Aujourd'hui, c'est un peu le lendemain d'hier, comme on dit...
Et hier, c'était vraiment un jour un peu spécial, pour les travailleurs de la fonction publique vaudoise, que l'on appelle encore communément, et à tort d'ailleurs depuis l'entrée de la nouvelle loi sur le personnel de ce canton helvétique, des fonctionnaires.
Hier, pour la deuxième fois cette année, nous avons fait grève. Et faire grève, pour un Suisse bien gentil et bien tranquille, je peux vous dire que ça ne va pas de soi. Et là, il y avait juste 12'000 vaudois, gentils Suisses parmi les gentils Suisses, qui criaient leur mécontentement dans la rue. Et parmi ces 12'000 vaudois, 500 policiers. Des policiers, c'est passé maître dans l'art de maîtriser le sifflet. Alors lorsqu'ils soufflent dans leur engin tous ensemble, je vous jure que ça fait du bruit!
Je ne vais pas trop m'étendre sur le pourquoi de cette grève ici, parce que sinon, je vais m'énerver à essayer d'expliquer que ce n'est pas parce que l'on travaille pour un canton, une commune ou un pays, qu'on est forcément des profiteurs des biens publics, comme certains semblent vouloir le faire croire.
Ce n'est pas parce que nous travaillons dans la fonction publique, que nous devons nous taire, parce que nous sommes censés culpabiliser comme des bêtes sous prétexte que nous sommes soi disant bien plus protégés que les gens qui travaillent dans le secteur privé. D'ailleurs, les travailleurs du privé, je suis tout content pour eux lorsqu'ils obtiennent des améliorations salariales et sociales (voir ce qui est arrivé ces deux dernières années avec les travailleurs du bâtiment en Suisse qui ont su se battre). Il ne me viendrait pas à l'idée de les envier ou de les jalouser parce qu'ils sont arrivés à obtenir en partie gain de cause.
Ce qui est vrai, c'est qu'il est plus difficile pour un état de jeter à la rue les hommes et les femmes qui travaillent pour lui que pour certaines entreprises privées, dénuées de tout scrupule. Je l'admets, même si la sécurité de l'emploi n'est plus garantie dans notre canton.
Et tant mieux après tout si l'on ne peut pas nous jeter comme ça. Si l'état ne montre pas l'exemple, où va-t-on, bon sang?
Et puis, défendre nos conditions de travail, c'est une chose qui n'est pas anodine. Mais défendre le "public", ce que nous avons fait également en faisant grève, n'est-ce pas, par définition, défendre tout le monde? La formation, les soins, le social, la culture, tout ce que l'on détruit peu à peu, depuis près de dix ans?
Je vais m'arrêter là personnellement. Simplement, je vais déposer ici une lettre de Monsieur Daniélou, président de la Société pédagogique vaudoise, envoyée au courrier des lecteurs de 24h, le 27 septembre 2004, 24h qui est le plus grand quotidien vaudois, et qui n'aime pas trop le service public, ces derniers temps.
Lorsque vous l'aurez lue, cette lettre, vous pourrez regarder les petites photos que j'ai engrangées (encartées?) à propos de cette manif, ici. Ce sont des images prises avec le petit Canon A95 que je viens de recevoir afin de pouvoir le tester, et qui fera l'objet d'un prochain article, sur Cuk.ch. Les images sont très légères, en basse résolution pour un téléchargement rapide. Et ceux qui ne connaissent pas Lausanne pourront faire ainsi une petite visite de cette jolie ville.
Je vous laisse quelques instants avec Jacques Daniélou, et je vous retrouve ensuite pour une petite conclusion.
Les indicateurs de l'OCDE laissent entendre que les enseignants suisses crouleraient sous des ponts d'or.
Nonobstant le fait que les moyennes en ce domaine sont peu éclairantes et que d'autres indices (comme le coût de la vie ou les ponctions en termes d'assurances sociales) se devraient d'être prises en considération, nous rappellerons que les instituteurs vaudois restent les plus mal payés de ce pays. Leur classification salariale n'a pas été revue depuis près de 35 ans! Alors même que leur formation a été augmentée, tant dans les contenus que dans la durée, les maîtres du primaire touchent actuellement 3800 francs net par mois en début de carrière Après avoir obtenu une maturité gymnasiale et suivi 3 ans en haute école, on avouera qu'il n'y pas là de quoi pavoiser.
De plus, la politique salariale menée depuis plus de 10 ans par le Conseil d'Etat conduit au fait que les 13 salaires versés aujourd'hui sont équivalents, en pouvoir d'achat, aux 12 qu'ils touchaient en 1990 !
Enfin, l'étalement de la progression salariale sur 20 ans, récemment consentie, produira des gains colossaux pour l'employeur étatique: un instituteur qui travaillera 25 ans depuis 2003 perdra 100 000 francs de revenu par rapport à un collègue engagé en 1988.
Des enseignants qui croulent sous l'or... vraiment?
Jacques Daniélou,
Ah, juste une chose tout de même. Je ne peux m'empêcher d'être vraiment très triste du manque total de réaction de nos élus de gauche, notre Cheffe du département, Madame Anne-Catherine Lyon, en tête.
Qu'il soit bien clair que je ne voterai pas pour vous, Madame, aux prochaines élections.
Il y a des froideurs qui ne s'oublient pas.
, le 06.10.2004 à 00:50
De tout cœur avec vous ! En tant qu’assistant de maths et fils d’enseignants, j’ai pu mesurer tout le mépris qu’engendrait cette profession chez les autres. Mépris noté seulement chez ceux qui ne connaissent rien de ce métier… Surprenant ?
, le 06.10.2004 à 00:51
Si j’eu obtenu une maturité gymnasiale, je crois bien que j’en pavoiserais…
En tant qu’ex enseignant et mari d’une enseignante, je ne peux que me montrer solidaire.
Tous à Lausanne !
, le 06.10.2004 à 02:07
François > « Ah, juste une chose tout de même. Je ne peux m’empêcher d’être vraiment très triste du manque total de réaction de nos élus de gauche, notre Cheffe du département, Madame Anne-Catherine Lyon, en tête. »
— Élus de la gauche libérale, peut-être ?
« Qu’il soit bien clair que je ne voterai pas pour vous, Madame, aux prochaines élections.
Il y a des froideurs qui ne s’oublient pas. »
— Il faut avoir de la mémoire. Ces braves politicards comptent trop sur nous pour ne pas en avoir.
Ne lâchez pas , chers amis Suisses, votre combat est le-nôtre !
___
« On dit que les nouvelles générations seront difficiles à gouverner. Je l’espère bien. » Alain
, le 06.10.2004 à 02:09
Bon… j’ai hésité à parler de ça avant parce que ça fait des semaines que ça couve. Mais là.
François, je comprends ta frustration et ta désillusion… franchement. Il est difficile de penser qu’on peut faire des coupes, voir effacer des budgets qui sont alloués à l’éducation, à la formation, à l’encadrement, en un mot, à notre avenir à toutes et tous: nos enfants.
En 1992, la dette du canton de Vaud se montait à 2 milliards de CHF… alors que l’année dernière, elle s’est arrêtée à 8 milliards… Ca à l’air de rien pour les inconscients, mais alors que les taux d’intérêts sont au plus bas depuis 20 ans, les seuls remboursement de ces dettes aujourd’hui représentent 10% des revenus du canton… Attendez que les intérêts doubles ou triples (ce qui arrivera!), là on va vraiment rire. Pour la seule année 2003, le canton de Vaud a annoncé un déficit de 385 millions de CHF. Est-ce que quelqu’un, à part le responsable des finances de ce canton (que je ne défends pas, il ne fait que rapporter les mauvaises nouvelles), se rend compte de ce que ça signifie? Dois-je rappeler ici que la tendance n’est pas prête de s’inverser? En gros, on cherche à faire quoi? Engraisser les banques à nos dépens?
J’écoute les différents partis et autres guignols de la politique nous reporter les idées de chacun, j’entends tous ces braves (pour ne pas dire fantastiques) journalistes qui nous font l’écho des gens qui vont souffrir des coupes. Ce que je comprends, c’est que la solution est chez les autres, pas chez nous.
Ben voyons, chez qui devrions-nous trouver des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions? L’éducation? Les hôpitaux? Les vieux? Les étrangers? Les automobilistes? Les motards qui roulent trop vites (ces inconscients!)? Le social? La voirie? Les vaches (ben oui, on a plein de vaches dans ce canton qui ne paye pas d’impôts)? Ah mais non, j’ai oublié, il faut aller chercher l’argent là où il est: chez les riches (et on fera quoi quand ils auront tous déménagés dans un autre canton, un autre pays? C’est simple, on cherchera un autre bouc émissaire, c’est simple et évident non?)!
Il ne faut pas rêver, il n’y a aucun département à l’état ou je ne sais où qui dépense des millions et ne sert à rien. On n’a pas un jet d’or au large du canton, sur le lac, qui expulse 2 tonnes d’or par jour… Il ne suffit pas d’arrêter le robinet pour revenir à la normale.
Oui, chercher des économies dans l’éducation c’est dure. C’est même incompréhensible à long terme. Mais à –8 milliards, tout est difficile, chaque franc que nous gagnons nous coûte 20 centimes!
Ok, les fonctionnaires du canton de Vaud ne sont plus fonctionnaires. Ils n’ont plus d’augmentation automatique (après 30 ans, c’est difficile de s’arrêter), ils n’ont plus autant de privilèges (ben oui, vous paierez votre Opel au même prix que les autres), on leur demande de faire un effort pour toutes et tous (un truc un peu communautaire quoi), on leur demande de souffrir un peu comme toutes les résidentes et résidents suisses qui ont vu le chômage passer de 0.7% en 1991 à 3.7% aujourd’hui.
J’ai envie de faire une analogie avec une famille qui a 50’000 francs de dettes et qui doit changer ses habitudes (actuellement, la dette est de CHF 12’500.- par personne dans le canton, toute population confondue). Est-ce que pour rétablir la barre elle doit tout simplement arrêter d’aller au cinéma une fois par mois? Ou arrêter d’acheter du Coca et commencer à s’habituer à l’eau? Bref, régler un truc et pas les 300 autres?
Je ne le pense pas.
La fonction publique est dans la tourmente et je compatis. Mais ce que j’aimerais le plus, c’est qu’elle compatisse un peu avec le reste de la population qui a dû faire des sacrifices depuis 10 ans, et pas seulement depuis 2001.
Bien sûr, je vois déjà les gens me dire: « Mais les économies y a qu’à les faire ailleurs! » Bien sûr, chez les autres… c’est bien là que se situe toujours le problème, chez les autres.
