­the­rina, évé­ne­ments em­blé­ma­tiques de la fra­gi­lité éta­su­nienne.

Je pense que l’aban­don du dol­lar comme stan­dard éco­no­mique aura des consé­quences bien plus im­por­tantes que le taux de mé­la­mine de la Mai­son Blanche.

Mais sa cou­leur de peau reste un sym­bole.

Une der­nière re­marque Bi­galo, j’ai le sen­ti­ment en tant que blanc, hé­téro, pa­ri­sien, bobo et père de fa­mille que le ra­cisme en France est bien plus so­cial qu’eth­nique… à l’in­verse des US. Quel est ton point de vue de “noir” ?

Je ne sais pas si Bour­dieu a abordé le sujet sous cet angle co­loré, mais le rang, l’hé­ri­tage et les ori­gines so­ciaux sont bien plus mar­quants que l’as­pect phy­sique…

56)
Bi­galo
, le 05.11.2008 à 15:16

Merci à tous ceux qui ont ap­pré­cié ma longue in­ter­ven­tion et me l’ont fait sa­voir ;-))

57)
Argos
, le 05.11.2008 à 15:17

Lorsque j’en­tends un gus ex­pli­quer que le gruyère est meilleur que le ra­clette et que le fen­dant c’est de la bi­bine, il est in­té­res­sant d’ap­prendre que l’au­teur de la dé­cla­ra­tion est va­lai­san. Citer alors son ori­gine n’est pas faire du ra­cisme mais ap­por­ter une pré­ci­sion à son pro­pos. C’est exac­te­ment ce que fait Anne en bonne jour­na­liste. Oc­cul­ter le noir de l’in­for­ma­tion fait par­tie des idées gro­tesques ma­niées par cer­tains.

En pas­sant, bravo, Anne, pour le pa­pier, et bravo à Bi­galo pour son in­ter­ven­tion pleine de sens et de bon sens.

58)
Ca­plan
, le 05.11.2008 à 15:31

Que Obama soit noir ou pas ne change rien à son cha­risme et à ses com­pé­tences. Mais ce qui m’in­té­resse et m’émeut sur­tout, c’est que les USA soient pas­sés de ça:

… à ça:

Pour moi, tout le reste n’est que pi­naillage bien-pen­sant!

Mil­sa­bor!

59)
levri
, le 05.11.2008 à 15:39

@ 58-Ca­plan : le choc des pho­tos, mais pas du meilleur goût, et on pour­rait faire ce genre de truc pour presque tous les pays.

@ alec6 : oui il faut sa­voir aller au delà des ap­pa­rences, et même sa­voir re­gar­der der­rière le mi­roir, et je pense éga­le­ment que l’élec­tion d’un “non croyant” se­rait plus si­gni­fi­ca­tive,

PS : “blanc, hé­téro, pa­ri­sien, bobo et père de fa­mille”… dé­ci­dé­ment tout les dé­fauts ! :P

J’écoute Let’s Go To­ge­ther de Jef­fer­son Star­ship sur l’al­bum Blows Against The Em­pire

60)
Bi­galo
, le 05.11.2008 à 16:03

il faut aller au delà des ap­pa­rences et que l’im­por­tant est avant tout le pro­gramme du mon­sieur et l’ap­pli­ca­tion fu­ture de celui ci !

Je ne suis pas d’ac­cord avec toi : selon moi, l’élec­tion en soi d’Obama a une telle charge sym­bo­lique qu’elle est en elle-même un évé­ne­ment ex­cep­tion­nel.

Qu’en­suite il s’avère ou non qu’Obama est un bon pré­sident est une autre ques­tion, qu’il et bien trop tôt pour tran­cher.

Une der­nière re­marque Bi­galo, j’ai le sen­ti­ment en tant que blanc, hé­téro, pa­ri­sien, bobo et père de fa­mille que le ra­cisme en France est bien plus so­cial qu’eth­nique… à l’in­verse des US. Quel est ton point de vue de “noir” ?

Je ne sais pas si Bour­dieu a abordé le sujet sous cet angle co­loré, mais le rang, l’hé­ri­tage et les ori­gines so­ciaux sont bien plus mar­quants que l’as­pect phy­sique…

Ra­cisme so­cial ? Selon moi c’est gal­vau­der le terme de ra­cisme. Dans ra­cisme, il y a race, et l’un des pro­blèmes es­sen­tiels est que tu ar­bores 24h / 24 ton as­pect phy­sique, sur le­quel tout le pro­blème re­pose. Tu sais qu’à tout mo­ment quelque chose peut sur­ve­nir. Même quand rien ne se passe, c’est-à-dire presque tout le temps, il faut être sur ses gardes.

C’est cette per­ma­nence qui est par­ti­cu­liè­re­ment pé­nible.

C’est comme les dou­leurs den­taires : même d’in­ten­sité moyenne, lorsque cela dure plu­sieurs heures, voire plu­sieurs jours, c’est épui­sant. A la longue, cela s’avère bien plus pé­nible qu’une dou­leur in­tense mais très brève.

A mes yeux, cet as­pect est un élé­ment fon­da­men­tal du ra­cisme. C’est pour­quoi j’ai fait ce cli­vage tout à l’heure entre ra­cisme d’une part et an­ti­sé­mi­tisme et xé­no­pho­bie d’autre part.

C’est pour­quoi je ré­cuse l’ex­pres­sion « ra­cisme so­cial » qui me pa­raît être un abus de lan­gage. Que l’ori­gine so­ciale, la conso­nance du nom, ou une mau­vaise maî­trise de la langue soient la source de nom­breuses dif­fi­cul­tés so­ciales, c’est évident, mais ce n’est en aucun cas du ra­cisme.

De nom­breux étu­diants an­tillais, de fa­mille aisée, qui croyaient avoir trouvé une chambre ou un ap­par­te­ment, conformes à leur bud­get, ont vu l’ex­pres­sion du pro­prié­taire chan­ger brus­que­ment lors­qu’ils se pré­sen­taient. Ce der­nier bre­douillait alors qu’il y avait une er­reur ou que l’ap­par­te­ment était déjà loué. C’est cela le ra­cisme.

Pour un ra­ciste, un Noir sera tou­jours un Nègre, peu im­porte ses ca­pa­ci­tés in­tel­lec­tuelles, sa per­son­na­lité, son ni­veau d’études, … Alors qu’un im­mi­gré Blanc issu de mi­lieu mo­deste, qui aura réussi à faire des études et à avoir un tra­vail in­té­res­sant avec un re­venu élevé se fon­dra dans la po­pu­la­tion fran­çaise de son nou­veau mi­lieu so­cial.

Quant à Bour­dieu, une amie a in­sisté il y a quelques an­nées pour que je lise « Les hé­ri­tiers, les étu­diants et la culture » et cela m’a paru un ra­mas­sis de lieux com­muns. Je sens que je ne vais pas me faire des amis !

61)
cro­cro
, le 05.11.2008 à 16:08

@ cro­cro : je suis d’ac­cord avec Bi­galo, l’ex­pres­sion d’Anne était ap­pro­priée dans le contexte.

Juste en pas­sant, com­ment dé­fi­nir les amé­ri­cains d’ori­gine al­gé­rienne, ma­ro­caine ou tu­ni­sienne ?

L’in­con­gruité de cette ha­bi­tude vous échappe, c’est dom­mage… J’ai l’im­pres­sion d’as­sis­ter à la ver­sion mo­derne des Pré­cieuses Ri­di­cules.

je pour­rais te faire la bringue

En­core une ex­pres­sion dont le sens m’échappe, dé­ci­dem­ment :-)

En tout cas en­core merci pour le re­por­tage. Au sujet de Dylan les en­fants bien éle­vés cela existe en­core de nos jours, des en­fants à l’aise avec les adultes aussi, en par­ti­cu­lier ceux qui ont confiance en eux. J’ai sou­vent re­mar­qué que les jeunes gol­feurs, bien meilleurs que leurs pa­rents, ont une at­ti­tude très na­tu­relle avec les adultes: ils ont conscience de leur va­leur et n’en ra­joutent pas.

Pour moi, tout le reste n’est que pi­naillage bien-pen­sant!

Le diable est dans les dé­tails…

62)
Bi­galo
, le 05.11.2008 à 16:11

Lorsque j’en­tends un gus ex­pli­quer que le gruyère est meilleur que le ra­clette et que le fen­dant c’est de la bi­bine, il est in­té­res­sant d’ap­prendre que l’au­teur de la dé­cla­ra­tion est va­lai­san.

Une pré­ci­sion pour tous ceux qui connaî­traient mal la Suisse : le Va­lais est le can­ton d’où sont ori­gi­naires la ra­clette (à dé­gus­ter au feu de bois et non dans les hor­ribles ap­pa­reils Seb, Mouu­li­nex et consorts) et le fen­dant (vin blanc fait avec du chas­se­las).

Ceci dit, de­puis quelques an­nées, il y a de sa­crés pro­grès dans la qua­lité des vins pro­duits en Va­lais, et même parmi les fen­dants, il y en a qu’il vaut la peine de dé­gus­ter !

63)
Blues
, le 05.11.2008 à 16:11

En­core Obama n’est-il pas en­core pré­sident (il ne le sera qu’en 2009), la voix des armes l’em­por­tant trop sou­vent sur les voix des élec­teurs, dans ce pays de cow-boys armés jus­qu’aux dents, ils sont fou­tus de le dé­zin­guer avant qu’il ne prête ser­ment.

Comme beau­coup ici, je suis heu­reux de cet évé­ne­ment his­to­rique (même si Obama ne sera qu’un pré­sident blanc-gris-et pas noir)… Ce qui me fais le plus peur c’est jus­te­ment ce que dit Oka­zou dans le pa­ra­graphe cité… Ce gars a vrai­ment in­té­rêt à se pro­té­ger un max, mais si la CIA ou des grou­pus­cules style KU-KU dé­cident de le flin­guer, ils risquent d’y ar­ri­ver.

J’écoute White Boy (Trans­cau­ca­sain Air­ma­chine Blues) de Kant­ner, Slick & Frei­berg sur l’al­bum Baron Von Toll­booth & The Chrome Nun

Mar­rant ça … j’ai res­sorti le 33 T la se­maine pas­sée… PS: après toutes ces an­nées j’adore (En­core) la voix de Grace, si aé­rienne (mal­gré le côté “acide”)

64)
Bi­galo
, le 05.11.2008 à 16:19

Cro­cro, tu le fais ex­près ?

C’est évident qu’ac­co­ler sys­té­ma­ti­que­ment aux gens un type phy­sique n’est pas quelque chose qu’Anne, Levri ou moi n’ap­pré­cions, et en­core moins ne sou­hai­tons.

Par consé­quent,

Juste en pas­sant, com­ment dé­fi­nir les amé­ri­cains d’ori­gine al­gé­rienne, ma­ro­caine ou tu­ni­sienne ?

n’a pas grande im­por­tance. Si cela t’in­té­resse réel­le­ment (j’es­père que non et que ton mes­sage n’est que de la pro­vo­ca­tion) de­mande à un Magh­ré­bin ayant vécu aux États-Unis !

Mais quand on in­ter­viewe quel­qu’un sur un sujet, il est in­té­res­sant de sa­voir s’il est ou non di­rec­te­ment concerné. Se­rait-ce trop com­pli­qué pour toi ?.

65)
Oka­zou
, le 05.11.2008 à 16:33

« « Afro-amé­ri­cain est un terme cou­rant, uti­lisé par toutes les races. »

Le pro­blème est pour­tant, comme le rap­pelle cro­cro-35-40, que l’on ne dé­fi­nit les Amé­ri­cains de cou­leur que par ce terme af­freux d’Afro-Amé­ri­cain (j’y mets deux ma­jus­cules) et ja­mais les blancs comme Cau­caso-Amé­ri­cains alors qu’Obama lui-même n’a eu de cesse de rap­pe­ler qu’il s’adres­sait aux Amé­ri­cains, toutes ori­gines confon­dues.

L’Afro-Amé­ri­cain est nommé ainsi pour ne pas le consi­dé­rer pour un Amé­ri­cain comme un autre. Pour conti­nuer le jeu mal­sain de la sé­gré­ga­tion ad li­bi­tum.

Si ce pays n’avait pas érigé le ra­cisme en sys­tème, on n’y par­le­rait que d’Amé­ri­cains. Au moins, nous Eu­ro­péens, ne tom­bons pas dans leurs pires tra­vers.

66)
Oka­zou
, le 05.11.2008 à 16:36

« « né à Paris d’un père an­tillais et d’une mère blanche, je suis mé­tissé. »

Ça ne te rend pas plus in­tel­li­gent pour au­tant comme on peut le voir dans la suite de tes pro­pos.

« Tou­te­fois, cela ne me vien­drait pas à l’idée de me dé­fi­nir comme métis. Je suis Noir.
Et ce n’est pas une si­tua­tion ra­ciale, mais so­ciale.»

Que tu le veuilles ou pas tu n’es pas noir et il ne s’agit pas d’une si­tua­tion so­ciale mais d’un état. Sauf si tu es ra­ciste.

Si les gens à la peau co­lo­rée vivent mal leur état par ce qu’ils su­bissent dans la vie de tous les jours ce n’est pas parce qu’ils ont une peau co­lo­rée mais du fait du ra­cisme am­biant (ef­fort de com­pré­hen­sion né­ces­saire pour piger ça) qui est bien autre chose qu’une cri­tique de la cou­leur de peau. Ce n’est pas la cou­leur de ta peau qu’il faut dé­fendre, c’est le ra­cisme qu’il faut com­battre. La re­marque est va­lable pour toutes les dis­cri­mi­na­tions, sexuelles, par exemple. L’ho­mo­sexuel doit com­battre celui qui lui re­fuse le droit à sa sexua­lité propre ou qui le consi­dère comme un être in­fé­rieur ou à part du fait de sa sexua­lité. La Gay pride est la mau­vaise voie qui per­pé­tue l’ho­mo­pho­bie. Le gay n’a pas à être plus fier qu’un hé­téro de sa sexua­lité. On ne peut se van­ter d’un état de fait qui ne pro­vient d’au­cun mé­rite.

Cela me per­met de pré­tendre au pas­sage que le pro­blème du ra­cisme au USA (en France aussi) est bien pra­tique pour mas­quer les pro­blèmes so­ciaux. On obli­tère le pro­blème de la pau­vreté par la mise en avant de la cou­leur de la peau sous le pré­texte que les pauvres sont sou­vent des gens de cou­leur ou plus sim­ple­ment des gens d’une autre ori­gine. Le ra­ciste se vou­drait su­pé­rieur à la tête de Turc qu’il s’est choi­sie pour se haus­ser du col. Par ce rejet il se main­tient dans sa mé­dio­crité hu­maine. Au plus af­fi­chera-t-il une condi­tion so­ciale d’ap­pa­rence (mai­son, voi­ture, mœurs conve­nues…) sen­sée le mettre à l’abri du rejet qu’il pra­tique en­vers ceux qu’il mé­prise.

Dis­cri­mi­na­tion po­si­tive et com­mu­nau­ta­risme ne sont pas des ré­ponses mais l’en­ra­ci­ne­ment d’un pro­blème ma­jeur.

De fait, Bi­galo, tu es dans un mode de pen­sée qui a in­té­gré le ra­cisme comme une sorte de fa­ta­lité. Tu es dans le constat et la plainte quand il fau­drait que tu sois dans le refus ab­solu, la né­ga­tion d’une mons­truo­sité. Le ra­cisme c’est l’échec de la pen­sée, pour les ra­cistes qui le pro­voquent et pour ceux qui le su­bissent tout en lui ac­cor­dant son exis­tence par l’éta­blis­se­ment de sa re­con­nais­sance so­ciale.

Pas fa­cile de me com­prendre, sans doute, mais je le ré­pète, être noir, ou grand, ou roux, ou avoir les yeux bleus sont des états de fait et c’est le meilleur mes­sage à trans­mettre pour vaincre le ra­cisme et autres per­ver­sions.


« Vous vou­lez les pauvres se­cou­rus, moi je veux la mi­sère sup­pri­mée. » Vic­tor Hugo in 1793

67)
Ca­plan
, le 05.11.2008 à 16:37

@ 58-Ca­plan : le choc des pho­tos, mais pas du meilleur goût, et on pour­rait faire ce genre de truc pour presque tous les pays.

Ah? Tu as des images de lyn­chage aux Etats-Unis au XXème siècle d’un meilleur goût que la mienne?

Non. On ne peut pas faire ce genre de truc pour presque tous les pays! Cite-moi des exemples qui datent de la même époque!

Je ré­pète que ce qui me touche, c’est le che­min par­couru en si peu de temps, fi­na­le­ment. Je ne vois pas ce qu’il y a de mau­vais goût là de­dans…

Mil­sa­bor!

68)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 16:41

D’une cer­taine ma­nière, j’ai envie de clore cette po­lé­mique – mais en li­sant la ques­tion de cro­cro, il m’est venu une idée. Je suis allée voir.

Com­ment on ap­pelle un Magh­ré­bin vi­vant aux Etats-Unis? Comme ça

Com­ment on ap­pelle un ha­bi­tant d’Amé­rique la­tine vi­vant aux Etats-Unis? Comme ça

Com­ment on ap­pelle les Ita­liens vi­vant en Amé­rique? Comme ça

Il s’agit tout bê­te­ment d’une uti­li­sa­tion cor­recte de la gram­maire an­glo-amé­ri­caine (en­core un exemple), d’usage cou­rant sans au­cune nuance de ju­ge­ment – seule­ment des­crip­tif!

69)
Bi­galo
, le 05.11.2008 à 16:42

Si les gens à la peau co­lo­rée vivent mal leur état par ce qu’ils su­bissent dans la vie de tous les jours ce n’est pas parce qu’ils ont une peau co­lo­rée mais du fait du ra­cisme am­biant

Mon­sieur de la Pa­lisse en au­rait dit au­tant.

Étant donné la source, je ne m’abais­se­rai pas à ré­pondre au reste.

70)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 16:44

@ Ca­plan, il en va pour tes images comme pour mes ad­jec­tifs: elles mettent les points sur les i, je te re­mer­cie d’avoir rap­pelé CONCRE­TE­MENT de où on était par­tis.

Le goût n’a rien à voir avec ça.

71)
Argos
, le 05.11.2008 à 16:50

D’ici un mo­ment, Oka­zou va nous ex­pli­quer qu’il ne faut pas par­ler de photo en noir-et-blanc et de photo en cou­leurs, parce que cela a un re­lent ra­ciste.

Quand je lis ses in­ter­ven­tions, j’al­lume un cierge en hom­mage a Or­well.

72)
Oka­zou
, le 05.11.2008 à 16:53

Anne-68 >

Voilà la meilleure ma­nière de pé­ré­ni­ser une ma­nière de sé­gré­ga­tion. Il y a les hommes, un point c’est tout. Afro-Amé­ri­cains, His­pano-Amé­ri­cains, Sino-Amé­ri­cains ne font qu’en­tre­te­nir une sé­gré­ga­tion lar­vée.

Cha­cun chez soi, entre soi, dans son quar­tier, ça s’ap­pelle le com­mu­nau­ta­risme et c’est un sys­tème sé­gré­ga­tif. Des pe­tits ghet­tos par­fai­te­ment in­no­cents puisque re­con­nus.

73)
CHD
, le 05.11.2008 à 17:01

Et ce n’est pas une si­tua­tion ra­ciale, mais so­ciale.

Ra­cisme so­cial ? Selon moi c’est gal­vau­der le terme de ra­cisme.

C’est nor­mal que j’ai du mal à suivre ?

