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Pe­tite pro­me­nade à tra­vers Lau­sanne

Au­jour­d'hui, c'est un peu le len­de­main d'hier, comme on dit...

Et hier, c'était vrai­ment un jour un peu spé­cial, pour les tra­vailleurs de la fonc­tion pu­blique vau­doise, que l'on ap­pelle en­core com­mu­né­ment, et à tort d'ailleurs de­puis l'en­trée de la nou­velle loi sur le per­son­nel de ce can­ton hel­vé­tique, des fonc­tion­naires.

Hier, pour la deuxième fois cette année, nous avons fait grève. Et faire grève, pour un Suisse bien gen­til et bien tran­quille, je peux vous dire que ça ne va pas de soi. Et là, il y avait juste 12'000 vau­dois, gen­tils Suisses parmi les gen­tils Suisses, qui criaient leur mé­con­ten­te­ment dans la rue. Et parmi ces 12'000 vau­dois, 500 po­li­ciers. Des po­li­ciers, c'est passé maître dans l'art de maî­tri­ser le sif­flet. Alors lors­qu'ils soufflent dans leur engin tous en­semble, je vous jure que ça fait du bruit!

Je ne vais pas trop m'étendre sur le pour­quoi de cette grève ici, parce que sinon, je vais m'éner­ver à es­sayer d'ex­pli­quer que ce n'est pas parce que l'on tra­vaille pour un can­ton, une com­mune ou un pays, qu'on est for­cé­ment des pro­fi­teurs des biens pu­blics, comme cer­tains semblent vou­loir le faire croire.

Ce n'est pas parce que nous tra­vaillons dans la fonc­tion pu­blique, que nous de­vons nous taire, parce que nous sommes cen­sés culpa­bi­li­ser comme des bêtes sous pré­texte que nous sommes soi di­sant bien plus pro­té­gés que les gens qui tra­vaillent dans le sec­teur privé. D'ailleurs, les tra­vailleurs du privé, je suis tout content pour eux lors­qu'ils ob­tiennent des amé­lio­ra­tions sa­la­riales et so­ciales (voir ce qui est ar­rivé ces deux der­nières an­nées avec les tra­vailleurs du bâ­ti­ment en Suisse qui ont su se battre). Il ne me vien­drait pas à l'idée de les en­vier ou de les ja­lou­ser parce qu'ils sont ar­ri­vés à ob­te­nir en par­tie gain de cause.

Ce qui est vrai, c'est qu'il est plus dif­fi­cile pour un état de jeter à la rue les hommes et les femmes qui tra­vaillent pour lui que pour cer­taines en­tre­prises pri­vées, dé­nuées de tout scru­pule. Je l'ad­mets, même si la sé­cu­rité de l'em­ploi n'est plus ga­ran­tie dans notre can­ton.

Et tant mieux après tout si l'on ne peut pas nous jeter comme ça. Si l'état ne montre pas l'exemple, où va-t-on, bon sang?

Et puis, dé­fendre nos condi­tions de tra­vail, c'est une chose qui n'est pas ano­dine. Mais dé­fendre le "pu­blic", ce que nous avons fait éga­le­ment en fai­sant grève, n'est-ce pas, par dé­fi­ni­tion, dé­fendre tout le monde? La for­ma­tion, les soins, le so­cial, la culture, tout ce que l'on dé­truit peu à peu, de­puis près de dix ans?

Je vais m'ar­rê­ter là per­son­nel­le­ment. Sim­ple­ment, je vais dé­po­ser ici une lettre de Mon­sieur Da­nié­lou, pré­sident de la So­ciété pé­da­go­gique vau­doise, en­voyée au cour­rier des lec­teurs de 24h, le 27 sep­tembre 2004, 24h qui est le plus grand quo­ti­dien vau­dois, et qui n'aime pas trop le ser­vice pu­blic, ces der­niers temps.

Lorsque vous l'au­rez lue, cette lettre, vous pour­rez re­gar­der les pe­tites pho­tos que j'ai en­gran­gées (en­car­tées?) à pro­pos de cette manif, ici. Ce sont des images prises avec le petit Canon A95 que je viens de re­ce­voir afin de pou­voir le tes­ter, et qui fera l'ob­jet d'un pro­chain ar­ticle, sur Cuk.​ch. Les images sont très lé­gères, en basse ré­so­lu­tion pour un té­lé­char­ge­ment ra­pide. Et ceux qui ne connaissent pas Lau­sanne pour­ront faire ainsi une pe­tite vi­site de cette jolie ville.

Je vous laisse quelques ins­tants avec Jacques Da­nié­lou, et je vous re­trouve en­suite pour une pe­tite conclu­sion.

Les in­di­ca­teurs de l'OCDE laissent en­tendre que les en­sei­gnants suisses crou­le­raient sous des ponts d'or.

Non­obs­tant le fait que les moyennes en ce do­maine sont peu éclai­rantes et que d'autres in­dices (comme le coût de la vie ou les ponc­tions en termes d'as­su­rances so­ciales) se de­vraient d'être prises en consi­dé­ra­tion, nous rap­pel­le­rons que les ins­ti­tu­teurs vau­dois res­tent les plus mal payés de ce pays. Leur clas­si­fi­ca­tion sa­la­riale n'a pas été revue de­puis près de 35 ans! Alors même que leur for­ma­tion a été aug­men­tée, tant dans les conte­nus que dans la durée, les maîtres du pri­maire touchent ac­tuel­le­ment 3800 francs net par mois en début de car­rière Après avoir ob­tenu une ma­tu­rité gym­na­siale et suivi 3 ans en haute école, on avouera qu'il n'y pas là de quoi pa­voi­ser.

De plus, la po­li­tique sa­la­riale menée de­puis plus de 10 ans par le Conseil d'Etat conduit au fait que les 13 sa­laires ver­sés au­jour­d'hui sont équi­va­lents, en pou­voir d'achat, aux 12 qu'ils tou­chaient en 1990 !

Enfin, l'éta­le­ment de la pro­gres­sion sa­la­riale sur 20 ans, ré­cem­ment consen­tie, pro­duira des gains co­los­saux pour l'em­ployeur éta­tique: un ins­ti­tu­teur qui tra­vaillera 25 ans de­puis 2003 per­dra 100 000 francs de re­venu par rap­port à un col­lègue en­gagé en 1988.

Des en­sei­gnants qui croulent sous l'or... vrai­ment?

Jacques Da­nié­lou,

Pré­sident de la So­ciété pé­da­go­gique vau­doise

Ah, juste une chose tout de même. Je ne peux m'em­pê­cher d'être vrai­ment très triste du manque total de ré­ac­tion de nos élus de gauche, notre Cheffe du dé­par­te­ment, Ma­dame Anne-Ca­the­rine Lyon, en tête.

Qu'il soit bien clair que je ne vo­te­rai pas pour vous, Ma­dame, aux pro­chaines élec­tions.

Il y a des froi­deurs qui ne s'ou­blient pas.

54 com­men­taires
1)
Franck_­Pas­tor
, le 06.10.2004 à 00:50

De tout cœur avec vous ! En tant qu’as­sis­tant de maths et fils d’en­sei­gnants, j’ai pu me­su­rer tout le mé­pris qu’en­gen­drait cette pro­fes­sion chez les autres. Mé­pris noté seule­ment chez ceux qui ne connaissent rien de ce mé­tier… Sur­pre­nant ?

2)
C@​naille
, le 06.10.2004 à 00:51

Si j’eu ob­tenu une ma­tu­rité gym­na­siale, je crois bien que j’en pa­voi­se­rais…
En tant qu’ex en­sei­gnant et mari d’une en­sei­gnante, je ne peux que me mon­trer so­li­daire.
Tous à Lau­sanne !

3)
Oka­zou
, le 06.10.2004 à 02:07

Fran­çois > « Ah, juste une chose tout de même. Je ne peux m’em­pê­cher d’être vrai­ment très triste du manque total de ré­ac­tion de nos élus de gauche, notre Cheffe du dé­par­te­ment, Ma­dame Anne-Ca­the­rine Lyon, en tête. »

— Élus de la gauche li­bé­rale, peut-être ?

« Qu’il soit bien clair que je ne vo­te­rai pas pour vous, Ma­dame, aux pro­chaines élec­tions.
Il y a des froi­deurs qui ne s’ou­blient pas. »

— Il faut avoir de la mé­moire. Ces braves po­li­ti­cards comptent trop sur nous pour ne pas en avoir.

Ne lâ­chez pas , chers amis Suisses, votre com­bat est le-nôtre !

___
« On dit que les nou­velles gé­né­ra­tions se­ront dif­fi­ciles à gou­ver­ner. Je l’es­père bien. » Alain

4)
To­TheEnd
, le 06.10.2004 à 02:09

Bon… j’ai hé­sité à par­ler de ça avant parce que ça fait des se­maines que ça couve. Mais là.

Fran­çois, je com­prends ta frus­tra­tion et ta dés­illu­sion… fran­che­ment. Il est dif­fi­cile de pen­ser qu’on peut faire des coupes, voir ef­fa­cer des bud­gets qui sont al­loués à l’édu­ca­tion, à la for­ma­tion, à l’en­ca­dre­ment, en un mot, à notre ave­nir à toutes et tous: nos en­fants.

En 1992, la dette du can­ton de Vaud se mon­tait à 2 mil­liards de CHF… alors que l’an­née der­nière, elle s’est ar­rê­tée à 8 mil­liards… Ca à l’air de rien pour les in­cons­cients, mais alors que les taux d’in­té­rêts sont au plus bas de­puis 20 ans, les seuls rem­bour­se­ment de ces dettes au­jour­d’hui re­pré­sentent 10% des re­ve­nus du can­ton… At­ten­dez que les in­té­rêts doubles ou triples (ce qui ar­ri­vera!), là on va vrai­ment rire. Pour la seule année 2003, le can­ton de Vaud a an­noncé un dé­fi­cit de 385 mil­lions de CHF. Est-ce que quel­qu’un, à part le res­pon­sable des fi­nances de ce can­ton (que je ne dé­fends pas, il ne fait que rap­por­ter les mau­vaises nou­velles), se rend compte de ce que ça si­gni­fie? Dois-je rap­pe­ler ici que la ten­dance n’est pas prête de s’in­ver­ser? En gros, on cherche à faire quoi? En­grais­ser les banques à nos dé­pens?

J’écoute les dif­fé­rents par­tis et autres gui­gnols de la po­li­tique nous re­por­ter les idées de cha­cun, j’en­tends tous ces braves (pour ne pas dire fan­tas­tiques) jour­na­listes qui nous font l’écho des gens qui vont souf­frir des coupes. Ce que je com­prends, c’est que la so­lu­tion est chez les autres, pas chez nous.

Ben voyons, chez qui de­vrions-nous trou­ver des mil­lions, des di­zaines de mil­lions, des cen­taines de mil­lions? L’édu­ca­tion? Les hô­pi­taux? Les vieux? Les étran­gers? Les au­to­mo­bi­listes? Les mo­tards qui roulent trop vites (ces in­cons­cients!)? Le so­cial? La voi­rie? Les vaches (ben oui, on a plein de vaches dans ce can­ton qui ne paye pas d’im­pôts)? Ah mais non, j’ai ou­blié, il faut aller cher­cher l’ar­gent là où il est: chez les riches (et on fera quoi quand ils au­ront tous dé­mé­na­gés dans un autre can­ton, un autre pays? C’est simple, on cher­chera un autre bouc émis­saire, c’est simple et évident non?)!

Il ne faut pas rêver, il n’y a aucun dé­par­te­ment à l’état ou je ne sais où qui dé­pense des mil­lions et ne sert à rien. On n’a pas un jet d’or au large du can­ton, sur le lac, qui ex­pulse 2 tonnes d’or par jour… Il ne suf­fit pas d’ar­rê­ter le ro­bi­net pour re­ve­nir à la nor­male.

Oui, cher­cher des éco­no­mies dans l’édu­ca­tion c’est dure. C’est même in­com­pré­hen­sible à long terme. Mais à –8 mil­liards, tout est dif­fi­cile, chaque franc que nous ga­gnons nous coûte 20 cen­times!

Ok, les fonc­tion­naires du can­ton de Vaud ne sont plus fonc­tion­naires. Ils n’ont plus d’aug­men­ta­tion au­to­ma­tique (après 30 ans, c’est dif­fi­cile de s’ar­rê­ter), ils n’ont plus au­tant de pri­vi­lèges (ben oui, vous paie­rez votre Opel au même prix que les autres), on leur de­mande de faire un ef­fort pour toutes et tous (un truc un peu com­mu­nau­taire quoi), on leur de­mande de souf­frir un peu comme toutes les ré­si­dentes et ré­si­dents suisses qui ont vu le chô­mage pas­ser de 0.7% en 1991 à 3.7% au­jour­d’hui.

J’ai envie de faire une ana­lo­gie avec une fa­mille qui a 50’000 francs de dettes et qui doit chan­ger ses ha­bi­tudes (ac­tuel­le­ment, la dette est de CHF 12’500.- par per­sonne dans le can­ton, toute po­pu­la­tion confon­due). Est-ce que pour ré­ta­blir la barre elle doit tout sim­ple­ment ar­rê­ter d’al­ler au ci­néma une fois par mois? Ou ar­rê­ter d’ache­ter du Coca et com­men­cer à s’ha­bi­tuer à l’eau? Bref, ré­gler un truc et pas les 300 autres?

Je ne le pense pas.

La fonc­tion pu­blique est dans la tour­mente et je com­pa­tis. Mais ce que j’ai­me­rais le plus, c’est qu’elle com­pa­tisse un peu avec le reste de la po­pu­la­tion qui a dû faire des sa­cri­fices de­puis 10 ans, et pas seule­ment de­puis 2001.

Bien sûr, je vois déjà les gens me dire: « Mais les éco­no­mies y a qu’à les faire ailleurs! » Bien sûr, chez les autres… c’est bien là que se situe tou­jours le pro­blème, chez les autres.

T

PS: j’ai un peu bu, mais j’ac­cepte les coups quand même…
PPS: je sais, j’ai en­core été trop long, je com­mence à res­sem­bler à O.
Edit: aïe, aïe, il est là…

5)
Fran­çois Cuneo
, le 06.10.2004 à 06:39

To­TheEnd, lors­qu’il a fallu que l’Etat de Vaud ren­floue la banque can­to­nale vau­doise, pour deux mil­liards de francs, il y a deux ans, suite à ce que l’on peut ap­pe­ler main­te­nant des mal­ver­sa­tions des ses di­ri­geants, on les a em­prun­tés sans pro­blème.