T
PS: j’ai un peu bu, mais j’accepte les coups quand même…
PPS: je sais, j’ai encore été trop long, je commence à ressembler à O.
Edit: aïe, aïe, il est là…
, le 06.10.2004 à 06:39
ToTheEnd, lorsqu’il a fallu que l’Etat de Vaud renfloue la banque cantonale vaudoise, pour deux milliards de francs, il y a deux ans, suite à ce que l’on peut appeler maintenant des malversations des ses dirigeants, on les a empruntés sans problème.
Les augmentations automatiques? Tu parles des annuités? Elles sont contractuelles dans le canton: tu pars avec un salaire très bas pour arriver, après 20 ans, à un salaire final, qui, dans le canton de Vaud, n’est pas très élevé non plus, par exemple pour les instituteurs, payés entre mille et deux mille francs de moins par mois que tous les autres cantons.
Les calculs de ces annuités sont faits pour donner un salaire « moyen » au cours de la carrière d’un employé. Les couper revient à faire une DIMINUTION de salaire, PAS à NE PAS l’augmenter.
Lorsqu’il faut payer des millions pour changer les Macs en PC dans les directions d’école, décision prise pratiquement du jour au lendemain, on en trouve sans problème.
La fonction publique vaudoise est la plus mal payée de Suisse, et pourtant, le canton de Vaud est le canton suisse qui va le plus mal (voir dernière étude sortie dans BILAN. Etrange tout de même? Si vraiment la masse salariale était si importante, on devrait être ceux qui vont le mieux.
D’autre part, ce n’est pas depuis 2001 que nous n’avons pas d’indexation des salaires, mais depuis 1992. Certes, deux ou trois fois, nous la recevons (pour l’année, il n’y a pas de rattrapage), mais elle est compensée par exemple par un pourcent de solidarité.
D’autre part, on nous a promis une école vaudoise moderne, EVM. On a fait voter la population, en lui promettant que cette école ne coûterait pas plus cher. On a promis des effectifs bas (obligatoire pour ce genre d’enseignement). On a MENTI au vaudois! Cette école coûte la peau de fesses, et on est obligé de bourrer les classes.
On n’a pas de ronds? Mais d’un coup, on vous propose 5 méthodes de lecture *vite vite, il faut vous dépêcher de choisir » qui elles aussi coûtent la peau des fesses.
Il y a de telles incohérences, mais c’est tellement plus simple de prendre où c’est facile, chez les travailleurs.
Et puis nos Opel, cher ToTheEnd, nous les avons peut-être payées moins chères (une fois, j’ai eu un rabais de flotte de 8%), mais tous les gens qui travaillent dans une entreprise peuvent en profiter, même dans le privé, et tant mieux.
, le 06.10.2004 à 07:06
Et puis ToTheEnd, la facture sociale, tu sais combien elle coûte au canton? Et à quoi elle est due cette facture sociale?
En grande partie aux entreprises privées qui mettent les gens dans la dèche en les mettant à la porte dès qu’ils ne sont plus tout à fait assez rentables pour leurs actionnaires.
Mais des lois pour protéger les travailleurs du privé, c’est plus difficile à prendre, comme décision. La Suisse est largement en arrière par rapport à l’Europe à ce niveau semble-t-il.
, le 06.10.2004 à 07:33
Rhâââ, comme j’aime François quand il parle comme ça ! D’autant plus que je pense comme lui!
L’argent, dans notre beau canton, il y en a. Le problème, c’est qu’il ne va pas toujours où il devrait. François nous donne quelques exemples, j’en cite d’autres:
•La direction de la HEP (Haute Ecole Pédagogique) est composée de 21 personnes, sisi! Mais ils bossent tellement bien que les diplômes qu’ils délivrent ne sont ni reconnus en Europe, ni, plus grave, en Suisse! Alors le Conseil d’Etat fait quoi ? Il nomme une équipe de « coaches » supplémentaires de 8 personnes… (infos tirées de 24H.)
•Le jour où le Grand Conseil décidait de raboter 3% de l’enveloppe pédagogique des établissements scolaires-15 milions environ- (c’est à travers cette enveloppe que sont payés les profs, mais aussi les heures d’appui, les classes à effectif réduit, les devoirs surveillés,…), il votait une dépense de 18 millions pour rénover le bateau de la CGN « Montreux »
•Dans l' »affaire BCV », les Vaudois ont payé 1 ou 2 milliars pour renflouer les caisses. Bien. Logiquement, avec cet argent tout frais, la BCV voit son bilan s’améliorer. Toujours bien.
Là où ça se gâte, c’est lorsque le président reçoit une augmentation salariale de 164% pour le remercier des bons résultats accomplis avec NOTRE argent.
Celui qui sait qu’il ne sait pas, éduque-le.
Celui qui sait qu’il sait, écoute le.
Celui qui ne sait pas qu’il sait, éveille-le.
Celui qui ne sait pas qu’il ne sait pas, fuis-le.
, le 06.10.2004 à 08:59
Ok, François, j’ai bien compris tes arguments et ils sont parfaitement valables, comme ceux de tato.
Ce que tu soulèves surtout, c’est la mauvaise gestion d’une série d’importants dossiers, que ce soit au niveau cantonal ou communal (je parle de Lausanne en particulier).
J’ai toutefois envie de comparer notre situation (notre beau canton) à Apple dans les années 96-97… Quand Amelio est arrivé, la situation était vraiment dramatique pour Apple et c’est les années où ils ont viré le plus de monde (sur quelques années, près de 40% du personnel).
Bien sûr qu’on peut dire que ce qui les a conduit là, c’est le fait d’avoir fait des systèmes super daubiques, des machines chères et pas fiables, etc. Mais à ce stade là, ce que tu devais faire avant tout, c’était pas te reprendre pour je ne sais combien de milliards de dettes sur la gueule… mais bien d’arrêter l’hémorragie.
Je vais être un peu cru, mais tu ne peux pas tout faire en même temps: juguler l’hémorragie, réinvestir, rembourser tes dettes et améliorer tes résultats. Ca c’est dans les rêves que ça se passe, pas dans la réalité.
Le constat que je fais est tout simplement lié de la crise dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui (il est encore prévu plus de 200 millions de perte pour 2005!). On ne peut pas continuer de s’endetter comme ça, c’est tout.
Maintenant, sur le fait que nous sommes mal gouvernés, que chaque habitant de ce canton à payer de sa poche plus de CHF 3’000.- pour sauver une banque à la con qui devait elle-même être contrôlée par les élus du canton, etc., etc. je suis totalement d’accord.
Nous ne sommes pas dans cette situation à cause des 95% de « fonctionnaires » qui travaillent à l’état ou à la commune, nous le sommes à cause des « dirigeants » qui ont une vision qui fait peur. En effet, quand on est presbyte, myope, astigmate et qu’on est entrain de développer un joli glaucome… les employés et autres payeurs d’impôts n’ont plus qu’à passer à la casserole.
Et plus que tout, c’est ça qui me désole.
T
, le 06.10.2004 à 09:16
Hier, à midi, après avoir entendu l’avis de certains auditeurs de la Radio Suisse Romande à propos du mouvement de grève, j’ai chopé un fameux coup de blues… « Les enseignants sont des enfants gâtés!…Qu’ils aillent voir dans le privé si c’est mieux… »
Mais justement: le privé, c’est un système basé sur l’exploitation. Il ne faudrait pas l’oublier. Alors, par rapport à la fonction publique, on assiste à la formation d’une curieuse coalition:
– Premièrement, il y a les exploités, qui pensent que si tout le monde plonge avec eux, leur peine sera moins grande (le taux de mobilisation syndicale est lamentable dans ce pays).
– Deuxièmement, il y a les exploiteurs, dont le but ultime est de soustraire le plus de richesse possible à l’Etat en lui demandant en même temps le plus de services possibles.
Le résultat, c’est qu’il n’y a quasi personne pour nous soutenir dans la population.
Le débat tourne sempiternellement autour de la réduction des dépenses. Mais la droite a réussi à rendre taboue la question de l’augmentation des recettes. Elle arrive à persuader le simple citoyen qu’on vit dans une région pauvre.
Il faut aller se promener dans la Côte vaudoise ou dans la région à l’Est de Lausanne pour se rendre compte que ça PUE le fric! Il n’y a pas assez de garages autour de la villa à 2 millions pour parquer la BMW et la Porsche 4×4!
L’endettement du canton est dû aussi en grande partie à ça: la droite majoritaire préfère endetter l’Etat pour le faire fonctionner plutôt que de ponctionner plus d’impôts. En plus, ça fait d’une pierre deux coups: l’Etat emprunte auprès des banques, auxquelles il paie des intérêts. Et les représentants des banques roulent en BMW 4×4!
Pour conclure, je veux aussi dire ici que je suis écoeuré par l’attitude de Madame Anne-Catherine Lyon pour laquelle j’ai voté. Après avoir pratiquement vidé la réforme EVM de sa substance dans le secondaire et avoir fait passer ça pour une grande victoire, elle n’a pas un mot de compréhension pour les inquiétudes des enseignants.
Quant à l’écologiste François Marthaler, pour lequel j’ai aussi voté, on se demande s’il ne s’est pas carrément bio-dégradé!…
, le 06.10.2004 à 10:00
Caplan!! Purée, mais tu parles de moi là (est lausannois avec la bmw)!!!
Je veux pas faire le pénible, mais j’aimerais juste contre-argumenté sur un de tes points: sauf erreur de ma part, le taux d’imposition vaudois (129%!) est un des plus élevés de Suisse. Que proposes-tu, qu’on prenne la première place avec, au hasard, un taux à 150%?
Et je pose cette question dans mon long post: que se passera-t-il quand il y aura une migration fiscale parce qu’on est numéro 1 en Suisse? On passera à 200%?
Pas de problème.
T
, le 06.10.2004 à 10:31
Il se trouve que les communes les plus riches, mon cher TTE, ont le taux d’imposition le plus bas, et largement.
N’oublie pas que le taux cantonal est une chose, et qu’il est pondéré par le taux communal, dans une forte mesure.
