Purée! J'ai eu l'air fin moi, à tourner autour de mon appareil sur son trépied pendant au moins vingt minutes…
J'aurais envoyé des baffes aux ingénieurs Nikon samedi.
J'étais à Romainmôtier pour prendre une ou deux images pour illustrer cet article.
L'abbatiale de Romainmôtier. Cette image n'est pas HDR, qu'on se le dise…
Le but (vous comprendrez pourquoi)? Faire quelques images avec la fonction Bracketing.
Eh bien, après une demi-heure, et un téléphone à Mathieu, qui a aussi un D700: impossible de savoir comment pratiquer, alors qu'avec le D3, je ne'avais eu aucun besoin de consulter le manuel puisqu'activer le bracketing est la simplicité même.
Eh bien pas sur le D700 (et D300 d'ailleurs)! Il faut commencer par donner à un bouton de son choix (Fonction, vérification de la profondeur de champ, ou mémorisation de l'exposition), la fonction de bracketing, dans le compartiment "touche + molette".
Non mais de qui se moque-t-on? Alors qu'il est si facile d'avoir un bouton dédié, ou une fonction dans le menu.
Non, zéro pointé sur cette fonction chez Nikon, qui nous avait habitués à une ergonomie de haut niveau, alors que là…
Mais revenons maintenant, après ce petit coup de sang, au sujet qui nous intéresse aujourd'hui.
Juste encore une chose avant: les photos qui illustrent (finalement) cet article sont de ma pomme (c'est encore l'abbatiale de Romainmôtier, je n'y peux rien, elle est à 4 km de chez moi, et j'en suis amoureux), et en HDR. Je ne prétends pas qu'elles sont bonnes, et l'auteur du livre dont il est question ici va peut-être devenir fou à les regarder, se disant que je n'ai rien compris à ses conseils, et que je suis une mauvaise pub pour lui.
Je n'espère pas, mais bon, on ne sait jamais.
Les images ont toutes été prises sur une série de 7 images en rafales, de -3 à +3 IL, pas pas d'1 IL, seule l'image du milieu étant "correctement" exposée. En suivant les conseils du livre, j'aurais pu affiner selon les circonstances, mais bon, vu l'humeur du jour, je n'avais pas envie de finasser. Objectif 14-24,
Nous disions donc, le HDR…
Le HDR (pour High Dynamic Range), nous en avons parlé depuis longtemps sur Cuk.ch.
Hervé avait testé en son temps notre ami Photomatix Pro (qui a bien évolué depuis), et j'en avais rajouté une couche avec beaucoup de maladresse (due à mon enthousiasme d'alors –nouveau jouet, beaucoup d'exagération–) ici.
Le HDR pallie un gros problème présent en photographie, mais encore plus depuis que le numérique est de vigueur partout: la grande difficulté d'un capteur (un film à l'époque) de restituer à la fois les très hautes lumières et les basses lumières.
Certes, le film était plus souple (je ne parle pas des films pour dias) que le capteur.
D'un autre côté, les appareils ont fait de gros progrès, en particulier depuis un an, et l'apparition du 14 bits sur plusieurs marques.
Mais malgré tout, nous sommes souvent obligés de choisir entre "Je crame les hautes lumières (qui sont alors souvent pratiquement irrécupérables) pour déboucher les ombres", ou "je sous-expose sciemment, pour protéger les hautes lumières, quitte à remonter les ombres après, dans un logiciel, au détriment souvent du bruit".
Le HDR peut sembler être LA solution, puisqu'elle est basée sur la prise de plusieurs images du même sujet (au minimum 3 normalement, mais on peut même imaginer bosser à partir d'un seul RAW, ce qui restera moins bon tout de même que travailler véritablement à partir de plusieurs images). Ces trois (ou 5, ou plus) images seront pour la première sous-exposée, pour la seconde exposée correctement, pour la troisième surexposée, par exemple grâce à la fonction rafale associée à un bracketing.
Notez que le bracketing se fera sur la vitesse, afin de ne pas modifier le diaphragme, et donc la profondeur de champ.
