Les logiciels pour MacOS permettant de trafiquer le son ne sont pas légion depuis la mort de SoundEdit, qui ne fonctionne plus sur nos machines depuis bien des systèmes.
J’avais testé ici Sound Sculptor et SndSampler, qui venaient combler le vide de manière très réussie. Néanmoins, ces deux programmes ne fonctionnent plus sous MacOS X, ce qui est regrettable.
Heureusement, deux sharewares très intéressants existent sur le marché pour ce système, et aussi pour MacOS 9. Il s’agit de Sound Studio et Amadeus II version 3.2.3
Ces deux programmes sont assez semblables sur le fond. Nous allons nous attacher néanmoins au second dans un premier temps.
Amadeus est un programme développé en Suisse. Il permet d’enregistrer des sons, et de les éditer de manière efficace.
L’interface du produit est limpide, et ne se différencie pas beaucoup de tout ce qui se passe sur les autres programmes. Notons que ce logiciel est francisé. Dommage que parfois, l’auteur aille un peu trop loin. Par exemple, les fade-in fade-out sont tellement communs qu’il devient étrange de les voir apparaître sous l’appellation Estompage avant , après .
La fenêtre principale affiche une portion du son, plus ou moins grande selon l’échelle d’affichage que l’on choisit. Au-dessus, une deuxième bande peut dessiner le fichier dans son entier. La navigation est alors grandement simplifiée, puisqu’il suffit de bouger le petit rectangle qui représente la zone de travail pour atteindre rapidement une portion de son qui sera travaillée ou écoutée. Il est même possible d’agrandir ou de rapetisser ce petit rectangle pour changer l’échelle d’affichage, en temps réel, dans la ligne principale.
Une palette affiche les commandes standard d’avance, d’arrêt et de déplacement dans le son. À noter qu’un clic sur le bouton Play « joue » le son depuis le début si aucune partie n’est sélectionnée. Au contraire, si une sélection existe, le son est joué depuis le début de la sélection jusqu’à sa fin.
Sous MacOS X, cela fonctionne à merveille. Sous MacOS 9.2.2, le son est toujours joué depuis le début. Il semblerait que ce soit propre à cette version du système et que ce problème ne survienne pas avec MacOS 9,1. Une option permet également de jouer le son depuis le point d’insertion.
L’importation des sons se fait à l’aide de QuickTime, mais il est également possible d’importer des fichiers au format MP3 et Ogg Vorbis. Ce dernier format, je ne le connaissais pas. Je vous livre l’explication de l’auteur du logiciel, Martin Hairer à son sujet.
Je vous rassure tout de suite: je n'avais aussi jamais entendu parler d'Ogg Vorbis avant il y a quelques mois. Ogg Vorbis est un format de compression audio de haute qualité du type Mp3: les tailles de fichier et la qualité obtenue sont comparables (voire un peu meilleurs selon certains tests). La différence cruciale avec le Mp3 est que Ogg Vorbis est libre de droits. En effet, chaque personne produisant un fichier Mp3 (meme avec un encodeur libre de droits comme l'encodeur LAME qui est implementé dans Amadeus) est sensée payer des royalties à Frauenhofer, sous peine d'etre hors-la-loi (ça concerne surtout les entreprises, puisque Frauenhofer ne va jamais poursuivre des individus, mais techniquement ca vaut pour tout le monde). Ogg Vorbis est donc a l'heure actuelle le seul moyen de produire légalement et gratuitement de petits fichiers audio de haute qualité.
Merci Martin pour ces explications.
A noter au niveau de cet import export, que j’ai connu quelques problèmes sous MacOS X. J’ai importé un fichier AIFF (piste CD audio), l’ai enregistré en MP3. J’ai ensuite chargé ce fichier, et l’ai sauvé en Son Système. Le fichier obtenu (j’ai fait plusieurs tests) est inutilisable, et lorsqu’on double-clique dessus, il lance Amadeus qui plante aussitôt. Dommage. Dommage surtout qu'aucune version n'ait corrigé ce bug depuis des mois. Pour le reste, les différentes conversions n’ont pas posé de problème.