, le 06.10.2004 à 10:48
« Les enseignants sont des enfants gâtés!…Qu’ils aillent voir dans le privé si c’est mieux… »
———-
Je vais donner mon avis, quitte à faire grincer des dents certains (puisque plusieurs contributeurs Cuk, ainsi que le « patron » sont enseignants) …
Désolé, si je ne suis pas sur tous les points, de votre avis — (j’espère ne pas me faire des ennemis — j’ai perso, beaucoup d’amis enseignants, je connais donc bien les avantages et désaventages du Job)
1) D’après mes divers comparatifs avec les pays nous entourants (diverses discussions aves des enseignants Européens pendant mes vacances estivales), notre canton a pour les enseignants une base de salaire plutôt élevée par rapport à la moyenne salariale du privé (métiers comparables), surtout après plusieurs années d’expériences (montée dnas les classes de traitement).
Et, surtout par rapport aux divers avantages obtenus : 11 à 14 semaines de vacances (suivant les responsablités de l’enseignant), nombre d’heures / périodes / semaines moins conséquentes par rapport à d’autres métiers; et encore le « ponpon », c’est la retraite dès 57 ans (ou au pire 60)— (pourquoi ? est-elle réellement justifiée par rapport aux autres métiers ?)
Pour les points ci-dessus, je suis d’accord, le métier d’enseignant est psychiquement très dur, ceci justifiant cela … (du repos supplémentaire pour récupérer — si ce n’est pas pour certains un stage en maison de repos — ou pire encore, en psychiatrie — si, si, il en a plein qui « pétent des câbles »).
2) Jusqu’aux années 80-90 (quand les « finances de tous » allaient bien), personne ne disait rien, puisque tout le monde était « à l’aise » … le public « s’en foutait » !
Maintenant en 2004, avec tous les problèmes de notre économie, il est vrai, que la phrase citée par Caplan : « Les enseignants sont des enfants gâtés!… Qu’ils aillent voir dans le privé si c’est mieux… » fait l’effet d’une bombe … mais est-ce réellement faux ? J’ai par exemple une amie enseignante dans une école, dans privé celle-ci (celle du Valentin); et, d’après ses calculs, son salaire est env. 20 à 30 % inférieur à ce qu’elle aurait si elle était payée par le secteur plublic; sans 13ème salaire, et sans aucune securité du travail, et bien sûr une retraite à 65 ans comme tous.
3) Je reconnais que la formation dans notre canton (voir dans toute la Suisse), devient une catastrophe, alors que nous étions dans « le best of » il y a 20 ou 30 ans…. Effectifs des classes trop élevé pour faire du bon travail; système en vogue « bluffant » (EVM) ne correspondant pas à notre société élitiste (si, si, des notes il en faut — l’évaluation aurait correspondu aux années 70’s baba-cool, mais pas en 2000); élèves de plus en plus mal éduqués = pétage de plomb des profs, stress en augmentation, etc.. etc…
MORALITE … je pense que certaines concessions devraient être acceptées par les profs (en ouvrant les yeux et comparer à ce qui passe ailleurs) … Mais tout en demandant que l’Etat mette plus d’argent sur la formation proprement dite (il en va de l’avenir de nos enfants et de notre pays) … Personne ne veux d’école au rabais !!! Il y a sûrement des centres budgetaires bien moins important que la formation ou l’on pourrait prendre des sous pour donner plus à la formation !
Voilà …. A part ça, c’est pas quand même le beau réflex à François qui a fait ces photos là ? Franchement pas terrible ! (pas le cadrage, mais le piqué , les flous et la colorimétrie)
BLUES (qui ne cherche pas à se faire des ennemis — Mais qui essaye d’être réaliste et d’avoir les pieds « sur terre »)
, le 06.10.2004 à 11:07
Les fonctionnaires canadiens (dont je fais partie) sont également en grève ces jours-ci. Comme prévu, aucune entente n’a pu être conclue avec l’employeur et nous avons dû faire appel aux services d’un bureau de conciliation pour dénouer l’impasse. Son rapport, favorable à nos revendications, a été rejeté (également prévu) du revers de la main par l’Ètat. Alors, nous sortons !
Je ne sais pas en Suisse, mais, ici, au Canada, les employés de l’Ètat ne jouissent pas d’une très bonne réputation auprès de la population en général. Nous sommes toujours perçus comme une bande de plaignards qui râlent le ventre plein, alors que le salaire moyen d’un fonctionnaire lui permet à peine de payer le loyer d’un appartement à Montréal — où se trouve la plus grande concentration de bureaux du gouvernement fédéral au Québec. Évidemment, l’employeur en rajoute (je vous épargne ses arguments larmoyants), misant sur cette mauvaise réputation pour gagner l’appui des contribuables dans cette lutte à finir avec ses employés. Comme si ça ne suffisait pas, il se permet (c’est devenu une tradition) de voter des lois pour forcer le retour au travail des grévistes lorsque les économies réalisées par leur absence lui permettent de verser une partie des augmentations revendiquées lors des négociations pour le renouvellement de la Convention collective. Très démocratique comme procédé…
Je suis de tout coeur avec vous et je souhaite sincèrement que votre gouvernement sache faire preuve d’honnêteté et de clairvoyance face à vos revendications.
P.-S. vous avez au moins un avantage sur nous : les flics font la manif avec vous, alors qu’ici, c’est plutôt le contraire ;-)
, le 06.10.2004 à 11:07
Blues, les photos ont été prises avec un A95, pour test, à peine sorti du carton.
Je crois avoir expliqué dans l’humeur que les images sont monstre compressées pour aller sur le Net. Je me suis rendu compte qu’il y avait un gros décalage à la prise de vue, bêtement parce que le système était bloqué sur « Anti-yeux rouges ». Et puis avec un gamin sur les épaules, pas facile de faire du bon travail.
Quant au beau reflex à François, il n’a pas été payé par l’Etat de Vaud, ni par mon salaire, ni par Cuk.ch d’ailleurs.
Cela dit, ça ne regarde que moi.
Bon. Dans les écoles privées, en Suisse, ils ont une certaine tendance à prendre des gens qui ne sont pas formés. Un comble pour le prix qu’ils font payer.
Parce que ton amie, sans vouloir la critiquer vu que je ne la connais pas, tu peux me dire pourquoi, si c’est tellement mieux dans le public, elle ne vient pas y travailler?
Et puis, dans tes remarques sur les vacances, tu viens justement dire derrière le pourquoi de leur nécessité. Les enseignants ont en effet une espérance de vie assez bonne, mais un taux de dépression largement au-dessus de la moyenne, et les choses empirent.
Il y a les préparations, les séances multiples, les corrections…
Donc si on pouvait éviter de tomber dans les clichés…
Mais ne t’inquiète pas! Tu n’es pas prêt de te faire des ennemis parce que tu t’exprimes. Ce d’autant plus que ce que tu relates ici, c’est l’opinion générale. Donc on aurait vraiment beaucoup d’ennemis si non ne supportait pas ce genre de réflexions!:-)
, le 06.10.2004 à 11:25
Heu… je suis d’accord, mais le projet Etatcom est, depuis quelques années, entrain de gommer ces grandes différences entre les communes (ok, on arrivera pas à un taux unique pour toutes les communes). Mais la disparité dont tu parles est de moins en moins grande (toutes les communes autour de Lausanne par exemple qui étaient sous 100% ont augmenté entre 5% et 10% leur imposition, c’est pas rien).
Si je résume, à ma question « que doit-on faire pour arrêter l’hémorragie? », votre réponse est qu’il faut prendre aux riches (mmmhhh… pas très sûr de ce que ça veut dire vu qu’on est déjà à 129%!).
Et ma seconde question: « que se passera-t-il quand il y aura une migration fiscale vers d’autres cantons?? » on prendra aux pauvres?? Me réjouis de voir ça.
Pour moi, l’assainissement des finances cantonales passe d’abord par des mesures d’austérités qui ne peuvent faire plaisir à personne! Toutefois, il est également évident que des révisions en profondeur de notre système politique doivent être entreprises… Parce que je le répète, pour moi (et il y a qu’à voir comme vous êtes contents de vos élus), le système actuel ne vaut rien, c’est de la merde de l’extrême gauche à l’extrême droite.
Autant de gens qui parlent toute l’année de problèmes récurant et qui arrivent à avoir 8 milliards de dettes, c’est le summum de la débilité et de l’incompétence.
Bien sûr, si le but à terme est d’arrivé à 15 milliards de dettes, alors il ne faut rien changer… Tout au plus devrions-nous déjà nous habituer à payer 168% d’impôts pour payer les intérêts, pas le remboursement, des banques… on va en voir des Porsche 4×4 dans l’est lausannois… même en ville pour l’ouverture de la chasse aux manifestants;-)
Permet-moi de conclure sur un point: quand on est à -8 milliards et que ça continue de se désagréger, c’est tout le monde qui va déguster, pas juste vous! C’est ça que j’aimerais que les gens comprennent. Des concessions seront OBLIGATOIRES et ce, quelque soit les concessions qui ont déjà été faites!
T
Edit: pour faire amende honorable (ou payer de ma personne), je suis prêt à héberger chez moi un prof qui ne va pas bien. Je commencerais bien par la fille de l’image IMG_0119 (on l’a voit pas bien)… Chez moi, dans l’est lausannois, j’ai de la place et je roule en bmw;-)
, le 06.10.2004 à 11:40
TTE, essaie de limer sur les dépenses de l’Etat qui finissent chez les privés (construction, routes, matériel délirant -informatique aussi) et tu verras le tollé: « Vous voulez tuer l’économie!… (Subsidiairement: « Comment je vais payer le nouveau train de pneus de ma Porsche 4×4? »)
Il n’y a pas d’inquiétude à avoir: même avec un taux d’impôts à 129%, c’est POURRI de pèze, ici!
, le 06.10.2004 à 11:45
En effet, les malades, les enfants, les gens dans le besoin, la sécurité dans les rues, la culture, tout le monde en prend pour son grade.
Mais dis, TTE, pourquoi les choses vont si mal depuis des années? Parce qu’il y a des profiteurs, des gens qui se sont fait un max de blé sur le dos de la population. Et ce sont eux qui nous disent maintenant de nous serrer la ceinture.
Mais regarde qui est à l’avant-garde de l’austérité! L’extrême droite UDC, Blocher en tête, milliardaire! Et les petites gens continuent à voter pour eux. Parce qu’ils savent tellement mentir.
Alors moi je dis stop. Je dis stop à la dégradation de tout, et y compris de mon salaire. Tu ne m’empêcheras pas de le faire, et j’estime que je n’ai pas une seconde à avoir honte de me défendre.
C’est même mon devoir.
, le 06.10.2004 à 12:07
Mais Francois, personne ne t’a « attaqué » sur ce sujet là (ou demandé des comptes) … Alors pourquoi te défendre ?… Y’a pas de lézard !