Les aug­men­ta­tions au­to­ma­tiques? Tu parles des an­nui­tés? Elles sont contrac­tuelles dans le can­ton: tu pars avec un sa­laire très bas pour ar­ri­ver, après 20 ans, à un sa­laire final, qui, dans le can­ton de Vaud, n’est pas très élevé non plus, par exemple pour les ins­ti­tu­teurs, payés entre mille et deux mille francs de moins par mois que tous les autres can­tons.

Les cal­culs de ces an­nui­tés sont faits pour don­ner un sa­laire « moyen » au cours de la car­rière d’un em­ployé. Les cou­per re­vient à faire une DI­MI­NU­TION de sa­laire, PAS à NE PAS l’aug­men­ter.

Lors­qu’il faut payer des mil­lions pour chan­ger les Macs en PC dans les di­rec­tions d’école, dé­ci­sion prise pra­ti­que­ment du jour au len­de­main, on en trouve sans pro­blème.

La fonc­tion pu­blique vau­doise est la plus mal payée de Suisse, et pour­tant, le can­ton de Vaud est le can­ton suisse qui va le plus mal (voir der­nière étude sor­tie dans BILAN. Etrange tout de même? Si vrai­ment la masse sa­la­riale était si im­por­tante, on de­vrait être ceux qui vont le mieux.

D’autre part, ce n’est pas de­puis 2001 que nous n’avons pas d’in­dexa­tion des sa­laires, mais de­puis 1992. Certes, deux ou trois fois, nous la re­ce­vons (pour l’an­née, il n’y a pas de rat­tra­page), mais elle est com­pen­sée par exemple par un pourcent de so­li­da­rité.

D’autre part, on nous a pro­mis une école vau­doise mo­derne, EVM. On a fait voter la po­pu­la­tion, en lui pro­met­tant que cette école ne coû­te­rait pas plus cher. On a pro­mis des ef­fec­tifs bas (obli­ga­toire pour ce genre d’en­sei­gne­ment). On a MENTI au vau­dois! Cette école coûte la peau de fesses, et on est obligé de bour­rer les classes.

On n’a pas de ronds? Mais d’un coup, on vous pro­pose 5 mé­thodes de lec­ture *vite vite, il faut vous dé­pê­cher de choi­sir » qui elles aussi coûtent la peau des fesses.

Il y a de telles in­co­hé­rences, mais c’est tel­le­ment plus simple de prendre où c’est fa­cile, chez les tra­vailleurs.

Et puis nos Opel, cher To­TheEnd, nous les avons peut-être payées moins chères (une fois, j’ai eu un ra­bais de flotte de 8%), mais tous les gens qui tra­vaillent dans une en­tre­prise peuvent en pro­fi­ter, même dans le privé, et tant mieux.

6)
Fran­çois Cuneo
, le 06.10.2004 à 07:06

Et puis To­TheEnd, la fac­ture so­ciale, tu sais com­bien elle coûte au can­ton? Et à quoi elle est due cette fac­ture so­ciale?

En grande par­tie aux en­tre­prises pri­vées qui mettent les gens dans la dèche en les met­tant à la porte dès qu’ils ne sont plus tout à fait assez ren­tables pour leurs ac­tion­naires.

Mais des lois pour pro­té­ger les tra­vailleurs du privé, c’est plus dif­fi­cile à prendre, comme dé­ci­sion. La Suisse est lar­ge­ment en ar­rière par rap­port à l’Eu­rope à ce ni­veau semble-t-il.

7)
tato
, le 06.10.2004 à 07:33

Rhâââ, comme j’aime Fran­çois quand il parle comme ça ! D’au­tant plus que je pense comme lui!
L’ar­gent, dans notre beau can­ton, il y en a. Le pro­blème, c’est qu’il ne va pas tou­jours où il de­vrait. Fran­çois nous donne quelques exemples, j’en cite d’autres:
•La di­rec­tion de la HEP (Haute Ecole Pé­da­go­gique) est com­po­sée de 21 per­sonnes, sisi! Mais ils bossent tel­le­ment bien que les di­plômes qu’ils dé­livrent ne sont ni re­con­nus en Eu­rope, ni, plus grave, en Suisse! Alors le Conseil d’Etat fait quoi ? Il nomme une équipe de « coaches » sup­plé­men­taires de 8 per­sonnes… (infos ti­rées de 24H.)

•Le jour où le Grand Conseil dé­ci­dait de ra­bo­ter 3% de l’en­ve­loppe pé­da­go­gique des éta­blis­se­ments sco­laires-15 mi­lions en­vi­ron- (c’est à tra­vers cette en­ve­loppe que sont payés les profs, mais aussi les heures d’ap­pui, les classes à ef­fec­tif ré­duit, les de­voirs sur­veillés,…), il vo­tait une dé­pense de 18 mil­lions pour ré­no­ver le ba­teau de la CGN « Mon­treux »

•Dans l' »af­faire BCV », les Vau­dois ont payé 1 ou 2 mil­liars pour ren­flouer les caisses. Bien. Lo­gi­que­ment, avec cet ar­gent tout frais, la BCV voit son bilan s’amé­lio­rer. Tou­jours bien.
Là où ça se gâte, c’est lorsque le pré­sident re­çoit une aug­men­ta­tion sa­la­riale de 164% pour le re­mer­cier des bons ré­sul­tats ac­com­plis avec NOTRE ar­gent.

Celui qui sait qu’il ne sait pas, éduque-le.
Celui qui sait qu’il sait, écoute le.
Celui qui ne sait pas qu’il sait, éveille-le.
Celui qui ne sait pas qu’il ne sait pas, fuis-le.

8)
To­TheEnd
, le 06.10.2004 à 08:59

Ok, Fran­çois, j’ai bien com­pris tes ar­gu­ments et ils sont par­fai­te­ment va­lables, comme ceux de tato.

Ce que tu sou­lèves sur­tout, c’est la mau­vaise ges­tion d’une série d’im­por­tants dos­siers, que ce soit au ni­veau can­to­nal ou com­mu­nal (je parle de Lau­sanne en par­ti­cu­lier).

J’ai tou­te­fois envie de com­pa­rer notre si­tua­tion (notre beau can­ton) à Apple dans les an­nées 96-97… Quand Ame­lio est ar­rivé, la si­tua­tion était vrai­ment dra­ma­tique pour Apple et c’est les an­nées où ils ont viré le plus de monde (sur quelques an­nées, près de 40% du per­son­nel).

Bien sûr qu’on peut dire que ce qui les a conduit là, c’est le fait d’avoir fait des sys­tèmes super dau­biques, des ma­chines chères et pas fiables, etc. Mais à ce stade là, ce que tu de­vais faire avant tout, c’était pas te re­prendre pour je ne sais com­bien de mil­liards de dettes sur la gueule… mais bien d’ar­rê­ter l’hé­mor­ra­gie.

Je vais être un peu cru, mais tu ne peux pas tout faire en même temps: ju­gu­ler l’hé­mor­ra­gie, ré­in­ves­tir, rem­bour­ser tes dettes et amé­lio­rer tes ré­sul­tats. Ca c’est dans les rêves que ça se passe, pas dans la réa­lité.

Le constat que je fais est tout sim­ple­ment lié de la crise dans la­quelle nous nous trou­vons au­jour­d’hui (il est en­core prévu plus de 200 mil­lions de perte pour 2005!). On ne peut pas conti­nuer de s’en­det­ter comme ça, c’est tout.

Main­te­nant, sur le fait que nous sommes mal gou­ver­nés, que chaque ha­bi­tant de ce can­ton à payer de sa poche plus de CHF 3’000.- pour sau­ver une banque à la con qui de­vait elle-même être contrô­lée par les élus du can­ton, etc., etc. je suis to­ta­le­ment d’ac­cord.

Nous ne sommes pas dans cette si­tua­tion à cause des 95% de « fonc­tion­naires » qui tra­vaillent à l’état ou à la com­mune, nous le sommes à cause des « di­ri­geants » qui ont une vi­sion qui fait peur. En effet, quand on est pres­byte, myope, astig­mate et qu’on est en­train de dé­ve­lop­per un joli glau­come… les em­ployés et autres payeurs d’im­pôts n’ont plus qu’à pas­ser à la cas­se­role.

Et plus que tout, c’est ça qui me dé­sole.

T

9)
Ca­plan
, le 06.10.2004 à 09:16

Hier, à midi, après avoir en­tendu l’avis de cer­tains au­di­teurs de la Radio Suisse Ro­mande à pro­pos du mou­ve­ment de grève, j’ai chopé un fa­meux coup de blues… « Les en­sei­gnants sont des en­fants gâtés!…Qu’ils aillent voir dans le privé si c’est mieux… »

Mais jus­te­ment: le privé, c’est un sys­tème basé sur l’ex­ploi­ta­tion. Il ne fau­drait pas l’ou­blier. Alors, par rap­port à la fonc­tion pu­blique, on as­siste à la for­ma­tion d’une cu­rieuse coa­li­tion:

– Pre­miè­re­ment, il y a les ex­ploi­tés, qui pensent que si tout le monde plonge avec eux, leur peine sera moins grande (le taux de mo­bi­li­sa­tion syn­di­cale est la­men­table dans ce pays).

– Deuxiè­me­ment, il y a les ex­ploi­teurs, dont le but ul­time est de sous­traire le plus de ri­chesse pos­sible à l’Etat en lui de­man­dant en même temps le plus de ser­vices pos­sibles.

Le ré­sul­tat, c’est qu’il n’y a quasi per­sonne pour nous sou­te­nir dans la po­pu­la­tion.

Le débat tourne sem­pi­ter­nel­le­ment au­tour de la ré­duc­tion des dé­penses. Mais la droite a réussi à rendre ta­boue la ques­tion de l’aug­men­ta­tion des re­cettes. Elle ar­rive à per­sua­der le simple ci­toyen qu’on vit dans une ré­gion pauvre.

Il faut aller se pro­me­ner dans la Côte vau­doise ou dans la ré­gion à l’Est de Lau­sanne pour se rendre compte que ça PUE le fric! Il n’y a pas assez de ga­rages au­tour de la villa à 2 mil­lions pour par­quer la BMW et la Porsche 4×4!

L’en­det­te­ment du can­ton est dû aussi en grande par­tie à ça: la droite ma­jo­ri­taire pré­fère en­det­ter l’Etat pour le faire fonc­tion­ner plu­tôt que de ponc­tion­ner plus d’im­pôts. En plus, ça fait d’une pierre deux coups: l’Etat em­prunte au­près des banques, aux­quelles il paie des in­té­rêts. Et les re­pré­sen­tants des banques roulent en BMW 4×4!

Pour conclure, je veux aussi dire ici que je suis écoeuré par l’at­ti­tude de Ma­dame Anne-Ca­the­rine Lyon pour la­quelle j’ai voté. Après avoir pra­ti­que­ment vidé la ré­forme EVM de sa sub­stance dans le se­con­daire et avoir fait pas­ser ça pour une grande vic­toire, elle n’a pas un mot de com­pré­hen­sion pour les in­quié­tudes des en­sei­gnants.

Quant à l’éco­lo­giste Fran­çois Mar­tha­ler, pour le­quel j’ai aussi voté, on se de­mande s’il ne s’est pas car­ré­ment bio-dé­gradé!…

10)
To­TheEnd
, le 06.10.2004 à 10:00

Ca­plan!! Purée, mais tu parles de moi là (est lau­san­nois avec la bmw)!!!

Je veux pas faire le pé­nible, mais j’ai­me­rais juste contre-ar­gu­menté sur un de tes points: sauf er­reur de ma part, le taux d’im­po­si­tion vau­dois (129%!) est un des plus éle­vés de Suisse. Que pro­poses-tu, qu’on prenne la pre­mière place avec, au ha­sard, un taux à 150%?

Et je pose cette ques­tion dans mon long post: que se pas­sera-t-il quand il y aura une mi­gra­tion fis­cale parce qu’on est nu­méro 1 en Suisse? On pas­sera à 200%?

Pas de pro­blème.

T

11)
Fran­çois Cuneo
, le 06.10.2004 à 10:31

Il se trouve que les com­munes les plus riches, mon cher TTE, ont le taux d’im­po­si­tion le plus bas, et lar­ge­ment.

N’ou­blie pas que le taux can­to­nal est une chose, et qu’il est pon­déré par le taux com­mu­nal, dans une forte me­sure.

12)
Blues
, le 06.10.2004 à 10:48

« Les en­sei­gnants sont des en­fants gâtés!…Qu’ils aillent voir dans le privé si c’est mieux… »
———-

Je vais don­ner mon avis, quitte à faire grin­cer des dents cer­tains (puisque plu­sieurs contri­bu­teurs Cuk, ainsi que le « pa­tron » sont en­sei­gnants) …
Dé­solé, si je ne suis pas sur tous les points, de votre avis — (j’es­père ne pas me faire des en­ne­mis — j’ai perso, beau­coup d’amis en­sei­gnants, je connais donc bien les avan­tages et désa­ven­tages du Job)

1) D’après mes di­vers com­pa­ra­tifs avec les pays nous en­tou­rants (di­verses dis­cus­sions aves des en­sei­gnants Eu­ro­péens pen­dant mes va­cances es­ti­vales), notre can­ton a pour les en­sei­gnants une base de sa­laire plu­tôt éle­vée par rap­port à la moyenne sa­la­riale du privé (mé­tiers com­pa­rables), sur­tout après plu­sieurs an­nées d’ex­pé­riences (mon­tée dnas les classes de trai­te­ment).
Et, sur­tout par rap­port aux di­vers avan­tages ob­te­nus : 11 à 14 se­maines de va­cances (sui­vant les res­pon­sa­bli­tés de l’en­sei­gnant), nombre d’heures / pé­riodes / se­maines moins consé­quentes par rap­port à d’autres mé­tiers; et en­core le « pon­pon », c’est la re­traite dès 57 ans (ou au pire 60)— (pour­quoi ? est-elle réel­le­ment jus­ti­fiée par rap­port aux autres mé­tiers ?)
Pour les points ci-des­sus, je suis d’ac­cord, le mé­tier d’en­sei­gnant est psy­chi­que­ment très dur, ceci jus­ti­fiant cela … (du repos sup­plé­men­taire pour ré­cu­pé­rer — si ce n’est pas pour cer­tains un stage en mai­son de repos — ou pire en­core, en psy­chia­trie — si, si, il en a plein qui « pétent des câbles »).