Sinon votre débat sur les “races” me rap­pelle ce dis­cours de Clé­mem­ceau . Cela fait re­la­ti­vi­ser. C’est d’ailleurs in­té­res­sant de noter qu’en Suisse la France est sou­vent dé­si­gné comme Frou­za­nie ou Tiers-Monde. Ca ne fait pas plus rire que ça lorsque la voi­ture de ses pa­rents (et oui des plaques fran­çaises, ça vaut bien la cou­leur noire) se re­trouve avec un pare-brise dé­fon­cée (c’est tou­jours mieux que com­plè­te­ment cra­mée).

74)
Argos
, le 05.11.2008 à 17:01

Moi, en tant que blanc, le ra­cisme je l’ai res­senti dans les re­gards en me pro­me­nant main dans la main avec une hin­doue de la caste des brah­manes sur la plage de Juhu a Bom­bay, juste a cote des stu­dios de Bol­ly­wood. Ex­pe­rience qui per­met de com­prendre un cer­tain nombre de choses. (par­don pour le manque d’ac­cents, j’ecris sur un cla­vier ame­ri­cain)

75)
levri
, le 05.11.2008 à 17:07

Juste en pas­sant, com­ment dé­fi­nir les amé­ri­cains d’ori­gine al­gé­rienne, ma­ro­caine ou tu­ni­sienne ?

En­core une fois ça dé­pend du contexte, dans cer­tain cas il n’y a rien à dé­fi­nir, mais si ça peut aider à la com­pré­hen­sion du pro­pos on pour­rait citer leur ori­gine na­tio­nale, ou même éven­tuel­le­ment leur pra­tique re­li­gieuse. Ça n’a rien d’in­con­gru, de même, si au cours d’une dis­cus­sion le fait de dire de quel­qu’un qu’il est gros (par­don qu’il a une sur­charge pon­dé­rale) peut ame­ner une meilleure com­pré­hen­sion, je n’hé­si­te­rai pas.

… Les Pré­cieuses Ri­di­cules étaient plu­tôt du genre à “ca­cher ce sein que je ne sau­rais voir”, comme je l’ai déjà dit je pense que ça ne sert à rien de nier la réa­lité, elle est te­nace, et c’est ri­di­cule de la nier. C’est en res­tant na­tu­rel et en uti­li­sant les mots qu’ils per­dront leur charge né­ga­tive.

Je n’aime pas par­ti­cu­liè­re­ment “les en­fants bien éle­vés”, ça me fait pen­ser à du bé­tail ou au dres­sage des chiens de cirque, il faut par­fois sa­voir re­gar­der au delà des ap­pa­rences, et sou­vent on en­tend par là des en­fants “qui savent se tenir à leur place”.

@ 66- Oka­zou : …moi je suis plu­tôt fier d’être homo, parce que c’est un choix que j’ai fait, et je suis fier de tous mes choix, sinon je choi­si­rais dif­fé­rem­ment ! :)

@ 67- Ca­plan : tu pou­vais le dire sans pho­tos ! Je ne stocke pas d’images de tor­ture ou de lyn­chages, mais il doit sû­re­ment exis­ter des pho­tos de ra­ton­nades, quid d’un post avec op­po­si­tion d’une photo de ra­ton­nade bien san­glante en op­po­si­tion avec une belle photo de Sarko sou­riant en com­pa­gnie d’un de ses mi­nistres “issu de l’im­mi­gra­tion” ?

@ 68- Anne : t’as ou­blié les “Na­tive Ame­ri­cans” dans ta liste ! :D

@ 72- Oka­zou : te fais pas plus obtus que tu n’es ! on ne parle pas d’obli­ga­toi­re­ment uti­li­ser les ca­rac­té­ris­tiques eth­niques en 2ème pré­nom, mais juste de pré­ci­ser ses pro­pos lors d’une conver­sa­tion entre gens ci­vi­li­sés !

J’écoute Queen Of The High­way des Doors sur l’al­bum Mor­ri­son Hotel

76)
Oka­zou
, le 05.11.2008 à 17:13

Ca­plan-58 >

Pour pa­ra­phra­ser levri, j’écoute Strange fruits, de Billie Ho­li­day.

77)
alec6
, le 05.11.2008 à 17:14

J’al­lais faire la même re­marque sur la Gay Pride… et pour­quoi pas une Black Pride main­te­nant, tant qu’on y est !

La sexua­lité comme la cou­leur de peau de mes co­pains et co­pines me laissent de marbre. J’ai même des amis qui ont es 4X4… c’est dire !! :-)

Pour être plus sé­rieux, j’as­pire à l’in­dif­fé­rence de nos dif­fé­rences. En cela les “dis­cri­mi­na­tion po­si­tives” de toute aca­bit m’in­sup­portent to­ta­le­ment. La fa­meuse “pa­rité” H/F dans nos as­sem­blées élec­to­rales en fait par­tie. Je ne sais pas si c’est en­core le cas, mais il pa­raît qu’il fut un temps où les uni­ver­si­tés US se de­vaient d’avoir des quo­tas de noirs, d’his­pa­niques ou de je ne sais quoi ! Quelle conne­rie !

Tout comme l’athéisme aux USA, il fau­dra en­core quelques siècles pour aban­don­ner cette vi­sion étri­quée du monde. Les Ma­chin Pride et autres dis­cri­mi­na­tions po­si­tives n’y chan­ge­ront pas grand chose.

78)
Argos
, le 05.11.2008 à 17:17

Levri, les Doors c’est presque aussi bien que la Fan­tas­tique de Ber­lioz par An­se­met que jai te­le­char­gee il y a peu. Et pour va­rier, j’aime bien Alexandre Dumas, qui etait un peu me­lange.

Un cré­tin dit un jour à Alexandre Dumas:

– Mais au fait, mon cher maître, vous devez vous y connaître, en nègres, avec tout ce sang noir qui coule dans vos veines.

Dumas ré­plique alors, sans avoir à éle­ver la voix au mi­lieu d’un pro­fond si­lence du salon dé­voré d’an­xiété:

– Mais très cer­tai­ne­ment. Mon père était un mu­lâtre, mon grand-père était un nègre et mon ar­rière grand-père un singe. Vous voyez, Mon­sieur: ma fa­mille com­mence où la vôtre finit.

79)
Argos
, le 05.11.2008 à 17:24

Alec, pour la pa­rite, il y a aussi le ci­nema, et la ca de­vient ri­golo: Pour res­pec­ter les quo­tas hol­ly­woo­diens, on a en­gage des noirs dans 300, nar­rant la ba­taille des Ther­mo­pyles entre Grecs et Perses. Le film etait deja nul, mais la cela bat­tait le pom­pon.

80)
Pa­tri­ck69
, le 05.11.2008 à 17:28

D’après sa pre­mière in­ter­ven­tion (mes­sage 40), cro­cro ne sou­hai­tait pas oc­cul­ter le fait que la dame soit noire, mais re­pro­chait juste l’uti­li­sa­tion de ‘afro-amé­ri­cai­ne’ au lieu, jus­te­ment de ‘noi­re’. Enfin, c’est ce que j’ai com­pris. Je trouve moins claire la 2ème in­ter­ven­tion.

81)
Bi­galo
, le 05.11.2008 à 17:41

Ci­ta­tion de Bi­galo

Et ce n’est pas une si­tua­tion ra­ciale, mais so­ciale.

Ci­ta­tion de Bi­ga­lo­Ra­cisme so­cial ? Selon moi c’est gal­vau­der le terme de ra­cisme.C’est nor­mal que j’ai du mal à suivre ?

Non tu ne de­vrais pas avoir de mal à suivre !

Être en po­si­tion de subir le ra­cisme dé­coule d’une si­tua­tion so­ciale : il faut pour cela ap­par­te­nir à une mi­no­rité non do­mi­nante, et phy­si­que­ment im­mé­dia­te­ment re­con­nais­sable, dans une so­ciété où il est cou­rant de juger et trai­ter comme in­fé­rieurs les membres de cette mi­no­rité.

Être Blanc, Noir, Rouge, Jaune ou Vert au sein d’un groupe d’amis ou dans une so­ciété où le ra­cisme est ab­sent est sans im­por­tance.

Lorsque le ra­cisme est pré­sent et que l’on ap­par­tient à l’une des mi­no­ri­tés consi­dé­rées comme in­fé­rieures par ceux qui sont ra­cistes, le risque d’être in­sulté, agressé, de se voir re­fu­ser un lo­ge­ment ou em­ploi, … à cause de son seul as­pect phy­sique est pré­sent en per­ma­nence. Cette per­ma­nence est l’un des as­pects es­sen­tiels du ra­cisme. Un autre élé­ment fon­da­men­tal est que le ra­cisme re­pose sur un as­pect phy­sique ai­sé­ment re­pé­rable même à plu­sieurs mètres. Sans cette per­ma­nence, et cette iden­ti­fi­ca­tion aisée par les in­di­vi­dus ra­cistes, il ne s’agit pas de ra­cisme.

Si le risque d’être confronté à des dif­fi­cul­tés de la part des membres d’un groupe do­mi­nant est quelque chose de ponc­tuel, lié à une si­tua­tion qui n’est elle-même pas per­ma­nente (et j’ap­pelle per­ma­nente ad vitam ae­ter­nam), par­ler de ra­cisme so­cial, c’est gal­vau­der le terme de ra­cisme.

En clair un Noir vi­vant dans une so­ciété ra­ciste, peut en subir les consé­quences à tout mo­ment jus­qu’à son der­nier jour.

L’en­fant d’une im­mi­grée Blanche, femme de mé­nage, s’il réus­sit à faire des brillantes études échap­pera dé­fi­ni­ti­ve­ment aux dif­fi­cul­tés so­ciales aux­quelles il a été confronté.

Dans le pre­mier cas c’est du ra­cisme, pas dans le se­cond. L’une des dif­fé­rences es­sen­tielles est que le Noir du pre­mier exemple n’a au­cune pos­si­bi­lité d’échap­per au ra­cisme par son seul com­por­te­ment. Il ne peut qu’émi­grer ou es­pé­rer une évo­lu­tion de la so­ciété. L’en­fant d’im­mi­gré du se­cond exemple, bé­né­fi­cie lui d’une cer­taine maî­trise sur la façon dont sa per­cep­tion par cer­tains im­bé­ciles va évo­luer.

À mes yeux la dif­fé­rence est fon­da­men­tale.

Est-ce plus clair ?

82)
Argos
, le 05.11.2008 à 17:47

Pe­tite cor­rec­tion de ma part à l’in­ter­ven­tion de Bi­galo : elle concerne l’an­ti­sé­mi­tisme. Contrai­re­ment à ce qu’af­firment les ra­cistes, un juif ne se re­con­nait pas for­cé­ment et les ré­ac­tions à leur égard, l’his­toire l’a dé­mon­tré, peuvent être ex­trê­me­ment vio­lentes.

83)
Bi­galo
, le 05.11.2008 à 18:02

@ Argos

Je n’ai ja­mais dit le contraire !

La xé­no­pho­bie aussi a par­fois fait des dé­gâts; La chasse aux étran­gers qu’il y a eu au prin­temps en Afrique du Sud en est un exemple ré­cent.

Si j’ai parlé de d’an­ti­sé­mi­tisme et de xé­no­pho­bie, c’est bien parce qu’il s’agit d’hor­reurs qui se rap­prochent du ra­cisme.

Je dis sim­ple­ment que ce sont des phé­no­mènes dis­tincts, à cause de la me­nace per­ma­nente que fait peser le ra­cisme sur les vic­times po­ten­tielles. La vi­ru­lence de l’an­ti­sé­mi­tisme s’ex­prime par­fois de façon par­ti­cu­liè­re­ment in­tense, mais c’est en gé­né­ral plus li­mité dans le temps.

Dans un monde idéal, il n’y au­rait ni ra­cisme, ni an­ti­sé­mi­tisme ni xé­no­pho­bie. Mais sauf dis­pa­ri­tion de notre es­pèce, je n’y crois pas ;-((

84)
alec6
, le 05.11.2008 à 18:09

Quand je par­lais de ra­cisme so­cial, je pen­sais au fait qu’en France, le sta­tut so­cial de tes pa­rents (ça c’est du vécu) te clas­si­fie dans une ca­té­go­rie, prolo ou no­table, par­ti­cu­liè­re­ment dans un petit bled. Fils de prolo tu es, entre prolo tu res­te­ras.
J’ai donc le sen­ti­ment qu’il vaut mieux être un pa­tri­cien co­loré qu’un plé­béien blanc. Mais vi­si­ble­ment je me trompe, je ne suis pas bien placé pour en par­ler… d’où ma ques­tion Bi­galo.

Ha­bi­ter à Bel­le­ville-Mes­nil­mon­tant dé­forme peut-être ma vi­sion du monde, au point que de pas­sage en pro­vince je trouve tou­jours bi­zarre de n’y voir que des blancs.

85)
cro­cro
, le 05.11.2008 à 18:59

D’une cer­taine ma­nière, j’ai envie de clore cette po­lé­mique – mais en li­sant la ques­tion de cro­cro, il m’est venu une idée. Je suis allée voir.

Com­ment on ap­pelle un Magh­ré­bin vi­vant aux Etats-Unis? Comme ça

J’y suis allé, sur le site en ques­tion: tous les pieds-noirs, qui ne le sont d’ailleurs pas, se­ront ravis de l’ap­prendre.

C’est stu­pide ils sont blancs, sou­vent juifs et n’ont rien de com­mun avec les ha­bi­tants ori­gi­nels de ces contrées.

D’ailleurs ma ques­tion ne por­tait pas sur ce point: je par­lais de l’ori­gine géo­gra­phique, puisque le terme afro-amé­ri­cain qui me ré­vulse y fait men­tion, pas de leur ap­pa­rence phy­sique… C’est là que les choses dé­rapent mal­heu­reu­se­ment :-(

C’est toi qui en as conclu que tous les hommes ori­gi­naires des pays du nord de l’Afrique avait le type stan­dard, ma­gre­bin…

En­core une fois celui qui a été élu hier pro­clame qu’il n’y a que des Amé­ri­cains: pour pa­ra­phra­ser Co­luche il n’y a plus de bleus clairs et de bleus fon­cés, ils sont tous bleus.

Mais vi­si­ble­ment son mes­sage a du mal à pas­ser, chez ses par­ti­sans ce qui peut se com­prendre après leur his­toire, fier de leur né­gri­tude, comme Rocco de sa bite, et dans le reste du monde ci­vi­lisé, ce qui me cha­grine da­van­tage.

Les Pré­cieuses Ri­di­cules étaient plu­tôt du genre à “ca­cher ce sein que je ne sau­rais voir”

Non lui c’est Tar­tuffe, ce qui fi­na­le­ment re­joint un peu notre pro­pos :-)

86)
CHD
, le 05.11.2008 à 19:01

Est-ce plus clair ?

Oui par­fai­te­ment, c’était la no­tion de ra­cisme so­cial qui m’échap­pait un peu, ça veut tout et rien dire sur­tout qu’à la base la no­tion de race est déjà pas mal floue. Ceci dit l’an­ti­sé­mi­tisme est clai­re­ment une idéo­lo­gie ra­ciste (pré­jugé selon le­quel des ca­rac­tères innés in­fé­rieurs/su­pé­rieurs sont condi­tion­nés par le groupe eth­nique) même si la dis­cri­mi­na­tion se base sur la re­li­gion, elle même se dé­fi­nit sur la race (il est tou­jours pos­sible de se conver­tir au Ju­daïsme mais je crois que c’est aussi com­pli­qué que pour ob­te­nir le pas­se­port à la croix blanche ;-) ) .

87)
levri
, le 05.11.2008 à 19:08

Non lui c’est Tar­tuffe, ce qui fi­na­le­ment re­joint un peu notre pro­pos :-)

Dam­ned ! il me sem­blait bien, mais ça m’ar­ran­geait que ce soit les Pré­cieuses… :)

88)
AleX54
, le 05.11.2008 à 19:26

@Bi­galo

Certes le sym­bole est fort et je conçois que cette re­con­nais­sance fasse du bien, sou­lage.

Mais est-ce que cela va chan­ger le quo­ti­dien vrai­ment ? Est-ce que les ra­cistes le se­ront moins ?

89)
Anne Cuneo
, le 05.11.2008 à 20:26

C’est toi qui en as conclu que tous les hommes ori­gi­naires des pays du nord de l’Afrique avait le type stan­dard, ma­gre­bin…

In­croyable! Moi je parle de gram­maire, et lui il la ra­mène avec des ques­tion de dé­mo­gra­phie et de race. J’ar­rête là de ré­pondre, car avec toi cro­cro, ce n’est pas une dis­cus­sion. Tu as une idée et tu t’y tiens, et il faut que celle de l’autre se moule dans la tienne, tu ne com­prends pas au-delà de ta li­mite. Je suis trop fa­ti­guée ce soir, ayant dormi une heure la nuit der­nière, pour in­ves­tir du temps in­uti­le­ment.

90)
zit
, le 05.11.2008 à 21:29

Merci Anne, merci d’avoir réussi à m’in­té­res­ser à ce sujet pour le­quel je ne me pas­sion­nais ab­so­lu­ment pas, non que ce qui se passe “là–bas” ne me pré­oc­cupe pas, mais pour moi, c’est un peu bon­net blanc/ blanc bon­net, le dé­mo­crate étant une droite à peine un poil un poil moins dure que le ré­pu­bli­cain, mouais…

Peut–être cela fera–t–il un léger “plus” (ou moins de moins) pour les classes moyennes et les plus dé­fa­vo­ri­sés “là–bas”, mais ici ou ailleurs, je crains que ça ne chan­gera mal­heu­reu­se­ment pas grand chose…

Une fois de plus, je par­tage en grande par­tie le point de vue de l’agent O, n’en dé­plaise à cer­tains, il a le ta­lent d’ap­puyer là où ça fait mal. Ce­pen­dant, il est in­dé­niable qu’Obama n’est pas vrai­ment blanc, et le cou­page de che­veux en quatre sur sa “mu­lâ­tri­tude” n’a pas grand in­té­rêt. Ce qui compte, ce sont les actes, et ça, on en saura plus dans en­vi­ron six mois… Si ef­fec­ti­ve­ment, il ar­rive à res­ter en vie…

Quand au ra­cisme, une chose est cer­taine, la conne­rie étant tel­le­ment bien ré­par­tie, il faut vrai­ment être bête pour y croire (à l’his­toire des races “su­pé­rieures et in­fé­rieures”;o).

z (pas ra­ciste, ni xé­no­phobe, je ré­pêêêêêêêêête : par contre, les cons…)

91)
loic
, le 06.11.2008 à 01:52

Un pré­sident US noir, c’est his­to­rique, et de fait, pour com­prendre l’His­toire, il faut dire qu’il est noir.

On ne com­pren­dra pas l’His­toire si on gomme toutes les dif­fé­rences… allez ex­pli­quer l’apar­theid sans men­tion­ner la cou­leur de peau des pro­ta­go­nistes ou la Saint-Bar­thé­lemy sans par­ler de pro­tes­tants et de ca­tho­liques.

Moi je veux des dif­fé­rences, de la di­ver­sité, af­fi­chée, re­ven­di­quée (comme tu le fais Oka­zou).

Je lis ici qu’être homo c’est un choix! On di­rait du Palin. Non, ça n’est pas un choix, mais le fait de l’as­su­mer est un choix, cou­ra­geux dans nos contrées et notre époque, et je ne vois pas pour­quoi on ne se­rait pas fier de se choix. La gay pride ba­na­lise et n’est pas (je l’es­père) ré­servé aux gays, mais à tous ceux qui veulent que ce choix d’as­su­mer soit pos­sible. Avec un peu de chance, à terme, la gay pride fi­nira par être sy­no­nyme de grosse fête ou­verte à tous, et dont on aura ou­blié l’ori­gine, sauf dans les livres d’His­toire.