Une fois le son en mémoire
Il est possible de donner toutes sortes d’effets au son global ou à une sélection de ce dernier. Ainsi, vous trouverez les fade-in fade-out évoqués plus haut, mais aussi
- un écho paramétrable (on pourra même créer et sauvegarder ses configurations en les nommant du type « Ma salle de bain »)
- des générateurs de bruits ou de silence
- le pitch (transformation de la tonalité)
- l’inversion du son
- une normalisation de l’amplitude
- une équalization puissante et graphique (il suffit de dessiner sa courbe)
- …
Un carrossier du son
Mais ce qui est plus impressionnant, c’est la faculté qu’a Amadeus à réparer certains défauts dans un son. Ainsi, j’ai créé des craquements de type rayure de disque vinyle. Lorsqu’on lance la réparation, ce qui est amusant, c’est que l’on voit le programme travailler sur l’onde. Il faudra patienter quelque peu, même sur un G4, mais le résultat est assez impressionnant.
Après traitement, dans le cas précis, les craquements ont complètement disparu. Il est également possible en théorie de supprimer un souffle, mais le risque est grand de couper d’autres subtilités du son.
Les plus d’Amadeus II
Amadeus permet d’insérer des marqueurs sur un son. Il sera ainsi possible de repérer des parties d’un gros fichier, et de demander de les atteindre instantanément. Un fichier pourra même être découpé automatiquement en suivant les repères en petits fichiers, bien rangés dans leur dossier, lui-même créé automatiquement.
De même, un menu est consacré à la sélection. En jouant avec les repères, et les commandes de ce menu, on peut gérer les parties à traiter de manière efficace.
J’ai apprécié également le presse-papiers multiple. 3 tampons sont proposés « d’usine », mais on peut en ajouter à volonté, en fonction de la mémoire disponible.
Les fonctions d’analyse
Pour les connaisseurs, Amadeus propose une fonction qui crée un spectrogramme, permettant de tout savoir sur les fréquences d’un son. Ce spectogramme peut être simple, animé en tenant compte de la lecture, ou en 3D, affichant alors tout en même temps.
Si je crois avoir plus ou moins compris le spectogramme, je dois avouer mon inculture face au sonogramme, autre plus offert par Amadeus. Cela donne de jolies peintures, et je laisse aux spécialistes le soin d’apprécier ce type d’analyse.
Ce que l’on peut attendre de plus
Il manque selon moi deux fonctions extrêmement importantes pour qu’Amadeus devienne un must encore plus incontournable, ce sont
- La possibilité de travailler en multi-pistes, même si une ébauche de possibilité nous est offerte via la fonction "Collage spécial". Cette dernière permet de fusionner deux sons en les superposant. C'est un bon début mais il faudrait aller beaucoup plus loin puisque le mélange est effectué sans qu'on puisse paramétrer le pourcentage d'un son par rapport à l'autre. On me rétorquera qu'on n'a qu'à faire cela sur chaque son avant le mixage, mais ce n'est pas pratique.
- L’automatisation du volume, qui pourrait se dessiner sur le son en plaçant une ligne, comme le faisait SoundEdit, comme le font aussi FinalCut ou Premiere.
Une fois ces deux fonctions présentes, il sera possible de préparer des pistes Audio complètes, et mixées. Lorsque l’on désire sonoriser un programme par exemple, cela est important. Pour un film, cela l'est moins si l'on utilise les deux programmes (FinalCut ou Premiere) sités plus haut.
Selon Martin Hairer, le multi-pistes pourrait être un projet à plus ou moins long terme.
En conclusion
S’il lui manque des fonctions de mixage, Amadeus II version 3.2.3 est un programme tout à fait recommandable. Compatible Mac OS X, (je l'ai testé en version 10.1) abstraction faite de quelques petites instabilités, ce logiciel devrait combler les bidouilleurs de son, tous ceux qui désirent enregistrer leurs vieilles galettes noires, tout comme les scientifiques qui ont de puissants besoins d’analyse d’une onde sonore.
À essayer et à télécharger ici.