2) Jus­qu’aux an­nées 80-90 (quand les « fi­nances de tous » al­laient bien), per­sonne ne di­sait rien, puisque tout le monde était « à l’aise » … le pu­blic « s’en fou­tait » !
Main­te­nant en 2004, avec tous les pro­blèmes de notre éco­no­mie, il est vrai, que la phrase citée par Ca­plan : « Les en­sei­gnants sont des en­fants gâtés!… Qu’ils aillent voir dans le privé si c’est mieux… » fait l’ef­fet d’une bombe … mais est-ce réel­le­ment faux ? J’ai par exemple une amie en­sei­gnante dans une école, dans privé celle-ci (celle du Va­len­tin); et, d’après ses cal­culs, son sa­laire est env. 20 à 30 % in­fé­rieur à ce qu’elle au­rait si elle était payée par le sec­teur plu­blic; sans 13ème sa­laire, et sans au­cune se­cu­rité du tra­vail, et bien sûr une re­traite à 65 ans comme tous.

3) Je re­con­nais que la for­ma­tion dans notre can­ton (voir dans toute la Suisse), de­vient une ca­tas­trophe, alors que nous étions dans « le best of » il y a 20 ou 30 ans…. Ef­fec­tifs des classes trop élevé pour faire du bon tra­vail; sys­tème en vogue « bluf­fant » (EVM) ne cor­res­pon­dant pas à notre so­ciété éli­tiste (si, si, des notes il en faut — l’éva­lua­tion au­rait cor­res­pondu aux an­nées 70’s baba-cool, mais pas en 2000); élèves de plus en plus mal édu­qués = pé­tage de plomb des profs, stress en aug­men­ta­tion, etc.. etc…

MO­RA­LITE … je pense que cer­taines conces­sions de­vraient être ac­cep­tées par les profs (en ou­vrant les yeux et com­pa­rer à ce qui passe ailleurs) … Mais tout en de­man­dant que l’Etat mette plus d’ar­gent sur la for­ma­tion pro­pre­ment dite (il en va de l’ave­nir de nos en­fants et de notre pays) … Per­sonne ne veux d’école au ra­bais !!! Il y a sû­re­ment des centres bud­ge­taires bien moins im­por­tant que la for­ma­tion ou l’on pour­rait prendre des sous pour don­ner plus à la for­ma­tion !

Voilà …. A part ça, c’est pas quand même le beau ré­flex à Fran­çois qui a fait ces pho­tos là ? Fran­che­ment pas ter­rible ! (pas le ca­drage, mais le piqué , les flous et la co­lo­ri­mé­trie)

BLUES (qui ne cherche pas à se faire des en­ne­mis — Mais qui es­saye d’être réa­liste et d’avoir les pieds « sur terre »)

13)
Serge
, le 06.10.2004 à 11:07

Les fonc­tion­naires ca­na­diens (dont je fais par­tie) sont éga­le­ment en grève ces jours-ci. Comme prévu, au­cune en­tente n’a pu être conclue avec l’em­ployeur et nous avons dû faire appel aux ser­vices d’un bu­reau de conci­lia­tion pour dé­nouer l’im­passe. Son rap­port, fa­vo­rable à nos re­ven­di­ca­tions, a été re­jeté (éga­le­ment prévu) du re­vers de la main par l’Ètat. Alors, nous sor­tons !
Je ne sais pas en Suisse, mais, ici, au Ca­nada, les em­ployés de l’Ètat ne jouissent pas d’une très bonne ré­pu­ta­tion au­près de la po­pu­la­tion en gé­né­ral. Nous sommes tou­jours per­çus comme une bande de plai­gnards qui râlent le ventre plein, alors que le sa­laire moyen d’un fonc­tion­naire lui per­met à peine de payer le loyer d’un ap­par­te­ment à Mont­réal — où se trouve la plus grande concen­tra­tion de bu­reaux du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral au Qué­bec. Évi­dem­ment, l’em­ployeur en ra­joute (je vous épargne ses ar­gu­ments lar­moyants), mi­sant sur cette mau­vaise ré­pu­ta­tion pour ga­gner l’ap­pui des contri­buables dans cette lutte à finir avec ses em­ployés. Comme si ça ne suf­fi­sait pas, il se per­met (c’est de­venu une tra­di­tion) de voter des lois pour for­cer le re­tour au tra­vail des gré­vistes lorsque les éco­no­mies réa­li­sées par leur ab­sence lui per­mettent de ver­ser une par­tie des aug­men­ta­tions re­ven­di­quées lors des né­go­cia­tions pour le re­nou­vel­le­ment de la Conven­tion col­lec­tive. Très dé­mo­cra­tique comme pro­cédé…
Je suis de tout coeur avec vous et je sou­haite sin­cè­re­ment que votre gou­ver­ne­ment sache faire preuve d’hon­nê­teté et de clair­voyance face à vos re­ven­di­ca­tions.

P.-S. vous avez au moins un avan­tage sur nous : les flics font la manif avec vous, alors qu’ici, c’est plu­tôt le contraire ;-)

14)
Fran­çois Cuneo
, le 06.10.2004 à 11:07

Blues, les pho­tos ont été prises avec un A95, pour test, à peine sorti du car­ton.

Je crois avoir ex­pli­qué dans l’hu­meur que les images sont monstre com­pres­sées pour aller sur le Net. Je me suis rendu compte qu’il y avait un gros dé­ca­lage à la prise de vue, bê­te­ment parce que le sys­tème était blo­qué sur « Anti-yeux rouges ». Et puis avec un gamin sur les épaules, pas fa­cile de faire du bon tra­vail.

Quant au beau re­flex à Fran­çois, il n’a pas été payé par l’Etat de Vaud, ni par mon sa­laire, ni par Cuk.​ch d’ailleurs.

Cela dit, ça ne re­garde que moi.

Bon. Dans les écoles pri­vées, en Suisse, ils ont une cer­taine ten­dance à prendre des gens qui ne sont pas for­més. Un comble pour le prix qu’ils font payer.

Parce que ton amie, sans vou­loir la cri­ti­quer vu que je ne la connais pas, tu peux me dire pour­quoi, si c’est tel­le­ment mieux dans le pu­blic, elle ne vient pas y tra­vailler?

Et puis, dans tes re­marques sur les va­cances, tu viens jus­te­ment dire der­rière le pour­quoi de leur né­ces­sité. Les en­sei­gnants ont en effet une es­pé­rance de vie assez bonne, mais un taux de dé­pres­sion lar­ge­ment au-des­sus de la moyenne, et les choses em­pirent.

Il y a les pré­pa­ra­tions, les séances mul­tiples, les cor­rec­tions…

Donc si on pou­vait évi­ter de tom­ber dans les cli­chés…

Mais ne t’in­quiète pas! Tu n’es pas prêt de te faire des en­ne­mis parce que tu t’ex­primes. Ce d’au­tant plus que ce que tu re­lates ici, c’est l’opi­nion gé­né­rale. Donc on au­rait vrai­ment beau­coup d’en­ne­mis si non ne sup­por­tait pas ce genre de ré­flexions!:-)

15)
To­TheEnd
, le 06.10.2004 à 11:25

Heu… je suis d’ac­cord, mais le pro­jet Etat­com est, de­puis quelques an­nées, en­train de gom­mer ces grandes dif­fé­rences entre les com­munes (ok, on ar­ri­vera pas à un taux unique pour toutes les com­munes). Mais la dis­pa­rité dont tu parles est de moins en moins grande (toutes les com­munes au­tour de Lau­sanne par exemple qui étaient sous 100% ont aug­menté entre 5% et 10% leur im­po­si­tion, c’est pas rien).

Si je ré­sume, à ma ques­tion « que doit-on faire pour ar­rê­ter l’hé­mor­ra­gie? », votre ré­ponse est qu’il faut prendre aux riches (mmmhhh… pas très sûr de ce que ça veut dire vu qu’on est déjà à 129%!).

Et ma se­conde ques­tion: « que se pas­sera-t-il quand il y aura une mi­gra­tion fis­cale vers d’autres can­tons?? » on pren­dra aux pauvres?? Me ré­jouis de voir ça.

Pour moi, l’as­sai­nis­se­ment des fi­nances can­to­nales passe d’abord par des me­sures d’aus­té­ri­tés qui ne peuvent faire plai­sir à per­sonne! Tou­te­fois, il est éga­le­ment évident que des ré­vi­sions en pro­fon­deur de notre sys­tème po­li­tique doivent être en­tre­prises… Parce que je le ré­pète, pour moi (et il y a qu’à voir comme vous êtes contents de vos élus), le sys­tème ac­tuel ne vaut rien, c’est de la merde de l’ex­trême gauche à l’ex­trême droite.

Au­tant de gens qui parlent toute l’an­née de pro­blèmes ré­cu­rant et qui ar­rivent à avoir 8 mil­liards de dettes, c’est le sum­mum de la dé­bi­lité et de l’in­com­pé­tence.

Bien sûr, si le but à terme est d’ar­rivé à 15 mil­liards de dettes, alors il ne faut rien chan­ger… Tout au plus de­vrions-nous déjà nous ha­bi­tuer à payer 168% d’im­pôts pour payer les in­té­rêts, pas le rem­bour­se­ment, des banques… on va en voir des Porsche 4×4 dans l’est lau­san­nois… même en ville pour l’ou­ver­ture de la chasse aux ma­ni­fes­tants;-)

Per­met-moi de conclure sur un point: quand on est à -8 mil­liards et que ça conti­nue de se désa­gré­ger, c’est tout le monde qui va dé­gus­ter, pas juste vous! C’est ça que j’ai­me­rais que les gens com­prennent. Des conces­sions se­ront OBLI­GA­TOIRES et ce, quelque soit les conces­sions qui ont déjà été faites!

T

Edit: pour faire amende ho­no­rable (ou payer de ma per­sonne), je suis prêt à hé­ber­ger chez moi un prof qui ne va pas bien. Je com­men­ce­rais bien par la fille de l’image IMG_0119 (on l’a voit pas bien)… Chez moi, dans l’est lau­san­nois, j’ai de la place et je roule en bmw;-)

16)
Ca­plan
, le 06.10.2004 à 11:40

TTE, es­saie de limer sur les dé­penses de l’Etat qui fi­nissent chez les pri­vés (construc­tion, routes, ma­té­riel dé­li­rant -in­for­ma­tique aussi) et tu ver­ras le tollé: « Vous vou­lez tuer l’éco­no­mie!… (Sub­si­diai­re­ment: « Com­ment je vais payer le nou­veau train de pneus de ma Porsche 4×4? »)

Il n’y a pas d’in­quié­tude à avoir: même avec un taux d’im­pôts à 129%, c’est POURRI de pèze, ici!

17)
Fran­çois Cuneo
, le 06.10.2004 à 11:45

er­met-moi de conclure sur un point: quand on est à -8 mil­liards et que ça conti­nue de se désa­gré­ger, c’est tout le monde qui va dé­gus­ter, pas juste vous!

En effet, les ma­lades, les en­fants, les gens dans le be­soin, la sé­cu­rité dans les rues, la culture, tout le monde en prend pour son grade.

Mais dis, TTE, pour­quoi les choses vont si mal de­puis des an­nées? Parce qu’il y a des pro­fi­teurs, des gens qui se sont fait un max de blé sur le dos de la po­pu­la­tion. Et ce sont eux qui nous disent main­te­nant de nous ser­rer la cein­ture.

Mais re­garde qui est à l’avant-garde de l’aus­té­rité! L’ex­trême droite UDC, Blo­cher en tête, mil­liar­daire! Et les pe­tites gens conti­nuent à voter pour eux. Parce qu’ils savent tel­le­ment men­tir.

Alors moi je dis stop. Je dis stop à la dé­gra­da­tion de tout, et y com­pris de mon sa­laire. Tu ne m’em­pê­che­ras pas de le faire, et j’es­time que je n’ai pas une se­conde à avoir honte de me dé­fendre.

C’est même mon de­voir.

18)
Blues
, le 06.10.2004 à 12:07

Quant au beau re­flex à Fran­çois, il n’a pas été payé par l’Etat de Vaud, ni par mon sa­laire, ni par Cuk.​ch d’ailleurs.
Cela dit, ça ne re­garde que moi.

Mais Fran­cois, per­sonne ne t’a « at­ta­qué » sur ce sujet là (ou de­mandé des comptes) … Alors pour­quoi te dé­fendre ?… Y’a pas de lé­zard !

Parce que ton amie, sans vou­loir la cri­ti­quer vu que je ne la connais pas, tu peux me dire pour­quoi, si c’est tel­le­ment mieux dans le pu­blic, elle ne vient pas y tra­vailler?

Ah ça, je ne suis pas dans sa si­tua­tion, je ne lui est même ja­mais posé la ques­tion

si on pou­vait évi­ter de tom­ber dans les cli­chés…

Voui ..​mais … ces cli­chées ont la vie dure, sur­tout dans des pé­riodes éco­no­mi­que­ment dif­fi­cile !; sur­tout en vous com­pa­rant par exemple à un(e) cais­sièr(e) qui bosse comme un(e) dingu(e), pour un sa­laire de m.., qui se fait en­gue­ler par les clients et son­pa­tron, qui ne rentre sou­vent chez elle pas avant 19h30 (+ en­core tout plein de désa­ven­tages).

19)
To­TheEnd
, le 06.10.2004 à 12:15

Ca­plan: mau­vais exemple, le can­ton (dans son in­fi­nie in­tel­li­gence de re­por­ter le pro­blème chez les autres) veut re­fi­ler 589 km de routes aux com­munes… et tout ça pour éco­no­mi­ser d’ici à 3 ans 9 mil­lions par an. Une goutte d’eau qui sera re­por­tée sur les com­munes (qui sont toutes riches, c’est bien connu).

Fran­çois: ben oui, les gens votent de plus en plus pour Blo­cher et à droite, comme par­tout en eu­rope. Mais pour­quoi dans le fond? Est-ce que les gens ne se laissent pas tout sim­ple­ment convaincre par des ar­gu­ments fa­ciles parce qu’ils en ont un peu marre de voir tou­jours les mêmes ploucs faire des dis­cours à ral­longes et ré­pé­ter les mêmes conne­ries?