Ah ça, je ne suis pas dans sa situation, je ne lui est même jamais posé la question
Voui ..mais … ces clichées ont la vie dure, surtout dans des périodes économiquement difficile !; surtout en vous comparant par exemple à un(e) caissièr(e) qui bosse comme un(e) dingu(e), pour un salaire de m.., qui se fait engueler par les clients et sonpatron, qui ne rentre souvent chez elle pas avant 19h30 (+ encore tout plein de désaventages).
, le 06.10.2004 à 12:15
Caplan: mauvais exemple, le canton (dans son infinie intelligence de reporter le problème chez les autres) veut refiler 589 km de routes aux communes… et tout ça pour économiser d’ici à 3 ans 9 millions par an. Une goutte d’eau qui sera reportée sur les communes (qui sont toutes riches, c’est bien connu).
François: ben oui, les gens votent de plus en plus pour Blocher et à droite, comme partout en europe. Mais pourquoi dans le fond? Est-ce que les gens ne se laissent pas tout simplement convaincre par des arguments faciles parce qu’ils en ont un peu marre de voir toujours les mêmes ploucs faire des discours à rallonges et répéter les mêmes conneries?
Si Blocher était président dictateur, on aurait plus de problème d’ozone dans ce pays. Pourquoi? Parce qu’il y aurait des murs tellement hauts sur nos frontières qu’on serait à l’ombre toute la journée… C’est pas cool ça?
Encore une fois, si les autres partis étaient un peu plus malins (intelligents?), ils se rendraient compte que le peuple en a plein le cul. Qu’il ne sait plus vers qui se tourner pour trouver des gens qui savent trouver des solutions! Et pas des gens qui en parlent pendant des mois sans rien résoudre du tout…
Les partis perdent du terrain parce qu’ils sont mauvais, pas parce que Blocher est bon… et ça, le jour où ils le comprendront, les choses changeront peut être.
T
PS: et puis moi je veux rien t’empêcher de faire… tu es assez grand;-)
, le 06.10.2004 à 12:22
Il faut assainir l’état c’est évident, cela passe par des réductions de prestations accompagnées d’augmentation d’impôts, dans la mesure où l’on ne peut pas créer de l’argent (quoique avec l’or de la BNS, mais au train ou on va cet or ne ferait pas grand chose), Dans cette optique, il faut réduire le train de vie de l’état, et tout le monde doit en payer un peu.
MAIS: faire payer à ce point l’enseignement et le social me parait indécent!
Nos infirmiers/médecins sont surmenés (pour peu qu’ils travaillent en établissement bien sûr), nos programmes scolaires souffrent, le niveau s’abaisse de partout, même au niveau des matus.
A côté de cela, un état qui investit des milliards dans la BCV, expo 02, j’en passe et des meilleures. Un grand conseil qui vote ses propres augmentations (bon c’est pas grand chose, mais voilà), des conseillers d’états qui engagent cosshart bon sultan et sans trouver de solution, j’enrage. Et quand François parle des PC dans les directions d’établissement (multipliez 2-5 PC par le nombre d’établissement, ajoutez les softs et la formation et vous obtenez à mon avis facilement un nombre à 6 zéros).
Notre Etat ne fait pas la chasse au gaspi, il cherche de nouvelles opérations pour sucer le peu qui restait autour de la moelle de ses travailleurs…
par contre, citoyen d’une commune de la côte vaudoise dite riche (Genolier), quand je lis ceci:
« Heu… je suis d’accord, mais le projet Etacom est, depuis quelques années, entrain de gommer ces grandes différences entre les communes (ok, on arrivera pas à un taux unique pour toutes les communes). Mais la disparité dont tu parles est de moins en moins grande (toutes les communes autour de Lausanne par exemple qui étaient sous 100% ont augmenté entre 5% et 10% leur imposition, c’est pas rien). »,
Je ne suis pas tout à fait d’accord… Si mes impôts commencent à être équivalents à ceux de Lausanne, alors je me sens en droit d’exiger des transports publics équivalents, une patinoire, une piscine communale…
Il faut savoir que du statut de commune dite riche -précisons au passage qu’une commune riche était aux yeux de l’état une commune qui n’avait pas ou peu de dettes- nous sommes passés en 4 ans aux chiffres rouge de chez rouge, avons augmenté nos impôts de 20ct, et songeons à la prochaine augmentation qui ne suffira toujours pas à nous sortir d’affaire.
Le canton veut rajouter les routes cantonales à la garde des communes, augmentant donc une fois de plus les impôts communaux, et ce dernier arrivera une fois de plus à trouver une nouvelle fracture sociale, etc. Je ne sais pas s’il existe encore une commune riche, notez au passage que ce n’est pas si mal, on est tous dans la même m, comme ça…
Bien sûr dans la tête des gens, une commune de la côte vaudoise est une commune où les habitants on généralement des plaques CD sur leur Cayenne (celle de la femme), leur X5 (celle du papa) et les 2 mustang des fistons, ce qui est une vision un tantinet glaucomée. Je n’habite pas en Terre Sainte, et dans ma commune se trouvent encore quelques paysans, bûcherons, etc. Et quand bien même nous parlerions des habitant de l’extrémité ouest de notre bien joli canton, on constaterait que les comptes ne sont plus vraiment ce qu’ils étaient, que les dépenses pharaoniques (30 millions de dépassement de budget sur un collège, si, si) étaient norme au moment où les finances générales allaient bien, au moment où cela marchait à l’identique dans les têtes siégeant au Château. Ces communes voient la manne des travailleurs genevois (CD et autres joyeusetés) s’exiler en France voisine… belle réussite!
En résumé, si les manifestants critiquent la diminution de qualité des prestations, plus que leur diminution de salaire, j’applaudis!
Désolé pour la réponse un poil longuette, mais qu’est-ce que ça fait du bien!
Greg, un Pesan un poil pédant ;-)
, le 06.10.2004 à 13:18
Ah… ben moi je préférerais héberger celle de la photo IMG_0135 (on nous plume), même qu’elle est trouble sur l’image.
Dans ce cas, j’applaudirais aussi !
, le 06.10.2004 à 13:23
Si tu savais, Blues, ce que je trouve scandaleux comme on exploite les employés des grandes surfaces! Ils se battent, et obtiennent un minimum. Ça ne suffit pas, il faut donc les soutenir lorsqu’ils manifestent, devant les grands magasins. Personnellement, je suis avec tous ceux qui se défendent.
Y compris les employés de banque, qui ont été mis au chômage, alors que les UBS et consorts annonçaient des bénéfices records!
Au niveau banque d’ailleurs, il n’y a quasiment que la nôtre qui se soit plantée à ce point (la banque cantonale vaudoise). Et devinez par qui elle devait être surveillée? Par Monsieur Charles Favre, Conseiller d’Etat à l’époque, Conseiller National actuellement, et qui ose nous faire la leçon de parler finance.
Ce monsieur, je me demande s’il a conscience de ce qu’il a fait et de sa grande nullité. J’en doute.
Et quand on voit qu’on l’interview plus souvent qu’à son tour à la Radio romande pour lui demander son avis, on se pose des questions aussi sur la compétence de certains journalistes.
, le 06.10.2004 à 13:32
Certes, la photo est en partie floue, mais je la trouve super! Il n’y a quel les yeux, fort beaux d’ailleurs de la dame que je ne connais pas (je te jure chérie, je ne la connais pas!) qui sont nets.
J’aurais voulu que j’aurais pas pu!
Tu touches pas à Séverine, de toute manière, elle est déjà prise!
, le 06.10.2004 à 14:00
Dire qu’il faut ENCORE entendre parler des vacances exagérées des profs…
Je vais vous dire. J’ai commencé à enseigner à 19 ans, en entrant à l’Uni, je faisais du 30 %, le reste du temps j’allais aux cours. OK, pendant 4 ans, je travaillais à deux choses à la fois. Puis j’ai pris une année de pause. Ensuite de quoi j’ai enseigné sans discontinuer pendant sept à huit ans, trois au niveau lycée, quatre à cinq au niveau gymnasial (les deux ou trois dernières années avant l’Université, pour ceux qui ne seraient pas Suisses). La première année, je me suis dit: chouette, sept semaines de vacances. La deuxième, je me suis dit: bon, je dois préparer ci et ça, mais il me reste quatre semaines. Bientôt je me suis retrouvée avec une semaine à Noël, une à Pâques (pour autant qu’il n’ait pas fallu préparer les sujets pour le bac) et peut-être deux en été.
Cela étant dit, pour chaque heure d’enseignement, il faut compter au moins une autre heures pour préparer et corriger, sans parler des réunions, des visites des parents etc. Et ce dont personne ne parle, pendant ses 20 à 25 heures d’enseignement hebdomadaire, on est comme un comédien en scène, on doit donner de sa personne sans lâcher, capter l’intérêt, être attentif aux enfants – continuellement sur le qui-vive, quoi.
Par ailleurs, on a souvent l’administration sur le dos, chaque initiative qu’on a envie de prendre demande une lutte – je ne vais pas donner d’exemple, mais j’en ai des montagnes.
Et enfin, on se sent responsables de contribuer à faire de nos élèves des citoyens sociables et responsables.
C’est simple – à 30 ans j’ai fait la dépression du siècle (et c’eux qui me connaissent savent que je n’ai de loin pas une nature de dépressive), pour finir je pesais 40 kg et j’ai dû me résigner à quitter l’enseignement, que J’AIMAIS. J’AI ADORE MES ELEVES, qui me le rendaient bien, d’ailleurs, à quelques exceptions près. Je n’ai jamais eu des problèmes de discipline, ni d’autorité.
Lorsque j’ai vu un psy pour finaliser ma sortie de l’enseignement vaudois (chose que je pouvais envisager, car j’avais d’autres cordes à mon arc), j’ai appris que j’étais la xième cette année-là.
J’au beaucoup travaillé depuis, beaucoup fait de nuits blanches, mais ç’a toujours été parce que j’ai tendance à vouloir faire trois choses à la fois, et c’est librement consenti (enfin, librement… c’est généralement parce qu’il faut bien faire quelque chose où on gagne un peu de fric, vu que “l’art”, ça ne rapporte pas, en tout cas pas à moi, et on fait ça gratis, juste pour le plaisir). Mais je n’ai jamais travaillé autant (moyenne sur l’année en comptant trois semaines de vacances: 48 heures et des poussières) que lorsque j’étais enseignante à plein temps.
Quant à la manif de hier, il faudrait peut-être faire parler une infirmière, ou un flic (ils en sont à tellement d’heures sup, qu’ils ne peuvent même plus les prendre, la gendarmerie s’écroulerait).
