WebApp?
Keskeceksa?
Vendredi, en faisant un tour sur DPreview, je suis tombé sur cette nouvelle: Adobe propose une beta de “Adobe Photoshop Express”, il suffit de se rendre à cette adresse pour s’inscrire et utiliser le logiciel.
A peine cette annonce faite, la polémique (Victor) fait rage sur un des termes du contrat de licence qui dit (citation de DPreview):
“The site’s terms and conditons, which appear to grant Adobe the right to re-use and license, potentially for profit, the images uploaded to public areas of the site”
En gros, Adobe s’arrogerait le droit d’utiliser, et de s’approprier les images publiées grâce au logiciel, pour éventuellement en tirer du bon argent! Finalement, grâce à des internautes qui ont le temps de lire les contrats en petites lettres, et qui ont râlé en masse sur le forum dédié, l’équipe des développeurs a promis que non, finalement, ça allait être retiré, un peu glauque comme pratique… Bien tenté! et à suivre…
Revenons à nos moutons: “Adobe Photoshop Express” est une
RIA (Rich Internet Application), à
savoir, un logiciel qui ne s’installe pas sur votre
ordinateur, mais qui tourne dans n’importe quel navigateur
internet, sur n’importe quelle plateforme. Développé
avec
Flex, le framework
OpenSource maison permettant justement de développer ce genre
de produit (ne m’en demandez pas plus là dessus, je n’y
connais rien, je me contente de paraphraser l’article de
DPreview…).
Même une vielle version de Camino (version 1.0.6) fonctionne, Firefox 2.0.0.11 fonctionne, Safari 3.1 aussi et Opera 9.26 itou…
Et on fait quoi, avec?
Il s’agit d’un logiciel simplissime pour éditer et mettre en ligne, sous forme de galeries, vos images. Ses possibilités très faibles sont en fait son point fort: il s’adresse à Roger Cuneo ou à Mââââme Poppins, des utilisateurs d’ordinateurs qui n’ont pas ni l’envie, ni le temps d’apprendre à utiliser des logiciels complexes de traitement d’image, juste vite fait bien fait, sans se poser de question…
Tout d’abord, il faut s’incsrire, un petit formulaire classique à remplir (Flash 9 est requis), et hop:
La fenêtre d’accueil nous propose en option “quick start” d’envoyer des photos… bonne idée! vu que l’on dispose, pour commencer, de 2 Go d’espace disque.
Après l’ouverture d’une fenêtre du finder pour choisir les fichiers à envoyer…
L’envoi peut commencer
Voilà ce qui se passe quand c’est fini (c’est assez rapide, pourvu que l’on ait une bonne connexion en upload):
Les images sont dans une galerie, à l’arrière–plan.
Si tout se passe bien…
Pasque si l’on essaye d’envoyer des images issues d’un appareil “pro”, voilà ce que l’on obtient comme message. Enfin d’un appareil qui a beaucoup de pixels (4000×4000 pixels selon la boîte de dialogue, mais une image issue d’un D200, soit 3872×2592 pixels ne passe pas non plus…).
Bon, c’est clair que ce service s’adresse à l’amateur de base, mais il faudrait dire aux gars de la mercatique que les compacts grand public actuels vont jusqu’à 13 megapixels, soit 30 % de plus qu’un D200…
Voilà l’affichage avec les vignettes en petite taille (on remarquera l’interface en deuil, bien à la mode).
La même chose en bougeant le curseur de taille des vignettes vers le maximum (en haut à droite).
A noter que la transition est très rapide, mais il faut dire que les images sont minuscules “optimisées ouaibe”, de 20 à 63 ko (très fort pour ça, Graphic Converter, mais un certain SmallImage n’est pas mauvais non plus, pour faire perdre des “kilo” superflus à nos photos).
En mode visionneuse (ça me fait penser à un truc que j’ai testé récemment…).
Le troisième mode de visualisation permet d’obtenir des information sur les photos. En face de la vignette, on trouve: le nom du fichier, le nom de l’album dans lequel il se trouve, les dates de prise de vue, d’envoi et de modification, ainsi que la taille de l’image, largeur, puis hauteur en pixels et les étoiles de classement.
Dommage, toujours cette orientation très “amateur” du logiciel ne nous donne apparemment pas accès aux EXIFS.
Et un mode diaporama, assez basique…
Le petit bouton tout en haut à droite permet de passer en mode “plein écran”, s’affranchissant complètement de l’interface du navigateur, bien plus confortable pour travailler, mais ça aurait fait de trop grandes copies d’écran à vous montrer.