Les jour­na­listes ne de­vraient pas ex­pri­mer d’opi­nion? Mince alors, je n’ai en­core rien com­pris. Le jour­na­lisme sans opi­nion, c’est les dé­pêche de l’AFP et le 20 mi­nutes. Re­garde Per­nault, qui ne doit pas faire beau­coup de dis­cours po­li­ti­que­ment en­ga­gés mais dont les choix ré­dac­tion­nels montrent ce qu’il pense mieux qu’un dis­cours (c’est pas du vécu, c’est par pro­cu­ra­tion, je n’ai ja­mais vu un jour­nal de Per­nault, ex­cu­sez-moi et ou­bliez cette phrase si je me trompe). Il est quand même pos­sible d’avoir une opi­nion, de pour­quoi pas? l’ex­pri­mer, même pour un jour­na­liste, mais de gar­der une im­par­tia­lité quand à l’ex­posé des faits et des opi­nions contra­dic­toires, bref, de ne pas tom­ber dans la pro­pa­gande.

Quand à la foi, “croire, c’est re­non­cer à pen­ser”? Bah, on n’a pas grand chose à soi sur cette terre, si ce n’est notre ca­pa­cité à pen­ser et nos sen­ti­ments. Ça se­rait triste de taire les sen­ti­ments (et la foi fait par­tie des sen­ti­ments) au nom de la pen­sée ana­ly­tique, faut juste faire at­ten­tion à ce que les sen­ti­ments ne faussent pas la pen­sée, n’em­pêche pas la li­berté de pen­sée et la di­ver­sité dans la foi.

Et pour si­gner mon an­gé­lisme éculé: “Li­berté, Ega­lité, Fra­ter­nité”… di­ver­sité (ces en­fan­tillages, ça ne fait plus très sé­rieux de nos jours de real-po­li­tik prag­ma­tiques).

92)
Oka­zou
, le 06.11.2008 à 07:13

Bon, cette fois, je vais être clair, puisque ça ne passe pas au­tre­ment.

Nous par­lons d’Obama. Cet homme, can­di­dat dé­mo­crate à la pré­si­den­tielle amé­ri­caine, a passé son temps à dire à ceux qui l’écoutent exac­te­ment ce que j’écris ici de­puis 24 heures.

Que dit-il ? Qu’il est un can­di­dat dé­mo­crate à la pré­si­dence des USA, qu’il a de meilleures so­lu­tions que son ad­ver­saire ré­pu­bli­cain pour venir à bout des pro­blèmes qui as­saillent les USA et que les Amé­ri­cains se­raient bien ins­pi­rés de lui faire confiance plu­tôt qu’à un che­val de re­tour.

Voilà l’homme au centre de notre in­té­rêt du mo­ment qui dit à ses com­pa­triotes amé­ri­cains de ne pas voter pour lui parce qu’il est noir, ça pour­rait tout gâ­cher, mais parce qu’il est un bon can­di­dat dé­mo­crate face à un mau­vais can­di­dat ré­pu­bli­cain. Obama trans­cende en beauté son état d’Afro-Amé­ri­cain.

Obama a com­pris (et sans doute pas hier) que la meilleure façon de trai­ter le ra­cisme est, au­tant que pos­sible, de ne pas lui of­frir de prise. Il ne faut pas en­tre­te­nir le ra­cisme, il faut l’éra­di­quer. Les meilleurs moyens de l’en­tre­te­nir, de le vé­rouiller à ja­mais après l’avoir of­fi­cia­lisé, étant la vic­ti­mi­sa­tion, la dis­cri­mi­na­tion po­si­tive et le com­mu­nau­ta­risme, il va fal­loir pour l’éra­di­quer que les Amé­ri­cains ne se consi­dèrent, ni plus, ni moins, que pour des Amé­ri­cains et rien d’autre. Tous Amé­ri­cains et tous réunis avec pour seules dif­fé­rences celles que créent les dis­pa­ri­tés de re­ve­nus, ce qui est énorme et, contrai­re­ment au ra­cisme basé sur un dé­lire, qui consti­tue un pro­blème bien tan­gible.

Voilà enfin l’homme que les USA at­ten­daient pour sor­tir de son bour­rier de pré­ju­gés et de pen­sée conve­nue. Ce type-là pos­sède une bonne lon­gueur d’avance sur la pen­sée or­di­naire eu­ro­péenne qui, on l’a vu ici dans les cri­tiques qui ont ac­cueilli mon dis­cours – di­rec­te­ment ins­piré de celui d’Obama –, est une pen­sée que l’on pour­rait si­tuer entre ré­tro­grade et bien pen­sante.

Un petit truc pour vivre avec son temps. Un conseil qui vaut de l’or : Les bien-pen­sants ont tou­jours tort et si l’on veut ap­pré­hen­der l’ave­nir comme il convient il faut d’abord consi­dé­rer que la pen­sée du jour, la pen­sée qui court les mé­dias, la pen­sée de l’air du temps qui s’im­prime dans les jour­naux, qui est se­ri­née par les « spé­cia­listes » et autres « ex­perts » in­vi­tés sur les pla­teaux, cette pen­sée que l’on vou­drait dé­fi­ni­tive est une pen­sée fausse qui ne vaut plus rien même si elle fut vraie ne se­rait-ce qu’un ins­tant. Il faut cher­cher de­vant, tou­jours, une autre vé­rité qui vivra le temps d’être re­con­nue avant d’être elle-même, à son tour, re­mi­sée pour ob­so­les­cence. La vé­rité, il faut lui cou­rir après tout le temps, elle ne s’ar­rête ja­mais. Plus dy­na­mique que la pen­sée ? Tu meurs. La pen­sée, c’est la vie, elle est im­mor­telle et in­croya­ble­ment fu­gace, sans cesse re­nou­ve­lée.

Bon, tout ça sont les pro­pos de l’abruti dan­ge­reux de ser­vice, pre­nez-les comme tels. Il y a tel­le­ment de forces sta­tiques par ici, elles sont tel­le­ment sûres d’elles-mêmes et de­puis tant de temps qu’une pen­sée dy­na­mique après la­quelle on se doit de cou­rir ne peut-être que le fruit d’un cer­veau bien ma­lade, j’en conviens.


Un autre monde est pos­sible. Mal­gré tout.

93)
Oka­zou
, le 06.11.2008 à 07:47

Mes­sage per­son­nel (où y’a de la gêne, y’a pas de plai­sir.)

alec6, achète (si ce n’est pas déjà fait) Siné-Hebdo de la se­maine, il y a un in­té­res­sant en­tre­tien avec Noam Chom­sky sur la crise.

94)
Anne Cuneo
, le 06.11.2008 à 08:46

Bon, tout ça sont les pro­pos de l’abruti dan­ge­reux de ser­vice, pre­nez-les comme tels.

Je relis tes in­ter­ven­tions à tête enfin re­po­sée: si tu avais dit ça d’em­blée aussi clai­re­ment, je n’au­rais rien eu à re­dire, je pour­rais si­gner ton in­ter­ven­tion No 92. Mais hier matin, tu avais la tête au­tant dans les vapes que moi, à voir, parce que ce n’était pas d’emble évident.

Tout ce que tu as dit étant ac­quis, je pense qu’il faut ajou­ter un élé­ment, dans le­quel la cou­leur d’Obama joue un rôle. Si tu as écouté les ra­dios ce matin, lu quelques jour­naux, tu as constaté comme moi ce que les gens disent.

«Moi qui pen­sais que le ra­cisme était un obs­tacle ma­jeur… Eh ben non, s’il a réussi, d’autres pour­ront réus­sir. Et après tout pour­quoi ne pas ou­blier la cou­leur de sa peau et juger sur actes?»

Je pense que la phase d’émer­veille­ment sur la né­gri­tude du pré­sident afro-amé­ri­cain était né­ces­saire. Mais main­te­nant que ç’a été dit, pas­sons à autre chose, je suis d’ac­cord avec toi.

95)
Anne Cuneo
, le 06.11.2008 à 08:51

un in­té­res­sant en­tre­tien avec Noam Chom­sky sur la crise

Cet en­tre­tien est re­pris de (ou sem­blable à) un CD que l’émis­sion La-bas si j’y suis de France Inter a fait des 4 ou 5 émis­sions en com­pa­gnie de Chom­sky l’an der­nier. Je l’ai, mais mal­heu­reu­se­ment pas sous la main, ce qui fait que je n’ai pas de ré­fé­rences à ajou­ter. On le trouve fa­ci­le­ment.

Ces en­tre­tiens sont to­ta­le­ment dans notre sujet. Pro­phé­tiques, par cer­tains côtés, on di­rait qu’ils ont été faits ce matin.

96)
levri
, le 06.11.2008 à 10:43

Je lis ici qu’être homo c’est un choix! On di­rait du Palin. Non, ça n’est pas un choix, mais le fait de l’as­su­mer est un choix, cou­ra­geux dans nos contrées et notre époque, et je ne vois pas pour­quoi on ne se­rait pas fier de se choix. La gay pride ba­na­lise et n’est pas (je l’es­père) ré­servé aux gays, mais à tous ceux qui veulent que ce choix d’as­su­mer soit pos­sible. Avec un peu de chance, à terme, la gay pride fi­nira par être sy­no­nyme de grosse fête ou­verte à tous, et dont on aura ou­blié l’ori­gine, sauf dans les livres d’His­toire.

Je crois que c’est moi que tu re­prends, mais en gé­né­ra­li­sant, je par­lais à titre per­son­nel, et en l’écri­vant je sa­vais que la for­mu­la­tion pou­vait être sujet à po­lé­mique, la ten­dance ac­tuelle étant qu’on est homo de par ses gènes ou autres, en tout cas qu’on y peut rien et que c’est comme d’être gau­cher.

En un sens tu as rai­son dans ta for­mu­la­tion, mais comme au fond de moi je pense que tout le monde a au moins un petit fond homo, faire le choix d’être homo, ou faire le choix d’as­su­mer son ho­mo­sexua­lité, c’est juste une autre ma­nière de s’ex­pri­mer… :)

J’al­lais faire la même re­marque sur la Gay Pride… et pour­quoi pas une Black Pride main­te­nant, tant qu’on y est !

Pour­quoi pas, ce ne sont ja­mais que des car­na­vals à thème. Faut aller voir celui de Dun­kerque ou de Binche…

92- Oka­zou : ex­primé comme ça, je se­rais plu­tôt d’ac­cord. C’est mieux quand tu dé­cides d’être clair. Ce­pen­dant, bien que je sois contre les quo­tas et la dis­cri­mi­na­tion po­si­tive, ceux ci ont contri­bué à la vi­si­bi­lité et à la ba­na­li­sa­tion de cer­taines mi­no­ri­tés, ce qui per­met main­te­nant d’en­vi­sa­ger l’étape sui­vante telle que tu la pré­sentes.

97)
levri
, le 06.11.2008 à 10:46

@ cro­cro : vi­si­ble­ment t’as un pro­blème avec “afro-amé­ri­cain”, dis le 100 fois, ça com­men­cera à pas­ser. :)

@ Blues : pour me mettre dans l’es­prit du sujet, j’écoute des vieux trucs ri­cains, la chan­son de Kant­ner parle de cau­ca­siens “fair skin man with an un­fair hand”

@ 78 Argos : pour les Doors connais tu les al­bums live édi­tés de­puis 2000 par Bright Mid­night Ar­chives, cer­tains sont ex­cel­lents.

99)
Argos
, le 06.11.2008 à 11:14

Les in­ter­ven­tions d’Oka­zou m’ont frappé au point de me pous­ser à in­ter­ve­nir à mon tour, ce qui m’ar­rive ra­re­ment ici.

Elles re­pré­sentent pour moi l’ex­pres­sion du nou­vel ordre moral, aussi strict que l’an­cien. La bi­gote al­lant à confesse au mi­lieu du dix-neu­vième siècle était per­sua­dée d’avoir rai­son et elle dé­fen­dait en toute bonne conscience l’ordre, l’ar­mée et l’Eglise. Il exis­tait, comme pour Oka­zou, un autre monde pour elle. Ce­lui-ci était le pa­ra­dis où elle irait sé­jour­ner après sa mort parmi les Bien­heu­reux.

Cri­ti­quer les mu­sul­mans est pour les gens de sa secte, pour par­ler comme Vol­taire, de l’is­la­mo­pho­bie. Pré­tendre que l’is­lam a été créé par un cha­me­lier anal­pha­bète qui l’a im­posé par la force en éli­mi­nant ceux qui n’y croyaient pas et que ses suc­ces­seurs se sont bat­tus comme des chif­fon­niers fait par­tie selon eux des af­fir­ma­tions qui de­vraient être pu­nies par la loi.

L’en­fer est, on le sait de­puis long­temps, pavé de bonnes in­ten­tions; l’autre monde pos­sible d’Oka­zou est sem­blable aux uto­pies in­ven­tées de­puis Pla­ton: elles ne conduisent qu’à la pire des dic­ta­tures. Je pré­fère nos réa­li­tés très im­par­faites et ce­pen­dant per­fec­tibles.

100)
Argos
, le 06.11.2008 à 11:17

Oka­zou, mes re­marques ci-des­sus ne s’adres­saient pas à ton der­nier com­men­taire, où tu mets beau­coup d’eau dans ton vin (de messe).

101)
Bi­galo
, le 06.11.2008 à 11:42

Moi, en tant que blanc, le ra­cisme je l’ai res­senti dans les re­gards en me pro­me­nant main dans la main avec une hin­doue de la caste des brah­manes sur la plage de Juhu a Bom­bay, juste a cote des stu­dios de Bol­ly­wood. Ex­pe­rience qui per­met de com­prendre un cer­tain nombre de choses. (par­don pour le manque d’ac­cents, j’ecris sur un cla­vier ame­ri­cain)

Voici un des com­men­taires les plus in­té­res­sants, car il ré­vèle à quel point il est dif­fi­cile de com­prendre ce que re­pré­sente le ra­cisme tant qu’on a ja­mais eu soi-même à le subir. C’est comme de­man­der à un en­fant en pleine santé de com­prendre ce que res­sent quel­qu’un de gra­ve­ment ma­lade.

En­core 3 choses à pro­pos d’Obama :

1 – Il se dé­fi­nit comme Noir et non comme métis.

2 – Sa cou­leur de peau n’est en aucun cas la rai­son pour la­quelle il fal­lait voter pour lui.

3 – Qu’il ait été élu mal­gré son mé­tis­sage est en soi une ré­vo­lu­tion.

Sur le point 1 :

Né d’une mère blanche et d’un père noir, il est ce que nous ap­pe­lons un métis. En aucun cas un métis n’est noir, ni jaune ni blanc.

Dans une so­ciété idéale, la cou­leur de peau n’a au­cune im­por­tance. Dans une so­ciété où le ra­cisme a long­temps été quelque chose de fon­da­men­tal (il y a peine 50 ans, dans le Sud des Etats-Unis il n’était pas ques­tion pour un en­fant Noir d’al­ler dans la même école que des Blancs), on ne peut en gom­mer l’exis­tence du jour au len­de­main.

Un in­di­vidu de­vrait se dé­fi­nir par ses ca­rac­té­ris­tiques propres (per­son­na­lité, ca­pa­ci­tés in­tel­lec­tuelles, goûts, .. et sû­re­ment pas la cou­leur de peau).

S’il est mé­tissé comme Obama, vis-à-vis du pro­blème ra­cial et dans ce contexte ex­clu­si­ve­ment, il est nor­mal de se dé­fi­nir comme Noir. En 1950, en Afrique du Sud, une loi a im­posé le clas­se­ment de la po­pu­la­tion par ca­té­go­ries ra­ciales, Blancs, In­diens, Métis et Noirs. Dans ce type de contexte, se dé­cla­rer Noir alors qu’on est Métis est un mes­sage de so­li­da­rité qui si­gni­fie “Vous vou­lez ap­pli­quer le vieux prin­cipe consis­tant à di­vi­ser pour mieux ré­gner. Je ne suis pas dupe”. Dans ces condi­tions, se dé­fi­nir comme Métis équi­vaut à une ac­cep­ta­tion de la hié­rar­chie que cherche à im­po­ser le groupe do­mi­nant, une re­con­nais­sance du type “Je suis pas Blanc, mais je ne suis pas aussi gra­ve­ment at­teint que si j’étais Noir.” En clair re­ven­di­quer son mé­tiss­sage est alors déjà du ra­cisme, tan­dis que se dire Noir si­gni­fie “Vous êtes ra­cistes, et vous me re­je­tez. J’ap­par­tiens donc au groupe re­jeté dans sa glo­ba­lité et il n’est pas ques­tion de cau­tion­ner vos in­fâmes sous-ca­té­go­ries.”

Une anec­dote à pro­pos de l’Afrique du Sud : quand le Japon a com­mencé à de­ve­nir une puis­sance éco­no­mique im­por­tante, un pro­blème im­prévu s’est posé : beau­coup d’hô­tels et res­tau­rants étaient ré­ser­vés aux Blancs. Cela po­sait un pro­blème vis-à-vis des hommes d’af­faires ja­po­nais ve­nant en Afrique du Sud : dif­fi­cile de faire des af­faires avec des gens en leur re­fu­sant l’ac­cès aux hô­tels et res­tau­rants de ca­té­go­rie moyenne ou su­pé­rieure. Le pro­blème a été contourné ainsi : les Ja­po­nais ont été dé­cla­rés Blancs d’hon­neur, ce qui a dû en cho­quer cer­tains car le ra­cisme n’est oas ab­sent du Japon. Je pense que cer­tains Eu­ro­péens ne se­raient pas flat­tés si dans un pays afri­cain, ils étaient dé­cla­rés Noirs d’hon­neur.

Sur le point 2 :

Il y a eu d’autres can­di­dats, comme Jesse Jack­son, qui se pré­sen­taient aux pri­maires en tant que re­pré­sen­tant des Noirs. Il n’ont ja­mais fran­chi le cap des pri­maires, et c’est nor­mal. Vou­loir com­battre l’in­jus­tice, c’est très bien, mais vou­loir se pré­sen­ter à la pré­si­dence d’un pays avec la re­pré­sen­ta­tion d’une mi­no­rité comme prin­ci­pal pro­gramme n’offre au­cune chance d’être élu. Cela peut-être l’oc­ca­sion de bé­né­fi­cier pen­dant quelques mois d’une tri­bune et d’un écho im­por­tants, mais ce ne peut aller au-delà.

Donc bien évi­dem­ment, la cou­leur de peau d’Obama ne de­vait en aucun cas lui tenir de lieu de pro­gramme.

Sur le point 3 :

Il y a quelques année en­core, il au­rait été in­ima­gi­nable qu’un Noir fût élu à la pré­si­dence des États-Unis. L’élec­tion d’Obama a donc une por­tée sym­bo­lique consi­dé­rable : elle montre que les États-Unis, sur ce plan au moins, ont su évo­luer dans le bon sens, bien plus ra­pi­de­ment que ne l’es­pé­raient même les plus op­ti­mistes.

Il ne faut pas en­tre­te­nir le ra­cisme, il faut l’éra­di­quer.

Cela s’ap­pelle de l’an­gé­lisme. Si un moyen d’éra­di­quer le ra­cisme exis­tait, cela se sau­rait de­puis long­temps. Tout ce que l’on peut es­pé­rer est une di­mi­nu­tion pro­gres­sive du ra­cisme. De­voir com­battre les pré­ju­gés sera tou­jours une lutte sans fin. Le pro­blème prin­ci­pal est que les ar­gu­ments ra­tion­nels n’ont ja­mais per­mis de faire chan­ger d’avis un in­di­vidu ra­ciste. Si la Rai­son avait ce pou­voir, cela fe­rait éga­le­ment long­temps qu’on se­rait dé­bar­rassé des re­li­gions !

102)
alec6
, le 06.11.2008 à 12:03

Comme le fait re­mar­quer Ker­mor­van via la ré­fé­rence à l’ar­ticle du Cour­rier In­ter­na­tio­nal Il ne fau­drait tout de même pas ou­blier qu’Obama n’est pas de gauche, du moins dans l’idée que nous nous en fai­sons de ce côté ci de l’At­lan­tique.