Je n’ai pas été fonctionnaire très longtemps, dans ma vie, mais je défendrai toujours les fonctionnaires, c’est par eux que l’Etat fonctionne – et ne pas oublier: ce ne sont pas eux qui font les lois.
Anne
, le 06.10.2004 à 14:05
BRAVO, Anne ! Tout y est, rien à ajouter.
, le 06.10.2004 à 14:21
Quelle avalanche de remarques… Je ne sais pas par où commencer.
Peut-être par dire que je découvre ces commentaires en rentrant à la maison et que, contrairement à d’autres qui peuvent consulter un site et y répondre à 9h 37 ou 10h 48, il faut, moi, que j’attende d’être sortie de ma classe pour surfer. ;-)
D’abord, merci à ceux qui nous soutiennent. Ça fait du bien, car trop de clichés et de lieux communs mille fois entendus sont rapportés par les médias. Y en a marre de cette désinformation concernant les salaires élevés des profs. Pour info, un salaire d’instituteur primaire après 25 ans de métier suffit « juste- juste » pour une famille de 4 personnes, sans faire de folie et en payant un loyer plutôt bas. Je sais de quoi je parle.
Si tu lis les panneaux, tu verras que peu font allusion aux salaires.
Ce qui est navrant pour ces coupes budgétaires, c’est qu’elles vont produire des économies sans doute vérifiables dans les actuels livres de comptes, mais qu’elles vont indubitablement engendrer des problèmes dans le futur. Quelques exemples:
Des problèmes de santé publique majeurs se profilent à l’horizon: consommation régulière d’alcool chez les ados de plus en plus jeunes, idem pour le tabac et pour le haschich, obésité due à la malbouffe en augmentation, etc… Réponse de l’Etat envers ces défis: on n’aura plus d’argent pour les animateurs-santé qui passent dans les classes pour faire de la prévention. Alors OK, on économise maintenant, mais on le paiera dans 5 à 10 ans.
Même chose pour les appuis aux élèves en difficulté: les heures vont diminuer, quand ça n’est pas disparaître, et on va se retrouver dans quelques années avec un taux d’illétrisme encore plus élevé…
Il y a encore tant à dire, mais je m’arrête pour cette fois.
Iris
, le 06.10.2004 à 14:40
Merci Greg pour ces précisions dont je n’avais absolument aucune idée, franchement!
Pour Séverine, je te trouve un peu dur là. C’est vrai quoi, pas toucher, pas toucher… Et si je lui offrais une Porsche Cayenne (4×4 of course), tu ne penses pas que ça pourrait changer les choses? (pas taper non plus, pas taper!)
Je sais que c’est pas bien, mais j’ai fait un petit calcul et je suis arrivé à un résultat assez marrant.
Est-ce que tu sais que le salaire moyen Suisse se monte à CHF 72’000.- (soit CHF 5’500.- par mois fois 13)?
Je me suis amusé à faire le calcul pour le canton de Vaud et pour la commune de Lausanne… attention les yeux:
Vaud: 26’000 employés pour un coût de CHF 2.03 milliards par an ou autrement dit, CHF 78’000.- par an (soit CHF 6’000.- par mois fois 13)! C’est presque 10% de plus que la moyenne Suisse.
Lausanne: 4’500 employés pour un coût de CHF 436.7 millions par an ou autrement dit, CHF 98’000.- par an (soit CHF 7’500.- par mois fois 13)! C’est 36% de plus que la moyenne Suisse!
A la lecture de ces chiffres, il faut bien évidement relativisé le fait qu’on ne peut pas « littéralement » comparé un salaire moyen national avec des salaire régionaux et locaux… toutefois, ça serait quand même gonflé de dire qu’ils sont absolument incomparables!
Je constate que personne n’a proposé une idée pour arrêter l’hémorragie à part « faire payer les riches ». Ce qui vous en conviendrez (je l’espère) n’est pas une solution à terme puisque nous sommes en négatifs chaque année et que l’état prévoit pour 2005 un endettement de 9.2 milliards!
Mais relax, ça fera que CHF 500 millions d’intérêts à payer pour 2005 alors que le budget prévoit encore un déficit de CHF 173 millions. Est-ce que quelqu’un peut me dire combien de profs, d’infirmières, d’éducateurs, de formateurs on pourrait engager avec les CHF 500 millions qui vont directement dans les poches des banques?
Moi je ne sais pas, mais je peux vous dire combien de Porsche Cayenne (4×4 toujours) on peut acheter avec CHF 500 millions: 6’666 modèles juste pour 2005… vous imaginez? C’est diabolique ce chiffre et ça représente 31.8 km de Porsche l’une derrière l’autre! Quel beau canton nous aurions avec toutes ces Porsche sur nos routes… Et les économies que nous ferions seraient délirantes car nous n’aurions plus besoin d’entretenir nos routes, c’est des 4×4!!!
T (qui retourne travailler et qui n’embêtera plus personne avec ça aujourd’hui)
, le 06.10.2004 à 15:46
Excellent commentaire Anne (comme d’hab) qui remet « un peu » l’église au milieu du village…
Sans vouloir « entrer en guerre » (car à mon avis ton cas de personne très motivée, n’est pas dans tous les cas représentatif)… il faut tout de même préciser que cela (« pour chaque heure d’enseignement, il faut compter au moins une autre heures pour préparer et corriger ») est dépendant :
– des niveaux dans lesquels on enseigne
– du genre de job (y’a aussi des ACT-ACM, la musique ou l’info, qui ont bien moins de préparatifs et de correctifs)
– mais SURTOUT de la motivation de l’enseignant (combien reprennent les même travaux, année après année ?)
– lié à cette motivation : l’âge, la « nomination » et le nombre d’année passées dans le même établissement (combien, une fois nommés, se laissent aller dans un « doux cocon » ? J’ai fait 4 ans de commission scolaire …je peux en parler et ne fais que constater)
et quand tu dis ceci: « à 30 ans j’ai fait la dépression du siècle, j’ai dû me résigner à quitter l’enseignement, que J’AIMAIS. J’AI ADORE MES ELEVES, qui me le rendaient bien… »
– Ceux qui comme toi ont la motivation citée ci-dessus, sont souvent ceux qui « pétent un câble », car ils aiment donner le max d’eux-mêmes …
, le 06.10.2004 à 16:22
C’est drôle que ce débat reste « cantonné » à la Suisse. Il me semble que c’est un problème qui dépasse largement ses frontières.
Que l’on soit de droite ou de gauche le même problème se pose: rationnement des dépenses de l’état et précarisation des salariés. En Allemagne, le chancelier qui est « de gauche » mène une politique ultralibérale scandaleuse et inique.
Est-ce que l’Europe n’est pas en train de glisser vers l’ultraliberalisme à l’americaine?
Enfin, moi je trouve qu’il faudrait avoir des outils de pensée plus globaux, des concepts, car le problème est général.
J’irai même jusqu’à dire que ce problème n’a rien a voir avec la Suisse en particulier.
, le 06.10.2004 à 16:49
Un p’tit bonjour à Serge, et aux fonctionnaires canadiens en lutte!
Courage les gars!
, le 06.10.2004 à 16:53
j’sais pas trop si j’ose pertuber cette discussion forte intéressante, mais simplement pour signaler que je comprends bien mieux pourquoi toute cette foule qui s’est rassemblée autour de la gare de Lausanne, hier, lorsque je suis sorti de ma nouvelle place de travail !
, le 06.10.2004 à 16:53
Et pourquoi Blues, le cas de Anne ne serait pas représentatif?
Moi, les gens que je connais, dans l’enseignement, sont tous des gens qui se donnent beaucoup dans leur travail.
Mais cela va-t-il durer? Combien de temps vont-ils donner alors qu’on leur prend de l’autre côté?
Le découragement, ça existe, et il ne faut pas le mésestimer.
Chez nous, dans notre collège, c’est pas dur: plus personne ne travaille à plein-temps! Plus possible de tenir le coup avec cette foutue nouvelle école qu’on nous a imposé. Pourtant, les instituteurs et institutrices ne sont pas une catégorie « fragile ». C’est le métier qui veut ça.
Ou alors, on a des petites jeunes qui commencent, comme Anne à l’époque, et qui se donnent à fond, à plein-temps, comme des bêtes, qui font culpabiliser ceux qui ont des familles et qui ne savent plus comment suivre.
Ces petites jeunes arrêtent et changent de métier au bout de dix ans, vidées qu’elles sont.
, le 06.10.2004 à 17:00
Et à tous ceux qui auraient envie de critiquer les vacances des enseignants.
C’est vrai qu’elles sont importantes par rapport au reste de la population.
Je vais prendre un exemple que je connais bien: MOI!
Depuis que je suis Doyen de mon école, j’en ai beaucoup moins, de vacances. Mes heures de bureau débordent largement des horaires scolaires.
Bref, je suis un peu « comme tout le monde » si l’on peut dire.
Et bien je n’ai pas la fatigue, lorsque je sors de mon bureau entre 17 et 18h, que je ressens après une journée de classe.
Il faut le voir pour le croire. L’école, comme dit Anne, c’est la tension permanente. Pas une seconde de répit, parce que sinon, il y a le feu à gauche, et puis à droite, ou alors tout le monde dort.
Il faut toujours calmer, ou alors tirer.
Et bon dieu si ça use!
Alors je sais que le travail dans le bâtiment, c’est dur. Je sais que l’usine, ce n’est pas facile. Je sais que le bureau, c’est pas non plus toujours de la rigolade.
Tout le monde la rote, c’est clair.
J’aimerais juste qu’on arrête de croire que la grande majorité des instits sont des gens qui n’en foutent pas une, et que ceux qui se donnent sont l’exception.
C’est exactement le contraire!
, le 06.10.2004 à 18:10
Attention ! un gaulois de Paris va mettre son grain de sel !.
Je précise pour enfoncer le clou de celui qui s’occupe de ce qui ne le regarde pas, que je ne suis ni suisse, ni enseignant, mais parisien et profession libérale (designer free lance) ! Et en plus je n’ai pas lu tous les commentaires ! Le comble quoi.
Je constate simplement que des deux côtés des crêtes alpines et même plus loin, le même discours est répété à l’envi ! les fonctionnaires nous bouffent la laine sur le dos, coûtent cher à la société, le service public n’est pas efficace, pas rentable, le privé lui est paré de toutes les vertues… la concurence, le marché et les actionnaires sauveront le monde de l’ornière où l’Etat et les services publics nous mennent depuis des décénies… On peut continuer comme ça à l’infini ou presque, tant le discours ultra libéral de nos édiles de tout poil (ou presque) est rentré dans notre façon de penser ! Et je pourrais m’éttendre aussi sur le sujet en démontant chaque argument…
Une chose est certaine : à l’instar de ce qui ce passe aux US, en France, en Allemagne, en Grande Bretagne, en Suisse et ailleurs, le mot d’ordre de nos sociétés est : LIBÉRALISME ! Compétitivité, rentabilité et productivité en sont les trois mamelles !