Pour se retrouver dans l’interface, une petite “bulle d’aide contextuelle” s’affiche dès que le pointeur s’immobilise sur un bouton ou un outil; classique, mais bien pratique pour débuter.
Le mode “édition”.
Après avoir cliqué sur le petit bouton en bas, au milieu (le petit crayon), on se retrouve dans la fenêtre où l’on va pouvoir modifier ses images, trois palettes sont à notre disposition:
Les outils de base
- “Crop & Rotate” (recadrer et rotation), simple et efficace, avec l’affichage d’une grille pour mettre son horizon bien droit.
- “Auto Correct”, qui fait un peut ce qu’il veut.
- “Exposure” qui permet d’éclaircir ou de foncer son image.
- “Red–Eye Removal” pour corriger les yeux de lapin que n’aura manqué de produire le flash intégré du compact.
- “Touchup” une sorte de tampon simplifié.
- “Saturation” permet, comme son nom l’indique, de doser la saturation des couleurs.
L’outil “Crop & Rotate” (recadrage et rotation), simple et efficace
Le mode “Auto Correct” donne des résultats pour le moins “surprenants”...
L’outil “Touchup” (tampon), pas très pratique à utiliser quand on est habitué au tampon du grand frère.
Les trois petits carrés bleus en bas à gauche permettent de gérer la taille d’affichage de l’image: à gauche, zoom moins, à droite, zoom plus, au centre, ajuster à l’écran. En mode zoom plus, comme ici, une vignette permet de naviguer dans son image.
La palette d’outils “Tuning”. Permet de faire des réglages simples.
- “White Balance” comme son nom l’indique permet d’ajuster la balance des blancs.
- “Highlights” optimise les hautes lumières.
- “Fill Light” “rempli” les zones surexposées.
- “Sharpen” pour l’accentuation
- “Soft Focus” pour adoucir, flouter légèrement.
Je ne m’étendrais pas trop sur ces outils, je les trouve bien trop peu paramétrables pour que l’on puisse vraiment en faire quoi que ce soit de correct, mais bon, ça peut toujours dépanner…
La palette d’outils “Effects”. Pour des effets spéciaux “spectaculaires”.
- “Pop Color” permet de sélectionner et de modifier une couleur dans la photo, alors que toutes les autres teintes passent en niveau de gris.
- “Hue” pour modifier toutes les teintes de l’image.
- “Black & White” passe l’image en niveaux de gris.
- “Tint” va coloriser toute l’image en une seule teinte.
- “Sketch” va transformer l’image en “tableau”, comme si ça avait été peint.
- “Distort” permet d’appliquer des tortions et rotations à une portion d’image.
Dans tous ces outils, le même type de fonctionnement: l’image de base à gauche ou au milieu, et les variantes proposées dans une sorte de “time–line”, très peu (ou pas du tout) d’options de réglage fin.
“Pop Color” ne garde qu’une couleur, sélectionnée par la pipette, et passe le reste de l’image en niveaux de gris, résultats spectaculaires (et du meilleur goût) garantis.
“Hue” (cocotte) propose quelques variantes de couleurs. (sobre et élégant ;–)
“Black & White” permet de passer en niveaux de gris. A noter que les trois premières variantes me semblent être simplement chacune des trois couche en niveau de gris, les autres donnant de meilleurs résultats, plus par une désaturation je crois.
“Sketch” transforme la photo en dessin, avec plus ou moins de bonheur, ici, je trouve qu’il s’en sort très bien. On a tout simplement affaire à un savant dosage de plusieurs filtres, genre “Plâtre” + “Bas Relief” + “Néon” (je raconte n’importe quoi, ça fait partie des trucs que je n’utilise jamais dans Photoshop, je suis photographe, moi, pas graphiste!).
“Distort” permet de s’amuser au dépens de tante Ursule ou de pépé Gudule. Ici, de nombreux réglages possibles: cinq types de distorsion différentes, avec à chaque fois, un bouton permettant un réglage précis de l’effet.
Désolé, j’ai pas pu m’empêcher de vous pondre cette horreur… OYE COMO VA, MI RITMO, OYE COMO VA…
Des outils bien simples, peu nombreux et pas trop paramétrables… En même temps, compréhensibles en trois minutes par un enfant de trois à nonante–neuf ans.
Grand absent à mon avis, un outil simple d’édition de texte, et peut–être aussi la possibilité de faires quelques flèches, comme dans ImageWell ou dans Skitch. Dommage aussi de ne pas pouvoir redimensionner une image pour une taille “écran”, la plupart des APN d’aujourd’hui proposant des tailles d’images bien trop grandes.