Des logiciels comme Photoshop, Hydra ou Photomatix permettront de prendre le meilleur de chaque image, d'en faire plus qu'une, qui, une fois passée à la moulinette d'un truc un peu magique appelé ToneMapping, va permettre d'avoir sur l'image à la fois les hautes lumières non cramées, et les basses lumières bien présentes, avec des ombres débouchées.
Cela peut sembler génial.
Ça m'a d'ailleurs semblé génial.
Sauf qu'au début, vous êtes tellement foufou avec cette chose, que vous en faites beaucoup trop.
Au point que l'autre jour, Jean-François Vibert titrait "La photo HDR? Ciel que c'est laid".
Il nous présentait un site sur Flickr qui il est vrai, est vraiment moche de chez moche.
Et pourquoi donc? Tout simplement parce que l'auteur a usé et abusé des effets de ToneMapping, rendant les couleurs criardes, l'absence d'ombres sans mystères, aplatissant toutes les images de manière assez vulgaire (purée, j'espère que l'auteur de se site ne lit pas Cuk.ch, je ne voudrais pas le rendre triste).
Il faut donc apprendre à maîtriser le HDR, raison pour laquelle le livre Photographie HDR, des photos hors du commun, signé Pierre-Henry Muller, chez Dunod pourrait vous être fort utile.
Photographie HDR, des photos hors du commun, par Pierre-Henry Muller, éditions Dunod
Ah ben cette image n'est pas un HDR, c'est la couverture
du livre. Elle n'est pas de moi.
Comment? Qui a dit que c'est la seule de bonne?
Bien évidemment, Pierre-Henry Muller commence par vous expliquer ce qu'est le HDR (partie découverte), avec des exemples à l'appui.
Vous prendrez dans ses explications ce que vous voudrez, un peu comme lorsqu'on lit un (vieil) Asterix depuis l'âge de dix ans, et que l'on découvre à chaque lecture, au fil du temps, des choses que l'on n'avait pas comprises avant.
En d'autres termes, les explications de base sont compréhensibles pour le débutant, et largement plus poussées pour le spécialiste. Tout y est, le pourquoi du comment, les formats de fichiers, bref, après la lecture du premier chapitre, vous saurez à quoi sert le HDR.
Le chapitre 2 fait le tour des prérequis nécessaires (trépied, télécommande, savoir ce que l'on désire comme résultat et j'en passe), puis passe en revue les logiciels dédiés, avec une explication de leur fonctionnement, et pour chacun d'eux, leurs avantages et désavantages.
La partie mise en oeuvre commence avec le chapitre 3, dédié à la prise de vue.
Ici, vous saurez comment vous y prendre dès le départ, puisque si les logiciels sont capables de faire des choses magnifiques, ils le feront d'autant mieux avec des images sources de qualité. L'auteur vous dit tout sur comment vous y prendre pour y parvenir.
Le chapitre 4 vous montre comment traiter les images obtenues, afin de les améliorer, comme vous le feriez avec n'importe quelle autre image, dans Photoshop par exemple.
La troisième partie est divisée en 3 chapitres, vous présentant comment vous en sortir de A à Z avec des scènes simples (paysage, macro, extraction de texture d'un bâtiment religieux), intermédiaires (photos de nuit, photos à haut contraste, couchers de soleil) et complexes (intérieur de bâtiment, sujet en contre-jour. On part de la prise de vue, passage par les logiciels, et final avec Photoshop.
Un glossaire vient fort heureusement expliquer succinctement les termes qui pourraient nous poser des problèmes en toute fin de livre.
Au final, ce livre très bien fait répondra aux nombreuses questions que vous vous posez par rapport au HDR. Il est bien écrit, les exemples sont parlants et fort nombreux, même si parfois, l'impression n'est pas tout à fait à la hauteur pour bien saisir les petites nuances (en particulier sur l'exemple paysage de chapitre sur les scènes simples).
Cela dit, après avoir lu ce livre, vous partirez visiter le site de l'auteur, photo-hdr.com, dédié bien entendu au HDR, qui sera un prolongement parfait au support papier, plein de tutoriaux et de conseils.
Une petite visite s'impose non?
Photo HDR, des photos hors du commun
Pierre-Henry Muller
Editions Dunod, collection "Hors-collection"
240 pages, 25 €