Plus pragmatiquement concernant l’école cela porte un non tout simple : AGCS.
l’Accord Global du Commerce des Services signé en 1994 à Marakech à pour but de libéraliser l’essentiel des services publics des pays signataires du Gatt, puis de l’OMC. Pour être bref il s’agit de mettre sur le même plan économique un service et une marchandise. Ainsi, si un état subventionne l’un des deux sur son territoire, il doit soit subventionner l’ensemble des concurrents (ça c’est le chant à la gloire de la Concurrence), soit ne plus subventionner, ce qui est plus facile, puisqu’il s’agit de se désengager, sous peine de sanctions économiques. Tout le monde se souvient des batailles Airbus vs Boeing, aciers européens vs US, etc.
Ces accords sont censés se mettre en place dans les 10 ans…
1994… 2004 !
Quant aux services, quels sont-ils ? Santé, Education, Recherche, Culture… Vous vous souvenez de la fameuse exception culturelle ? à l’époque la gauche française encore à gauche avait proposé que la culture et les produits culturels (cinéma, théatre, orchestres, etc.) soient exclus de ces accords, et ce, pour TOUT LE MONDE ! et non spécifiquement pour la France. Mais les ultras libéraux avaient tôt fait de montrer du doigs ces satanés frenchies et leurs drôles d’idées.
Donc on en est là ! ce qui se passe dans le canton de Vaud ou à l’Education nationale à Paris et ailleurs est LA MÊME CHOSE !
Cherchez AGCS sur votre ouaibe préféré et vous verrez.
Quant au métier de prof ! J’ai eu l’occasion d’enseigner le dessin dans un lycée professionnel (LEP en français) en zone d’éducation prioritaire (ZEP où des agités du grenier sont parqués pour ne pas traîner ailleurs) et je peux assurer à ceux qui n’ont jamais fait cette expérience, qu’une seule heure de cours est aussi épuisante qu’une journée de boulot normale !
Bon c’est tout !
Ha ! j’oubliais quelques sources et références :
Le Monde Diplomatique, Alternative Economique, Attac…
Si, si allez voir avant de rigoler !
Et pour finir, si vous pensez encore que l’ultra libéralisme est l’avenir du monde, lisez les bouquins de Joseph Stiglitz, américain (hou !), prix Nobel d’économie (re-hou !) et ancien directeur de la Banque Mondiale (re-re-hou !)…
Alexis
(MAJ – 20h50) à propos d’Airbus et Boeing
« Washington puis Bruxelles saisissent l’OMC sur Airbus et sur Boeing
Pour Washington, plus rien ne justifie les subventions à la compagnie Airbus / AFP – Jean-Pierre Muller |
L’Union européenne a riposté mercredi à la plainte des Etats-Unis contre Airbus à l’OMC en portant également plainte auprès de l’OMC contre Boeing ».
in Le Monde 07 oct 04.
, le 06.10.2004 à 18:28
Une citation de Roosevelt je crois :
« Si vous pensez que l’éducation coûte cher, essayez sans éducation ! »
Alexis
, le 06.10.2004 à 20:38
C’est exactement la réflexion que je me suis faite en lisant tous ces commentaires, moi qui suis sortie de ma classe à 11h45 avec la vessie sur le point d’exploser parce que je n’avais pas eu le temps de passer aux toilettes de toute la matinée. Et pendant la récréation? Et bien non, j’ai passé la moitié de mes 20 minutes de pause à discuter de cas d’élèves avec la psychologue scolaire, et l’autre moitié avec l’infirmière…
Si on commençait par arrêter les dépenses inutiles et par mettre cet argent là où on en a réellement besoin, ça résoudrait déjà pas mal de choses.
Comme François l’a dit plus haut, ça ne pose pas de problème de dépenser plusieurs millions pour changer tous les ordinateurs de toutes les directions d’écoles du canton alors que ça fonctionne très bien comme ça. C’est pas grave si ça coûte cher… on n’a qu’a supprimer quelques heures d’appui aux enfants qui en ont vraiment besoin, on arrête de former des maîtresses ACT, etc…
Voilà où il passe, notre argent, entre autres…
Et bien sache que pour ma part, je mets bien plus de temps à préparer une leçon d’ACM (= travaux manuels) qu’une leçon de français ou de math. Et je me réjouis de voir ce que ça donnera quand il n’y aura plus de maîtresses ACT (ce qui est déjà le cas dans certaines communes) et qu’on devra se débrouiller pour faire le même boulot avec 25 élèves!
Désolée de te décevoir, cher TTE, mais Séverine, c’est plutôt le genre de fille que les mecs à grosse voiture et/ou grosse moto font fuir à toutes jambes…
, le 06.10.2004 à 22:39
Bon, je crois que tout a été dit et redit je ne vais pas en rajouter.
Mon humble témoignage qui va seulement confirmer ce que beaucoup ont dit concernant les horaires et vacances de travail des profs. J’ai eu la chance de travailler durant 23 années dans le secteur privé avec des horaires de 6.00 – 18.00, mais l’avantage de cette formule est que lorsque l’on est à la maison, le travail est terminé… voici que depuis 3 ans je suis un prof de branches techniques pour des apprentis (personne n’a parlé de cette catégorie…) et bien il est vrai que ma plus longue journée à l’école est de 8.30 à 16.30, mais que se passe-t-il à la maison?… Moralité je vous assure que je dors moins longtemps depuis que je suis prof…
Et comment se fait-il que Fribourg (canton qui a la réputation d’être attardé…) arrive à engager pour 2005 110 enseignants supplémentaires alors que Vaud (qui est soit disant intelligent???) ne veut plus en engager mais plus tôt charger encore plus ceux qui tiennent encore le coup?
, le 06.10.2004 à 23:01
Comme le remarque pilote.ka, cette aggravation incessante depuis 30 ans (avènement de l’économie libérale) des problèmes humains (dits « de société »), cette dégradation régulière et inéluctable de la qualité de la vie des hommes n’est pas seulement helvético-suisse mais internationale. La Suisse elle-même (l’eusses-tu cru ?), malgré sa stabilité, ses richesses et son niveau de vie (du moins de certains), est touchée à son tour.
Lorsque le libéral, à fond dans sa béhème avec plein de soupapes, se rend compte que le mur s’approche dangereusement, il « pense » que la meilleure chose à accomplir pour éviter l’impact est… d’accélérer.
Alors, on accélère les réformes. Enfin, soyons clairs et redéfinissons les termes car ce qu’on appelle « réforme » dans cette quasi-secte d’idéologues apprentis-sorciers n’a pas du tout le même sens que pour vous et moi. Le quidam, l’honnête homme sans arrière-pensée, celui qui produit au quotidien la richesse de son pays, celui sans qui RIEN ne serait possible, le maillon fort incontournable de toute société, ce quidam, disais-je, attend d’une réforme qu’elle améliore sa situation, qu’elle lui apporte un mieux-être, qu’elle produise un progrès visible, qu’elle profite à ceux qui produisent cette richesse. En effet, TOUS nos pays, dans cette partie développée du monde, s’enrichissent année après année et ce sont les quidams et EUX SEULS qui produisent cette richesse. Nos pays seront encore plus riches fin 2004 qu’ils ne l’étaient fin 2003 alors qu’ils l’étaient à cette époque plus que fin 2002. Mais comment cette richesse est-elle redistribuée ?
Pour les idéologues libéraux, « réformer » prend un tout autre sens :
• Casser l’État (pour instaurer le règne du plus fort) au nom du droit du renard à être libre dans le poulailler enfin « libre » ;
• Casser le droit du travail (notamment le droit de grève) pour donner à l’employeur la liberté de « dégraisser ses effectifs » lorsqu’il fait de mauvais choix, qu’il n’a pas su anticiper l’avenir, qu’il n’a pas réinvesti ses bénéfices ou que ses actionnaires-vampires (non productifs — un boulet pour la société, le gui qui se nourrit de la sève de l’arbre qui l’accueille en son sein) exigent leur part de sang ;
• Casser le service public (ce joyau de la société) au nom de la liberté des mercantis à l’exploitation marchande de TOUTE CHOSE, en attendant de pouvoir exploiter tout être humain.
— Pour casser le service public (poste, enseignement, santé, transports…), on commence par tout faire pour qu’il se dégrade : on bloque le pouvoir d’achat des agents, on diminue leur nombre sans réduire leur part de travail, on les contraint alors à offrir un service diminué ou de mauvaise qualité. Il suffit alors aux libéraux, devant le désolant spectacle du résultat de leur œuvre, de prôner la privatisation des services ;
• Privatiser le bien commun. On vend les bijoux de famille, la part de sécurité, de réserves, qui permet de ne pas craindre l’avenir. On se met dans la position d’avoir tout à craindre en cas de difficulté. On n’a alors plus le choix pour s’en sortir que d’accepter l’inacceptable.
Sur la privatisation :
Une entreprise n’a de raison d’être que le service qu’elle propose à la société. Une entreprise privée, contrairement à son homologue publique, doit rendre ce service à la société ET verser des dividendes à ses actionnaires, ce que l’entreprise publique n’a pas à faire. À conditions égales de production, de salaires, de respect de l’environnement et de respect vis-à-vis de ses employés et de ses clients/usagers, la société privée produit des biens/services plus coûteux que son homologue publique. Les actionnaires-vampires font la différence.
Sur la concurrence (pur fantasme libéral) :
Contraindre toute chose à subir la concurrence, c’est contraindre à une petite guerre civile permanente. La paix n’est-elle donc pas envisageable ?
Sur l’enseignement :
C’est la base de toute civilisation et de tout espoir d’élévation de l’homme. C’est pourquoi les libéraux s’acharnent autant contre ceux qui servent ses nobles desseins. L’avenir d’un pays démocratique s’évalue à la qualité de son enseignement. Seuls les régimes totalitaires peuvent craindre le sens critique de l’homme, et c’est de la dignité de l’homme que l’on parle.
___
Le libéralisme ? C’est la régression.
, le 06.10.2004 à 23:07
Alors, vous qui étiez dans la rue hier, quelles sont vos solutions ? Où devons-nous économiser ? L’Etat n’est pas un puit sans fond dans lequel on peut sans arrêt puiser comme la gauche semble toujours penser.