Par contre, un bon point pour la “virtualisation” des modifications: dès que l’on effectue un changement sur une image, une petite case cochée apparaît à côté de la fonction choisie, dans la palette, il suffit de décocher la case pour revenir à l’étape précédente, et de la recocher pour appliquer à nouveau l’effet! On se croirait dans Nikon Capture NX. Le grand frère ferait bien de s’inspirer de ce principe bien pratique: on fait ses modifications, et quand on est satisfait du rendu, on lance les calculs finaux…
Publier.
Après avoir bien trafiqué ses images, Photoshop Express propose de les faire admirer au vaste monde, avec un mode “Publishing” aussi simple qu’efficace.
Quand on se trouve dans un “Album” (sélectionné dans la colonne de gauche), le bouton “Share Album”, en bas à gauche permet donc de partager le fruit de son dur labeur.
Il nous demande quand même si l’on est certain de vouloir montrer nos horreurs à tout le monde.
Quand c’est fait, on se retrouve dans une fenêtre qui nous donne l’URL de nos galeries, où l’on peut “tagger” sa galerie, lui donner une description (oui, je sais, il n’y a qu’un “n” à Ana Popovic).
Photoshop Express sait aussi se connecter chez “Facebook”, “Photobucket” et “Picasa” pour aller y chercher ses propres images. Ayant une ou deux galeries chez Picasa, j’ai tenté la chose. A peine un clic sur le bouton et:
Y z’ont pas l’air d’être au courant, chez Google! Voire même légèrement suspicieux…
Nonobstant, après avoir accepté, j’ai eu la surprise de retrouver directement dans Photoshop Express mes galeries Picasa, sans même qu’il me demande où elles pouvaient donc se trouver ni me demander le moindre mot de passe! J’en suis réduit à supposer qu’il a été chercher ça grâce à mon adresse email chez Gmail, sacré détective, ce Photoshop Express! On nous observe…
Ma première galerie chez Picasa…
La deuxième, intégrée dans l’interface de Photoshop Express…
Une fois là, on peut évidement éditer les images et enregistrer les changements. Un bel exemple d’interconnexion. Maintenant, faudrait qu’ils arrivent à trouver un accord avec Yahoo! pour permettre la même chose avec les galeries Flickr…
N’ayant pas de compte ni chez “Facebook” ni chez “Photobucket”, je n’ai évidement pas testé ces options…
Conclusion
Pour une version Beta, ça fonctionne déjà très bien. Si certaines opération sont assez lentes (chargement d’une image de la galerie vers le mode édition), on a affaire à un logiciel assez agréable à utiliser et plutôt rapide. L’upload est aussi assez rapide, maintenant, je suis loin d’avoir rempli les 2 Go proposés, et il faut voir si, avec quelques milliers d’images ça ne perd pas un peu de nerf…
Les contre:
- Taille maximale des images limitée.
- Pas de possibilité de modifier la taille.
- EXIFS inconnus au bataillon.
- Pas d’outil d’édition de texte ni de flèches.
- Pas d’intégration avec Flickr.
- Pas de possibilité de légender les images.
Les pour:
- Gratuit.
- 2 Go d’espace offert.
- Simple et ludique.
- Intégration réussie avec Picasa
- Rapide.
- Réglages et modifications d’images “virtuels”.
- Interface simple et intuitive.
On a affaire ici à une version Beta (je sais je me répêêêête), et, quand on connaît la capacité d’écoute des équipes d’Adobe (voir Lightroom), les possibilités d’évolution sont encore importantes.
Un bien joli bébé qui devrait combler les utilisateurs “basiques”, ceux ou celles qui ne veulent pas se prendre la tête avec des usines à gaz mais qui souhaitent simplement partager leurs photos avec la famille ou les amis. En ce qui me concerne, je ne suis pas certain d’utiliser le module d’édition, mais la publication de galeries peut parfois être pratique. Cependant, je préfère encore Picasa ou Flickr pour ça, ne serais–ce que pour la possibilité de légender les photos.
Si vous voulez tenter l’aventure, c’est ici que l’on s’inscrit. Apparemment, Adobe fait très fort en offrant la version complète la suite CS3 au 100000ème inscrit, et après, tous les 10000, c’est Photoshop CS3, le millionième gagne une licence totale à vie sur tous leurs softs!
Juste un dernier petit mot à François: désolé! ça fait deux semaines de suite que je teste un logiciel gratuit, je vais essayer de ne pas en faire une habitude…
