Si Blo­cher était pré­sident dic­ta­teur, on au­rait plus de pro­blème d’ozone dans ce pays. Pour­quoi? Parce qu’il y au­rait des murs tel­le­ment hauts sur nos fron­tières qu’on se­rait à l’ombre toute la jour­née… C’est pas cool ça?

En­core une fois, si les autres par­tis étaient un peu plus ma­lins (in­tel­li­gents?), ils se ren­draient compte que le peuple en a plein le cul. Qu’il ne sait plus vers qui se tour­ner pour trou­ver des gens qui savent trou­ver des so­lu­tions! Et pas des gens qui en parlent pen­dant des mois sans rien ré­soudre du tout…

Les par­tis perdent du ter­rain parce qu’ils sont mau­vais, pas parce que Blo­cher est bon… et ça, le jour où ils le com­pren­dront, les choses chan­ge­ront peut être.

T

PS: et puis moi je veux rien t’em­pê­cher de faire… tu es assez grand;-)

20)
RB­Greg
, le 06.10.2004 à 12:22

Il faut as­sai­nir l’état c’est évident, cela passe par des ré­duc­tions de pres­ta­tions ac­com­pa­gnées d’aug­men­ta­tion d’im­pôts, dans la me­sure où l’on ne peut pas créer de l’ar­gent (quoique avec l’or de la BNS, mais au train ou on va cet or ne fe­rait pas grand chose), Dans cette op­tique, il faut ré­duire le train de vie de l’état, et tout le monde doit en payer un peu.

MAIS: faire payer à ce point l’en­sei­gne­ment et le so­cial me pa­rait in­dé­cent!

Nos in­fir­miers/mé­de­cins sont sur­me­nés (pour peu qu’ils tra­vaillent en éta­blis­se­ment bien sûr), nos pro­grammes sco­laires souffrent, le ni­veau s’abaisse de par­tout, même au ni­veau des matus.

A côté de cela, un état qui in­ves­tit des mil­liards dans la BCV, expo 02, j’en passe et des meilleures. Un grand conseil qui vote ses propres aug­men­ta­tions (bon c’est pas grand chose, mais voilà), des conseillers d’états qui en­gagent cos­shart bon sul­tan et sans trou­ver de so­lu­tion, j’en­rage. Et quand Fran­çois parle des PC dans les di­rec­tions d’éta­blis­se­ment (mul­ti­pliez 2-5 PC par le nombre d’éta­blis­se­ment, ajou­tez les softs et la for­ma­tion et vous ob­te­nez à mon avis fa­ci­le­ment un nombre à 6 zéros).

Notre Etat ne fait pas la chasse au gaspi, il cherche de nou­velles opé­ra­tions pour sucer le peu qui res­tait au­tour de la moelle de ses tra­vailleurs…

par contre, ci­toyen d’une com­mune de la côte vau­doise dite riche (Ge­no­lier), quand je lis ceci:
« Heu… je suis d’ac­cord, mais le pro­jet Eta­com est, de­puis quelques an­nées, en­train de gom­mer ces grandes dif­fé­rences entre les com­munes (ok, on ar­ri­vera pas à un taux unique pour toutes les com­munes). Mais la dis­pa­rité dont tu parles est de moins en moins grande (toutes les com­munes au­tour de Lau­sanne par exemple qui étaient sous 100% ont aug­menté entre 5% et 10% leur im­po­si­tion, c’est pas rien). »,
Je ne suis pas tout à fait d’ac­cord… Si mes im­pôts com­mencent à être équi­va­lents à ceux de Lau­sanne, alors je me sens en droit d’exi­ger des trans­ports pu­blics équi­va­lents, une pa­ti­noire, une pis­cine com­mu­nale…
Il faut sa­voir que du sta­tut de com­mune dite riche -pré­ci­sons au pas­sage qu’une com­mune riche était aux yeux de l’état une com­mune qui n’avait pas ou peu de dettes- nous sommes pas­sés en 4 ans aux chiffres rouge de chez rouge, avons aug­menté nos im­pôts de 20ct, et son­geons à la pro­chaine aug­men­ta­tion qui ne suf­fira tou­jours pas à nous sor­tir d’af­faire.
Le can­ton veut ra­jou­ter les routes can­to­nales à la garde des com­munes, aug­men­tant donc une fois de plus les im­pôts com­mu­naux, et ce der­nier ar­ri­vera une fois de plus à trou­ver une nou­velle frac­ture so­ciale, etc. Je ne sais pas s’il existe en­core une com­mune riche, notez au pas­sage que ce n’est pas si mal, on est tous dans la même m, comme ça…
Bien sûr dans la tête des gens, une com­mune de la côte vau­doise est une com­mune où les ha­bi­tants on gé­né­ra­le­ment des plaques CD sur leur Cayenne (celle de la femme), leur X5 (celle du papa) et les 2 mus­tang des fis­tons, ce qui est une vi­sion un tan­ti­net glau­co­mée. Je n’ha­bite pas en Terre Sainte, et dans ma com­mune se trouvent en­core quelques pay­sans, bû­che­rons, etc. Et quand bien même nous par­le­rions des ha­bi­tant de l’ex­tré­mité ouest de notre bien joli can­ton, on consta­te­rait que les comptes ne sont plus vrai­ment ce qu’ils étaient, que les dé­penses pha­rao­niques (30 mil­lions de dé­pas­se­ment de bud­get sur un col­lège, si, si) étaient norme au mo­ment où les fi­nances gé­né­rales al­laient bien, au mo­ment où cela mar­chait à l’iden­tique dans les têtes sié­geant au Châ­teau. Ces com­munes voient la manne des tra­vailleurs ge­ne­vois (CD et autres joyeu­se­tés) s’exi­ler en France voi­sine… belle réus­site!

En ré­sumé, si les ma­ni­fes­tants cri­tiquent la di­mi­nu­tion de qua­lité des pres­ta­tions, plus que leur di­mi­nu­tion de sa­laire, j’ap­plau­dis!

Dé­solé pour la ré­ponse un poil lon­guette, mais qu’est-ce que ça fait du bien!

Greg, un Pesan un poil pé­dant ;-)

21)
Blues
, le 06.10.2004 à 13:18

je suis prêt à hé­ber­ger chez moi un prof qui ne va pas bien. Je com­men­ce­rais bien par la fille de l’image IMG_0119 (on l’a voit pas bien)

Ah… ben moi je pré­fé­re­rais hé­ber­ger celle de la photo IMG_0135 (on nous plume), même qu’elle est trouble sur l’image.

si les ma­ni­fes­tants cri­tiquent la di­mi­nu­tion de qua­lité des pres­ta­tions, plus que leur di­mi­nu­tion de sa­laire, j’ap­plau­dis!

Dans ce cas, j’ap­plau­di­rais aussi !

22)
Fran­çois Cuneo
, le 06.10.2004 à 13:23

Voui ..​mais … ces cli­chées ont la vie dure, sur­tout dans des pé­riodes éco­no­mi­que­ment dif­fi­cile !; sur­tout en vous com­pa­rant par exemple à un(e) cais­sièr(e) qui bosse comme un(e) dingu(e), pour un sa­laire de m.., qui se fait en­gue­ler par les clients et son­pa­tron, qui ne rentre sou­vent chez elle pas avant 19h30 (+ en­core tout plein de désa­ven­tages).

Si tu sa­vais, Blues, ce que je trouve scan­da­leux comme on ex­ploite les em­ployés des grandes sur­faces! Ils se battent, et ob­tiennent un mi­ni­mum. Ça ne suf­fit pas, il faut donc les sou­te­nir lors­qu’ils ma­ni­festent, de­vant les grands ma­ga­sins. Per­son­nel­le­ment, je suis avec tous ceux qui se dé­fendent.

Y com­pris les em­ployés de banque, qui ont été mis au chô­mage, alors que les UBS et consorts an­non­çaient des bé­né­fices re­cords!

Au ni­veau banque d’ailleurs, il n’y a qua­si­ment que la nôtre qui se soit plan­tée à ce point (la banque can­to­nale vau­doise). Et de­vi­nez par qui elle de­vait être sur­veillée? Par Mon­sieur Charles Favre, Conseiller d’Etat à l’époque, Conseiller Na­tio­nal ac­tuel­le­ment, et qui ose nous faire la leçon de par­ler fi­nance.

Ce mon­sieur, je me de­mande s’il a conscience de ce qu’il a fait et de sa grande nul­lité. J’en doute.

Et quand on voit qu’on l’in­ter­view plus sou­vent qu’à son tour à la Radio ro­mande pour lui de­man­der son avis, on se pose des ques­tions aussi sur la com­pé­tence de cer­tains jour­na­listes.

23)
Fran­çois Cuneo
, le 06.10.2004 à 13:32

Ah… ben moi je pré­fé­re­rais hé­ber­ger celle de la photo IMG_0135 (on nous plume), même qu’elle est trouble sur l’image.

Certes, la photo est en par­tie floue, mais je la trouve super! Il n’y a quel les yeux, fort beaux d’ailleurs de la dame que je ne connais pas (je te jure ché­rie, je ne la connais pas!) qui sont nets.

J’au­rais voulu que j’au­rais pas pu!

pour faire amende ho­no­rable (ou payer de ma per­sonne), je suis prêt à hé­ber­ger chez moi un prof qui ne va pas bien. Je com­men­ce­rais bien par la fille de l’image IMG_0119 (on l’a voit pas bien)… Chez moi, dans l’est lau­san­nois, j’ai de la place et je roule en bmw;-)

Tu touches pas à Sé­ve­rine, de toute ma­nière, elle est déjà prise!

24)
Anne Cuneo
, le 06.10.2004 à 14:00

Dire qu’il faut EN­CORE en­tendre par­ler des va­cances exa­gé­rées des profs…
Je vais vous dire. J’ai com­mencé à en­sei­gner à 19 ans, en en­trant à l’Uni, je fai­sais du 30 %, le reste du temps j’al­lais aux cours. OK, pen­dant 4 ans, je tra­vaillais à deux choses à la fois. Puis j’ai pris une année de pause. En­suite de quoi j’ai en­sei­gné sans dis­con­ti­nuer pen­dant sept à huit ans, trois au ni­veau lycée, quatre à cinq au ni­veau gym­na­sial (les deux ou trois der­nières an­nées avant l’Uni­ver­sité, pour ceux qui ne se­raient pas Suisses). La pre­mière année, je me suis dit: chouette, sept se­maines de va­cances. La deuxième, je me suis dit: bon, je dois pré­pa­rer ci et ça, mais il me reste quatre se­maines. Bien­tôt je me suis re­trou­vée avec une se­maine à Noël, une à Pâques (pour au­tant qu’il n’ait pas fallu pré­pa­rer les su­jets pour le bac) et peut-être deux en été.
Cela étant dit, pour chaque heure d’en­sei­gne­ment, il faut comp­ter au moins une autre heures pour pré­pa­rer et cor­ri­ger, sans par­ler des réunions, des vi­sites des pa­rents etc. Et ce dont per­sonne ne parle, pen­dant ses 20 à 25 heures d’en­sei­gne­ment heb­do­ma­daire, on est comme un co­mé­dien en scène, on doit don­ner de sa per­sonne sans lâ­cher, cap­ter l’in­té­rêt, être at­ten­tif aux en­fants – conti­nuel­le­ment sur le qui-vive, quoi.
Par ailleurs, on a sou­vent l’ad­mi­nis­tra­tion sur le dos, chaque ini­tia­tive qu’on a envie de prendre de­mande une lutte – je ne vais pas don­ner d’exemple, mais j’en ai des mon­tagnes.
Et enfin, on se sent res­pon­sables de contri­buer à faire de nos élèves des ci­toyens so­ciables et res­pon­sables.
C’est simple – à 30 ans j’ai fait la dé­pres­sion du siècle (et c’eux qui me connaissent savent que je n’ai de loin pas une na­ture de dé­pres­sive), pour finir je pe­sais 40 kg et j’ai dû me ré­si­gner à quit­ter l’en­sei­gne­ment, que J’AI­MAIS. J’AI ADORE MES ELEVES, qui me le ren­daient bien, d’ailleurs, à quelques ex­cep­tions près. Je n’ai ja­mais eu des pro­blèmes de dis­ci­pline, ni d’au­to­rité.
Lorsque j’ai vu un psy pour fi­na­li­ser ma sor­tie de l’en­sei­gne­ment vau­dois (chose que je pou­vais en­vi­sa­ger, car j’avais d’autres cordes à mon arc), j’ai ap­pris que j’étais la xième cette an­née-là.
J’au beau­coup tra­vaillé de­puis, beau­coup fait de nuits blanches, mais ç’a tou­jours été parce que j’ai ten­dance à vou­loir faire trois choses à la fois, et c’est li­bre­ment consenti (enfin, li­bre­ment… c’est gé­né­ra­le­ment parce qu’il faut bien faire quelque chose où on gagne un peu de fric, vu que “l’art”, ça ne rap­porte pas, en tout cas pas à moi, et on fait ça gra­tis, juste pour le plai­sir). Mais je n’ai ja­mais tra­vaillé au­tant (moyenne sur l’an­née en comp­tant trois se­maines de va­cances: 48 heures et des pous­sières) que lorsque j’étais en­sei­gnante à plein temps.
Quant à la manif de hier, il fau­drait peut-être faire par­ler une in­fir­mière, ou un flic (ils en sont à tel­le­ment d’heures sup, qu’ils ne peuvent même plus les prendre, la gen­dar­me­rie s’écrou­le­rait).
Je n’ai pas été fonc­tion­naire très long­temps, dans ma vie, mais je dé­fen­drai tou­jours les fonc­tion­naires, c’est par eux que l’Etat fonc­tionne – et ne pas ou­blier: ce ne sont pas eux qui font les lois.

Anne

25)
Franck_­Pas­tor
, le 06.10.2004 à 14:05

BRAVO, Anne ! Tout y est, rien à ajou­ter.

26)
Iris
, le 06.10.2004 à 14:21

Quelle ava­lanche de re­marques… Je ne sais pas par où com­men­cer.