On peut être d’accord avec vous sur le fond et je suis plutôt de votre côté. Je pense cependant que des coupes sont nécessaires quelque part d’ici à ce que nous revenions à une stabilité budgétaire.
J’aimerais toutefois apporter une autre dimension au débat.
Je pense que le fait de manifester peut avoir un impact non négligeable et même bénéfique. Par contre je trouve véritablement inadmissible de manifester durant ses heures de travail alors que l’on a des responsabilités face à des enfants ou des adolescents. Pourquoi ne faites-vous pas ces manifs le week-end ou le mercredi après midi alors que la majorité des élèves ont congé ?
Je me rappelle de mes années universitaires où on criait contre le projet Orchidée. Des étudiants empêchaient d’autres étudiants (dont je faisais partie) d’aller suivre les cours. Ils empilaient des tables devant l’entrée des auditoires et venaient perturber les cours de ceux qui voulaient travailler. Intolérable. La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres.
Que l’on souhaite manifester, ok. Mais alors qu’on le fasse sans prétériter les autres.
, le 06.10.2004 à 23:14
Scal > « Pourquoi ne faites-vous pas ces manifs le week-end ou le mercredi après midi alors que la majorité des élèves ont congé ? »
Pendant les vacances, par exemple, au cœur du mois d’août, ou bien le jour de Noêl, ou encore, la nuit…
Et si on pousse un peu la logique : « Mais pourquoi ne vous abstenez-vous pas de faire grève ? »
Scal, tu demandes sans t’en rendre compte, que la grève ne soit plus une grève.
Scal > « Que l’on souhaite manifester, ok. Mais alors qu’on le fasse sans prétériter les autres. »
Et te montrer SOLIDAIRE de tes coreligonnaires, cela ne t’est pas venu à l’idée ?
___
Le libéralisme ? C’est la régression.
, le 06.10.2004 à 23:24
Okazou :
Tu as probablement raison. Il est vrai que ma conception de la manifs est peut-être idéaliste.
Si les grèves et manifestations doivent obligatoirement exister au détriment de personnes « innocentes », alors je suis définitivement contre. Et honnêtement cela ne me rend pas leur cause plus sympathique.
Et la solidarité ? Cette question peut chaque fois être posée aux deux parties. Qui doit être solidaire de qui ?
, le 06.10.2004 à 23:25
Okazou : Le libéralisme ? C’est la régression.
Tu es gentil !
Je crois qe le libéralisme crèvera par ce à quoi il est incapable de répondre : la destruction de l’environnement et l’épuisement des resources naturelles.
Il m’arrive parfois d’être optimiste et de me dire que par ce dernier biais en l’occurence le fameux « peak oil » et l’augmentation du prix du pétrole et de tout ce qui en découle (transports, agriculture, chimie… tout le reste quoi !) nous n’irons pas complètement dans le mur…
Si cela intéresse qq’un, allez faire un tour sur le site de Terre à Terre – France Culture.
, le 07.10.2004 à 00:22
Scal, excuse-moi, mais ton argumentation en revient à ce que disent ceux qui ne veulent pas qu’on fasse grève: ne prenez pas les enfants en otage.
Eux par contre, ils en font quoi des gamins, lorsqu’ils veulent couper dans la formation? Ils le font au détriment de qui??
Il faut vite arrêter! Aucun enfant n’a souffert de la situation. Tous sont très contents, les grands comprennent assez bien que c’est aussi pour eux que nous faisons tout ça.
Lorsqu’on aura coupé dans le lard, ce qui se passe déjà (voir les arrêts dans les programmes de prévention contre la violence), je peux te dire qu’ils vont bien plus souffrir que pendant ces grèves, ces gamins.
Un truc qui m’a bien fait marrer, c’est lors des premières manifs, il y a quelques années. On ne l’avait pas faite la grève d’ailleurs, à cette époque-là. Il fallait pas! On ne pouvait pas laisser les enfants seuls sans surveillance.
Alors d’abord, on faisait des permanences, donc ils n’étaient pas dans la rue, mais ensuite, quelques jours après, Monsieur Delamuraz était élu Président de la Confédération.
Et paf, annonce mercredi que jeudi serait congé pour tout le monde!
Là, ça n’a dérangé personne de laisser les enfants seuls!
Je comprends quelque part que tu sois choqué qu’on t’aie empêché d’entrer bosser à l’uni lorsqu’il y avait grève. Mais je peux te dire que lorsqu’on est dans le truc, il y a un tel élan qu’on arrive vite à ce que certains appellent des dérapages (moi pas) comme ça.
Vous étiez jeunes, et je trouve plutôt sain ce qui vous est arrivés. Et très franchement, à votre âge, je comprends mal que tout le monde n’entre pas dans cet élan de solidarité.
Nous, nous avons laissé bien entendu ceux qui voulaient bosser le faire. Mais malgré notre âge et une certaine sagesse qui nous vient comme ça, je peux te dire que c’est pas l’envie qui manque de leur dire très haut ce que l’on pense.
, le 07.10.2004 à 01:49
Hé, comme j’avais dit que j’arrêtais hier, je peux en remettre une couche aujourd’hui, c’est passé minuit et on manque de commentaires parait-il;-)!
Madame Cuk: d’abord sache que pour plaire à Séverine, je peux faire le « p’tain d’rebelle » qui roule en Renault;-)… Mais je crois qu’on va arrêter avec cette blague parce que j’ai l’impression qu’on commence à me prendre au sérieux…
Tu dis qu’il faut commencer à dépenser de l’argent là où il est nécessaire. Je suis 101% d’accord avec toi! Le problème vois-tu, c’est que si tu mets 10 personnes qui doivent défendre leur budget devant une commission qui doit trancher, tu auras 10 personnes qui défendront leur budget… Chacun argumentera que son département est déjà au bout du roulot au niveau des économies et qu’en demander plus, ça serait tout simplement fermer le service… ou que le département est plus qu’essentiel à la vie du canton… etc.
Pour moi, il vaudrait mieux que le canton engage 10 profs supplémentaires plutôt que 10 flics pour aller mettre des radars dans la campagne… Mais voilà, c’est pas comme ça. Déjà les flics avec leur jouet, ils font gagner de l’argent à l’état, pas toi (entendons-nous bien, toi tu travailles sur le long terme, pas eux).
En gros, ce que je veux dire, c’est que si des projets passent avant d’autres, si des investissements sont consentis au détriment d’autres, c’est qu’ils ont été mieux défendus… mieux justifier… que tout a peut être été négocié entre amis/ennemis (mots qui ne veulent rien dire pour ces gens) lors d’un fameux troc politique…
T
, le 07.10.2004 à 05:20
> ToTheEnd
« Il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre. » Proverbe
Tu le fais exprès ou tu es distrait ?
Il ne s’agit pas de déshabiller Paul pour habiller Jacques (proverbe). La solution au problème n’est pas de continuer d’accepter cette pensée perverse libérale qui considère qu’une fois les profits répartis dans les poches des moins productifs (des moins utiles, des parasites de la société que sont les actionnaires et la finance) pour la plus grande part et une fois reversée une petite part d’impôts au tronc commun, la société doit se débrouiller avec les rogatons que lesdits actionnaires lui laissent pour gérer le bien public. Tu poses mal l’équation. Tu la poses en bon libéral, au mépris du bien public.
Il s’agit d’exiger une redristibution ÉQUITABLE (le mot qui fait mal au libéral et l’empêche de dormir) du produit du travail. Tu travailles ? Tu touches les dividendes de ton travail. Tu imagines pouvoir vivre de tes placements sans travailler, par la simple gestion de ton héritage, sans participer à la production (y compris intellectuelle) ? Nibe.
Capito ?
___
Le libéralisme ? C’est la régression.
La régression, c’est le début de la fin si on ne se bouge pas le derche (spéciale Alexis)
, le 07.10.2004 à 10:03
j’ai aussi pris quelques photos lors de cette manif.
la meilleure est cette pancarte
photos prise avec mon coolpix 3100… en attendant mieux… j’aimerai bien m’acheter un D70 avant janvier… quand le deuxieme bebe arrivera ;-)
ciao, n
, le 07.10.2004 à 10:58
Que ceux qui ont tant à dire sur les enseignants et s’indignent de leur pseudo avantages, devaient certainement avoir eu la possibilités de choisir un aussi idyllique métier. Ils ont de toutes façons toute leur chance, il y a pénurie d’enseignants dans mon pays.
, le 07.10.2004 à 14:21
Non, je dis qu’il faut d’abord arrêter d’en dépenser là où il n’est pas nécessaire, voire inutile, nuance!
Ce dont je parlais ici se passe à l’intérieur d’un seul et même département.
Je tenais juste à te signaler en passant que la manif de mardi a débuté à 17h30 et qu’à cette heure-là, nous autres, nantis d’enseignants que nous sommes, avons déjà fini notre journée de travail depuis longtemps!
Et que la prochaine manif, si elle doit avoir lieu, est justement prévue pour un mercredi.
Tu vois comme nous savons être sages et dociles…
, le 07.10.2004 à 14:51
Blues (voir commentaire No 28, je ne te cite pas car il faudrait trop citer)
Je ne sais pas ce qui te permets de dire que les profs ronronnent, qu’un certain nombre d’enseignants ne préparent pas, etc. etc. etc.
Ça aussi, ce sont d’horribles clichés qu’on m’a servis pendant tout le temps que j’enseignais. Les quelques enseignants de ce genre que j’ai connus, moi, c’étaient des gens super qui confirment mon propos, ou celui de tous les enseignants qui s’expriment ici, d’ailleurs: ils avaient un certain âge, ils s’étaient donnés, et ils n’en pouvaient plus. Moi, à l’Uni, j’ai eu un prof qui donnait toujours le même cours depuis 30 ans, je le suivais avec les notes de quelqu’un de la génération de mes parents… Mais s’il y a un individu comme ça de temps à autre, la grande majorité des enseignants traitent leur job plus ou moins à la manière d’une vocation. Je me demande d’ailleurs souvent comment ils font, lorsque j’entends ce qui se passe dans les classes aujourd’hui. Quand j’ai quitté, c’était encore, par comparaison, pépère.