Soyons clair (moi aussi pour une fois), le futur pré­sident des Etats Unis est noir ! Ce n’est qu’un sym­bole, certes, mais un sym­bole fort, tout le monde est je crois d’ac­cord sur ce point et en soi ce “sym­bole” change et chan­gera bien des choses au plan na­tio­nal et in­ter­na­tio­nal.

Mais comme on dit, le diable est dans les dé­tails. Pour ce qui concerne les USA, je me ré­pète, l’aban­don du dol­lar comme ré­fé­rence mo­né­taire sou­haité par l’Eu­rope, la Rus­sie et la Chine pour l’es­sen­tiel, mar­quera vrai­ment le chan­ge­ment.

Autre dé­tail en­core plus in­si­gni­fiant de prime abord se­rait l’aban­don par les éta­su­niens de leur sys­tème de me­sure pieds/pouce à la noix et leur adhé­sion au sys­tème mé­trique in­ter­na­tio­nal. Les bri­tan­niques et les ca­na­diens l’ont fait, ce n’est tech­ni­que­ment pas fa­cile mais pas in­sur­mon­table. La fierté amé­ri­caine en pren­drait un sacré coup, bien plus que l’élec­tion d’un noir à la tête de leur pays qui fi­na­le­ment est ins­crite dans leur his­toire. Il suf­fit pour s’en convaincre de traî­ner du côté de la pro­duc­tion hol­ly­woo­dienne de SF pour s’en convaincre.
L’uti­li­sa­tion du mètre sera pour eux une vé­ri­table perte d’iden­tité et de su­pré­ma­tie car cela re­vient à ac­cep­ter des règles in­ter­na­tio­nales dont par dé­faut ils ne veulent pas.

At­ten­tion tout de même, le sys­tème mé­trique n’est à mes yeux qu’un ther­mo­mètre don­nant le degré de “nor­ma­li­sa­tion” po­li­tique et éco­no­mique de ce pays, comme les noms de do­maines en .us pra­ti­que­ment in­exis­tants, le code té­lé­pho­nique in­ter­na­tio­nal des USA (le 1) ou que sais-je en­core…

C’était ma ré­flexion à deux ko­pecks sur le sym­bole “un pré­sident noir” et “le chan­ge­ment”.

103)
Anne Cuneo
, le 06.11.2008 à 12:12

Oka­zou, mes re­marques ci-des­sus ne s’adres­saient pas à ton der­nier com­men­taire, où tu mets beau­coup d’eau dans ton vin (de messe).

Je fais ici une re­marque de prin­cipe. L’in­té­rêt de nos échanges dans les com­men­taires, c’est de dis­cu­ter. Sur le sujet d’Obama et an­nexes, nous dis­cu­tons de­puis hier de façon in­té­res­sante – et ré­vé­la­trice, en ce qui me concerne. Ra­cisme, dis­cri­mi­na­tion, ne sont pas dé­fi­nis par tous de la même ma­nière, cela n’a ja­mais été aussi clair.

Une dis­cus­sion fait qu’on s’écoute, qu’on se ba­garre, mais qu’on ré­flé­chit. Je trouve qu’entre sa pre­mière in­ter­ven­tion et celle de son com­men­taire No 92, Oka­zou a fait exac­te­ment cela: il a ré­flé­chi, a un peu mo­di­fié son ex­pres­sion (sa pen­sée peut-être, mais comme on ne se voit pas en dis­cu­tant, c’est moins fa­cile à juger).

Je trouve par consé­quent bi­zarre de conti­nuer à l’at­ta­quer sur les re­marques qu’il a faites il y a plus de 24 heures, lorsque tout cet échange n’avait pas en­core eu lieu.

104)
alec6
, le 06.11.2008 à 12:34

Pour conti­nuer sur la lan­cée de Ker­mor­van, voici un ar­ticle à lire sur contre info.​info mon site pré­féré ou en­core sur le New York Times.

Ce qui ne fait qu’en­fon­cer le clou sur l’as­pect sym­pa­thique, mais se­con­daire de la cou­leur de peau de notre cha­ris­ma­tique Obama !

105)
Jé­ré­mie
, le 06.11.2008 à 14:41

Com­ment ça??? ton site pré­féré n’est pas Cuk.​ch?

106)
Ker­mor­van
, le 06.11.2008 à 15:11

Eh oui, Alec6! je crains que cela ne masque une belle couillon­nade, ces mou­ve­ments de foule, ce spec­tacle si réussi. Fo­ca­li­ser sur les pro­blèmes psy­cho­lo­giques des amé­ri­cains (ou des eu­ro­péens) an­ciens es­cla­va­gistes (ou co­lo­ni­sa­teurs) per­met de faire pas­ser au se­cond plan la seule chose qui compte, à sa­voir — orien­tés par les sou­tiens des puis­sances éco­no­miques et fi­nan­cières, comme d’ha­bi­tude — les choix po­li­tiques à venir. Les dé­cep­tions ne vont pas tar­der. Après la fête, la gueule de bois. Il va fal­loir désaou­ler.

107)
levri
, le 06.11.2008 à 15:27

@ Ker­mo­van, en un sens tu as rai­son, mais le truc, c’est qu’après Bush, qui que ce soit ne peut être que moins pire. De plus on ne peut nier que l’ar­ri­vée d’un noir à la mai­son blanche ne peut être que po­si­tive, et Obama semble in­tel­lec­tuel­le­ment plus dé­ve­loppé et plus ou­vert que son pré­dé­ces­seur (c’était pas dur, pire que Bush il fal­lait re­cru­ter dans les ins­ti­tuts pour han­di­ca­pés). Il semble être conscient qu’il y a tout un monde hors des States, que l’éco­lo­gie n’est pas un vain mot, et je crois même qu’il a pris les homos en consi­dé­ra­tion dans son dis­cours de vic­toire (dis­po­nible en tor­rent sur mininova.​org sous le nom : Barack.​Obama.​Presidential.​Victory.​Speech.​HDTV.​XviD-XOXO). ceci dit ce sera un pré­sident amé­ri­cain, c’est pour ça qu’il a été élu, pas pour faire la ré­vo­lu­tion.

Pour les mou­ve­ments de foule, on en a déjà parlé pour d’autres sujet…

108)
Anne Cuneo
, le 06.11.2008 à 17:17

je crois même qu’il a pris les homos en consi­dé­ra­tion dans son dis­cours de vic­toire

He did it, il l’a fait!

110)
alec6
, le 06.11.2008 à 22:14

@ Jé­ré­mie… mais si c’est Cuk.​ch, mais après Cuk… bien sûr !

111)
Ishar
, le 07.11.2008 à 02:25

Bon­jour,

Je suis heu­reux de lire qu’ici au moins cer­tains savent uti­li­ser leurs neu­rones. De­puis l’autre matin j’ai l’im­pres­sion en en­ten­dant les conver­sa­tions et en li­sant la presse, qu’un nou­veau Mes­sie est ar­rivé sur Terre. Ainsi le nou­veau pré­sident des USA va sau­ver le monde, il re­donne l’es­poir à tous, al­lé­luia.

C’est vrai que vu le bilan de Bush, le nou­veau ne pourra être que meilleur et qu’en face ça n’avait pas l’air brillant du tout. Mais être meilleur que Bush ne suf­fit pas à faire d’Obama un saint homme. Comme cela a déjà été dit ici, Obama est le pré­sident des amé­ri­cains et à ce titre il va dé­fendre l’in­té­rêt des amé­ri­cains, pas celui de l’hu­ma­nité toute en­tière. On peut dire en gé­né­ra­li­sant un peu que nous sommes en train de payer le train de vie exor­bi­tant des Amé­ri­cain, que nous sommes en train de ren­flouer leurs dettes in­sol­vables, que nous cas­quons aussi pour leur refus de consi­dé­rer l’état li­mité des res­sources. En Eu­rope nous ne sommes pas des anges, loin s’en faut, mais nous avons in­dé­nia­ble­ment une lon­gueur d’avance dans ces do­maines. Pour chan­ger l’Amé­rique il fal­lait chan­ger le pré­sident mais ce n’est pas suf­fi­sant, il faut chan­ger les amé­ri­cains aussi et Obama ne le ferra pas, il ne le peut pas. Il n’est pas un Mes­sie jus­te­ment, seule­ment un pré­sident dé­mo­crate c’est tout. Il y en a eu d’autres avant lui et il y en aura en­core après lui. Croyez-vous que l’amé­ri­cain moyen va brus­que­ment ces­ser d’uti­li­ser sa carte de cré­dit à tors et à tra­vers en jan­vier 2009 ? qu’il va su­bi­te­ment chan­ger son re­gard sur le monde ? Non. Alors pour nous, et pour ceux du Sud, l’Amé­rique sera tou­jours l’Amé­rique.

Oka­sou, je suis en­tiè­re­ment d’ac­cord avec toi. Il est clair que la vic­ti­mi­sa­tion telle que l’a dé­crite Bi­galo est la meilleure façon d’an­crer le ra­cisme dans les es­prits. D’ac­cord aussi quand tu dis :

« Si les gens à la peau co­lo­rée vivent mal leur état par ce qu’ils su­bissent dans la vie de tous les jours ce n’est pas parce qu’ils ont une peau co­lo­rée mais du fait du ra­cisme am­biant »

C’est exac­te­ment cela. Seule­ment ce dis­cours est dif­fi­cile car les bien-pen­sants qui aiment plaindre les mi­no­ri­tés (une façon de se don­ner bonne conscience ?) vont y voir du ra­cisme et cer­taines vic­times vont y perdre une re­con­nais­sance qui les ar­range. J’ai aussi ce sen­ti­ment à l’égare du pro­blème des femmes et de la po­li­tique : le prin­cipe des cotas me semblent être une in­sulte à l’in­tel­li­gence des femmes. Il faut bien en­tendu com­men­cer par re­con­naître le pro­blème et le dé­crire, éven­tuel­le­ment prendre des me­sures ur­gentes. En­suite il faut tout faire pour que le pro­blème dis­pa­raisse et pour cela il ne doit n’y avoir ni cotas ni com­mu­nau­ta­risme. Je com­prends par­fai­te­ment la joie de la po­pu­la­tion noire des USA, leur fierté. Mais il se­rait er­roné de croire qu’Obama est le pré­sident qui éra­di­quera le ra­cisme aux USA. Il serra le pré­sident de tous les Amé­ri­cains un point c’est tout.

Dans ma volée, à l’uni, il y avait un Suisse d’ori­gine afri­caine. Je m’étais aperçu que per­sonne ne fai­sait ja­mais al­lu­sion ni à la cou­leur de sa peau ni à son ori­gine. Pour nous il était un étu­diant comme un autre, na­tu­rel­le­ment. Un jour on en a parlé et il m’a dit que dans sa tête, il était un Suisse et un étu­diant comme les autres jus­te­ment, qu’il ne re­ven­di­quait ni culture ni ori­gine afri­caine, qu’il ne res­sen­tait pas le be­soin de le faire. Une tra­hi­son pour cer­tains ! Peut-être, pour lui une façon de s’in­té­grer parmi nous. Je pense qu’Obama est de ceux-là.

112)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 08:39

Ainsi le nou­veau pré­sident des USA va sau­ver le monde, il re­donne l’es­poir à tous, al­lé­luia.

Bien sur que non, qu’il ne va pas chan­ger le monde ! Mais qu’un Noir ait pu être élu aux États-Unis au­rait paru in­ima­gi­nable il y quelques an­nées à peine. En soi, c’est une ré­vo­lu­tion ; Qu’en­suite sa pré­si­dence soit brillante ou mé­diocre, est un tout autre sujet.

Il est clair que la vic­ti­mi­sa­tion telle que l’a dé­crite Bi­galo est la meilleure façon d’an­crer le ra­cisme dans les es­prits.

Ex­plique-moi en quoi je dé­cris une vic­ti­mi­sa­tion. Tout ce que je dis est que le ra­cisme existe, et que c’est quelque chose de pé­nible quand y est confronté. Le simple fait de ris­quer d’y être confronté est un far­deau, par­ti­cu­liè­re­ment quand on est ado­les­cent ou jeune adulte.

Je n’ai ja­mais dit que tout tour­nait au­tour de cela ! J’ai même pré­cisé que en plus de 150 com­men­taires faits sur Cuk.​ch, c’était la pre­mière fois que je par­lais de ra­cisme, car sans être le sujet de l’hu­meur, c’un as­pect es­sen­tiel de l’élec­tion d’Obama.

In­ter­roge-toi un peu : si le pré­sident élu avait été Al Gore ou John Kerry, beau­coup de gens au­raient été sou­la­gés que le parti de Bush perde le pou­voir, mais cela n’au­rait pas eu le même re­ten­tis­se­ment, ni dé­clen­ché un tel en­thou­siasme dans le monde en­tier.

« Si les gens à la peau co­lo­rée vivent mal leur état par ce qu’ils su­bissent dans la vie de tous les jours ce n’est pas parce qu’ils ont une peau co­lo­rée mais du fait du ra­cisme am­biant »

Je per­siste et signe. C’est une la­pa­lis­sade. Ce sont des pro­pos de Café du Com­merce !

Pour pa­ra­phra­ser :

Si les ma­lades at­teints de la jaunsse vivent mal leur état ce n’est pas parce qu’ils ont une peau co­lo­rée mais du fait de la ma­la­die. On est bien avancé quand on a dit cela !

les bien-pen­sants qui aiment plaindre les mi­no­ri­tés

Il ne s’agit pas de plaindre les mi­no­ri­tés, mais d’ad­mettre l’exis­tence d’une aber­ra­tion, le ra­cisme.

J’ai aussi ce sen­ti­ment à l’égard du pro­blème des femmes et de la po­li­tique : le prin­cipe des quo­tas me semble être une in­sulte à l’in­tel­li­gence des femmes.

Nous sommes d’ac­cord.

Il faut bien en­tendu com­men­cer par re­con­naître le pro­blème et le dé­crire, éven­tuel­le­ment prendre des me­sures ur­gentes. En­suite il faut tout faire pour que le pro­blème dis­pa­raisse et pour cela il ne doit n’y avoir ni quo­tas ni com­mu­nau­ta­risme.

Fau­con Yaka (Faut qu’on, y a qu’à) ! Mais en­core, quelles me­sures ? Le ra­cisme est de l’im­bé­cil­lité et/ou du confor­misme. C’est dif­fi­cile à soi­gner ;-((

Sans jeu de mot, tu vois un peu trop les choses en noir et blanc ! Ce n’est pas parce que l’on est Noir et que l’on dé­nonce le ra­cisme qu’on s’au­to­per­çoit comme une vic­time per­ma­nente ! Ni qu’on ap­pré­cie le com­mu­nau­ta­risme. Je suis né à Paris, je me sens in­té­gré, et j’ai d’autres su­jets de conver­sa­tion que la ques­tion ra­ciale. J’ai un père an­tillais et une père pa­ri­sienne éle­vée en Ita­lie ; je parle ita­lien mais pas créole, et 90 % des gens que je co­toie, à titre pro­fes­sion­nel ou per­son­nel sont des Blancs. J’ai un ami Blanc que je connais de­puis 25 ans et qui a ten­dance à abor­der avec moi la ques­tion ra­ciale presque à chaque ren­contre. Aussi bi­zarre que cela pa­raisse, je trouve cela ex­trê­me­ment aga­çant.

En pra­tique, j’ai très ra­re­ment été di­rec­te­ment confron­tés à une at­ti­tude ra­ciste, mais pen­dant des an­nées, le simple risque de pou­voir à tout mo­ment en subir les consé­quences a été un far­deau.

Les choses sont moins simples que ce que tu as l’air de pen­ser.

113)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 08:53

Le ra­cisme est une ma­la­die par ri­co­chet : ceux qui en su­bissent les consé­quences ne sont pas ceux qui en sont at­teints !

114)
Anne Cuneo
, le 07.11.2008 à 08:59

@ Ishar, c’est bien vrai qu’Obama n’est pas le mes­sie, et je n’ar­rête pas de dire qu’il ne peut pas faire de mi­racle, de­puis le mo­ment où j’écri­vais à chaud.

Mais je trouve cu­rieux com­bien beau­coup d’entre vous mi­ni­misent le SYM­BOLE.

Je vais sans doute m’at­ti­rer les foudres, mais si je fais le pa­ral­lèle… Le fait que j’ai été nom­mée “exe­cu­tive” dans la pre­mière boîte où j’ai été tra­vailler après mes études – parce que j’avais les di­plômes, parce que j’avais les com­pé­tences, était nor­mal, puisque j’avais les di­plômes et les com­pé­tences. Mais il a fait sen­sa­tion parce qu’au­cune femme dans cette im­mense boîte dont plus de la moi­tié des em­ployés étaient des femmes n’avait ja­mais at­teint ce ni­veau.

J’ai fait l’ob­jet de toutes sortes d’at­ten­tions pen­dant des se­maines, il a fallu que je dise et ré­pète que je ne pour­rais pas faire de mi­racle du simple fait que j’étais une femme, et ces femmes n’ar­rê­taient pas de ré­pé­ter: «Qu’im­porte, vous avez ou­vert une porte, vous nous don­nez du cou­rage.»

Bien en­tendu, j’ai été dé­pas­sée par les évé­ne­ments, une année plus tard je quit­tais, m’étant aper­çue que ce type de job n’était pas pour moi. Mais ma vie n’a ja­mais été pa­reille de­puis. Et les res­pon­sables (fé­mi­nines) de cette en­tre­prise m’ont as­suré que leurs rap­ports avec le pa­tron n’avaient plus ja­mais été pa­reils. Le pa­tron en ques­tion, un type sympa, mais un pa­tron tout de même, avait lui-même été étonné par ce qu’il avait dé­clen­ché.

Quel­qu’un dit dans un post que je ne re­trouve pas: lors­qu’on est blanc et dis­cri­miné, on peut se fondre dans la so­ciété et il suf­fit d’avoir un ou deux trucs, et on dis­pa­raît dans la masse. Lors­qu’on est, par exemple, noir, c’est im­pos­sible. Lors­qu’on est femme dans une so­ciété d’hommes, c’est pa­reil. Il faut alors for­cer les portes – par le sym­bole.

C’est ainsi que je vois le choix que l’Amé­rique a fait d’Obama, au­tant pour lui que contre les Ré­pu­bli­cains. On peut être heu­reux du sym­bole sans se faire d’illu­sions sur les pos­si­bi­li­tés de l’homme ou la femme qui in­carne le sym­bole.

PS. Pen­dant que je pre­nais mon temps à écrire ça parce que j’ai été in­ter­rom­pue par un coup de fil, Bo­galo a ré­pondu, et nous fai­sons dou­blon, en par­tie du moins. Nous pen­sons en pa­ral­lèle, je vois…

116)
levri
, le 07.11.2008 à 10:20

@ 111- Ishar : J’ap­puie les ré­ponses de Bi­galo et Anne.

La par­tie de ton texte sur la vic­ti­mi­sa­tion et le ra­cisme, à mon sens c’est juste à côté de la plaque !

117)
Tom25
, le 07.11.2008 à 12:45

Bi­galo, si, moi je le sa­vais que tu avais la peau noire, tu as donc dû le dire à un mo­ment ou à un autre. Concer­nant le ra­cisme, on lit tou­jours de belles phrases sur le sujet, on en­tend tou­jours de belles pa­roles. Cha­cun le dé­nonce à sa ma­nière et on s’en­gueule sur la ma­nière de le faire plu­tôt que sur le ra­cisme lui-même.