Peut-être par dire que je dé­couvre ces com­men­taires en ren­trant à la mai­son et que, contrai­re­ment à d’autres qui peuvent consul­ter un site et y ré­pondre à 9h 37 ou 10h 48, il faut, moi, que j’at­tende d’être sor­tie de ma classe pour sur­fer. ;-)

D’abord, merci à ceux qui nous sou­tiennent. Ça fait du bien, car trop de cli­chés et de lieux com­muns mille fois en­ten­dus sont rap­por­tés par les mé­dias. Y en a marre de cette dés­in­for­ma­tion concer­nant les sa­laires éle­vés des profs. Pour info, un sa­laire d’ins­ti­tu­teur pri­maire après 25 ans de mé­tier suf­fit « juste- juste » pour une fa­mille de 4 per­sonnes, sans faire de folie et en payant un loyer plu­tôt bas. Je sais de quoi je parle.

En ré­sumé, si les ma­ni­fes­tants cri­tiquent la di­mi­nu­tion de qua­lité des pres­ta­tions, plus que leur di­mi­nu­tion de sa­laire, j’ap­plau­dis!

Si tu lis les pan­neaux, tu ver­ras que peu font al­lu­sion aux sa­laires.

Ce qui est na­vrant pour ces coupes bud­gé­taires, c’est qu’elles vont pro­duire des éco­no­mies sans doute vé­ri­fiables dans les ac­tuels livres de comptes, mais qu’elles vont in­du­bi­ta­ble­ment en­gen­drer des pro­blèmes dans le futur. Quelques exemples:
Des pro­blèmes de santé pu­blique ma­jeurs se pro­filent à l’ho­ri­zon: consom­ma­tion ré­gu­lière d’al­cool chez les ados de plus en plus jeunes, idem pour le tabac et pour le ha­schich, obé­sité due à la mal­bouffe en aug­men­ta­tion, etc… Ré­ponse de l’Etat en­vers ces défis: on n’aura plus d’ar­gent pour les ani­ma­teurs-santé qui passent dans les classes pour faire de la pré­ven­tion. Alors OK, on éco­no­mise main­te­nant, mais on le paiera dans 5 à 10 ans.
Même chose pour les ap­puis aux élèves en dif­fi­culté: les heures vont di­mi­nuer, quand ça n’est pas dis­pa­raître, et on va se re­trou­ver dans quelques an­nées avec un taux d’illé­trisme en­core plus élevé…

Il y a en­core tant à dire, mais je m’ar­rête pour cette fois.

Iris

27)
To­TheEnd
, le 06.10.2004 à 14:40

Merci Greg pour ces pré­ci­sions dont je n’avais ab­so­lu­ment au­cune idée, fran­che­ment!

Pour Sé­ve­rine, je te trouve un peu dur là. C’est vrai quoi, pas tou­cher, pas tou­cher… Et si je lui of­frais une Porsche Cayenne (4×4 of course), tu ne penses pas que ça pour­rait chan­ger les choses? (pas taper non plus, pas taper!)

Je sais que c’est pas bien, mais j’ai fait un petit cal­cul et je suis ar­rivé à un ré­sul­tat assez mar­rant.

Est-ce que tu sais que le sa­laire moyen Suisse se monte à CHF 72’000.- (soit CHF 5’500.- par mois fois 13)?

Je me suis amusé à faire le cal­cul pour le can­ton de Vaud et pour la com­mune de Lau­sanne… at­ten­tion les yeux:

Vaud: 26’000 em­ployés pour un coût de CHF 2.03 mil­liards par an ou au­tre­ment dit, CHF 78’000.- par an (soit CHF 6’000.- par mois fois 13)! C’est presque 10% de plus que la moyenne Suisse.

Lau­sanne: 4’500 em­ployés pour un coût de CHF 436.7 mil­lions par an ou au­tre­ment dit, CHF 98’000.- par an (soit CHF 7’500.- par mois fois 13)! C’est 36% de plus que la moyenne Suisse!

A la lec­ture de ces chiffres, il faut bien évi­de­ment re­la­ti­visé le fait qu’on ne peut pas « lit­té­ra­le­ment » com­paré un sa­laire moyen na­tio­nal avec des sa­laire ré­gio­naux et lo­caux… tou­te­fois, ça se­rait quand même gon­flé de dire qu’ils sont ab­so­lu­ment in­com­pa­rables!

Je constate que per­sonne n’a pro­posé une idée pour ar­rê­ter l’hé­mor­ra­gie à part « faire payer les riches ». Ce qui vous en convien­drez (je l’es­père) n’est pas une so­lu­tion à terme puisque nous sommes en né­ga­tifs chaque année et que l’état pré­voit pour 2005 un en­det­te­ment de 9.2 mil­liards!

Mais relax, ça fera que CHF 500 mil­lions d’in­té­rêts à payer pour 2005 alors que le bud­get pré­voit en­core un dé­fi­cit de CHF 173 mil­lions. Est-ce que quel­qu’un peut me dire com­bien de profs, d’in­fir­mières, d’édu­ca­teurs, de for­ma­teurs on pour­rait en­ga­ger avec les CHF 500 mil­lions qui vont di­rec­te­ment dans les poches des banques?

Moi je ne sais pas, mais je peux vous dire com­bien de Porsche Cayenne (4×4 tou­jours) on peut ache­ter avec CHF 500 mil­lions: 6’666 mo­dèles juste pour 2005… vous ima­gi­nez? C’est dia­bo­lique ce chiffre et ça re­pré­sente 31.8 km de Porsche l’une der­rière l’autre! Quel beau can­ton nous au­rions avec toutes ces Porsche sur nos routes… Et les éco­no­mies que nous fe­rions se­raient dé­li­rantes car nous n’au­rions plus be­soin d’en­tre­te­nir nos routes, c’est des 4×4!!!

T (qui re­tourne tra­vailler et qui n’em­bê­tera plus per­sonne avec ça au­jour­d’hui)

28)
Blues
, le 06.10.2004 à 15:46

Ex­cellent com­men­taire Anne (comme d’hab) qui remet « un peu » l’église au mi­lieu du vil­lage…

Sans vou­loir « en­trer en guerre » (car à mon avis ton cas de per­sonne très mo­ti­vée, n’est pas dans tous les cas re­pré­sen­ta­tif)… il faut tout de même pré­ci­ser que cela (« pour chaque heure d’en­sei­gne­ment, il faut comp­ter au moins une autre heures pour pré­pa­rer et cor­ri­ger ») est dé­pen­dant :
– des ni­veaux dans les­quels on en­seigne
– du genre de job (y’a aussi des ACT-ACM, la mu­sique ou l’info, qui ont bien moins de pré­pa­ra­tifs et de cor­rec­tifs)
– mais SUR­TOUT de la mo­ti­va­tion de l’en­sei­gnant (com­bien re­prennent les même tra­vaux, année après année ?)
– lié à cette mo­ti­va­tion : l’âge, la « no­mi­na­tion » et le nombre d’an­née pas­sées dans le même éta­blis­se­ment (com­bien, une fois nom­més, se laissent aller dans un « doux cocon » ? J’ai fait 4 ans de com­mis­sion sco­laire …je peux en par­ler et ne fais que consta­ter)

et quand tu dis ceci: « à 30 ans j’ai fait la dé­pres­sion du siècle, j’ai dû me ré­si­gner à quit­ter l’en­sei­gne­ment, que J’AI­MAIS. J’AI ADORE MES ELEVES, qui me le ren­daient bien… »
– Ceux qui comme toi ont la mo­ti­va­tion citée ci-des­sus, sont sou­vent ceux qui « pétent un câble », car ils aiment don­ner le max d’eux-mêmes …

29)
pilote.​ka
, le 06.10.2004 à 16:22

C’est drôle que ce débat reste « can­tonné » à la Suisse. Il me semble que c’est un pro­blème qui dé­passe lar­ge­ment ses fron­tières.
Que l’on soit de droite ou de gauche le même pro­blème se pose: ra­tion­ne­ment des dé­penses de l’état et pré­ca­ri­sa­tion des sa­la­riés. En Al­le­magne, le chan­ce­lier qui est « de gauche » mène une po­li­tique ul­tra­li­bé­rale scan­da­leuse et inique.
Est-ce que l’Eu­rope n’est pas en train de glis­ser vers l’ul­tra­li­be­ra­lisme à l’ame­ri­caine?
Enfin, moi je trouve qu’il fau­drait avoir des ou­tils de pen­sée plus glo­baux, des concepts, car le pro­blème est gé­né­ral.
J’irai même jus­qu’à dire que ce pro­blème n’a rien a voir avec la Suisse en par­ti­cu­lier.

30)
Fran­çois Cuneo
, le 06.10.2004 à 16:49

Un p’tit bon­jour à Serge, et aux fonc­tion­naires ca­na­diens en lutte!
Cou­rage les gars!

31)
Gilles Tschopp
, le 06.10.2004 à 16:53

j’sais pas trop si j’ose per­tu­ber cette dis­cus­sion forte in­té­res­sante, mais sim­ple­ment pour si­gna­ler que je com­prends bien mieux pour­quoi toute cette foule qui s’est ras­sem­blée au­tour de la gare de Lau­sanne, hier, lorsque je suis sorti de ma nou­velle place de tra­vail !

32)
Fran­çois Cuneo
, le 06.10.2004 à 16:53

Et pour­quoi Blues, le cas de Anne ne se­rait pas re­pré­sen­ta­tif?

Moi, les gens que je connais, dans l’en­sei­gne­ment, sont tous des gens qui se donnent beau­coup dans leur tra­vail.

Mais cela va-t-il durer? Com­bien de temps vont-ils don­ner alors qu’on leur prend de l’autre côté?

Le dé­cou­ra­ge­ment, ça existe, et il ne faut pas le més­es­ti­mer.

Chez nous, dans notre col­lège, c’est pas dur: plus per­sonne ne tra­vaille à plein-temps! Plus pos­sible de tenir le coup avec cette fou­tue nou­velle école qu’on nous a im­posé. Pour­tant, les ins­ti­tu­teurs et ins­ti­tu­trices ne sont pas une ca­té­go­rie « fra­gile ». C’est le mé­tier qui veut ça.

Ou alors, on a des pe­tites jeunes qui com­mencent, comme Anne à l’époque, et qui se donnent à fond, à plein-temps, comme des bêtes, qui font culpa­bi­li­ser ceux qui ont des fa­milles et qui ne savent plus com­ment suivre.

Ces pe­tites jeunes ar­rêtent et changent de mé­tier au bout de dix ans, vi­dées qu’elles sont.

33)
Fran­çois Cuneo
, le 06.10.2004 à 17:00

Et à tous ceux qui au­raient envie de cri­ti­quer les va­cances des en­sei­gnants.

C’est vrai qu’elles sont im­por­tantes par rap­port au reste de la po­pu­la­tion.

Je vais prendre un exemple que je connais bien: MOI!

De­puis que je suis Doyen de mon école, j’en ai beau­coup moins, de va­cances. Mes heures de bu­reau dé­bordent lar­ge­ment des ho­raires sco­laires.

Bref, je suis un peu « comme tout le monde » si l’on peut dire.

Et bien je n’ai pas la fa­tigue, lorsque je sors de mon bu­reau entre 17 et 18h, que je res­sens après une jour­née de classe.

Il faut le voir pour le croire. L’école, comme dit Anne, c’est la ten­sion per­ma­nente. Pas une se­conde de répit, parce que sinon, il y a le feu à gauche, et puis à droite, ou alors tout le monde dort.

Il faut tou­jours cal­mer, ou alors tirer.

Et bon dieu si ça use!

Alors je sais que le tra­vail dans le bâ­ti­ment, c’est dur. Je sais que l’usine, ce n’est pas fa­cile. Je sais que le bu­reau, c’est pas non plus tou­jours de la ri­go­lade.

Tout le monde la rote, c’est clair.

J’ai­me­rais juste qu’on ar­rête de croire que la grande ma­jo­rité des ins­tits sont des gens qui n’en foutent pas une, et que ceux qui se donnent sont l’ex­cep­tion.

C’est exac­te­ment le contraire!

34)
alec6
, le 06.10.2004 à 18:10

At­ten­tion ! un gau­lois de Paris va mettre son grain de sel !.
Je pré­cise pour en­fon­cer le clou de celui qui s’oc­cupe de ce qui ne le re­garde pas, que je ne suis ni suisse, ni en­sei­gnant, mais pa­ri­sien et pro­fes­sion li­bé­rale (de­si­gner free lance) ! Et en plus je n’ai pas lu tous les com­men­taires ! Le comble quoi.

Je constate sim­ple­ment que des deux côtés des crêtes al­pines et même plus loin, le même dis­cours est ré­pété à l’envi ! les fonc­tion­naires nous bouffent la laine sur le dos, coûtent cher à la so­ciété, le ser­vice pu­blic n’est pas ef­fi­cace, pas ren­table, le privé lui est paré de toutes les ver­tues… la concu­rence, le mar­ché et les ac­tion­naires sau­ve­ront le monde de l’or­nière où l’Etat et les ser­vices pu­blics nous mennent de­puis des dé­cé­nies… On peut conti­nuer comme ça à l’in­fini ou presque, tant le dis­cours ultra li­bé­ral de nos édiles de tout poil (ou presque) est ren­tré dans notre façon de pen­ser ! Et je pour­rais m’ét­tendre aussi sur le sujet en dé­mon­tant chaque ar­gu­ment…

Une chose est cer­taine : à l’ins­tar de ce qui ce passe aux US, en France, en Al­le­magne, en Grande Bre­tagne, en Suisse et ailleurs, le mot d’ordre de nos so­cié­tés est : LI­BÉ­RA­LISME ! Com­pé­ti­ti­vité, ren­ta­bi­lité et pro­duc­ti­vité en sont les trois ma­melles !
Plus prag­ma­ti­que­ment concer­nant l’école cela porte un non tout simple : AGCS.

l’Ac­cord Glo­bal du Com­merce des Ser­vices signé en 1994 à Ma­ra­kech à pour but de li­bé­ra­li­ser l’es­sen­tiel des ser­vices pu­blics des pays si­gna­taires du Gatt, puis de l’OMC. Pour être bref il s’agit de mettre sur le même plan éco­no­mique un ser­vice et une mar­chan­dise. Ainsi, si un état sub­ven­tionne l’un des deux sur son ter­ri­toire, il doit soit sub­ven­tion­ner l’en­semble des concur­rents (ça c’est le chant à la gloire de la Concur­rence), soit ne plus sub­ven­tion­ner, ce qui est plus fa­cile, puis­qu’il s’agit de se désen­ga­ger, sous peine de sanc­tions éco­no­miques. Tout le monde se sou­vient des ba­tailles Air­bus vs Boeing, aciers eu­ro­péens vs US, etc.
Ces ac­cords sont cen­sés se mettre en place dans les 10 ans…
1994… 2004 !
Quant aux ser­vices, quels sont-ils ? Santé, Edu­ca­tion, Re­cherche, Culture… Vous vous sou­ve­nez de la fa­meuse ex­cep­tion cultu­relle ? à l’époque la gauche fran­çaise en­core à gauche avait pro­posé que la culture et les pro­duits cultu­rels (ci­néma, théatre, or­chestres, etc.) soient ex­clus de ces ac­cords, et ce, pour TOUT LE MONDE ! et non spé­ci­fi­que­ment pour la France. Mais les ul­tras li­bé­raux avaient tôt fait de mon­trer du doigs ces sa­ta­nés fren­chies et leurs drôles d’idées.