Anne
, le 07.10.2004 à 16:26
Oh les profs… et si vous arrêtiez de vous regarder le nombril, si vous arrêtiez d’essayer de me faire croire que vous êtes les plus malheureux, les moins bien payés ou les plus exposés à la dépression nerveuse… Ceux d’entre-vous qui succombent à la tâche ne sont pas des héros sacrifiés par un état esclavagiste, ceux qui doivent renoncer se sont tout simplement trompé de carrière. Prof n’est pas un métier à la portée du premier venu, ce que beaucoup refusent de comprendre ne voyant que les semaines de vacances et l’horaire réduit. N’oubliez pas que jamais les profs n’ont été mieux nourris et dorlotés que vous depuis que cette profession existe. Part contre vous avez à supporter le diktat des pédagogues qui par leurs discours verbeux et creux empoisonnent l’éducation de réformes catastrophiques autant qu’inutiles. L’école est devenue le bac à sable d’universitaires, théoriciens de l’éducation, le laboratoire expérimental des psypsy de l’UNIL. Pour cela je vous plains sincèrement et si vous descendiez dans la rue pour vous débarrasser de ces nuisibles (puisqu’on parle d’économies) je serais à vos côtés. N’en déplaise à la SPV et à ses sbires, prêts à sacrifier des générations d’élèves (pardon, d’apprenants) dans de nouvelles aventures très tendance aujourd’hui mais qui feront frémir d’indignation les pédagogues dans 20 ans. Vous vous souvenez des mats modernes… saviez-vous que nous sommes tous traumatisés par les notes que nous avons subies dans notre enfance…
L’état croule sous les dettes, il ne peut pas mettre simplement la clé sous le paillasson comme une entreprise en faillite (et ceux qui croient qu’un état peut se gouverner comme une entreprise me font bien rire), il doit économiser et il le fera avec ou sans votre accord. Vous pourrez toujours élire d’autres conseillers de gauche ou de droite, le problème restera le même : Jeanprêtre vous a décu, Lyon aussi, les suivants ne feront pas mieux. Un jour viendra où les économies ne suffirons plus et où il faudra se résoudre à augmenter les impôts. Ma fois on ne peut pas faire cadeau au privé des services qui rapportent en conservant ceux qui coûtent tout en maintenant les caisses de l’état à flots et en ne touchant ni au confort de la fonction publique ni au porte-monnaie du contribuable. C’est un choix de société que nous avons fait il faut maintenant l’assumer et réfléchir comment installer la décroissance, seule solution pour éviter la banqueroute totale.
Courage donc, le pire est encore à venir mais ne nous trompons pas de cible. L’état n’est pas l’ennemi, il se fait bouffer par le libéralisme ambiant et demande des comptes au peuple souverain qui n’a rien tenté pour brider la montée en puissance de l’économie privée. Bien au contraire, tout occupés que nous étions à consommer un maximum, anesthésiés par de confortables salaires, nous avons refusé de comprendre. L’état ne s’est pas endetté en un jour, il est un peu facile aujourd’hui d’accuser nos mauvais politiciens de tous les maux alors que nous les avons portés nous-même au pouvoir. Notre démocratie est directe comme notre responsabilité. La Suisse est un petit pays dense, les transports publics y sont encore bien développés, malgré cela nous nous offrons le luxe inouïs de posséder pas loin d’une voiture de tourisme pour deux habitants !!!! Nous ne sommes donc pas encore à l’agonie, il y a de la marge. Pour ceux qui croient que le pouvoir d’achat augmente naturellement envers et contre tout, les temps à venir vont être difficiles.
, le 07.10.2004 à 23:54
Pourquoi ne parlez-vous pas des propositions du Syndicat SUD ?
Mon humble avis : ce qui manque au service publique par rapport au privé, c’est un moyen de valoriser le travail bien fait et les initiatives intelligentes -l’air de rien, ça fait du bien lorsqu’un effort est reconnu- tout en sanctionnant les incompétents même et surtout hauts placés.
, le 08.10.2004 à 08:59
Pour paraphraser ce qui est dit plus haut, bien sur que dans le monde enseignant l’angélisme n’est pas toujours au rendez-vous, il y a là aussi des paresseux, des fonctionnaires dans le sens le plus péjoratif du terme, des incompétents……. Dans ce milieu, il y a aussi bon nombre de professeurs qui ne comptent pas le temps passer pour aider certains élèves en difficultés, qui prennent en charges des activités extrascolaires, qui travaillent et retravaillent des cours……………et les 35 heures semaines de Madame Aubry sont vite dépassées. Il y a encore des élèves qui apprécient leurs professeurs.
Mais ce type de schéma existe dans toutes les professions.
Ishar, pas de généralisation abusive, l’échantillon de ce forum ne me semble pas représentatif du monde enseignant et pas uniquement
suisse. Nous n’avons pas tous un nombril surdimensionné, et dans l’enseignement, comme ailleurs, il y a des gens heureux non pas comme des imbéciles mais comme des personnes responsables soucieuses de l’avenir de l’éducation des jeunes. C’est d’importance, car l’école est le creuset de la société, il est normal dès lors que le monde enseignant bouge quand il lui semble que l’on veut saboter à un haut niveau son travail. Cela s’appelle prendre ses responsabilités…..on est loin du nombril. Remarquons que la majorité des grèves des professeurs n’étaient en rien des revendications de salaire mais des revendications à caractère pédagogique, et croyez bien, Ishar quand nous nous mettons en grève (en Belgique ?) ce n’est vraiment pas par plaisir, vous non plus j’espère !
Dans ce que vous dites, il y a un autre débat sous jacent : est-ce l’école qui va modeler la société ou le contraire ? Personnellement j’espère que nous aurons mis suffisamment de plomb dans la cervelle de notre jeunesse pour qu’elle insuffle, plus tard, les réformes salutaires pour notre société . Cessons de travailler dans le court terme………c’est ce que font les politiques qui recollent des morceaux au fur et à mesure dans la démagogie la plus parfaite afin d’être réélus à la prochaine législature. A l’école on se bas pour le présent et surtout le futur, c’est ingrat (pas de résultat immédiat) mais passionnant.
gbuma bien d’accord, que l’on sanctionne l’incompétence, la nuisance sous toutes ses formes, mais que l’on récompense la recherche intelligente. Cependant, évitons de tomber dans un régime où la brimade serait le moyen essentiel de « speeder » les troupes, cela se pratique à merveille dans le privé avec des résultats plus que déplorables : dépressions entre autre.
, le 09.10.2004 à 00:52
Monsieur Vershueren, merci de m’avoir lu et surtout de me répondre.
Je n’avais pas l’intention de généraliser, j’ai voulu réagir à ce que j’ai vu et entendu ici à Lausanne, dans un contexte particulier : celui de l’école vaudoise. Voyez-vous, chez nous l’école n’est unifiée qu’au niveau du canton et les communes conservent même certaines prérogatives comme celle de fixer la date des vacances (c’était le cas il y a peu encore mais peut-être cela a-t-il changé maintenant). Nous venons de subir une petite révolution pédagogique qui n’a pas fait que des heureux et qui a manqué des le départ d’une communication claire. Notre école coûte chère (une des plus onéreuse de l’OCDE) et n’a pas brillé par son excellence dans l’étude Pisa (17 ème rang). Chez nous l’école énerve un peu le citoyen qui réagi maladroitement en s’en prenant aux profs, les traitant de fainéants privilégiés jamais contents. Je ne suis pas d’accord avec ce schéma simpliste, c’est juste pour poser le décor.
Mais voilà que l’état de Vaud décide d’accentuer son programme d’économies budgétaire et s’attaque à son poste de dépense le plus gros : le salaire de la fonction publique. Les employés de l’état organisent deux mini-grèves symboliques et défilent dans la rue suite à la décision de nos gouvernants de ne pas négocier (ou trop peu). J’approuve sans réserve le mouvement des employés qui tentent de défendre leurs acquis sociaux car ce pourrait être le point de départ d’une remise en cause plus profonde du rôle de la fonction publique et de l’état, un débat est devenu nécessaire.
Malheureusement, que ce soit dans le défilé ou la presse en général on ne voit et on n’entend pratiquement que les profs. Ils n’y peuvent rien, les autres s’étant moins mobilisés car moins bien organisés ou motivés et pour d’autres raisons certainement, que j’ignore. Ce mouvement donne l’impression d’être celui des enseignants (« encore ces profs jamais contents ! ») ce qui est vraiment regrettable.
Inconditionnel du Mac je lis régulièrement l’incontournable « Cuk » (merci à François et son équipe pour ce très bon cite) et je tombe sur cette humeur et l’enfilade de commentaires : à part quelques interventions qui tentent d’élargir le débat on y lit une majorité de remarques et de témoignages centrés sur la problématique (légitime je le répète) des frictions entre l’enseignement, l’état et le citoyen. Encore une fois je trouve cette appropriation du débat peu profitable à la cause défendue par la fonction publique, voilà.
Enfin pour répondre à votre proposition de récompenser les méritants plutôt que sanctionner les incompétents cette petite histoire : ma copine travaille dans un département de l’administration fédérale à Berne. Il y a quelques années, il fut décidé de récompenser par une prime de fin d’année l’employé du service qui avait su faire preuve d’imagination pour rendre son travail plus efficace, le chef et ses collaborateurs directes devaient choisir l’élu… lourde tâche dans un monde où l’on apprécie particulièrement que « rien ne dépasse » et où le consensus mou est la règle. Il fut décidé tout simplement que chacun recevrait à tour de rôle la récompense… c’est dur de perdre ses mauvaises habitudes non ?
, le 09.10.2004 à 09:06
Ishar, je n’ai pas répondu personnellement au premier post parce que je l’ai pris comme une sorte de provocation.
Aucun problème pour moi qu’il y en ait ici, mais je préfère dans ce cas ne pas entrer dans le débat parce que je n’ai pas envie de passer des heures à essayer de convaincre.
Je l’ai déjà dit, dans un autre domaine, lorsqu’on me démolit le Mac, je n’ai pas envie de répondre. Je suis fatigué de me défendre.
Ici, j’ai trouvé le premier post extrêmement agressif par rapport à notre métier, je laisse faire, parce que je n’ai même pas à essayer de prouver que nous travaillons.
Ton deuxième post est tout autre.
Si tu étais allé à la manif, tu aurais vu les policiers: eux faisaient le plus de bruit. Et puis les employés des hôpitaux, et les autres
Au niveau de l’enseignement, il y a un tel ras le bol, qu’en effet, tout le monde descend dans la rue. Très fort ce département, d’arriver à faire cela.
Parce qu’ils sont gentils les enseignants vaudois.
Et ce n’est pas seulement à cause des économies qu’ils manifestent, mais à cause de ces réformes qui, si en tant que telles, sont pleines de bon sentiments, sont en revanche en parfaite contradiction justement avec ces mesures d’économie.
Y en a marre, c’est tout.