Oka­zou, tu m’ex­cuses, mais je vais me per­mettre de te dé­crire tel que je te res­sens au tra­vers de tes com­men­taires. Tu es in­tel­li­gent, tu vis dans une mai­son d’un petit vil­lage en pleine cam­pagne, tu fais un peu de jar­din (po­ta­ger), et tu adores te pro­me­ner sur les che­min une mar­gue­rite aux lèvres.
Tu as eu l’oc­ca­sion de tra­vailler plus, de ga­gner plus. Tu en avais les ca­pa­ci­tés mais tu as re­fusé ces pro­mo­tions parce que cette course à la pro­duc­ti­vité et aux gains t’exas­pèrent. Tu pré­fères vivre sai­ne­ment en te conten­tant de ce que tu as sans cou­rir après le “tou­jours plus”. Les choses simples de la vie suf­fisent am­ple­ment à ton bon­heur. Et sur­tout, tu es conscient que si tu l’avais fait, cela au­rait été au dé­pend d’un autre.
Bi­galo a écrit plus haut qu’on de­vrait juger un homme non pas sur sa cou­leur de peau mais sur son in­tel­li­gence (entre autre). Ah ! Il est donc nor­mal qu’une per­sonne in­tel­li­gente vive dans une mai­son de 400 m2, ait droit aux plus grosses ba­gnoles et aux der­nières télés plasma. Mais pas une per­sonne au QI li­mité ? C’est pour­tant ma­jo­ri­tai­re­ment le cas.

Tous ici nous sommes dans le bus qui nous amènent vers une vie en­core plus rem­plie. Alors cer­tains ont dû jouer des coudes un peu plus que les autres pour mon­ter, mais ils sont à bord. Et, assis au chaud on re­garde par la fe­nêtre du bus et on s’ex­clame sui­vant nos pen­chants “Oh, le mal­heu­reux, il n’est pas monté parce qu’il est noir !”. “Le pauvre, ils ne l’ont pas laissé en­trer parce qu’il est PD”. “Et elle non plus parce que c’est une femme.”

Oka­zou n’est pas monté dans le bus tout sim­ple­ment parce qu’il vou­lait y mon­ter le der­nier. Il s’en fou que celui qui reste soit noir, PD, ou du sexe fé­mi­nin. Il ne mon­tera pas tant qu’il en res­tera un.

Je force un peu le trait sur ce der­nier pa­ra­graphe, mais Oka­zou dé­nonce les in­éga­li­tés en gé­né­ral, et ne veut ni don­ner de va­leur ni de cou­leur aux in­éga­li­tés. Et en cela je suis d’ac­cord avec lui. De plus, comme je l’ai dit plus haut je pense qu’il a fait des sa­cri­fices pour dé­fendre ses idées. Des sa­cri­fices pour nous, pas pour lui puis­qu’il s’en fou du der­nier mo­teur V6 et du der­nier iPhone. Est-en cela qu’il est dan­ge­reux ? Parce qu’il dit merde à tous ces lob­bying et peut vivre sans eux ? Parce qu’il n’est pas un mo­teur pour la crois­sance ?

Moi je n’ai pas peur d’Oka­zou, c’est sans doute le seul ici qui ne me mar­che­rait pas sur la tête pour prendre mon bou­lot s’il n’avait plus le sien.
Alec6 je te vois un peu comme Oka­zou, mais toi tu axes plus ton dis­cours sur la par­tage des res­sources que sur les in­éga­li­tés so­ciales.

118)
Fran­çois Cuneo
, le 07.11.2008 à 13:26

Moi je trouve for­mi­dable tous ces gens blancs qui vivent dans un monde de blancs qui ex­pliquent à Bi­galo com­ment il doit res­sen­tir le ra­cisme…

Oui, for­mi­dable…

Comme quand on voyait cer­tains in­tel­lec­tuels d’ex­trême gauche aller ex­pli­quer la bonne pa­role aux ou­vriers.

Je l’ai fait (sans vrai­ment être un in­tel­lec­tuel), et main­te­nant, fran­che­ment, j’ai un peu honte.

Je vois le ri­di­cule de la chose.

119)
Ker­mor­van
, le 07.11.2008 à 13:31

Ah! Les sym­boles! Le dra­peau rouge, sa fau­cille, son mar­teau! les svas­ti­kas! le petit jésus sur sa croix! le chan­de­lier à sept branches! les dra­peaux! les hymnes! les mar­seillaises (sif­flées)! Les sym­boles s’adressent à la moelle épi­nière, pas à la rai­son. Lorsque l’émo­tion en­va­hit la po­li­tique et sub­merge les foules, il n’y a pas lieu de s’en ré­jouir.

un ar­ticle de Paul Jo­rion sur Contre Info

eh Alec6, grillé!

@Tom25: très beau com­men­taire.

120)
Ker­mor­van
, le 07.11.2008 à 14:12

À pro­pos de sym­boles, il y a ça aussi, sur la sa­cra­li­sa­tion d’une fonc­tion: à la date du 6 no­vembre, chez Eolas, le Maître

121)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 14:43

Moi je n’ai pas peur d’Oka­zou, c’est sans doute le seul ici qui ne me mar­che­rait pas sur la tête pour prendre mon bou­lot s’il n’avait plus le sien.

Je vois que tu haute opi­nion de la plu­part des in­ter­ve­nants ici. Cela fait plai­sir.

Je ne par­tage pas ton avis sur Oka­zou. Je ne le per­çois pas comme un idéa­liste, et c’est un eu­phé­misme. C’est le seul ha­bi­tué de ce site à qui je re­fu­se­rais de ser­rer la main si j’avais la mal­chance de le ren­con­trer.

Quant au vou­loir ga­gner plus pour tra­vailler plus, c’est moins sys­té­ma­ti­que­ment ré­pandu que tu ne sembles le croire. Si j’étais as­so­cié d’un ca­bi­net comp­table, je ga­gne­rais bien mieux ma vie ; mais j’ai pré­féré me re­con­ver­tir et réa­li­ser comme ind­pen­dant des dé­ve­lop­pe­ments in­for­ma­tiques, prin­ci­pa­le­ment pour des PME. Il y a des pé­riodes où je manque de bou­lot. Mes re­ve­nus sont mé­diocres, mais j’ai du temps libre pour aller faire des pho­tos de che­nilles et de pa­pillons.

122)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 15:01

Ah! Les sym­boles! … Lorsque l’émo­tion en­va­hit la po­li­tique et sub­merge les foules, il n’y a pas lieu de s’en ré­jouir.

Peut-être, mais la réa­lité est que pro­ba­ble­ment plus de 80 % des gens se laissent gui­der par leurs émo­tions, et que la Rai­son ne guide qu’une frac­tion de la po­pu­la­tion. Tiens, en­core une mi­no­rité !

@Tom25: très beau com­men­taire.

Oui, d’une cer­taine façon, une telle naï­veté, c’en est presque tou­chant.

123)
alec6
, le 07.11.2008 à 15:47

Moi aussi Bi­galo, je suis naïf, tout comme Tom25 et Ker­mor­van !

Je pense sin­cè­re­ment que tu n’as pas com­pris le dis­cours d’Oka­zou. Se­rais-je donc le se­cond à qui tu ne ser­re­rais pas la pogne ? Fran­che­ment, relis sa prose ! Je ne vois pas en quoi elle s’op­pose à ta vi­sion, que je com­prends par ailleurs tout à fait, n’étant pas noir et comme le dit Levri, ayant “tous les dé­fauts”. ;-)
Sa vi­sion éclaire ton point de vue sous un angle dif­fé­rent, c’est tout.

J’ai un peu abordé dans mes études et même après la sé­mio­lo­gie et la sé­man­tique, j’en ai sur­tout re­tenu que les mots ne don­naient pas le sens des phrases, mais que les phrases don­naient le sens des mots ! alors, re­li­sez ! C’est bien sûr va­lable pour d’autres Oka­zou de ser­vice, ici sur Cuk ou ailleurs.

J’en­tends cer­tains dire tout bas que je les em­merde avec mes belles phrases et que de toutes façon un tel à tord (ici l’agent O) et que c’est comme ça… On ne lui ser­rera ja­mais la main !

Belle leçon d’os­tra­cisme et d’obs­cu­ran­tisme !

124)
alec6
, le 07.11.2008 à 15:49

Au fait, belle in­ter­ven­tion Tom 25 !

125)
Tom25
, le 07.11.2008 à 16:12

Oui, ce n’est pas bien gen­til pour tous les in­ter­ve­nants, mais je me mets dans le lot. On est tous dans la course à la com­pé­ti­ti­vité dans notre bou­lot. Nous sommes tous prêts à tendre la main aux plus dé­mu­nis, mais sans perdre de nos ac­quis.

Un noir est élu, on parle de la mi­no­rité noire, et il est de bon ton de sou­te­nir les noirs. Oka­zou n’a pas dit qu’il était in­sen­sible au ra­cisme subi par les noirs, il sou­ligne qu’ils ne sont pas les seuls, loin s’en faut, de subir les in­éga­li­tés.
Toi (Bi­galo) tu viens nous dire “je suis pauvre ET noir”, on te ré­pond que si ça nous gêne que tu sois pauvre, on s’en bat les bre­loques que tu sois noir. Ou en tout cas, tu ne de­vrais pas avoir à le pré­ci­ser.

Et si un jour je croise Oka­zou, je lui ser­re­rai vo­lon­tiers la main. Sans doute suis-je naif parce qu’il va me faire tour­ner la tête avec ses idées dé­pla­cées. En tout cas ça, c’est un truc qu’on dit sou­vent de moi que je suis naïf. Quand je prête de l’ar­gent, quand je prend plu­sieurs per­sonnes en même temps en stop, etc.

Et concer­nant mon ex­pé­rience per­son­nelle, je re­joins tout à fait Alec6. J’ai bien plus sou­vent été té­moin de “ra­cisme so­cial” que de ra­cisme de cou­leur.

126)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 16:22

Je ne vois pas en quoi elle s’op­pose à ta vi­sion

En tout, ou presque. Heu­re­se­ment pour moi. A de rares ex­cep­tions près, j’au­rais honte d’ex­pri­mer la même chose qu’Oka­zou

Je crois comme l’agent O qu’il faut aller au delà des ap­pa­rences et que l’im­por­tant est avant tout le pro­gramme du mon­sieur et l’ap­pli­ca­tion fu­ture de celui ci !

Mais je trouve cu­rieux com­bien beau­coup d’entre vous mi­ni­misent le SYM­BOLE.

J’ai parlé avant tout ici du sym­bole que re­pré­sente l’élec­tion d’Obama, et vi­si­ble­ment je ne suis pas le seul à y voir quelque chose de fon­da­men­tal. Toi, tu te ré­fères à ce qu’ac­com­plira ou non Obama en tant que pré­sident. Je n’en nie pas l’im­por­tance, mais ce sont 2 su­jets dis­tincts. Dans 50 ou 100 ans ce qu’Obama aura réa­lisé ou non ne sera pas for­cé­ment resté dans les mé­moires, mais son élec­tion, si !

J’en­tends cer­tains dire tout bas que je les em­merde avec mes belles phrases

En ce qui me concerne, tes belles phrases ne m’em­merdent nul­le­ment !

Cela fait quelque an­nées que je lis ré­gu­liè­re­ment Cuk.​ch. Jus­qu’à pré­sent j’ai tou­jours eu l’im­pres­sion que tu étais hon­nête in­tel­lec­tuel­le­ment. Je n’en pense pas au­tant d’Oka­zou. À mes yeux, ses ca­rac­té­ris­tiques es­sen­tielles sont la mal­hon­nêté in­tel­lec­tuelle, la mau­vaise foi, le manque de ri­gueur, et un ver­biage qui tente de mas­quer l’ab­sence ou la mé­dio­crité des ar­gu­ments. Et en­core, je me re­tiens !

Alors je le ré­pète, Oka­zou est le seul ha­bi­tué au­quel je re­fu­se­rais de ser­rer la main. À ma connais­sance, tu n’as rien fait qui jus­ti­fie un tel trai­te­ment.

127)
levri
, le 07.11.2008 à 16:24

@ 117- Tom25 : je vais finir par croire que tu fais une fixa­tion sur le Q.I, mais ren­seigne toi, une ma­jo­rité de per­sonnes à Q.I élevé sont consi­dé­rées comme des in­adap­tés par la so­ciété, et pos­si­ble­ment vivent dans un ton­neau ou du moins s’en battent l’œil des signes ex­té­rieurs de “réus­site so­ciale”.

Tu trou­ve­ras plus de “pov cons” rou­lant en grosse ba­gnole, et ac­cu­mu­lant les biens de consom­ma­tion que de gens à Q.I élevé. Fau­drait faire une étude sta­tis­tique chez Mensa (qui n’ac­cepte comme membre que les 2 % de po­pu­la­tion à Q.I “su­pé­rieur”)…

Par exemple, Bush est li­mite mongo et on m’a dit que Sarko était le minus ha­bens de la fa­mille (je n’ai pas vé­ri­fié). Il n’y a pas une ma­jo­rité de gens à Q.I li­mité, si je me sou­viens on consi­dère comme “nor­maux les gens entre 90 et 110 (100 étant la moyenne) et cette four­chette couvre du côté de 60 % de la po­pu­la­tion, les 40 % res­tants se ré­par­tis­sant de ma­nière équi­table entre in­fé­rieurs et su­pé­rieurs à la moyenne.(don­nées que j’avance de mé­moire, à vous de vé­ri­fier)

C’était un tit com­men­taire, parce que ce n’est pas la pre­mière fois que tu parles “d’in­tel­li­gence”, et pas tou­jours à bon es­cient imho. Sinon tu te lances dans les marcs de café aussi ? :P

@ 119- Ker­mo­van : wai les sym­boles, c’est comme la re­li­gion et la po­li­tique, de l’opium pour le peuple…

@ 121- Bi­galo : re­fu­ser de ser­rer la main à Oka­zou ! là je trouve que tu pousses quelque peu ! il semble igno­rer la nuance, et il est par­fois ex­ces­sif, mais c’est très loin d’être un mau­vais bougre je crois. (hum qui suis je pour par­ler ainsi !)

@ 123- alec6 : je pré­cise pour d’autres que toi qui au­raient la com­pre­nette la­bo­rieuse, que ma for­mule t’at­tri­buant “tous les dé­fauts” est pu­re­ment ami­cale… (de toute façon, si ça se trouve je suis plus pire que toi…) ;)

128)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 16:30

on s’en bat les bre­loques que tu sois noir. Ou en tout cas, tu ne de­vrais pas avoir à le pré­ci­ser.

Pour la ènième fois, pré­ci­ser que je suis Noir n’a d’in­té­rêt que parce que l’on parle de ra­cisme. C’est exac­te­ment la même chose que quand Anne a pré­cisé « afro-amé­ri­caine » à pro­pos de Sarah, ce qui a tant cho­qué Cro­cro.

Par ailleurs, je ne pré­tends pas être pauvre ; j’ai juste dit que j’avais choisi une ac­ti­vité qui en­traî­nait une baisse im­por­tante de re­venu par rap­port à ce que j’au­rais ob­tenu en ex­ploi­tant le di­plôme que j’ai.

129)
Ker­mor­van
, le 07.11.2008 à 16:42

Je cite (Fran­çois Cunéo 118): “on voyait cer­tains in­tel­lec­tuels d’ex­trême gauche aller ex­pli­quer la bonne pa­role aux ou­vriers.”

C’est que les textes du Ka­pi­tal ont be­soin d’être ex­pli­qués!, ce n’est pas si lim­pide. Les curés com­mentent bien la bible, qui n’est pour­tant pas si opaque.

130)
levri
, le 07.11.2008 à 16:53

@ 129- Ker­mor­van : Pour que “le Ca­pi­tal” soit ex­pli­qué, en­core fau­drait il que ceux qui s’en ré­clament l’aient lu… de plus avoir l’idée d’ex­pli­quer un texte à d’autres, n’est ce pas une ma­nière de s’es­ti­mer “su­pé­rieur” et de fait consi­dé­rer ces ou­vriers comme “in­fé­rieurs” et in­ca­pables de com­prendre par eux même ?

131)
Ker­mor­van
, le 07.11.2008 à 17:03

@ 130 – levri: je ri­cane, ca­ma­rade, je ri­cane, rien de plus.

132)
Anne Cuneo
, le 07.11.2008 à 17:30

Voici ce que des per­son­na­li­tés amé­ri­caines de tous les ho­ri­zons pensent que si­gni­fie l’élec­tion de Barak Obama. Dé­so­lée, je vou­lais tra­duire, mais ça prend plus de temps que ce dont je dis­pose. Au moins quelques-uns d’entre vous ver­ront que les rai­sons sont très di­verses et ont à faire à toutes sortes de consi­dé­ra­tions. Ces ré­ac­tions ont été re­cueillies par Tho­mas Schal­ler et peuvent être lues dans Salon

Ques­tion: que si­gni­fie pour vous la vic­toire de Barak Obama?

Ré­ponses

It means we can see the end of Nixon­land from here. —Spen­cer Acker­man, se­nior re­por­ter, the Wa­shing­ton In­de­pendent

It means “hope” is not a four-let­ter word … but “Bush” is. —Sean Aday, as­so­ciate pro­fes­sor of media stu­dies, George Wa­shing­ton Uni­ver­sity

It means you can run for of­fice no mat­ter your name. —Ken­neth Baer, De­mo­cra­tic speech­wri­ter and prin­ci­pal, Baer Com­mu­ni­ca­tion

It means the long na­tio­nal night­mare is over. Dean Baker, eco­no­mist, Cen­ter for Eco­no­mic Po­licy Re­search

It means that after years of splin­te­ring di­vi­si­ve­ness, we’re back in this to­ge­ther again. —Jared Bern­stein, eco­no­mist, Eco­no­mic Po­licy Ins­ti­tute

It means Ame­ri­cans are star­ting to rea­lize that the­re’s no­thing com­pas­sio­nate about conser­va­tism. —Brian Beut­ler, blog­ger, brianbeutler.​com

It means the Union won, with unions. —Lind­say Beyer­stein, free­lance jour­na­list, majikthise.​com

It means the era of conser­va­tism is over. —Mi­chael Cohen, se­nior re­search fel­low, New Ame­rica Foun­da­tion

It means that this dam­ned thing [conser­va­tism] doesn’t work! —Brian Cook, edi­tor, In These Times (in­vo­king Doc Brown)

It means the 9/11 era – of dea­ling with the world 9/11 crea­ted ra­ther than using 9/11 as a po­li­ti­cal club – has fi­nally begun. —Brad De­Long, eco­no­mics pro­fes­sor, UC-Ber­ke­ley

It means that James Che­ney, Mi­chael Schwer­ner and An­drew Good­man did not die in vain. —Mat­thew Duss, re­search as­so­ciate, Cen­ter for Ame­ri­can Pro­gress Ac­tion Fund

It means that my two sons will grow up in a coun­try where eve­ry­body knows that an Afri­can-Ame­ri­can can be­come pre­sident. —Henry Far­rell, as­sis­tant pro­fes­sor, George Wa­shing­ton Uni­ver­sity

It means the De­mo­crats have two years to show they can go­vern through ef­fec­tive, pro­gres­sive po­li­cy­ma­king … tick, tick, tick. —Tim Fern­holz, wri­ting fel­low, the Ame­ri­can Pros­pect

It means that, fol­lo­wing the po­li­ti­cal equi­va­lent of lo­custs, the plague, the trials of Job, and 40 years (more or less) in the wil­der­ness, it is ac­tually fun to be a De­mo­crat again. —Kathy Geier, the G Spot

It means the world is ready to fol­low if Ame­rica is ready to lead. —Mark Leon Gold­berg, Undispatch.​com

It means that we grab­bed the stee­ring wheel and pul­led on the hand brake just be­fore this bus cal­led the U.S. of A. ca­ree­ned into the abyss. —Jaana Goo­drich, Echidne of the Snakes

It means that the Re­pu­bli­can Party has to give up ap­peals to coded ra­cism and ac­cept the rea­lity that Uni­ted States is a mul­tieth­nic de­mo­cracy. —Jeet Heer, free­lance jour­na­list, Re­gina, Sas­kat­che­wan

It means that the conser­va­tive era is over, and a pro­gres­sive one has a chance to begin. —Mi­chael Kazin, pro­fes­sor of his­tory, Geor­ge­town Uni­ver­sity

It means Ba­rack Obama now has ear­ned the ad­di­tio­nal chal­lenge of sho­wing that he’s not Bill Clin­ton, circa 1993, and that 2010 won’t be 1994. —Ed Kil­gore, ma­na­ging edi­tor, the De­mo­cra­tic Stra­te­gist

It means that the vo­ters will pu­nish in­com­pe­tence, even at the cost of vo­ting for in­tel­li­gence and elo­quence. —Mark A.R. Klei­man, pro­fes­sor of pu­blic po­licy, UCLA

It means that the 9/11 era is over. —Ezra Klein, se­nior edi­tor, the Ame­ri­can Pros­pect

It means the arc of the moral uni­verse is long, but it bends to­ward jus­tice. —Joe Klein, co­lum­nist, Time

It means at least three Su­preme Court jus­tices who aren’t vet­ted by the re­li­gious right. —An­drew Leo­nard, Salon

It means the end of the great na­tio­nal night­mare that began on April 12, 1861, when Ame­ri­cans began the long struggle to de­ter­mine what an Ame­ri­can is—that the hue of a ci­ti­zen’s skin does not de­ter­mine their value to them­selves and their fel­low ci­ti­zens of this great ex­pe­riment. —Ro­bert Mac­key, his­to­rian and consul­tant, Wa­shing­ton, D.C.