Donc on en est là ! ce qui se passe dans le can­ton de Vaud ou à l’Edu­ca­tion na­tio­nale à Paris et ailleurs est LA MÊME CHOSE !
Cher­chez AGCS sur votre ouaibe pré­féré et vous ver­rez.

Quant au mé­tier de prof ! J’ai eu l’oc­ca­sion d’en­sei­gner le des­sin dans un lycée pro­fes­sion­nel (LEP en fran­çais) en zone d’édu­ca­tion prio­ri­taire (ZEP où des agi­tés du gre­nier sont par­qués pour ne pas traî­ner ailleurs) et je peux as­su­rer à ceux qui n’ont ja­mais fait cette ex­pé­rience, qu’une seule heure de cours est aussi épui­sante qu’une jour­née de bou­lot nor­male !

Bon c’est tout !
Ha ! j’ou­bliais quelques sources et ré­fé­rences :
Le Monde Di­plo­ma­tique, Al­ter­na­tive Eco­no­mique, Attac…
Si, si allez voir avant de ri­go­ler !

Et pour finir, si vous pen­sez en­core que l’ul­tra li­bé­ra­lisme est l’ave­nir du monde, lisez les bou­quins de Jo­seph Sti­glitz, amé­ri­cain (hou !), prix Nobel d’éco­no­mie (re-hou !) et an­cien di­rec­teur de la Banque Mon­diale (re-re-hou !)…

Alexis

(MAJ – 20h50) à pro­pos d’Air­bus et Boeing
« Wa­shing­ton puis Bruxelles sai­sissent l’OMC sur Air­bus et sur Boeing
Pour Wa­shing­ton, plus rien ne jus­ti­fie les sub­ven­tions à la com­pa­gnie Air­bus / AFP – Jean-Pierre Mul­ler |
L’Union eu­ro­péenne a ri­posté mer­credi à la plainte des Etats-Unis contre Air­bus à l’OMC en por­tant éga­le­ment plainte au­près de l’OMC contre Boeing ».
in Le Monde 07 oct 04.

35)
alec6
, le 06.10.2004 à 18:28

Une ci­ta­tion de Roo­se­velt je crois :
« Si vous pen­sez que l’édu­ca­tion coûte cher, es­sayez sans édu­ca­tion ! »

Alexis

36)
Ma­dame Cuk
, le 06.10.2004 à 20:38

je dé­couvre ces com­men­taires en ren­trant à la mai­son et que, contrai­re­ment à d’autres qui peuvent consul­ter un site et y ré­pondre à 9h 37 ou 10h 48, il faut, moi, que j’at­tende d’être sor­tie de ma classe pour sur­fer. ;-)

C’est exac­te­ment la ré­flexion que je me suis faite en li­sant tous ces com­men­taires, moi qui suis sor­tie de ma classe à 11h45 avec la ves­sie sur le point d’ex­plo­ser parce que je n’avais pas eu le temps de pas­ser aux toi­lettes de toute la ma­ti­née. Et pen­dant la ré­créa­tion? Et bien non, j’ai passé la moi­tié de mes 20 mi­nutes de pause à dis­cu­ter de cas d’élèves avec la psy­cho­logue sco­laire, et l’autre moi­tié avec l’in­fir­mière…

Si je ré­sume, à ma ques­tion « que doit-on faire pour ar­rê­ter l’hé­mor­ra­gie? », votre ré­ponse est qu’il faut prendre aux riches

Si on com­men­çait par ar­rê­ter les dé­penses in­utiles et par mettre cet ar­gent là où on en a réel­le­ment be­soin, ça ré­sou­drait déjà pas mal de choses.

Comme Fran­çois l’a dit plus haut, ça ne pose pas de pro­blème de dé­pen­ser plu­sieurs mil­lions pour chan­ger tous les or­di­na­teurs de toutes les di­rec­tions d’écoles du can­ton alors que ça fonc­tionne très bien comme ça. C’est pas grave si ça coûte cher… on n’a qu’a sup­pri­mer quelques heures d’ap­pui aux en­fants qui en ont vrai­ment be­soin, on ar­rête de for­mer des maî­tresses ACT, etc…

Voilà où il passe, notre ar­gent, entre autres…

y’a aussi des ACT-ACM, la mu­sique ou l’info, qui ont bien moins de pré­pa­ra­tifs et de cor­rec­tifs

Et bien sache que pour ma part, je mets bien plus de temps à pré­pa­rer une leçon d’ACM (= tra­vaux ma­nuels) qu’une leçon de fran­çais ou de math. Et je me ré­jouis de voir ce que ça don­nera quand il n’y aura plus de maî­tresses ACT (ce qui est déjà le cas dans cer­taines com­munes) et qu’on devra se dé­brouiller pour faire le même bou­lot avec 25 élèves!

Pour Sé­ve­rine, je te trouve un peu dur là. C’est vrai quoi, pas tou­cher, pas tou­cher… Et si je lui of­frais une Porsche Cayenne (4×4 of course), tu ne penses pas que ça pour­rait chan­ger les choses?

Dé­so­lée de te dé­ce­voir, cher TTE, mais Sé­ve­rine, c’est plu­tôt le genre de fille que les mecs à grosse voi­ture et/ou grosse moto font fuir à toutes jambes…

37)
Leo_11
, le 06.10.2004 à 22:39

Bon, je crois que tout a été dit et redit je ne vais pas en ra­jou­ter.
Mon humble té­moi­gnage qui va seule­ment confir­mer ce que beau­coup ont dit concer­nant les ho­raires et va­cances de tra­vail des profs. J’ai eu la chance de tra­vailler du­rant 23 an­nées dans le sec­teur privé avec des ho­raires de 6.00 – 18.00, mais l’avan­tage de cette for­mule est que lorsque l’on est à la mai­son, le tra­vail est ter­miné… voici que de­puis 3 ans je suis un prof de branches tech­niques pour des ap­pren­tis (per­sonne n’a parlé de cette ca­té­go­rie…) et bien il est vrai que ma plus longue jour­née à l’école est de 8.30 à 16.30, mais que se passe-t-il à la mai­son?… Mo­ra­lité je vous as­sure que je dors moins long­temps de­puis que je suis prof…

Et com­ment se fait-il que Fri­bourg (can­ton qui a la ré­pu­ta­tion d’être at­tardé…) ar­rive à en­ga­ger pour 2005 110 en­sei­gnants sup­plé­men­taires alors que Vaud (qui est soit di­sant in­tel­li­gent???) ne veut plus en en­ga­ger mais plus tôt char­ger en­core plus ceux qui tiennent en­core le coup?

38)
Oka­zou
, le 06.10.2004 à 23:01

Comme le re­marque pilote.​ka, cette ag­gra­va­tion in­ces­sante de­puis 30 ans (avè­ne­ment de l’éco­no­mie li­bé­rale) des pro­blèmes hu­mains (dits « de so­ciété »), cette dé­gra­da­tion ré­gu­lière et iné­luc­table de la qua­lité de la vie des hommes n’est pas seule­ment hel­vé­tico-suisse mais in­ter­na­tio­nale. La Suisse elle-même (l’eusses-tu cru ?), mal­gré sa sta­bi­lité, ses ri­chesses et son ni­veau de vie (du moins de cer­tains), est tou­chée à son tour.

Lorsque le li­bé­ral, à fond dans sa bé­hème avec plein de sou­papes, se rend compte que le mur s’ap­proche dan­ge­reu­se­ment, il « pense » que la meilleure chose à ac­com­plir pour évi­ter l’im­pact est… d’ac­cé­lé­rer.

Alors, on ac­cé­lère les ré­formes. Enfin, soyons clairs et re­dé­fi­nis­sons les termes car ce qu’on ap­pelle « ré­forme » dans cette quasi-secte d’idéo­logues ap­pren­tis-sor­ciers n’a pas du tout le même sens que pour vous et moi. Le qui­dam, l’hon­nête homme sans ar­rière-pen­sée, celui qui pro­duit au quo­ti­dien la ri­chesse de son pays, celui sans qui RIEN ne se­rait pos­sible, le maillon fort in­con­tour­nable de toute so­ciété, ce qui­dam, di­sais-je, at­tend d’une ré­forme qu’elle amé­liore sa si­tua­tion, qu’elle lui ap­porte un mieux-être, qu’elle pro­duise un pro­grès vi­sible, qu’elle pro­fite à ceux qui pro­duisent cette ri­chesse. En effet, TOUS nos pays, dans cette par­tie dé­ve­lop­pée du monde, s’en­ri­chissent année après année et ce sont les qui­dams et EUX SEULS qui pro­duisent cette ri­chesse. Nos pays se­ront en­core plus riches fin 2004 qu’ils ne l’étaient fin 2003 alors qu’ils l’étaient à cette époque plus que fin 2002. Mais com­ment cette ri­chesse est-elle re­dis­tri­buée ?

Pour les idéo­logues li­bé­raux, « ré­for­mer » prend un tout autre sens :

• Cas­ser l’État (pour ins­tau­rer le règne du plus fort) au nom du droit du re­nard à être libre dans le pou­lailler enfin « libre » ;
• Cas­ser le droit du tra­vail (no­tam­ment le droit de grève) pour don­ner à l’em­ployeur la li­berté de « dé­grais­ser ses ef­fec­tifs » lors­qu’il fait de mau­vais choix, qu’il n’a pas su an­ti­ci­per l’ave­nir, qu’il n’a pas ré­in­vesti ses bé­né­fices ou que ses ac­tion­naires-vam­pires (non pro­duc­tifs — un bou­let pour la so­ciété, le gui qui se nour­rit de la sève de l’arbre qui l’ac­cueille en son sein) exigent leur part de sang ;
• Cas­ser le ser­vice pu­blic (ce joyau de la so­ciété) au nom de la li­berté des mer­can­tis à l’ex­ploi­ta­tion mar­chande de TOUTE CHOSE, en at­ten­dant de pou­voir ex­ploi­ter tout être hu­main.
— Pour cas­ser le ser­vice pu­blic (poste, en­sei­gne­ment, santé, trans­ports…), on com­mence par tout faire pour qu’il se dé­grade : on bloque le pou­voir d’achat des agents, on di­mi­nue leur nombre sans ré­duire leur part de tra­vail, on les contraint alors à of­frir un ser­vice di­mi­nué ou de mau­vaise qua­lité. Il suf­fit alors aux li­bé­raux, de­vant le dé­so­lant spec­tacle du ré­sul­tat de leur œuvre, de prô­ner la pri­va­ti­sa­tion des ser­vices ;
• Pri­va­ti­ser le bien com­mun. On vend les bi­joux de fa­mille, la part de sé­cu­rité, de ré­serves, qui per­met de ne pas craindre l’ave­nir. On se met dans la po­si­tion d’avoir tout à craindre en cas de dif­fi­culté. On n’a alors plus le choix pour s’en sor­tir que d’ac­cep­ter l’in­ac­cep­table.

Sur la pri­va­ti­sa­tion :
Une en­tre­prise n’a de rai­son d’être que le ser­vice qu’elle pro­pose à la so­ciété. Une en­tre­prise pri­vée, contrai­re­ment à son ho­mo­logue pu­blique, doit rendre ce ser­vice à la so­ciété ET ver­ser des di­vi­dendes à ses ac­tion­naires, ce que l’en­tre­prise pu­blique n’a pas à faire. À condi­tions égales de pro­duc­tion, de sa­laires, de res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment et de res­pect vis-à-vis de ses em­ployés et de ses clients/usa­gers, la so­ciété pri­vée pro­duit des biens/ser­vices plus coû­teux que son ho­mo­logue pu­blique. Les ac­tion­naires-vam­pires font la dif­fé­rence.

Sur la concur­rence (pur fan­tasme li­bé­ral) :
Contraindre toute chose à subir la concur­rence, c’est contraindre à une pe­tite guerre ci­vile per­ma­nente. La paix n’est-elle donc pas en­vi­sa­geable ?

Sur l’en­sei­gne­ment :
C’est la base de toute ci­vi­li­sa­tion et de tout es­poir d’élé­va­tion de l’homme. C’est pour­quoi les li­bé­raux s’acharnent au­tant contre ceux qui servent ses nobles des­seins. L’ave­nir d’un pays dé­mo­cra­tique s’éva­lue à la qua­lité de son en­sei­gne­ment. Seuls les ré­gimes to­ta­li­taires peuvent craindre le sens cri­tique de l’homme, et c’est de la di­gnité de l’homme que l’on parle.

___
Le li­bé­ra­lisme ? C’est la ré­gres­sion.

39)
Scal
, le 06.10.2004 à 23:07

Alors, vous qui étiez dans la rue hier, quelles sont vos so­lu­tions ? Où de­vons-nous éco­no­mi­ser ? L’Etat n’est pas un puit sans fond dans le­quel on peut sans arrêt pui­ser comme la gauche semble tou­jours pen­ser.

On peut être d’ac­cord avec vous sur le fond et je suis plu­tôt de votre côté. Je pense ce­pen­dant que des coupes sont né­ces­saires quelque part d’ici à ce que nous re­ve­nions à une sta­bi­lité bud­gé­taire.

J’ai­me­rais tou­te­fois ap­por­ter une autre di­men­sion au débat.