It means that so­me­times being “pro-Ame­rica” means dif­ferent things to vo­ters than to po­li­ti­cians. —Mike Mad­den, Salon

It means that I will see a La­tino pre­sident and Su­preme Court jus­tice in my li­fe­time. —Syl­via Man­zano, po­li­ti­cal scien­tist, Texas A&M Uni­ver­sity

It means the North has won the Civil War. —Ha­rold Meyer­son, Wa­shing­ton Post co­lum­nist and Ame­ri­can Pros­pect edi­tor at large

It means mar­ket fun­da­men­ta­lism no lon­ger has a veto and it is now pos­sible to build an eco­nomy with wi­dely sha­red pros­pe­rity. —Larry Mi­shel, Eco­no­mic Po­licy Ins­ti­tute

It means Ame­rica is not afraid! —Dayo Olo­pade, re­por­ter, the Root

It means there is more to Ame­rica than is dreamt in Karl Ro­ve’s phi­lo­so­phy. —Ha­rold Pol­lack, pu­blic health re­sear­cher and wri­ter, Uni­ver­sity of Chi­cago

It means that the term “proud conser­va­tive” is now more toxic than “San Fran­cisco li­be­ral” ever was. —Sarah Pos­ner, co­lum­nist, the Ame­ri­can Pros­pect

It means the De­mo­crats have a once-in-a-ge­ne­ra­tion op­por­tu­nity to make good on some bold pro­mises. —Eric Rauch­way, pro­fes­sor of his­tory, UC-Da­vis

It means na­tio­nal conver­sa­tions about sexism and ho­mo­pho­bia are up next. —Alyssa Ro­sen­berg, staff cor­res­pondent, Go­vern­ment Exe­cu­tive

It means, as a friend in Tbi­lisi, Geor­gia, said to me today, that our na­tion ma­na­ged to “push the reset but­ton,” and in one ac­tion, re­vi­ved all the won­der­ful, idea­lis­tic over­tones that go with the word “Ame­rica.” —Je­remy Ros­ner, De­mo­cra­tic poll­ster, Green­berg Quin­lan Ros­ner Re­search

It means power even that seems at times ab­so­lute is ul­ti­ma­tely flee­ting. —Laura Rozen, jour­na­list, Mo­ther Jones

It means, as ever, that Ame­rica is ca­pable of sur­pri­sing it­self—and the world. —Tom Schal­ler, Salon

It means I can start wat­ching State of the Union ad­dresses and pre­si­den­tial news confe­rences once again, wi­thout fee­ling em­bar­ras­sed. —Gary Se­gura, po­li­ti­cal scien­tist, Stan­ford Uni­ver­sity

It means Ba­rack Obama will be able to get a cab in New York any­time he wants. —Adam Ser­wer, the Ame­ri­can Pros­pect

It means that some right-wing en­tre­pre­neur will be on the mar­ket with the “Obama Count­down Clock” wi­thin the week. —Wal­ter Sha­piro, Salon

It means that we can fi­nally have so­meone re­present the black com­mu­nity to mains­tream Ame­rica who isn’t Jesse Jack­son, Al Sharp­ton or wea­ring a sum­mer­time fur coat and pla­ti­num chains. —Jesse Tay­lor, foun­der and edi­tor, Pandagon.​net

It means sun­set has ar­ri­ved after Rea­gan’s mor­ning in Ame­rica, and it’s now the op­ti­mis­tic dawn of a bright new day. —Mark Thoma, Eco­no­mist’s View

It means the be­gin­ning of the end of a night­mare that began on Nov. 4, 1980. —Jo­na­than Wei­ler, po­li­ti­cal scien­tist, UNC Cha­pel Hill

It means that prin­ci­pled, vi­sio­nary do­mes­tic and fo­reign po­licy need not come at the ex­pense of mo­ra­lity and jus­tice. —Pa­tri­cia Weits­man, po­li­ti­cal scien­tist, Ohio Uni­ver­sity

133)
Tom25
, le 07.11.2008 à 17:31

Je sais que tu n’es pas pauvre Bi­galo, c’était une image.

Ne faire au­cune al­lu­sion à la cou­leur de peau du nou­veau pré­sident des états unis au­rait été une autre façon de com­battre le ra­cisme. Fais moi confiance, les ra­cistes ont très bien vu qu’il est noir. Un si­lence au­rait voulu dire qu’on trouve ça tel­le­ment na­tu­rel que ça ne va­lait pas la peine d’être sou­levé.

De plus, tu diras ce que tu veux, mais tu pré­sentes ça comme une re­vanche du peuple noir. On com­prends ça très bien. Mais du coup c’est li­mite si je ne me sens pas agressé d’être blanc et/ou ra­ciste dans tes pro­pos. Re­marques je m’en fou, je suis bronzé avec une tête de turc alors :•) .

134)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 17:40

Fais moi confiance, les ra­cistes ont très bien vu qu’il est noir.

Non seule­ment, je te fais confiance, mais je serai sur­pris s’il n’y avait pas une ou plu­sieurs ten­ta­tives d’as­sas­si­nat avant même l’en­trée en fonc­tion d’Obama. J’es­père que une seule ten­ta­tive ne si­gni­fiera pas qu’elle aura réussi, et que donc les ten­ta­tives sui­vantes se­raient de­ve­nues im­pos­sibles.

De plus, tu diras ce que tu veux, mais tu pré­sentes ça comme une re­vanche du peuple noir. On com­prends ça très bien.

Une re­vanche ? En aucun cas. Sim­ple­ment un im­mense sou­la­ge­ment de consta­ter qu’un tel évé­ne­ment est do­ré­na­vant pos­sible aux États-Unis !

135)
Anne Cuneo
, le 07.11.2008 à 17:52

Moi je trouve for­mi­dable tous ces gens blancs qui vivent dans un monde de blancs qui ex­pliquent à Bi­galo com­ment il doit res­sen­tir le ra­cisme…

[L’élec­tion de Barak Obama] …une re­vanche ? En aucun cas. Sim­ple­ment un im­mense sou­la­ge­ment de consta­ter qu’un tel évé­ne­ment est do­ré­na­vant pos­sible aux États-Unis !

A ré­pé­ter cent fois, jus­qu’à ce que ça rentre!

136)
cro­cro
, le 07.11.2008 à 18:39

Ne faire au­cune al­lu­sion à la cou­leur de peau du nou­veau pré­sident des états unis au­rait été une autre façon de com­battre le ra­cisme. Fais moi confiance, les ra­cistes ont très bien vu qu’il est noir. Un si­lence au­rait voulu dire qu’on trouve ça tel­le­ment na­tu­rel que ça ne va­lait pas la peine d’être sou­levé.

Bon­soir

je par­tage to­ta­le­ment ce point de vue.

Et ne faire au­cune al­lu­sion à la cou­leur de peau de tous les autres amé­ri­cains me semble pré­fé­rable à leur clas­si­fi­ca­tion: elle est pour le moins ambigüe et source de confu­sion lors de tra­duc­tions ap­proxi­ma­tives.

En Irak ou en Iran leurs ad­ver­saires se moquent bien des ar­gu­ties dé­fi­nis­sant les amé­ri­cains, ils ne rêvent que d’en buter un maxi­mum, noir, blanc, jaune, his­pa­nique, homme ou femme…

Bon j’ar­rête là, j’es­père avoir été com­pris ce coup ci :-)

137)
Tom25
, le 07.11.2008 à 18:51

Mais … orrr­rhhhhh, com­ment dire … Je suis moi aussi très content que Barak Obama soit élu. Si j’avais voté j’au­rais voté pour lui. Mais en ré­pon­dant au match Blancs – Noirs vous faites le jeu des ra­cistes.

Je suis sûr que si nous étions en­semble à un res­tau et qu’un cré­tin com­mence à me bran­cher sur un sujet quel­conque, que je lui ré­ponde et que le ton monte vous m’en vou­driez en me di­sant qu’il ne vaut pas la peine de gâ­cher la soi­rée.

De plus, cela fait plu­sieurs fois que vous ex­pri­mez votre peur de voir Obama se faire lyn­cher. Mais à trop faire la nique à ceux que ça dé­range … . Ces der­niers mé­ri­taient une claque. Cette claque ils l’ont eu.

Mais ça me donne une deuxième rai­son de pen­ser que fêter cette vic­toire moins “bruyam­ment” n’au­rait pas été plus mal (j’en­tends sans par­ler au­tant de cou­leur de peau).

Une der­nière chose, je suis content d’être sou­vent pris pour un arabe car ça me per­met de m’ex­pri­mer ici. J’au­rais été grand blond aux yeux bleus je n’au­rais même pas osé pos­ter un com­men­taire. Comme quoi …

138)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 18:55

@ cro­cro et Tom25

J’ai­me­rais bien que quel­qu’un d’autre que moi vous ré­ponde.

139)
coa­coa
, le 07.11.2008 à 19:40

Je com­prends bien que cette élec­tion soit un sym­bole pour les mi­no­ri­tés. C’est une “pre­mière”, et je trouve heu­reux que les pion­niers soient sa­lués lors­qu’ils réa­lisent de belles choses. (1)

Quand nous avons été vic­times de dis­cri­mi­na­tions, qui sont – ça pa­raît évident mais il faut bien com­prendre le sens char­nel du mot – de vraies “in­jus­tices”, nous avons be­soin de sym­boles qui, à quelque part, clament “Yes, we can”.

Parce que ça donne de la force pour mar­cher vers “cet autre monde pos­sible” que je rêve, comme Oka­zou et d’autres, de connaître un jour.

Quel­qu’un comme Em­ma­nuelle La­bo­rit a été pour mon frère, qui est sourd, un “es­poir”. Le gar­çon de café le plus po­pu­laire de Fri­bourg, Pe­pino, qui est ho­mo­sexuel, a été pour moi, quand j’étais ado­les­cent, un “es­poir”. Oui, nous pou­vons être aimés “mal­gré”, oui nous pou­vons être en­ten­dus “mal­gré”…

Ce qui est triste, bien sûr, c’est de vivre dans un monde qui oblige des gens à pen­ser à ce foutu “mal­gré”. Mais nier que d’au­cuns doivent y pen­ser n’y chan­gera rien. Au contraire.

La vic­toire d’Obama est une étape qui me fait du bien, qui me fait es­pé­rer qu’un jour il n’y aura plus be­soin d’en par­ler.

(1) En­core faut-il que ces pion­niers si­gni­fient une quel­conque “avan­cée”. Palin, pre­mière vice-pré­si­dente des USA, au­rait été une vraie ca­tas­trophe. Tat­cher en était une, Jörg Hai­der, pre­mier ho­mo­sexuel gou­ver­neur de Ca­rin­thie, ou Pim For­tuyn, pre­mier ho­mo­sexuel fon­da­teur d’un parti néer­lan­dais po­pu­liste, en étaient aussi.

140)
alec6
, le 07.11.2008 à 20:42

@ Levri 127, tu as ou­blié de pré­ci­ser que mon an­cienne si­gna­ture était jus­te­ment “Alexis… tous les dé­fauts”… j’avais saisi bien sûr ton al­lu­sion dans ce sens aussi.

@ Anne 123, merci pour ce flo­ri­lège de ci­ta­tions, dom­mage que ma connais­sance de la ci­vi­li­sa­tion amé­ri­caine soit un peu li­mité car je n’ai pas tou­jours com­pris les al­lu­sions faites (“San Fran­cisco li­be­ral” m’est to­ta­le­ment abs­cons par exemple).

@ Bi­galo… un truc m’échappe, com­ment peux tu être d’ac­cord avec Anne et Tom25 et être en même temps en désac­cord total avec Oka­zou quand les deux pre­mier sou­tiennent ce der­nier en grande par­tie ?

D’une ma­nière gé­né­rale je crois qu’il est dif­fi­cile pour un ra­tio­na­liste pur et dur d’ac­cep­ter qu’un sym­bole puisse à ce point être por­teur de chan­ge­ment, même s’il est sa­lu­taire de prendre du recul et de res­ter de glace face à la liesse po­pu­laire et… naïve.

A re­lire l’His­toire à tra­vers le re­gard de Ste­fan Sweig, on com­prends mieux que cer­tains bou­le­ver­se­ments his­to­riques n’eurent lieu que par le ha­sard d’un dé­tail in­si­gni­fiant… le grain de sable au bon mo­ment au bon en­droit (ou l’in­verse, tout dé­pend de la no­tion de “bon” ou de “mau­vais”).

A moins de se vou­loir dé­ter­mi­niste jus­qu’au bout des ongles…
Me trompe-je ?

141)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 21:42

A tous ceux qui ré­pètent que les vrais pro­blèmes vont com­men­cer à la mi­nute même où Obama sera consa­cré pré­sident, et qui pensent à la pos­si­bi­lité d’un at­ten­tat, je ré­ponds que rien ne pourra ef­fa­cer le fait qu’une ma­jo­rité d’Amé­ri­cains se soit donné of­fi­ciel­le­ment, lé­ga­le­ment et so­len­nel­le­ment un pré­sident dont l’élec­tion vient laver au re­gard de l’his­toire le péché que l’on croyait in­ef­fa­çable de l’es­cla­vage.

Cé­dons à la fa­ci­lité et uti­li­sons, pour qua­li­fier ce qui s’est passé mardi der­nier, le qua­li­fi­ca­tif d’his­to­rique. Aussi bou­le­ver­sante que me­nace d’être la crise fi­nan­cière, on peut dire que le chan­ge­ment que viennent de connaître les Etats-Unis est sans com­mune me­sure avec tout ce que nous avons déjà connu.

142)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 22:14

@ Bi­galo… un truc m’échappe, com­ment peux tu être d’ac­cord avec Anne et Tom25 et être en même temps en désac­cord total avec Oka­zou quand les deux pre­miers sou­tiennent ce der­nier en grande par­tie ?

C’est sur­tout avec Anne que je suis d’ac­cord. Le seul point sur le­quel nous di­ver­geons com­plè­te­ment est l’ap­pré­cia­tion d’Oka­zou : elle a de la sym­pa­thie et beau­coup d’in­dul­gence pour lui, alors que la lec­ture d’un cer­tain nombre de ses in­ter­ven­tions ces der­nières an­nées me le fait au contraire per­ce­voir comme un es­prit mé­diocre, pro­fon­dé­ment mal­hon­nête et à l’es­prit étroit. Ses in­ter­ven­tions re­pré­sentent à mes yeux à elles seules, le seul élé­ment de né­ga­tif Cuk.​ch

Quand à Tom25 nous sommes loin d’être tou­jours d’ac­cord :

Ne faire au­cune al­lu­sion à la cou­leur de peau du nou­veau pré­sident des états unis au­rait été une autre façon de com­battre le ra­cisme… Un si­lence au­rait voulu dire qu’on trouve ça tel­le­ment na­tu­rel que ça ne va­lait pas la peine d’être sou­levé.

Cité, dans une ver­sion plus com­pète par Cro­cro 136, avec cette ré­ac­tion :

Je par­tage to­ta­le­ment ce point de vue.

Voici ce que j’ai pensé en li­sant cela : il y a 2 op­tions :

– Ou bien cela dé­coule d’un ni­veau d’in­cul­ture ef­froyable, car le ra­cisme a été un des pires fléaux de l’hu­ma­nité de­puis plu­sieurs siècles au moins (traite ou com­merce tri­an­gu­laire, co­lo­nia­lisme, apar­theid, Ku Klux Klan) et j’en passe. Pour s’en tenir aux ro­mans et nou­velles, lire les bou­quins d’An­dré Brink sur l’Afrique du Sud, de Na­dine Gor­di­mer sur l’ex-Rho­dé­sie, et voir ou re­voir le pre­mier film d’Euz­han Palcy, « Rue Cases Nègres » tiré du roman de Jo­seph Zobel.

– Ou plus vrai­sem­bla­ble­ment, po­li­tique de l’au­truche ou déni de réa­lité

Mais pré­tendre «  qu’on trouve ça tel­le­ment na­tu­rel que ça ne va­lait pas la peine d’être sou­levé » est to­ta­le­ment aber­rant : outre de nom­breux ra­cistes qui ne trou­ve­ront ja­mais cela na­tu­rel, il y a des cen­taines de mil­lions de gens dans le monde en­tier pour qui cela sem­blait bien plus in­vrai­sem­blable que na­tu­rel dans un tel pays ! Il y a pro­ba­ble­ment un ce­rain nombre de croyants (je n’en suis pas) qui ont dû res­sen­tir cela comme un vé­ri­table mi­racle !

Selon moi, sauf évé­ne­ment ex­cep­tion­nel d’ici le 31 dé­cembre, dans quelques dé­cen­nies, 2008 évo­quera 2 choses seule­ment , le dé­clen­che­ment d’une crise fi­nan­cière et éco­no­mique de por­tée mon­diale, et l’élec­tion du pre­mier pré­seident Noir aux États-Unis.

143)
levri
, le 07.11.2008 à 22:19

@ 131- Ker­mor­van : que veux tu, je vis la lutte des classes au quo­ti­dien, ri­ca­nons en­semble…

@ 140- alec6 : t’in­quiète ! je n’avais pas de doute quant à tes fa­cul­tés de com­pré­hen­sion, mais y’en a cer­tains pour qui il faut mettre les points sur les “i”…

Ne faire au­cune al­lu­sion à la cou­leur de peau du nou­veau pré­sident des états unis au­rait été une autre façon de com­battre le ra­cisme. Fais moi confiance, les ra­cistes ont très bien vu qu’il est noir. Un si­lence au­rait voulu dire qu’on trouve ça tel­le­ment na­tu­rel que ça ne va­lait pas la peine d’être sou­levé.

Nier les dif­fé­rences ne les fait pas dis­pa­raître comme par magie ! Éra­di­quer le ra­cisme, ce n’est pas sup­pri­mer les dif­fé­rences ou faire comme si elles n’exis­taient pas, c’est ac­cep­ter les dif­fé­rences, être ca­pable d’en par­ler na­tu­rel­le­ment, et ce­pen­dant ne pas les uti­li­ser comme une échelle de va­leur.

Y’en a marre de ces trucs de faux culs “po­li­ti­que­ment cor­rects”, en quoi uti­li­ser d’autres mots, user de pé­ri­phrases ou pu­di­que­ment évi­ter cer­tains mots change-t-il la réa­lité ?

Si je dis­cute avec un noir, et que je trouve qu’il est va­che­ment noir, ça ne me gêne pas plus de le lui dire que je ne dirai à quel­qu’un qu’il est va­che­ment blanc. Et si je suis à l’aise avec ce genre de trucs le mec ne le pren­dra pas pour une in­sulte ou une ap­pré­cia­tion né­ga­tive.

Ceci dit fau­drait pas en ra­jou­ter une tar­tine, et une fois qu’on a com­puté qu’Obama était noir conti­nuer à le rap­pe­ler à tout bout de champs, ça de­vait for­cé­ment ar­ri­ver un jour, vu la crois­sance de l’in­té­gra­tion de per­son­na­li­tés de cou­leurs va­riées au sein des mi­lieux qui comptent États Uniens…

144)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 22:24

Glo­ba­le­ment dans cette dis­cus­sion j’ai dû mal à com­prendre que beau­coup ne trouvent pas évident la sur­ve­nue de 2 évé­ne­ments dis­tincts :

L’un ponc­tuel, pro­ba­ble­ment le plus im­por­tant compte tenu de sa puis­sance sym­bo­lique, qui est l’élec­tion d’un Noir aux États-Unis.

L’autre, qui ne com­men­cera réel­le­ment que lors de l’in­ves­ti­ture d’Obama dans plus de 2 mois, le man­dat d’un nou­veau Pré­sident.

Pour cer­tains (Anne, Jean Da­niel et d’autres) c’est évident. Pour d’autres, qui selon moi re­gardent par le petit bout de la lor­gnette, le pre­mier élé­ment (pri­mor­dial selon cer­tains d’entre nous) est pra­ti­que­ment gommé ou ra­mené au rang d’anec­dote.

145)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 22:29

@ levri 143

@ cro­cro et Tom25

J’ai­me­rais bien que quel­qu’un d’autre que moi vous ré­ponde.

A quelques mi­nutes près, j’ai dé­cou­vert trop tard ton com­men­taire, qui est ce que j’es­pé­rais. Cela m’au­rait évité de ré­di­ger la plus grande par­tie de mon com­men­taire 142 et de qua­si­ment mo­no­po­li­ser la pa­role (façon de par­ler) .

Merci en tout cas.

146)
levri
, le 07.11.2008 à 22:34

@ Bi­galo : dé­solé j’étais au té­lé­phone, et je me suis aperçu plus tard que j’avais ou­blié d’en­voyer mon com­men­taire… et puis nous ne di­sons pas exac­te­ment la même chose, et abon­dance ne nuit pas for­cé­ment. ;)

147)
Bi­galo
, le 07.11.2008 à 22:45

@ Bi­galo : dé­solé j’étais au té­lé­phone

Je ne te re­pro­chais rien, faut pas abu­ser. Je fai­sais une simple consta­ta­tion, sur la quasi si­mul­ta­néité de nos in­ter­ven­tions en ré­ponse à cro­cro et Tom25.

148)
Fran­çois Cuneo
, le 07.11.2008 à 23:11

Mes amis.

Je viens de lire enfin le dis­cours d’Obama dans son in­té­gra­lité en fran­çais.

C’est juste ex­tra­or­di­naire.

Gé­nial.

Ex­cep­tion­nel.

Ce type a osé dire des choses ma­gni­fiques.

Qui me tirent les larmes.

Je com­prends ce qu’a dit Anne en fin de nuit mardi (enfin mer­credi matin).

Et cela m’in­sup­porte que cer­tains le re­mettent en ques­tion main­te­nant.

J’ai un im­mense es­poir.

Un pré­sident comme lui, qui l’au­rait seule­ment es­péré il y a deux ans?

Et je me fous dans le cas pré­cis qu’il soit noir ou blanc.

La classe…

149)
Anne Cuneo
, le 07.11.2008 à 23:56

Le voir, éven­tuel­le­ment la tra­duc­tion à la main, c’est en­core mieux.

Obama live

Et un autre angle du même, où on voit le pu­blic.

Je main­tiens ce que je di­sais en l’écou­tant: que c’est un dis­cours que j’au­rais aimé avoir écrit.

Et juste en pas­sant, ça fait quatre ans qu’il fait des dis­cours comme ça au ni­veau na­tio­nal, avant il les fai­sait en petit. Mais de­puis quatre ans, tout le monde pou­vait les lire ou les en­tendre.

150)
Fran­çois Cuneo
, le 08.11.2008 à 00:04

C’est exac­te­ment ce que j’ai écrit dans le début de l’hu­meur de sa­medi!:-)

151)
levri
, le 08.11.2008 à 00:34

heu, j’avais vi­sionné le dis­cours vite fait (fi­chier .avi plus agréable à re­gar­der que sur you­tube, je vous avais donné le lien)… je me de­mande si on a vu la même chose…

C’est bien dit, il a un beau timbre de voix, c’est un spec­tacle bien monté… mais c’est sur­tout du spec­tacle, il trouve même le moyen de re­mer­cier Mme Palin, tout le monde il est beau et gen­til et que dieu bé­nisse les États Unis, ce n’est pas pré­ci­sé­ment ce que j’ap­pel­le­rais un dis­cours de rup­ture ou ré­vo­lu­tion­naire, ni même évo­lu­tion­naire…

bon si j’ai un mo­ment je le re­gar­de­rai de nou­veau de­main.

152)
Fran­çois Cuneo
, le 08.11.2008 à 00:41

Ben dis-donc!

Si c’est pas ré­vo­lu­tion­naire ça, pour les Etats-Unis, et même pour ailleurs…

Et si ce n’est pas évo­lu­tion­naire…

Je ne com­prends pas bien.

Tu au­rais voulu quoi? Qu’il chante l’In­ter­na­tio­nale ou quoi?

153)
levri
, le 08.11.2008 à 00:50

@ Fran­çois : c’est un dis­cours avec de beaux mots bien choi­sis et un cer­tain ly­risme té­lé­vi­suel, je ne l’ai pas trouvé par­ti­cu­liè­re­ment tou­chant, le genre de truc qu’un pré­sident sor­ti­rait dans un té­lé­film U.S avec mu­sique à tirer des larmes à un veau en final…

… Mais comme tu as l’air tou­ché, je le vi­sion­ne­rai plus sé­rieu­se­ment de nou­veau de­main, pour le mo­ment j’ai d’autres oc­cu­pa­tions. Je ré­serve mon avis pour Jan­vier quand il com­men­cera réel­le­ment à agir.

154)
Ker­mor­van
, le 08.11.2008 à 02:28

C’est quand même rien à côté des poèmes d’Ara­gon ou Eluard.

155)
ra­phael
, le 08.11.2008 à 02:53

Jolie re­por­tage. De mon côté j’avais l’avan­tage de pou­voir suivre ça de­puis Ber­ke­ley, sur la côte ouest, donc les ho­raires étaient plu­tôt en ma fa­veur. Sans comp­ter que la fête ici a été mé­mo­rable :) Juste ter­nie par le rejet de la pro­po­si­tion 8 en Ca­li­for­nie. Bon, en même temps je ne suis pas dans un re­paire de Re­pu­bli­cains… je n’ai même pas trouvé un seul yard sign en fa­veur de Mc­Cain dans mon quar­tier.

Par contre j’ai l’im­pres­sion que les Eu­ro­péens ont un peu trop d’es­poir sur le per­son­nage quand à son ou­ver­ture sur le monde et au fait qu’il va être plus at­ten­tif aux pro­blèmes des autres pays. Il est sur que ça va être mieux que Bush (pas dif­fi­cile), mais Obama est fon­da­men­ta­le­ment amé­ri­cain, avec le bien être de son pays en tête, et ce sera sa prio­rité. Il ne sera pas sympa avec les autres si ça ne sert pas les USA (ceci dit, je com­prends – on ne vit pas non plus dans un monde an­gé­lique).

Pe­tite pré­ci­sion: le fait d’avoir 60 voix au Sénat per­met d’em­pê­cher la pra­tique du filli­bus­ting (en gros un se­na­teur peut par­ler au­tant de temps qu’il veut si il ne s’ar­rete pas, em­pé­chant ainsi le pas­sage d’une loi). Pour chan­ger la consti­tu­tion, c’est beau­coup plus dif­fi­cile: non seule­ment les deux chambres (Senat et Chambre des re­pré­sen­tants) doivent voter pour avec 2/3 des voix, mais en plus l’amen­de­ment doit être ra­ti­fié par 3/4 des Etats. Cela ex­plique par ailleurs que la Consti­tu­tion des USA soit une des plus stables qui existent. Et la Consti­tu­tion n’est ja­mais mo­di­fiée: seuls des amen­de­ments y sont faits. Et c’est rare: uni­que­ment 27 amen­de­ments en deux siècles…

156)
Oka­zou
, le 08.11.2008 à 06:52

En­core un texte trop long pour Sa­luki. Il va se mé­fier.

Hardi les gars !

Toi, ami lec­teur, tu dis :
« Un homme, un dé­mo­crate, a été élu à la pré­si­dence des USA. »
Bien.

Mais à par­tir du mo­ment où tu dis :
« Un noir (métis, mu­lâtre…) a été élu à la pré­si­dence des USA. »

alors, im­mé­dia­te­ment, tu en­tre­tiens le ra­cisme ; tu joues le jeu de ceux pour qui avoir la peau non blanche est une tare qui place de facto son por­teur (por­teur de peau, notre lot à tous) au ban de la so­ciété des peaux blanches de la­quelle on le dis­tingue par force et sans rai­son.

Pour­quoi pou­vait-on dire il y a 8 ans et il y a 4 ans : « Un sombre con a été élu à la pré­si­dence des USA », au sujet de Bush ju­nior, sans jeter l’op­probre sur les cons du monde en­tier ? Parce qu’être con (hor­mis le fait que ce soit notre lot à tous) ce n’est pas être grand, ni être jaune, ni avoir les yeux verts ou les pieds pal­més. Ce n’est pas un simple signe phy­sique dis­tinc­tif, être con est une ca­rac­té­ris­tique ac­quise (d’une façon ou d’une autre) alors qu’être roux est un ca­rac­tère inné (in­dé­pen­dant de la vo­lonté de qui­conque).

Il n’y a pas l’ombre d’un doute, celui qui dit : « Un noir a été élu à la pré­si­dence des USA », quelle que soit la rai­son qui le pousse à le dire, ce­lui-là en­tre­tient le ra­cisme, il de­vient, tout anti-ra­ciste qu’il puisse se pro­cla­mer, le com­plice ob­jec­tif de ceux qu’il com­bat.

Pour com­battre le ra­cisme la pre­mière ac­tion consiste à ne pas l’ali­men­ter. C’est l’en­sei­gne­ment ma­jeur de l’élec­tion d’Obama. Ne pas com­prendre quelque chose d’aussi simple et évident est in­quié­tant pour la suite. Mais après tout ce ne se­rait pas la pre­mière fois que des vic­times fa­ci­litent les crimes de leurs bour­reaux.

Quoi qu’il en soit, Bi­galo, que tu com­prennes ou pas ce que je me tue à te dire, si je te croise, je te salue. C’est la moindre po­li­tesse que doit un être hu­main à son sem­blable.
Mais je ne t’em­bras­se­rai pas :-))) Fais gaffe quand même, le mé­pris, qui peut dé­ri­ver jus­qu’à la haine, est le mode d’ex­pres­sion or­di­naire des ra­cistes. Tu as un pro­blème, Bi­galo, et ce pro­blème, ce n’est pas moi. Ce n’est pas la cou­leur de ta peau non plus. Le com­pren­dras-tu ?

Et pour ré­pondre à la fois à Fran­çois-118 et à Anne-135 (qui sou­tient Fran­çois) sur cette ques­tion-af­fir­ma­tion : « Moi je trouve for­mi­dable tous ces gens blancs qui vivent dans un monde de blancs qui ex­pliquent à Bi­galo com­ment il doit res­sen­tir le ra­cisme… »

Moi, ce que je trouve for­mi­dable, c’est qu’il ne sert à rien que je me dé­car­casse à es­sayer de vous faire com­prendre mon petit point de vue, (pour­tant pas si sot) selon le­quel nous ne sommes pas blancs, jaunes, verts mais seule­ment, et tous des hommes aux ca­rac­té­ris­tiques phy­siques in­fi­ni­ment dif­fé­rentes (des mil­liards de mil­liards de com­bi­nai­sons pos­sibles) et rien d’autre, c’est peine per­due si vous en res­tez à par­ler de gens noirs qui vivent dans un monde de blancs. Les ra­cistes vous re­mer­cient pour votre par­ti­ci­pa­tion à l’en­tre­tien et à la pé­ré­ni­sa­tion de « l’idée » selon la­quelle des groupes hu­mains se­raient dis­tinc­tifs, non par leur culture, leurs mœurs, leur bio­tope, mais par la cou­leur de leur peau, « Les blancs pour­raient tout de même ad­mettre que les noirs en connaissent un rayon de plus que les blancs en ma­tière de ra­cisme. » Elle est vrai­ment énorme, celle-là. Et elle passe !

Le noir se­rait donc le seul spé­cia­liste en ma­tière de ra­cisme ha­bi­lité à en par­ler. Déjà, on ou­blie que les ra­cistes eux-mêmes nous en ap­prennent beau­coup sur leur péché mi­gnon. Alors di­sons que seuls les ra­cistes et les noirs sont ha­bi­li­tés à par­ler du ra­cisme, étant plei­ne­ment im­pli­qués. Et nous, on ferme notre gueule, on paye notre place et on as­siste au spec­tacle ? On est en dé­mo­cra­tie, là ? Dans des pays ci­vi­li­sés ?

On touche à l’ab­surde avec de telles af­fir­ma­tions.

Alors je ré­itère : Fran­çois, je ne vis pas dans un monde de blancs, je vis, comme Bi­galo, dans un monde d’être hu­mains de toutes tailles, de toutes cou­leurs, etc. Et dans ce monde d’être hu­mains, cha­cun peut ex­po­ser son point de vue sur ce qu’il a vécu et sur ce qu’il n’a pas vécu mais sur le­quel, dans les deux cas, il a ré­flé­chi pour pou­voir ex­pri­mer ce point de vue.
Per­sonne ici n’a nié le vécu de Bi­galo. Mais pour­quoi la pa­role de Bi­galo de­vrait-elle être pré­émi­nente sur celle de ses contra­dic­teurs ? Sou­vente fois (ex­pres­sion d’un de mes beaux-frères) celui qui a le nez sur un pro­blème n’a pas le dé­ta­che­ment né­ces­saire à son rè­gle­ment et re­ce­vra de l’ex­té­rieur la so­lu­tion. Celui qui souffre n’est pas tou­jours le mieux ha­bi­lité à com­prendre ce qui le fait souf­frir et à en­vi­sa­ger la so­lu­tion pour en sor­tir. Je suis cer­tain que nous avons tous bien des exemples à ce pro­pos.

Ah, oui, jal­lais ou­blier. J’ai passé la jour­née en­touré de mu­si­ciens. Il y avait des Fran­çais et un Ca­me­rou­nais. Tous très bons mu­si­ciens d’afro-beat à la ma­nière de Fela Kuti. Ça dé­pote, c’est vi­vant et ça fait bien bou­ger. Alors, bien sûr, pour jouer cette mu­sique à l’afri­caine, il y avait une ma­jo­rité de mu­si­ciens à la peau sombre (il y en a beau­coup, en Afrique, vous savez, c’est pour que la peau ré­siste mieux aux UV !), de di­verses nuances, al­lant du mar­ron bien foncé pour le lea­der au café au lait (avec beau­coup de lait) pour la chan­teuse. Per­vers comme je suis, vous pen­sez bien qu’on a parlé d’Obama et de son refus d’être consi­déré pour un can­di­dat noir (pas pour un noir, hein ? Pour un can­di­dat noir).

Je vous le donne en mille, ils ont par­fai­te­ment com­pris la thèse d’Obama… et ne sont pas sur­pris du tout par mes pro­pos, qui n’étaient qu’une re­su­cée de ceux que je tiens ici-même. Il n’y a donc pas que des gen­tils Bi­galo per­dus dans un monde blanc hos­tile, il y a aussi des mu­si­ciens « black » bien dans leur peau.
CQFD.

•••
Spé­ciale Tom25 : tu es un bon­heur à toi tout seul.


Un autre monde est pos­sible. Un monde d’êtres hu­mains, tous sem­blables et tous dif­fé­rents.

157)
Oka­zou
, le 08.11.2008 à 06:55

« Cela ex­plique par ailleurs que la Consti­tu­tion des USA soit une des plus stables qui existent. Et la Consti­tu­tion n’est ja­mais mo­di­fiée: seuls des amen­de­ments y sont faits. Et c’est rare: uni­que­ment 27 amen­de­ments en deux siècles… »

Tout cela en­tre­tient le mythe de la consti­tu­tion par­faite. Per­son­nel­le­ment je trouve qu’un texte consti­tu­tion­nel doit pou­voir être mo­di­fié pour s’adp­ter aux évo­lu­tions, au pro­grès.

Les An­glais, eux, n’ont ja­mais mo­di­fié leur consti­tu­tion : ils n’en ont pas.

158)
Fran­çois Cuneo
, le 08.11.2008 à 08:00

Il n’y a pas l’ombre d’un doute, celui qui dit : « Un noir a été élu à la pré­si­dence des USA », quelle que soit la rai­son qui le pousse à le dire, ce­lui-là en­tre­tient le ra­cisme, il de­vient, tout anti-ra­ciste qu’il puisse se pro­cla­mer, le com­plice ob­jec­tif de ceux qu’il com­bat.

Pour com­battre le ra­cisme la pre­mière ac­tion consiste à ne pas l’ali­men­ter. C’est l’en­sei­gne­ment ma­jeur de l’élec­tion d’Obama. Ne pas com­prendre quelque chose d’aussi simple et évident est in­quié­tant pour la suite. Mais après tout ce ne se­rait pas la pre­mière fois que des vic­times fa­ci­litent les crimes de leurs bour­reaux.

Mais bor­del Oka­zou, après tout ce que les gens t’ont ex­pli­qué ici, je trouve in­quié­tant pour la suite que tu conti­nues sur ce dis­cours.

Moi, ce que je trouve for­mi­dable, c’est qu’il ne sert à rien que je me dé­car­casse à es­sayer de vous faire com­prendre mon petit point de vue, (pour­tant pas si sot) selon le­quel nous ne sommes pas blancs, jaunes, verts mais seule­ment, et tous des hommes aux ca­rac­té­ris­tiques phy­siques in­fi­ni­ment dif­fé­rentes (des mil­liards de mil­liards de com­bi­nai­sons pos­sibles) et rien d’autre, c’est peine per­due si vous en res­tez à par­ler de gens noirs qui vivent dans un monde de blancs.

Mais tout sim­ple­ment parce que le monde n’est pas comme tu veux qu’il soit, il est comme il est.

Et à l’éclai­rage de ce qu’il est, ce monde, le sym­bole de l’élec­tion d’un noir est une chose ex­tra­or­di­naire et for­mi­dable.

Bien sûr qu’on pré­fé­re­rait ne pas avoir à le dire, mais on le dit parce que ce sym­bole est GE­NIAL dans le monde réel, et que nous ne vi­vons pas dans la tête d’Oka­zou!

Tu peux pas es­sayer de sor­tir de ta vi­sion une fois nom de diou ou quoi? Ce n’est pas TOI qui est le monde, ce n’est pas TA VI­SION qui est le monde.

On ne peut pas éclai­rer tous les su­jets selon TA ma­nière de voir les choses.

lors je ré­itère : Fran­çois, je ne vis pas dans un monde de blancs, je vis, comme Bi­galo, dans un monde d’être hu­mains de toutes tailles, de toutes cou­leurs, etc. Et dans ce monde d’être hu­mains, cha­cun peut ex­po­ser son point de vue sur ce qu’il a vécu et sur ce qu’il n’a pas vécu mais sur le­quel, dans les deux cas, il a ré­flé­chi pour pou­voir ex­pri­mer ce point de vue.