Je pense que le fait de ma­ni­fes­ter peut avoir un im­pact non né­gli­geable et même bé­né­fique. Par contre je trouve vé­ri­ta­ble­ment in­ad­mis­sible de ma­ni­fes­ter du­rant ses heures de tra­vail alors que l’on a des res­pon­sa­bi­li­tés face à des en­fants ou des ado­les­cents. Pour­quoi ne faites-vous pas ces ma­nifs le week-end ou le mer­credi après midi alors que la ma­jo­rité des élèves ont congé ?

Je me rap­pelle de mes an­nées uni­ver­si­taires où on criait contre le pro­jet Or­chi­dée. Des étu­diants em­pê­chaient d’autres étu­diants (dont je fai­sais par­tie) d’al­ler suivre les cours. Ils em­pi­laient des tables de­vant l’en­trée des au­di­toires et ve­naient per­tur­ber les cours de ceux qui vou­laient tra­vailler. In­to­lé­rable. La li­berté des uns s’ar­rête là où com­mence celle des autres.

Que l’on sou­haite ma­ni­fes­ter, ok. Mais alors qu’on le fasse sans pré­té­ri­ter les autres.

40)
Oka­zou
, le 06.10.2004 à 23:14

Scal > « Pour­quoi ne faites-vous pas ces ma­nifs le week-end ou le mer­credi après midi alors que la ma­jo­rité des élèves ont congé ? »

Pen­dant les va­cances, par exemple, au cœur du mois d’août, ou bien le jour de Noêl, ou en­core, la nuit…

Et si on pousse un peu la lo­gique : « Mais pour­quoi ne vous abs­te­nez-vous pas de faire grève ? »

Scal, tu de­mandes sans t’en rendre compte, que la grève ne soit plus une grève.

Scal > « Que l’on sou­haite ma­ni­fes­ter, ok. Mais alors qu’on le fasse sans pré­té­ri­ter les autres. »

Et te mon­trer SO­LI­DAIRE de tes co­re­li­gon­naires, cela ne t’est pas venu à l’idée ?

___
Le li­bé­ra­lisme ? C’est la ré­gres­sion.

41)
Scal
, le 06.10.2004 à 23:24

Oka­zou :
Tu as pro­ba­ble­ment rai­son. Il est vrai que ma concep­tion de la ma­nifs est peut-être idéa­liste.

Si les grèves et ma­ni­fes­ta­tions doivent obli­ga­toi­re­ment exis­ter au dé­tri­ment de per­sonnes « in­no­centes », alors je suis dé­fi­ni­ti­ve­ment contre. Et hon­nê­te­ment cela ne me rend pas leur cause plus sym­pa­thique.

Et la so­li­da­rité ? Cette ques­tion peut chaque fois être posée aux deux par­ties. Qui doit être so­li­daire de qui ?

42)
alec6
, le 06.10.2004 à 23:25

Oka­zou : Le li­bé­ra­lisme ? C’est la ré­gres­sion.

Tu es gen­til !

Je crois qe le li­bé­ra­lisme crè­vera par ce à quoi il est in­ca­pable de ré­pondre : la des­truc­tion de l’en­vi­ron­ne­ment et l’épui­se­ment des re­sources na­tu­relles.
Il m’ar­rive par­fois d’être op­ti­miste et de me dire que par ce der­nier biais en l’oc­cu­rence le fa­meux « peak oil » et l’aug­men­ta­tion du prix du pé­trole et de tout ce qui en dé­coule (trans­ports, agri­cul­ture, chi­mie… tout le reste quoi !) nous n’irons pas com­plè­te­ment dans le mur…
Si cela in­té­resse qq’un, allez faire un tour sur le site de Terre à Terre – France Culture.

43)
Fran­çois Cuneo
, le 07.10.2004 à 00:22

Scal, ex­cuse-moi, mais ton ar­gu­men­ta­tion en re­vient à ce que disent ceux qui ne veulent pas qu’on fasse grève: ne pre­nez pas les en­fants en otage.

Eux par contre, ils en font quoi des ga­mins, lors­qu’ils veulent cou­per dans la for­ma­tion? Ils le font au dé­tri­ment de qui??

Il faut vite ar­rê­ter! Aucun en­fant n’a souf­fert de la si­tua­tion. Tous sont très contents, les grands com­prennent assez bien que c’est aussi pour eux que nous fai­sons tout ça.

Lors­qu’on aura coupé dans le lard, ce qui se passe déjà (voir les ar­rêts dans les pro­grammes de pré­ven­tion contre la vio­lence), je peux te dire qu’ils vont bien plus souf­frir que pen­dant ces grèves, ces ga­mins.

Un truc qui m’a bien fait mar­rer, c’est lors des pre­mières ma­nifs, il y a quelques an­nées. On ne l’avait pas faite la grève d’ailleurs, à cette époque-là. Il fal­lait pas! On ne pou­vait pas lais­ser les en­fants seuls sans sur­veillance.

Alors d’abord, on fai­sait des per­ma­nences, donc ils n’étaient pas dans la rue, mais en­suite, quelques jours après, Mon­sieur De­la­mu­raz était élu Pré­sident de la Confé­dé­ra­tion.

Et paf, an­nonce mer­credi que jeudi se­rait congé pour tout le monde!

Là, ça n’a dé­rangé per­sonne de lais­ser les en­fants seuls!

Je com­prends quelque part que tu sois cho­qué qu’on t’aie em­pê­ché d’en­trer bos­ser à l’uni lors­qu’il y avait grève. Mais je peux te dire que lors­qu’on est dans le truc, il y a un tel élan qu’on ar­rive vite à ce que cer­tains ap­pellent des dé­ra­pages (moi pas) comme ça.

Vous étiez jeunes, et je trouve plu­tôt sain ce qui vous est ar­ri­vés. Et très fran­che­ment, à votre âge, je com­prends mal que tout le monde n’entre pas dans cet élan de so­li­da­rité.

Nous, nous avons laissé bien en­tendu ceux qui vou­laient bos­ser le faire. Mais mal­gré notre âge et une cer­taine sa­gesse qui nous vient comme ça, je peux te dire que c’est pas l’en­vie qui manque de leur dire très haut ce que l’on pense.

44)
To­TheEnd
, le 07.10.2004 à 01:49

Hé, comme j’avais dit que j’ar­rê­tais hier, je peux en re­mettre une couche au­jour­d’hui, c’est passé mi­nuit et on manque de com­men­taires pa­rait-il;-)!

Ma­dame Cuk: d’abord sache que pour plaire à Sé­ve­rine, je peux faire le « p’tain d’re­belle » qui roule en Re­nault;-)… Mais je crois qu’on va ar­rê­ter avec cette blague parce que j’ai l’im­pres­sion qu’on com­mence à me prendre au sé­rieux…

Tu dis qu’il faut com­men­cer à dé­pen­ser de l’ar­gent là où il est né­ces­saire. Je suis 101% d’ac­cord avec toi! Le pro­blème vois-tu, c’est que si tu mets 10 per­sonnes qui doivent dé­fendre leur bud­get de­vant une com­mis­sion qui doit tran­cher, tu auras 10 per­sonnes qui dé­fen­dront leur bud­get… Cha­cun ar­gu­men­tera que son dé­par­te­ment est déjà au bout du rou­lot au ni­veau des éco­no­mies et qu’en de­man­der plus, ça se­rait tout sim­ple­ment fer­mer le ser­vice… ou que le dé­par­te­ment est plus qu’es­sen­tiel à la vie du can­ton… etc.

Pour moi, il vau­drait mieux que le can­ton en­gage 10 profs sup­plé­men­taires plu­tôt que 10 flics pour aller mettre des ra­dars dans la cam­pagne… Mais voilà, c’est pas comme ça. Déjà les flics avec leur jouet, ils font ga­gner de l’ar­gent à l’état, pas toi (en­ten­dons-nous bien, toi tu tra­vailles sur le long terme, pas eux).

En gros, ce que je veux dire, c’est que si des pro­jets passent avant d’autres, si des in­ves­tis­se­ments sont consen­tis au dé­tri­ment d’autres, c’est qu’ils ont été mieux dé­fen­dus… mieux jus­ti­fier… que tout a peut être été né­go­cié entre amis/en­ne­mis (mots qui ne veulent rien dire pour ces gens) lors d’un fa­meux troc po­li­tique…

T

45)
Oka­zou
, le 07.10.2004 à 05:20

> To­TheEnd
« Il n’est pire sourd que celui qui ne veut en­tendre. » Pro­verbe

Tu le fais ex­près ou tu es dis­trait ?
Il ne s’agit pas de désha­biller Paul pour ha­biller Jacques (pro­verbe). La so­lu­tion au pro­blème n’est pas de conti­nuer d’ac­cep­ter cette pen­sée per­verse li­bé­rale qui consi­dère qu’une fois les pro­fits ré­par­tis dans les poches des moins pro­duc­tifs (des moins utiles, des pa­ra­sites de la so­ciété que sont les ac­tion­naires et la fi­nance) pour la plus grande part et une fois re­ver­sée une pe­tite part d’im­pôts au tronc com­mun, la so­ciété doit se dé­brouiller avec les ro­ga­tons que les­dits ac­tion­naires lui laissent pour gérer le bien pu­blic. Tu poses mal l’équa­tion. Tu la poses en bon li­bé­ral, au mé­pris du bien pu­blic.

Il s’agit d’exi­ger une re­dris­ti­bu­tion ÉQUI­TABLE (le mot qui fait mal au li­bé­ral et l’em­pêche de dor­mir) du pro­duit du tra­vail. Tu tra­vailles ? Tu touches les di­vi­dendes de ton tra­vail. Tu ima­gines pou­voir vivre de tes pla­ce­ments sans tra­vailler, par la simple ges­tion de ton hé­ri­tage, sans par­ti­ci­per à la pro­duc­tion (y com­pris in­tel­lec­tuelle) ? Nibe.

Ca­pito ?

___
Le li­bé­ra­lisme ? C’est la ré­gres­sion.
La ré­gres­sion, c’est le début de la fin si on ne se bouge pas le derche (spé­ciale Alexis)

46)
nic
, le 07.10.2004 à 10:03

j’ai aussi pris quelques pho­tos lors de cette manif.
la meilleure est cette pan­carte

pho­tos prise avec mon co­ol­pix 3100… en at­ten­dant mieux… j’ai­me­rai bien m’ache­ter un D70 avant jan­vier… quand le deuxieme bebe ar­ri­vera ;-)

ciao, n

47)
Emi­lou
, le 07.10.2004 à 10:58

Que ceux qui ont tant à dire sur les en­sei­gnants et s’in­dignent de leur pseudo avan­tages, de­vaient cer­tai­ne­ment avoir eu la pos­si­bi­li­tés de choi­sir un aussi idyl­lique mé­tier. Ils ont de toutes fa­çons toute leur chance, il y a pé­nu­rie d’en­sei­gnants dans mon pays.

48)
Ma­dame Cuk
, le 07.10.2004 à 14:21

Tu dis qu’il faut com­men­cer à dé­pen­ser de l’ar­gent là où il est né­ces­saire.

Non, je dis qu’il faut d’abord ar­rê­ter d’en dé­pen­ser là où il n’est pas né­ces­saire, voire in­utile, nuance!

Cha­cun ar­gu­men­tera que son dé­par­te­ment est déjà au bout du rou­lot au ni­veau des éco­no­mies et qu’en de­man­der plus, ça se­rait tout sim­ple­ment fer­mer le ser­vice… ou que le dé­par­te­ment est plus qu’es­sen­tiel à la vie du can­ton… etc.

Ce dont je par­lais ici se passe à l’in­té­rieur d’un seul et même dé­par­te­ment.

Par contre je trouve vé­ri­ta­ble­ment in­ad­mis­sible de ma­ni­fes­ter du­rant ses heures de tra­vail alors que l’on a des res­pon­sa­bi­li­tés face à des en­fants ou des ado­les­cents. Pour­quoi ne faites-vous pas ces ma­nifs le week-end ou le mer­credi après midi alors que la ma­jo­rité des élèves ont congé ?

Je te­nais juste à te si­gna­ler en pas­sant que la manif de mardi a dé­buté à 17h30 et qu’à cette heure-là, nous autres, nan­tis d’en­sei­gnants que nous sommes, avons déjà fini notre jour­née de tra­vail de­puis long­temps!

Et que la pro­chaine manif, si elle doit avoir lieu, est jus­te­ment pré­vue pour un mer­credi.

Tu vois comme nous sa­vons être sages et do­ciles…

49)
Anne Cuneo
, le 07.10.2004 à 14:51

Blues (voir com­men­taire No 28, je ne te cite pas car il fau­drait trop citer)

Je ne sais pas ce qui te per­mets de dire que les profs ron­ronnent, qu’un cer­tain nombre d’en­sei­gnants ne pré­parent pas, etc. etc. etc.

Ça aussi, ce sont d’hor­ribles cli­chés qu’on m’a ser­vis pen­dant tout le temps que j’en­sei­gnais. Les quelques en­sei­gnants de ce genre que j’ai connus, moi, c’étaient des gens super qui confirment mon pro­pos, ou celui de tous les en­sei­gnants qui s’ex­priment ici, d’ailleurs: ils avaient un cer­tain âge, ils s’étaient don­nés, et ils n’en pou­vaient plus. Moi, à l’Uni, j’ai eu un prof qui don­nait tou­jours le même cours de­puis 30 ans, je le sui­vais avec les notes de quel­qu’un de la gé­né­ra­tion de mes pa­rents… Mais s’il y a un in­di­vidu comme ça de temps à autre, la grande ma­jo­rité des en­sei­gnants traitent leur job plus ou moins à la ma­nière d’une vo­ca­tion. Je me de­mande d’ailleurs sou­vent com­ment ils font, lorsque j’en­tends ce qui se passe dans les classes au­jour­d’hui. Quand j’ai quitté, c’était en­core, par com­pa­rai­son, pé­père.