Tu peux ex­po­ser ton point de vue, mais tu n’as pas à dire à l’autre com­ment il doit ré­agir. Ce que tu fais ré­gu­liè­re­ment.

Et puis, je me di­sais (pour en re­ve­nir à un de tes pre­miers com­men­taires et pour chan­ger deux se­condes de sujet)… quand au pro­blème de sa­voir si oui ou non nous pou­vons écrire des ar­ticles comme Anne l’a fait sur cette nuit dé­mo­crate, comme je l’ai fait pour l’iPhone, des ar­ticles évé­ne­men­tiels quoi, faut-il qu’on te de­mande la pro­chaine fois l’au­to­ri­sa­tion en trois exem­plaires? Pour sa­voir si c’est ri­di­cule de le faire?

159)
Tom25
, le 08.11.2008 à 08:13

Pe­tite pré­ci­sion: le fait d’avoir 60 voix au Sénat per­met d’em­pê­cher la pra­tique du filli­bus­ting (en gros un se­na­teur peut par­ler au­tant de temps qu’il veut si il ne s’ar­rete pas, em­pé­chant ainsi le pas­sage d’une loi).

La vache ! Je ne sa­vais pas ?! Du coup je sais com­ment Oka­zou gagne sa vie, le sé­na­teur qui ne veut pas qu’une loi passe lui sous­traite l’écri­ture de son dis­cours.

Levri, je suis comme toi, j’ai­me­rai bien ne pas gêner à dire à un noir qu’il est très noir ou une blanche qu’elle est très pâle. Mais je n’ose pas sou­vent.

Je ne suis pas cultivé, mais je pense tout de même ap­pré­cier l’élec­tion d’Obama à sa juste va­leur. Je ne dis pas que c’est na­tu­rel, je dis que lais­ser pa­raître que ça l’était n’au­rait peut-être pas été plus mal.

Et puis même, les fer­veurs ou­tra­geu­se­ment af­fi­chées me dé­rangent. Faut dire que je ne suis pas un ex­pres­sif moi, ça aussi on me le dit sou­vent. Notre can­di­dat a gagné, c’est bien, mais celui des autres a perdu. C’est comme à la sorti d’un match de foot, tous ces cons qui se foutent sur la gueule parce que les uns narguent les autres me dé­bectent. Au rugby on se contente de dire que le match est fini et on va boire un coup.
C’est comme moi, j’ai tiré le ti­cket ga­gnant de la gé­né­tique. Je suis grand beau fort in­tel­li­gent et tout le reste. Mais je ne saute pas par­tout en le criant à tout tête et à tout bout de champs. Ce ne se­rait pas sympa pour vous et ça fi­ni­rait par vous aga­cer. Non ?
Je m’ad­mire, je me contemple tout seul de­vant ma glace tous les ma­tins. Heu­reux de cette chance que j’ai eu et plein de com­pas­sion pour les moins chan­ceux.

Tu as plu­sieurs so­lu­tions avec les ra­cistes, soit tu les ti­tilles tous les jours avec Obama, soit tu les laisses di­gé­rer ça et petit à petit leur nombre di­mi­nuera. Moi aussi j’ai sou­vent envi de mettre ma main dans la gueule de ceux que je trouve cons. Il y a 2 as­pects là-de­dans, 1 ça dé­foule, et 2 ça peut par­fois re­mettre les cons dans le droit che­min. Force est de consta­ter que dans la ma­jo­rité des cas ça dé­gé­nère. Mais le cas 1 à lui tout seul peut suf­fire comme rai­son.

160)
Ker­mor­van
, le 08.11.2008 à 09:15

Vous pou­vez ob­ser­ver ceci: au rugby, le ga­gnant dit: “nous n’avons pas très bien joué”. Et pis c’est tout.

161)
Anne Cuneo
, le 08.11.2008 à 10:28

Je suis en train d’écou­ter des Afri­cains par­ler de l’élec­tion d’Obama – France Inter, Oka­zou, et j’es­père que tu leur en­ver­ras, à ces Afri­cains, une lettre pour leur ex­pli­quer qu’ils en­tre­tiennent le ra­cisme contre eux-mêmes.

162)
Ker­mor­van
, le 08.11.2008 à 11:24

Nous voyons là une pous­sée de na­tio­na­lisme des plus clas­sique, in­duite par les dif­fi­cul­tés. Un type sur une es­trade sou­lève les foules, avec der­rière lui une bat­te­rie de dra­peaux, ça se ter­mine par un hymne, une com­mu­nion, des larmes d’émo­tion, et Gott mit uns.

163)
levri
, le 08.11.2008 à 11:30

@ 156- Oka­zou : Je pense com­prendre ton sen­ti­ment, mais peut-être que tu l’ex­primes un peu mal­adroi­te­ment.

Je suis d’ac­cord sur le fait de consi­dé­rer Obama comme un pré­sident amé­ri­cain. (“point”). Mais dans le contexte so­cio-po­li­tique le fait qu’il soit co­loré est si­gni­fi­ca­tif his­to­ri­que­ment, et peut être com­menté. Ceci dit je te re­join­drais presque en di­sant qu’une fois le fait com­menté, il ne fau­drait pas en chier une pen­dule et as­so­cier sys­té­ma­ti­que­ment sa né­gri­tude à son titre et son nom. J’es­père que main­te­nant que le fait est re­connu, l’usage sera de dire “le pré­sident Obama” et non “le pré­sident noir Obama”, ce qui cor­ro­bo­re­rait ton sen­ti­ment.

@ 159- Tom25 : je suis bru­ta­le­ment hon­nête, mais je suis meilleur à l’oral, l’écri­ture est à mon sens figée et me fait suer (je parle de la mienne, je n’aime pas écrire, mais j’aime bien lire les autres, in­co­hé­rent, hein).

Les gens ne sont pas des ro­bots, et “sentent” les in­ten­tions, si je dis à quel­qu’un qu’il est “très noir”, après une mi­cro-se­conde dans l’ex­pec­ta­tive, mon in­ter­lo­cu­teur se rend compte que ce n’est pas une ap­pré­cia­tion né­ga­tive, et vu le non confor­misme du com­men­taire ça peut même ou­vrir sur une conver­sa­tion in­té­res­sante, sur­tout si la phrase ser­vait d’ou­ver­ture avec un in­connu.

@ 162- Ker­mor­van : oui ça fait aussi par­tie du spec­tacle…

164)
Anne Cuneo
, le 08.11.2008 à 11:45

J’es­père que main­te­nant que le fait est re­connu, l’usage sera de dire “le pré­sident Obama” et non “le pré­sident noir Obama”, ce qui cor­ro­bo­re­rait ton sen­ti­ment.

Mais oui, levri, mais oui Oka­zou, mais oui tous les autres, c’est exac­te­ment ça, ça fait deux jours que je me tue à vous le dire (comme écri­rait Oka­zou), la né­gri­tude d’Obama est ex­cep­tion­nelle DANS LE CONTEXTE, en ce qu’elle ex­prime le début de chute d’un tabou (vous voyez que je suis pru­dente), à par­tir du 5 no­vembre au soir, elle ne compte plus EN TANT QUE TELLE.

Quand Colin Po­well et Condo­leeza Rice se sont (en ce qui me concerne) com­por­tés comme des sa­lauds, je les voyais comme des sa­lauds, La cou­leur de leur peau n’avait au­cune im­por­tance. En re­vanche, lorsque Mar­tin Lu­ther King fait un cer­tain dis­cours, il est d’abord Noir, en­suite po­li­ti­cien. Rê­vons: s’il n’avait pas été as­sas­siné, et qu’il se soit pré­senté à la pré­si­dence, le len­de­main de son éven­tuelle élec­tion, il au­rait été le pré­sident – et fi­chons-nous de sa cou­leur, seuls les actes comptent.

C’est ainsi que je ver­rai Ba­rack Obama à par­tir de l’ins­tant où, le 20 jan­vier, il aura prêté ser­ment.

165)
Ker­mor­van
, le 08.11.2008 à 11:54

Nous, les eu­ro­péens, et en­core plus les états-uniens, bé­né­fi­cions d’un cer­tain confort, au­quel nous ne re­non­ce­rons ja­mais. Nous nous ral­lie­rons à ceux qui nous pro­mettent la per­pé­tua­tion de ce confort, même et sur­tout si c’est im­pos­sible. Grâce à quelques guerres et quelques fa­mines, notre confort va être pro­longé quelque temps. Obama ne pro­met rien d’autre à son peuple. Puis, comme l’ex­plique très bien Jean-Marc Jan­co­vici, l’iné­luc­table va se char­ger de nous rat­tra­per.

166)
levri
, le 08.11.2008 à 12:15

@ 164- Anne : je te fe­rais re­mar­quer, que bien que ça n’ait pas en­gen­dré de ten­dance sui­ci­daire chez moi, je t’ai ap­puyé sur ce coup là, et que j’ai fa­rou­che­ment et vaillam­ment com­battu le plai­sir per­vers que j’au­rais pu prendre à jeter de l’huile sur le feu…

Le com­men­taire que tu cites était une fra­gile pas­se­relle de cordes jetée sur l’abîme de l’in­com­pré­hen­sion afin es­sayer de faire se re­joindre deux mondes ap­pa­rem­ment in­con­ci­liables…

167)
Anne Cuneo
, le 08.11.2008 à 12:37

Merci, Levri, c’est ainsi que je l’ai perçu, je plus­soyais, comme disent les autres.

168)
levri
, le 08.11.2008 à 12:43

@ Anne : pas de re­mer­cie­ments, tu plus­soyais en 164, et en 166 je ne fai­sais que plai­san­ter. :)

169)
alec6
, le 08.11.2008 à 13:18

Merci Ker­mor­van de rap­pe­ler que l’iné­luc­table va nous rat­tra­per, mais tout le monde s’en fout, d’ailleurs, le baril frôle les 60$ ! Alors, comme en 1938 à Mu­nich… la paix est sau­vée ! “Gott mit uns !

Pour re­ve­nir au sujet… un dé­tail que j’au­rais dû si­gna­ler plus tôt.

J’ha­bite à Paris dans le 20e, le maire de mon ar­ron­dis­se­ment est une femme, le maire de Paris un ho­mo­sexuel et le dé­puté de ma cir­cons­crip­tion une femme noire ! et alors ?

Tout le monde s’en bas les bre­loques ! pas d’hu­meur à ce sujet dans le moindre jour­nal ou site in­ter­net.

Une ques­tion : et si Oka­zou était noir ?

170)
Ker­mor­van
, le 08.11.2008 à 13:25

Ah oui! je n’y avais pas pensé!

171)
levri
, le 08.11.2008 à 14:05

@ 165- Ker­mo­van : tu au­rais dû écrire : ” nous ne re­non­ce­rons ja­mais… vo­lon­tai­re­ment” car, comme tu le dis “l’iné­luc­table risque de se char­ger de nous rat­tra­per.”

J’ha­bite à Paris dans le 20e, le maire de mon ar­ron­dis­se­ment est une femme, le maire de Paris un ho­mo­sexuel et le dé­puté de ma cir­cons­crip­tion une femme noire ! et alors ?

Et alors … RIEN ! Au­tant que je sache ni Paris, ni le 20ème ne sont le point nodal où est situé le phare per­met­tant à la dé­mo­cra­tie mon­diale de gar­der le cap, et dieu n’est même pas à vos côtés !

Pour ta ques­tion : cha­cun sait qu’Oka­zou c’t’un rouge ! :D

Et j’écoute Ro­ck’n’roll Nig­ger de Patti Smith sur l’al­bum Eas­ter

“Jimi Hen­drix was a nig­ger.

Jesus Christ and Grandma, too.

Jack­son Pol­lock was a nig­ger.

Nig­ger, nig­ger, nig­ger, nig­ger,

nig­ger, nig­ger, nig­ger.”

172)
Tom25
, le 08.11.2008 à 14:29

Un ques­tion : et si Oka­zou était noir ?

Il a déjà le dé­faut d’avoir des opi­nions com­mu­nistes, il n’a pas tous les dé­fauts non plus quand même ?!

Ce genre de plai­san­te­rie est-elle ra­ciste ? Ou est-ce de ne pas oser plai­san­ter avec ça qui l’est ?

Oui parce que je plai­sante, je pense que vous l’au­rez com­pris mais je pré­fère m’en as­su­rer

.

173)
Ker­mor­van
, le 08.11.2008 à 15:48

Il n’y a pas de lieu où tout est pos­sible, mais s’il y a des des riches et des pauvres, alors la lutte des classes per­dure. On a tou­jours fait mar­cher les hu­mains avec l’es­poir de jours meilleurs, jusque dans les tran­chées de la guerre de 14-18, et je sais que ma grand-mère ne me re­garde pas, elle n’est plus que quelques os vieillis au fond d’un trou. S’il se trouve quelques tra­vailleurs et tra­vailleuses pour pui­ser dans leur peu d’éco­no­mies pour don­ner cinq dol­lars à la cause, que pèsent-ils face à Wall Street ? La route sera longue, l’ as­cen­sion dif­fi­cile, voici Raf­fa­rin. Je vous le pro­mets, nous y ar­ri­ve­rons, voici Sar­kozy. Si nos en­fants pou­vaient connaître le siècle pro­chain, ils ne ver­ront que les ruines ap­por­tées par la crise éner­gé­tique et le cli­mat per­turbé. Dans notre mul­ti­tude, nous ne fai­sons qu’un? Eh ben voyons! Alors, que Dieu bé­nisse les États-Unis d’Amé­rique, et qu’il fasse que les avions cessent de bom­bar­der les ma­riages af­ghans.

174)
Oka­zou
, le 08.11.2008 à 15:51

« cha­cun sait qu’Oka­zou c’t’un rouge ! :D »

Dé­trompe-toi, je suis plus noir que rouge ! ;-)

175)
Oka­zou
, le 08.11.2008 à 15:57

« Oui parce que je plai­sante, je pense que vous l’au­rez com­pris mais je pré­fère m’en as­su­rer »

Tu mets le doigt sur quelque chose d’im­por­tant. Il fau­drait tout de même que l’on puisse s’ex­pri­mer sans éprou­ver le be­soin de se jus­ti­fier sans arrêt sur les blo­cages des autres. Y’a du bou­lot pour y par­ve­nir !

176)
Oka­zou
, le 08.11.2008 à 16:09

« Mais bor­del Oka­zou, après tout ce que les gens t’ont ex­pli­qué ici, je trouve in­quié­tant pour la suite que tu conti­nues sur ce dis­cours. »

Dé­solé, Fran­çois, mais ce n’est pas de moi que tu de­vrais t’in­quié­ter.

Il y a beau temps que j’ai dé­passé l’his­toire de la liesse que l’on doit ou pas ex­pri­mer après l’élec­tion d’Obama. J’étais dans ma der­nière in­ter­ven­tion (et quelques autres) en train de ten­ter d’ex­pli­quer en quoi Bi­galo se plante sur son propre sort (quel culot ! di­ras-tu) et quelle est la pre­mière me­sure à prendre (hors élec­tion d’Obama) pour trai­ter le ra­cisme comme il le mé­rite. Il se trouve que ça passe par ce qu’à fait Obama lui-même, en per­sonne, pour par­ve­nir à ga­gner l’élec­tion. Il s’est pré­senté en can­di­dat dé­mo­crate, pas en can­di­dat noir.

Voilà la leçon d’Obama au monde. Quand tu re­jettes ce que je dis tu re­jettes ce que dit Obama et tu ne t’en rends pas compte.

Ce com­por­te­ment, cette façon de ré­pondre, c’est au­jour­d’hui qu’il faut com­men­cer à l’ap­pli­quer. Mais Obama n’a rien in­venté. Comme je l’écri­vais plus haut, les mu­si­ciens que j’ai ren­con­trés hier ne l’ont pas at­tendu.

177)
levri
, le 08.11.2008 à 16:27

Dé­trompe-toi, je suis plus noir que rouge ! ;-)

pff, li­mite rouge un peu gri­sâtre, tu ne me feras pas chan­ger d’avis !

@ 175. Oka­zou : pt1, mais on peut s’ex­pri­mer !, et si tu éprouves le be­soin de te jus­ti­fier, c’est que tu te sens mal dans tes bas­kets, ou que tu as de mau­vaises fré­quen­ta­tions !

@ 176 le même : stp, ar­rête ! tu ra­joutes à la confu­sion !

J’écoute Floa­ting Anar­chy Radio de Here & Now sur l’al­bum Give & Take

178)
Ker­mor­van
, le 08.11.2008 à 16:28

Obama, au se­cours!

Le Mous­tique tigre Aedes al­bo­pic­tus et le Chi­kun­gu­nya (en at­ten­dant la dengue) sont ap­pa­rus sur la côte d’Azur. Ce mé­chant mous­tique pique du­re­ment, et dans la jour­née. C’est dire qu’il n’y a pas que le cli­mat et les USA qui changent.

179)
alec6
, le 08.11.2008 à 16:51

En pas­sant…

L’Amé­rique est un pays au des­sus des autres et bien sûr de tous soup­çons, d’ailleurs la moindre cri­tique à son égard consiste à faire de l’anti amé­ri­ca­nisme pri­maire. Parle-t-on d’anti fran­cisme, d’anti ger­ma­nisme, d’anti ja­po­nisme ou d’anti rus­sisme lors­qu’on cri­tique de par le vaste monde la France, l’Al­le­magne le Japon ou la Rus­sie ? Bi­zarre non ?

Plus que ja­mais cri­ti­quer les Etats Unis si­gni­fiera non seule­ment faire de l’anti amé­ri­ca­nisme, mais aussi du ra­cisme pri­maire !

God blesse l’Amé­rique !

180)
Ker­mor­van
, le 08.11.2008 à 18:25

De l’en­thou­siasme.

Il y en a bien d’autres qui se sont mon­trés en­thou­siastes en leur temps, et pas des moindres. Voyez (si vous par­ve­nez à mettre la main des­sus) l’ode à Tho­rez (Il re­vient..) par Ara­gon et l’ode à Sta­line (Et Sta­line dis­sipe au­jour­d’hui le mal­heur…) par Eluard. Que Man­del­stam fut mort sur le route de la Ko­lyma ne leur ser­vit de rien. J’en ai vu et en­tendu des en­thou­siastes, dans les an­nées cin­quante, et plus tard en­core, des pauvres qui met­taient bien 5 dol­lars afin d’en­voyer un ca­deau au petit père des peuples pour son an­ni­ver­saire. En re­mon­tant un peu, j’ai des an­cêtres qui par­tirent en­thou­siastes en 1914. Evi­dem­ment, ça re­monte un peu loin. Plus près de nous, voyez, par exemple, le par­cours de nos “nou­veaux phi­lo­sophes” maoistes; en­thou­siastes, eux aussi le furent, sans le ta­lent d’Ara­gon ni Eluard, tou­te­fois.

181)
Fran­çois Cuneo
, le 08.11.2008 à 20:42

Donc Ker­mo­van, parce que cer­tains se sont trom­pés, il faut tuer l’en­thou­siasme si je com­prends bien…

Ben je ne serai pas le bour­reau.

182)
Ker­mor­van
, le 09.11.2008 à 04:06

Fran­çois,les le­çons de l’his­toire ne servent à rien.

183)
Bi­galo
, le 09.11.2008 à 21:41

Bon­soir,

J’ai été ab­sent tout le week-end, sans accès à In­ter­net. J’étais dans le Mor­van avec des amis à ra­mas­ser des chan­te­relles en tube et des pieds de mou­tons. À 4, nous en avons ra­massé en­vi­ron 8 kg ;-))

Je viens de ren­trer et de lire les der­niers com­men­taires. De nom­breuses choses me viennent à l’es­prit mais je n’ai pas le cou­rage de les ex­pri­mer.

Je pense tou­jours que cer­tains n’ont rien com­pris, mais je n’en­tre­rai pas plus dans le dé­tail.