Anne

50)
Ishar
, le 07.10.2004 à 16:26

Oh les profs… et si vous ar­rê­tiez de vous re­gar­der le nom­bril, si vous ar­rê­tiez d’es­sayer de me faire croire que vous êtes les plus mal­heu­reux, les moins bien payés ou les plus ex­po­sés à la dé­pres­sion ner­veuse… Ceux d’entre-vous qui suc­combent à la tâche ne sont pas des héros sa­cri­fiés par un état es­cla­va­giste, ceux qui doivent re­non­cer se sont tout sim­ple­ment trompé de car­rière. Prof n’est pas un mé­tier à la por­tée du pre­mier venu, ce que beau­coup re­fusent de com­prendre ne voyant que les se­maines de va­cances et l’ho­raire ré­duit. N’ou­bliez pas que ja­mais les profs n’ont été mieux nour­ris et dor­lo­tés que vous de­puis que cette pro­fes­sion existe. Part contre vous avez à sup­por­ter le dik­tat des pé­da­gogues qui par leurs dis­cours ver­beux et creux em­poi­sonnent l’édu­ca­tion de ré­formes ca­tas­tro­phiques au­tant qu’in­utiles. L’école est de­ve­nue le bac à sable d’uni­ver­si­taires, théo­ri­ciens de l’édu­ca­tion, le la­bo­ra­toire ex­pé­ri­men­tal des psypsy de l’UNIL. Pour cela je vous plains sin­cè­re­ment et si vous des­cen­diez dans la rue pour vous dé­bar­ras­ser de ces nui­sibles (puis­qu’on parle d’éco­no­mies) je se­rais à vos côtés. N’en dé­plaise à la SPV et à ses sbires, prêts à sa­cri­fier des gé­né­ra­tions d’élèves (par­don, d’ap­pre­nants) dans de nou­velles aven­tures très ten­dance au­jour­d’hui mais qui fe­ront fré­mir d’in­di­gna­tion les pé­da­gogues dans 20 ans. Vous vous sou­ve­nez des mats mo­dernes… sa­viez-vous que nous sommes tous trau­ma­ti­sés par les notes que nous avons su­bies dans notre en­fance…

L’état croule sous les dettes, il ne peut pas mettre sim­ple­ment la clé sous le paillas­son comme une en­tre­prise en faillite (et ceux qui croient qu’un état peut se gou­ver­ner comme une en­tre­prise me font bien rire), il doit éco­no­mi­ser et il le fera avec ou sans votre ac­cord. Vous pour­rez tou­jours élire d’autres conseillers de gauche ou de droite, le pro­blème res­tera le même : Jean­prêtre vous a décu, Lyon aussi, les sui­vants ne fe­ront pas mieux. Un jour vien­dra où les éco­no­mies ne suf­fi­rons plus et où il fau­dra se ré­soudre à aug­men­ter les im­pôts. Ma fois on ne peut pas faire ca­deau au privé des ser­vices qui rap­portent en conser­vant ceux qui coûtent tout en main­te­nant les caisses de l’état à flots et en ne tou­chant ni au confort de la fonc­tion pu­blique ni au porte-mon­naie du contri­buable. C’est un choix de so­ciété que nous avons fait il faut main­te­nant l’as­su­mer et ré­flé­chir com­ment ins­tal­ler la dé­crois­sance, seule so­lu­tion pour évi­ter la ban­que­route to­tale.

Cou­rage donc, le pire est en­core à venir mais ne nous trom­pons pas de cible. L’état n’est pas l’en­nemi, il se fait bouf­fer par le li­bé­ra­lisme am­biant et de­mande des comptes au peuple sou­ve­rain qui n’a rien tenté pour bri­der la mon­tée en puis­sance de l’éco­no­mie pri­vée. Bien au contraire, tout oc­cu­pés que nous étions à consom­mer un maxi­mum, anes­thé­siés par de confor­tables sa­laires, nous avons re­fusé de com­prendre. L’état ne s’est pas en­detté en un jour, il est un peu fa­cile au­jour­d’hui d’ac­cu­ser nos mau­vais po­li­ti­ciens de tous les maux alors que nous les avons por­tés nous-même au pou­voir. Notre dé­mo­cra­tie est di­recte comme notre res­pon­sa­bi­lité. La Suisse est un petit pays dense, les trans­ports pu­blics y sont en­core bien dé­ve­lop­pés, mal­gré cela nous nous of­frons le luxe in­ouïs de pos­sé­der pas loin d’une voi­ture de tou­risme pour deux ha­bi­tants !!!! Nous ne sommes donc pas en­core à l’ago­nie, il y a de la marge. Pour ceux qui croient que le pou­voir d’achat aug­mente na­tu­rel­le­ment en­vers et contre tout, les temps à venir vont être dif­fi­ciles.

51)
gbuma
, le 07.10.2004 à 23:54

Pour­quoi ne par­lez-vous pas des pro­po­si­tions du Syn­di­cat SUD ?

Mon humble avis : ce qui manque au ser­vice pu­blique par rap­port au privé, c’est un moyen de va­lo­ri­ser le tra­vail bien fait et les ini­tia­tives in­tel­li­gentes -l’air de rien, ça fait du bien lors­qu’un ef­fort est re­connu- tout en sanc­tion­nant les in­com­pé­tents même et sur­tout hauts pla­cés.

52)
Emi­lou
, le 08.10.2004 à 08:59

Pour pa­ra­phra­ser ce qui est dit plus haut, bien sur que dans le monde en­sei­gnant l’an­gé­lisme n’est pas tou­jours au ren­dez-vous, il y a là aussi des pa­res­seux, des fonc­tion­naires dans le sens le plus pé­jo­ra­tif du terme, des in­com­pé­tents……. Dans ce mi­lieu, il y a aussi bon nombre de pro­fes­seurs qui ne comptent pas le temps pas­ser pour aider cer­tains élèves en dif­fi­cul­tés, qui prennent en charges des ac­ti­vi­tés ex­tra­s­co­laires, qui tra­vaillent et re­tra­vaillent des cours……………et les 35 heures se­maines de Ma­dame Aubry sont vite dé­pas­sées. Il y a en­core des élèves qui ap­pré­cient leurs pro­fes­seurs.
Mais ce type de schéma existe dans toutes les pro­fes­sions.
Ishar, pas de gé­né­ra­li­sa­tion abu­sive, l’échan­tillon de ce forum ne me semble pas re­pré­sen­ta­tif du monde en­sei­gnant et pas uni­que­ment
suisse. Nous n’avons pas tous un nom­bril sur­di­men­sionné, et dans l’en­sei­gne­ment, comme ailleurs, il y a des gens heu­reux non pas comme des im­bé­ciles mais comme des per­sonnes res­pon­sables sou­cieuses de l’ave­nir de l’édu­ca­tion des jeunes. C’est d’im­por­tance, car l’école est le creu­set de la so­ciété, il est nor­mal dès lors que le monde en­sei­gnant bouge quand il lui semble que l’on veut sa­bo­ter à un haut ni­veau son tra­vail. Cela s’ap­pelle prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés…..​on est loin du nom­bril. Re­mar­quons que la ma­jo­rité des grèves des pro­fes­seurs n’étaient en rien des re­ven­di­ca­tions de sa­laire mais des re­ven­di­ca­tions à ca­rac­tère pé­da­go­gique, et croyez bien, Ishar quand nous nous met­tons en grève (en Bel­gique ?) ce n’est vrai­ment pas par plai­sir, vous non plus j’es­père !
Dans ce que vous dites, il y a un autre débat sous ja­cent : est-ce l’école qui va mo­de­ler la so­ciété ou le contraire ? Per­son­nel­le­ment j’es­père que nous au­rons mis suf­fi­sam­ment de plomb dans la cer­velle de notre jeu­nesse pour qu’elle in­suffle, plus tard, les ré­formes sa­lu­taires pour notre so­ciété . Ces­sons de tra­vailler dans le court terme………c’est ce que font les po­li­tiques qui re­collent des mor­ceaux au fur et à me­sure dans la dé­ma­go­gie la plus par­faite afin d’être ré­élus à la pro­chaine lé­gis­la­ture. A l’école on se bas pour le pré­sent et sur­tout le futur, c’est in­grat (pas de ré­sul­tat im­mé­diat) mais pas­sion­nant.
gbuma bien d’ac­cord, que l’on sanc­tionne l’in­com­pé­tence, la nui­sance sous toutes ses formes, mais que l’on ré­com­pense la re­cherche in­tel­li­gente. Ce­pen­dant, évi­tons de tom­ber dans un ré­gime où la bri­made se­rait le moyen es­sen­tiel de « spee­der » les troupes, cela se pra­tique à mer­veille dans le privé avec des ré­sul­tats plus que dé­plo­rables : dé­pres­sions entre autre.

53)
Ishar
, le 09.10.2004 à 00:52

Mon­sieur Ver­shue­ren, merci de m’avoir lu et sur­tout de me ré­pondre.

Je n’avais pas l’in­ten­tion de gé­né­ra­li­ser, j’ai voulu ré­agir à ce que j’ai vu et en­tendu ici à Lau­sanne, dans un contexte par­ti­cu­lier : celui de l’école vau­doise. Voyez-vous, chez nous l’école n’est uni­fiée qu’au ni­veau du can­ton et les com­munes conservent même cer­taines pré­ro­ga­tives comme celle de fixer la date des va­cances (c’était le cas il y a peu en­core mais peut-être cela a-t-il changé main­te­nant). Nous ve­nons de subir une pe­tite ré­vo­lu­tion pé­da­go­gique qui n’a pas fait que des heu­reux et qui a man­qué des le dé­part d’une com­mu­ni­ca­tion claire. Notre école coûte chère (une des plus oné­reuse de l’OCDE) et n’a pas brillé par son ex­cel­lence dans l’étude Pisa (17 ème rang). Chez nous l’école énerve un peu le ci­toyen qui réagi mal­adroi­te­ment en s’en pre­nant aux profs, les trai­tant de fai­néants pri­vi­lé­giés ja­mais contents. Je ne suis pas d’ac­cord avec ce schéma sim­pliste, c’est juste pour poser le décor.

Mais voilà que l’état de Vaud dé­cide d’ac­cen­tuer son pro­gramme d’éco­no­mies bud­gé­taire et s’at­taque à son poste de dé­pense le plus gros : le sa­laire de la fonc­tion pu­blique. Les em­ployés de l’état or­ga­nisent deux mini-grèves sym­bo­liques et dé­filent dans la rue suite à la dé­ci­sion de nos gou­ver­nants de ne pas né­go­cier (ou trop peu). J’ap­prouve sans ré­serve le mou­ve­ment des em­ployés qui tentent de dé­fendre leurs ac­quis so­ciaux car ce pour­rait être le point de dé­part d’une re­mise en cause plus pro­fonde du rôle de la fonc­tion pu­blique et de l’état, un débat est de­venu né­ces­saire.

Mal­heu­reu­se­ment, que ce soit dans le dé­filé ou la presse en gé­né­ral on ne voit et on n’en­tend pra­ti­que­ment que les profs. Ils n’y peuvent rien, les autres s’étant moins mo­bi­li­sés car moins bien or­ga­ni­sés ou mo­ti­vés et pour d’autres rai­sons cer­tai­ne­ment, que j’ignore. Ce mou­ve­ment donne l’im­pres­sion d’être celui des en­sei­gnants (« en­core ces profs ja­mais contents ! ») ce qui est vrai­ment re­gret­table.

In­con­di­tion­nel du Mac je lis ré­gu­liè­re­ment l’in­con­tour­nable « Cuk » (merci à Fran­çois et son équipe pour ce très bon cite) et je tombe sur cette hu­meur et l’en­fi­lade de com­men­taires : à part quelques in­ter­ven­tions qui tentent d’élar­gir le débat on y lit une ma­jo­rité de re­marques et de té­moi­gnages cen­trés sur la pro­blé­ma­tique (lé­gi­time je le ré­pète) des fric­tions entre l’en­sei­gne­ment, l’état et le ci­toyen. En­core une fois je trouve cette ap­pro­pria­tion du débat peu pro­fi­table à la cause dé­fen­due par la fonc­tion pu­blique, voilà.

Enfin pour ré­pondre à votre pro­po­si­tion de ré­com­pen­ser les mé­ri­tants plu­tôt que sanc­tion­ner les in­com­pé­tents cette pe­tite his­toire : ma co­pine tra­vaille dans un dé­par­te­ment de l’ad­mi­nis­tra­tion fé­dé­rale à Berne. Il y a quelques an­nées, il fut dé­cidé de ré­com­pen­ser par une prime de fin d’an­née l’em­ployé du ser­vice qui avait su faire preuve d’ima­gi­na­tion pour rendre son tra­vail plus ef­fi­cace, le chef et ses col­la­bo­ra­teurs di­rectes de­vaient choi­sir l’élu… lourde tâche dans un monde où l’on ap­pré­cie par­ti­cu­liè­re­ment que « rien ne dé­passe » et où le consen­sus mou est la règle. Il fut dé­cidé tout sim­ple­ment que cha­cun re­ce­vrait à tour de rôle la ré­com­pense… c’est dur de perdre ses mau­vaises ha­bi­tudes non ?

54)
Fran­çois Cuneo
, le 09.10.2004 à 09:06

Ishar, je n’ai pas ré­pondu per­son­nel­le­ment au pre­mier post parce que je l’ai pris comme une sorte de pro­vo­ca­tion.

Aucun pro­blème pour moi qu’il y en ait ici, mais je pré­fère dans ce cas ne pas en­trer dans le débat parce que je n’ai pas envie de pas­ser des heures à es­sayer de convaincre.

Je l’ai déjà dit, dans un autre do­maine, lors­qu’on me dé­mo­lit le Mac, je n’ai pas envie de ré­pondre. Je suis fa­ti­gué de me dé­fendre.

Ici, j’ai trouvé le pre­mier post ex­trê­me­ment agres­sif par rap­port à notre mé­tier, je laisse faire, parce que je n’ai même pas à es­sayer de prou­ver que nous tra­vaillons.

Ton deuxième post est tout autre.

Si tu étais allé à la manif, tu au­rais vu les po­li­ciers: eux fai­saient le plus de bruit. Et puis les em­ployés des hô­pi­taux, et les autres

Au ni­veau de l’en­sei­gne­ment, il y a un tel ras le bol, qu’en effet, tout le monde des­cend dans la rue. Très fort ce dé­par­te­ment, d’ar­ri­ver à faire cela.

Parce qu’ils sont gen­tils les en­sei­gnants vau­dois.

Et ce n’est pas seule­ment à cause des éco­no­mies qu’ils ma­ni­festent, mais à cause de ces ré­formes qui, si en tant que telles, sont pleines de bon sen­ti­ments, sont en re­vanche en par­faite contra­dic­tion jus­te­ment avec ces me­sures d’éco­no­mie.

Y en a marre, c’est tout.